L’Arès Borghèse est une statue en marbre, copie romaine d'un original grec perdu, représentant un jeune homme nu et casqué, probablement le dieu Arès. Le type est généralement attribué au sculpteur grec Alcamène. Provenant de la collection Borghèse, d'où son nom, elle a été achetée par au prince Camille Borghèse en 1807 et appartient désormais aux collections du musée du Louvre.

Histoire et restaurations L'Arès Borghèse a été acheté par Napoléon Ier à Camille Borghèse en 1807 pour être exposé au musée du Louvre, appelé alors « Musée Napoléon ».

La statue actuelle est incomplète et plusieurs parties ont été recollés (jambes, bras droit, pied droit, pubis ainsi que le haut du support ont été recollés). Le cimier et l'épée manquent. Une grande partie de la plinthe manquante a été complétée en marbre et plâtre.

Elle est exposée dans la salle 344 de l'aile Sully, consacrée à l'art grec classique et hellénistique, sur le podium 3.

Description

La statue, plus grande que nature (), représente un jeune homme nu, debout, portant un casque et un anneau à la cheville gauche. Il tenait probablement un bouclier et une lance de la main gauche et une épée dans la main droite.. La statue reprend le contrapposto introduit par Polyclète, mais avec une variante. : la jambe gauche sert d'appui, étayée contre un tronc de palmier, tandis que la jambe libre, au lieu d'être fléchie vers l'arrière comme chez Polyclète, est tendue à l'avant. La pose préfigure celle du Discophore de Naucydès. La tête est légèrement penchée vers l'avant, dans une pose mélancolique.vignette|Le même Arès Borghèse. H. . Copie en marbre d'une sculpture en bronze attribuée à Alcamène, vers 420 AEC : traditionnellement reconnue comme copie de la sculpture que Pausanias décrit dans le temple du dieu sur l'agora d'Athènes. Probablement réélaboration du début de notre ère. Musée du Louvre: création Rome (?) daté -100 / 50. Inv. Ma 866 ; MR 65 ; N 819. Louvre Collection : .La statue est généralement identifiée comme représentant le dieu Arès, bien qu'il n'existe aucune certitude à cet égard. Pour Furtwängler, l'anneau fait référence à l'épisode homérique où Arès et Aphrodite sont surpris et emprisonnés par Héphaïstos, VIII, 266 et suivants. L'interprétation a été critiquée. On a également suggéré que l'anneau symbolisait la paix retenant le dieu de la guerre..

Le casque, dont le cimier est perdu, est orné d'un lévrier et de griffons sur les côtés du timbre et de deux lévriers courant sur le frontal. Cette iconographie, relativement inhabituelle, est celle d'un casque de parade de cavalerie romaine.

On a également proposé de voir dans la statue le portrait de Pâris par Euphranor que mentionne Pline l'Ancien, XXIV, 77.C. Robert, « Excurs über den Ares Borghese », 19 Hallisches Winckelmannswprogram, Halle, 1895, 21-29. : l'anneau serait simplement un bijou porté par le prince troyen efféminé ; l'hypothèse est minoritaireNicole Dacos, « Le Pâris d'Euphranor », BCH (1961) 85, 371-399..

Attribution de la statue

Depuis Wilhelm FurtwänglerWilhelm Furtwängler, Meisterwerke, 1893, 121, suivant une hypothèse proposée par A. Conze en 1868 ()., la statue est généralement rapprochée d'un passage de Pausanias, dans sa Description de la Grèce () : « près de l'effigie de Démosthène, il y a un sanctuaire d'Arès, où se trouvent deux statues, l'une d'Aphrodite, l'autre d'Arès, réalisée par Alcamène ; celle d'Athéna est l'œuvre d'un Parien, nommé Locros, I, 8, 4. Traduction de , 1003.. »

Cette attribution traditionnelle de l'original, en bronzeLouvre, Collection : ., soulève la remarque formulée par K.J. Hartswick, concernant la copie en marbre : la forme du casque n'apparaît pas avant le . La statue actuelle remonterait au déplacement du culte d'Arès sur l'agora d'Athènes en 2 apr. J.-C. et serait la statue cultuelle du culte de Gaius César, petit-fils d'Auguste, « comme nouvel Arès ». On a objecté que l'identification de la statue à Arès n'était pas certaine et que rien ne rattachait l'original de l'Arès Borghèse à Athènes.. La datation basse a néanmoins été suivie par plusieurs autres auteurs, B.S. Ridgway, Fourth-Century Styles in Greek Sculpture, 1997, 270, n 18. et ..

Le culte et les représentations du dieu Arès ne sont pas nombreux dans l'Antiquité grecque. On le retrouve surtout dans des scènes collectives..

Autres statues antiques du type Borghèse Le type statuaire était connu, car on en possède une vingtaine de copies., notamment à la Glyptothèque de Munich (inv. 212) ou à la Centrale Montemartini (MC 795). La pose a été réutilisée pour des statues d'empereurs romains, seuls ou avec une statue de Vénus représentant l'impératrice. LArès de Leptis Magna est également du type Borghèse : c'est une statue romaine en marbre, exposée au musée archéologique de Tripoli en Libye.

Copies modernes et moulages alt=Copie de l'Arès Borghèse|vignette|Copie de l'Arès Borghèse réalisée par Carlo Freter pour le Hearst Castle, Californie, États-Unis d'Amérique Il existe plusieurs reproductions modernes de l'Arès Borghèse dans le monde :

Copie exposée dans les jardins du château de Chantilly, au Vertugadin, le jardin en pente situé à l'arrière du parc : elle datait de 1902 et remplaçait une copie détruite sous la Révolution française. C'est au pied cette statue qu'une scène du film Le Bal des maudits (1958) a été tournée. Volée en décembre 1989, une nouvelle copie est désormais installée sur son socle. Cette dernière a été réalisée à partir d'un scan 3D de la statue du Louvre par Alain Bourson ; l'œuvre a été sculptée par Patrick Laroche dans un bloc de pierre issu des carrières Degan de Saint-Maximin. La statue actuelle pèse et son financement a été assuré par les amis du musée Condé. Copie réalisée par Carlo Freter pour le Hearst Castle, Californie, États-Unis d'Amérique ; Copie située au premier étage de la façade ouest de la Cour carrée du Louvre, France.

Il existe plusieurs moulages en plâtre de l'Arès Borghèse dans différentes institutions :

Musée des Moulages de l'université Paul Valéry, Montpellier, France. Tirage intégral (A 110) de la fin du par l'atelier du Louvre à Paris, entré dans la collection en 1890 ; Museu Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro, Brésil ; Glyptothèque de l'université de Séville, Espagne ; Reconstitution en plâtre du groupe de Vénus et Mars par Félix Ravaisson.

Notes et références

Bibliographie

LIMC II 1 (1984) 479-492 f. s.v. Ares (Ph. Bruneau)

Catégorie:Sculpture de la Grèce antique Catégorie:Sculpture du Ve siècle av. J.-C. Catégorie:Collection d'antiquités étrusques et romaines du Louvre Catégorie:Sculpture en marbre Catégorie:Arès ou Mars dans la sculpture Catégorie:Mythologie grecque dans la sculpture antique Catégorie:Nu masculin dans la sculpture