Iehan ou Johan Baptista Houwaert, né à Bruxelles en 1533 et mort dans sa ville natale le , cité en 1580 comme membre du lignage SweertsLouis Robyns de Schneidauer, « Préface », Inventaire analytique du fonds Houwaert-De Grez de Henry-Charles Van Parys, Bruxelles, éd. Genealogicum Belgicum, 1971 ; ainsi que Désiré van der Meulen, Liste des personnes et des familles admises aux Lignages de Bruxelles, depuis le XIVe siècle jusqu'en 1792, Anvers, Henry Sermon, 1869, in-f°., ., est conseiller et maître ordinaire de la Chambre des comptes du duché de Brabant et un poète et dramaturge humaniste d'expression néerlandaise.
Biographie Houwaert, issu d'une famille aisée, put ajouter à ses richesses la dot de sa femme Catharina van Couwenberg, elle aussi issue de parents riches. Parmi ses possessions se trouvait une propriété à Saint-Josse-ten-Noode, le Mont du vignoble., qu'il put réunir avec une parcelle contiguë, le , pour y construire sa « Petite Venise ».. Dans son , il vante la beauté du lieu. Il trouve la vallée du Maelbeek délicieuse. Selon lui, c'est « la plus belle région de l'Europe »Traduction citée de Jacques Van Wijnendaele, Promenades insolites dans Bruxelles disparu, Tielt, Lannoo, 2008, . Les vers originaux : , Jan Baptist Houwaert, Jan Van der Noot, , Delft, Adriaen Gherritsz, 1614..
Sauvant les apparences de bon catholique, Houwaert, sans doute sympathisant du luthéranisme, assista aux prédications interdites des réformateurs. Le duc d'Albe, le soupçonnant d'hérésie, le fit emprisonner pour un an au La montagne, ou plutôt le château des Pleurs, était la vieille porte Sainte-Gudule de la première enceinte de Bruxelles transformée en prison.. Il ne put échapper à la mort qu'en abjurant la foi protestante et en adoptant la confession catholique. Cela ne l'empêcha pas de rejoindre de nouveau les partisans de Guillaume le Taciturne. Dans son dernier ouvrage, il prétendra avoir conservé sa foi catholique.
Son immense œuvre était tenue en grande estime par ses contemporains et encore bien au-delà de son époque. La devise qu'il employait à chaque occasion et dans tous ses poèmes était (« Tiens le juste milieu »). L'adage réapparaît, mais cette fois-ci en latin, sur sa pierre tombale : (« Tiens-toi entre les deux »)Abraham Jacob van der Aa, Biographisch woordenboek der Nederlanden, vol. 8, , Haarlem, J.J. van Brederode, 1867, .. En 1578, il publia sa ou Doléances de Milénus. Source : Houwaert Jean-Baptiste, notice publiée par Cécile Vanderpelen-Diagre dans le Dictionnaire d'Histoire de Bruxelles, Bruxelles, éditions Prosopon, 2013, p. 420., une adaptation du de Guevara, conçue comme un acte d'accusation à l'égard de l'Espagne et dédiée au prince d'Orange. Milenus, du pays du Danube, vient se plaindre à Rome du régime oppressif des gouverneurs romains. Toujours en 1578, il obtint la haute position de maître de la Cour des comptes de Brabant, poste qu'il occupera jusqu'à la prise de la ville par Alexandre Farnese en 1585.
C'est vraisemblablement en sa qualité de membre d'une des chambres de rhétorique bruxelloises, responsables de l'animation de toutes sortes de festivités et de célébrations, qu'il fut l'organisateur de l'entrée solennelle du prince d'Orange, lorsque celui-ci fut devenu gouverneur était le nom de la fonction en néerlandais. de Brabant, et de celle de l'archiduc Matthias en 1578, événement dont il fit, en tout état de cause, la description. Il traduisit le discours latin qu'un autre Bruxellois de naissance, Marnix de Sainte-Aldegonde, avait fait à la diète de Worms. En 1582, il dédia un poème politique verbeux à François d'Anjou. Son œuvre la plus connue, rimée, est La Plaine de Pégase, ou le Jardin de plaisance des vierges., de 1582 ou de 1583, un ouvrage paru chez Plantin, abondant de faits historiques et légendaires, et de leçons de morale pour femmes, mais sans beaucoup de système. Dans ces leçons de vie, il se montre un précurseur de Jacob Cats. En 1583, parut encore Les Quatre Fins dernières., selon toute apparence résultant des réflexions dévotes faites pendant son emprisonnement, mais également sous l'influence du long poème L'Heure de la mort. du rhétoricien bruxellois Jan van den DaleJan van den Dale, Gekende werken (éd. Gilbert Degroote), Anvers, De Nederlandsche Boekhandel, 1944, ..
