François Sanchez, dit le Sceptique, né en 1550 à Tuy (Espagne) et mort à Toulouse en 1623Cazac 1903, ., est un philosophe et un médecin. Issu d'une famille de Juifs convertis originaires du Portugal et installés en Espagne, avant d'émigrer en France, il étudie entre Bordeaux et Montpellier, avant de se fixer à Toulouse. Il compose un important traité philosophique, le qui, en remettant en cause les philosophies aristotélicienne et scolastique, prépare la modernité.

Biographie Jeunesse et formation Né à Tuy, petit ville galicienne à la frontière du Portugal, François est le fils de Filipa de Sousa et d'António Sanches, médecin portugais juif converti au catholicisme. Leur ville étant suffragant de l'archidiocèse de Braga, François est baptisé dans l'église São João do Souto de cette ville. Inquiétée par l'Inquisition, la famille s'installe en France, dans la ville de Bordeaux, alors que Francisco n'a que douze ans.

Il y poursuit ses études au collège de Guyenne, un des foyers de la Renaissance de la ville, où il semble avoir suivi l'enseignement de António de Gouveia, Jean Gelida et Elie Vinet« Francisco Sanches (ca 1551-1623) Filósofo, matemático e médico », Tesouros de la Biblioteca Nacional, sur le site de la bibliothèque nationale portugaise.. En 1569, il quitte Bordeaux pour étudier la médecine à Rome. En 1573, François revient en France, et il suit l'enseignement du docteur Jean Hucher (1538-1603)Diplôme de docteur en médecine de l'Université de Montpellier, décerné à Jean Mercator, originaire de Marcigny en Bourgogne, France Archive .Nicolas François Joseph Eloy, Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne: ou Mémoires disposés en ordre alphabétique pour servir a l'histoire de cette science, et a celle des medecins, anatomists, botanists, chirurgiens et chymistes de toutes nations, vol. 2, H. Hoyois, Mons 1778, p. 572 . (chancelier de l'Université de Montpellier) à Montpellier et il est reçu docteur en médecine, où il obtient une chaire de professeur en médecine à seulement vingt-quatre ans.

Puis il part à Toulouse, où il s'installe en 1575. Tout d'abord simple médecin, il écrit et publié cependant ses premiers ouvrages, en particulier le en 1580.. Il est nommé à l'hôpital Saint-Jacques en 1582.

En 1585, il quitte l'hôpital après avoir obtenu une chaire de philosophie à la Faculté des Arts, à l'université de Toulouse. En 1588, le , il épouse une demoiselle de Maran, fille d'un huissier à la Cour, Jean de Maran, dont il a une fille. En 1610, il abandonne la chaire de philosophie pour prendre la chaire d'Antoine Dumay, comme régent de la Faculté de MédecineJules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome III, Toulouse, 1925, .. Il meurt à Toulouse en 1623.

Œuvres vignette|Frontispice des par François Sanchez. Sens de la philosophie de François Sanchez Son premier ouvrage connu, (« Poème sur la comète de 1577 »), est une critique virulente des croyances de l'astrologie.

Mais François Sanchez est surtout connu pour son traité philosophique le plus ambitieux, (« Rien n'est connu »), écrit en 1576 et publié à Lyon en 1580. Il y utilise des arguments de la philosophie sceptique de Pyrrhon et de Sextus Empiricus pour réfuter l'aristotélisme. Cependant, son scepticisme est qualifié de constructif, car il conclut que, même si la connaissance parfaite est impossible, la recherche de la connaissance imparfaite ne doit pas être abandonnée. La philosophie de Sanchez repose sur une phénoménologie de la probabilité, affirmant que la connaissance, faite de faits probables, ne repose que sur des apparences, des phénomènes. Cette théorie influença les idées de Marin Mersenne et Pierre Gassendi.

Le prologue du eut un impact particulièrement fort à la fin du , et en particulier sur René Descartes qui y reprit la notion de « doute méthodique », au point que Pierre Daniel Huet accusa Descartes d'avoir plagié François Sanchez dans son Discours de la méthode :

Liste des œuvres principales , 1577. , 1581. , 1585.

, 1636, qui comprend :

. , 1649.

Postérité et hommages Postérité Son traité philosophique figure en seconde position dans la catégorie « Essais » de la « Liste des 50 œuvres essentielles de la littérature portugaise » établie en 2016 par le prestigieux Diário de Notícias..

Hommages En France, une rue du quartier Saint-Simon, à Toulouse, est nommée en son honneur en 1988.

Au Portugal, la statue de François Sanchez est inaugurée le 13 mars 1955 sur le Largo de São João do Souto, à côté de l'église de São João do Souto. L'œuvre est due au sculpteur Salvador Barata Feyo.

Notes et références

Voir aussi Édition Francisco Sanchez, Il n'est science de rien (), texte établi et traduit par Andrée Comparot, préface André Mandouze, Paris, Klincksieck, 1984.

Bibliographie Sanches au tournant de la pensée de la Renaissance, Paris, Fondation Calouste-Gulbenkian, Centre Culturel Portugais, 1984. Gianni Paganini, Skepsis. Le débat des modernes sur le scepticisme. Montaigne, Le Vayer, Campanella, Hobbes, Descartes, Bayle, Paris, Vrin, 2008 (Chapitre ). Sérgio Da Silva Pinto, Braga et Francisco Sanches : discours prononcé à l'Université de Toulouse, à la séance solennele des commemorations du centenaire de Francisco Sanches, le 12 juin 1951, Braga, 1951. Alberto Moreira da Rocha Brito, Francisco Sanches, médico, professor e pedagogo, Braga, 1952. Lúcio Craveiro Da Silva, Francisco Sanches nas correntes do pensamento renascentino, Braga, 1983. Francisco de Figueiredo Coelho de Madureira, Francisco Sanches : a questão do método, Lisbonne, 1996. . Henri-Pierre Cazac, « Le lieu d'origine et les dates de naissance et de mort du philosophe Francisco Sánchez », Bulletin hispanique, vol. 5, , 1903, . Lúcio Craveiro da Silva, Raquel Gonçalves, Pierre Laszlo, Hernani L. S. Maia, « Francisco Sanches Lusitanus, un précurseur de Descartes à l’université de Toulouse », Transmission et diffusion des savoirs dans le Sud de la France, Actes du national des sociétés historiques et scientifiques, « Terres et hommes du Sud », Toulouse, 2001, éd. du CTHS, Paris, 2007. (lire en ligne).

Liens externes

, édition de 1581, sur le site Gallica de la BnF.

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