Lorsque Farnese eut fait son entrée à Bruxelles, Houwaert lui dédia un poème, dont le manuscrit se trouve actuellement à Londres, et dans lequel il l'implore de faire preuve de clémence. En 1594, il publia deux poèmes pour l'archiduc Ernest d'Autriche. Grâce à une édition posthume de 1614, on connaît son , œuvre où il se pose la question de savoir s'il veut rester à Bruxelles ou émigrer, comme tant d'autres l'avaient fait avant lui.
Sa et sa Tragédie des guerres et Comédie de la paix., dont le manuscrit est conservé à Hasselt, auraient été jouées à l'occasion de l'entrée solennelle de l'archiduc Albert à Bruxelles en 1599, un événement qui se produira après sa mort ; il ne s'agit pas nécessairement d'œuvres de circonstance, car de telles pièces servaient de passe-partout à toutes sortes d'occasions.
Il fut inhumé avec beaucoup de pompe dans l'église de Saint-Josse-ten-Noode, où fut également enterré sa femme.
En 1612 parut à titre posthume , ouvrage apparemment conçu comme une variante des , avec une touche plus personnelle. C'est à tort que l'on aurait attribué à cet auteur Le Remède de l'amour. de 1583, ainsi que Le Commerce de l'amour., pourtant paru sous son nom en 1621Eugène de Bock, « Houwaert, Johan Baptist », (réd. Gerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse), Weesp, De Haan, 1985, ..
Notoriété contemporaine et posthume Le poète et rhétoricien anversois Willem van Haecht le compare à Marcus Tullius. En 1571, on frappe une médaille en son honneur. Les rhétoriciens de Brabant accueillent le de Houwaert avec approbation et par des éloges intarissables : ils qualifient son auteur d'un autre Homère. Joannes Rochius fait son épitaphe en latin, et Franciscus Sweertius l'appelle un Abraham Jacob van der Aa, Biographisch woordenboek der Nederlanden, vol. 8, , Haarlem, J.J. van Brederode, 1867, ..
La critique moderne s'avère moins favorable à son égard : ainsi, Kornelis ter Laan trouve que son art est à l'ancienne, plein de personnages allégoriques ; ses ouvrages seraient constitués de vers de mirliton« », cité de Kornelis ter Laan, , La Haye/Jakarta, G.B. van Goor Zonen's Uitgeversmaatschappij, 1952, impr., ..
Œuvre La liste des œuvres de Houwaert est en partie basée sur le Johannes Godefridus Frederiks et Frans Jozef van den Branden, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde, Amsterdam, L.J. Veen, 1888-1891, ..
, [s. d.]. , [s. d.]. Milenus clachte, publié à Anvers en 1578, adaptation du de Guevara. Oratie der ambassadeuren... inden rijckxdach ghehouden tot Wormes, 1578, traduit du latin d'après de Marnix de Sainte-Aldegonde , publié à Anvers en 1579. Sommaire beschryvinghe vande triumphelijcke incomste vanden... Aerts-hertoge Matthias, publié à Anvers en 1579 (?). , 1582. Pegasides pleyn, ende den lust-hof der maeghden, publié à Anvers par Plantin en 1582 ou 1583. De vier wterste, publié à Anvers en 1583. , 1585. Den willecomme en congratulatie vanden... vorst Ernesto, Bruxelles, 1594 , Bruxelles, 1594. , 1599. , réédition de 1603 d'un ouvrage qui aurait été publié en 1583 à Anvers chez Plantin. , publié à Amsterdam en 1602 et 1612, opus posthume, la première édition serait de 1582. Paranesis politica, politycke onderwysinghe, tot dienste van alle menschen, ouvrage publié à Leeuwarden en 1614.
Œuvres dont l'attribution n'est plus retenue
, publié à Bruxelles en 1581 et en 1583. Den handel der amoureusheyt, publié à Bruxelles en 1583 et à Rotterdam en 1621.
Références
Liens externes
Catégorie:Naissance à Bruxelles au XVIe siècle Catégorie:Naissance en 1533 Catégorie:Décès à Bruxelles Catégorie:Décès en mars 1599 Catégorie:Dramaturge flamand Catégorie:Écrivain flamand (avant 1830) Catégorie:Noblesse belge Catégorie:Personnalité bruxelloise Catégorie:Poète belge du XVIe siècle