La Jagdgeschwader 301 (JG 301)Pour une explication de la signification des désignations des unités de la Luftwaffe : voir Organisation de la Luftwaffe (1933-1945). est une escadre de chasse de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale. Active de 1943 à 1945, elle fut affectée aux missions Wilde Sau avant d'être incorporé à la défense du Reich.

Opérations Le JG 301 opéra sur des chasseurs Messerschmitt Bf 109G, Focke-Wulf Fw 190A et D et fut la seule escadre allemande à voler sur Focke-Wulf Ta 152.la page du JG 301 sur WW2. Elle stationna notamment en France à Saint-Dizier en , et à Épinoy de juin à .

Renforcement de la Wilde Sau (1943) Adaptation Créée de septembre à dans le cadre de la nouvelle 30. Jagd-Division, la JG 301 se spécialisa dans les missions Wilde Sau. Tout comme la JG 300, les instructeurs et les pilotes de bombardiers furent mis à contribution car ces aviateurs possédaient davantage d'expérience pour le vol aux instruments indispensable aux missions de chasse de nuit sans support radar. Les JG 1 et JG 11 fournirent dans un premiers temps les chasseurs nécessaires qui voleront pour le coup jour et nuit.

Jusque là, la Nachtjagd et la DCA allemande se relayaient pour lutter contre les bombardiers lourds du Bomber Command. Désormais, la Luftwaffe devait également compter sur de petits groupes de chasseurs monomoteurs intervenant directement dans le flot des bombardiers au-dessus des villes illuminées par les incendies. Une coordination entre les batteries de Flak et les unités Wilde Sau se révéla donc indispensable, les premières devant régler leurs tirs à des altitudes précises afin d'éviter d'abattre des chasseurs allemands.

La RAF utilisait maintenant régulièrement le radar H2S sur ses bombardiers permettant de localiser leurs cibles dans la nuit de façon plus efficace. De ce fait, au lieu d'imposer une extinction des feux des villes allemandes désormais inutile, le Major Hajo Herrmann, créateur de la Wilde Sau, proposa au contraire qu'on les illumine et les équipe de nombreux projecteurs. Ainsi, les silhouettes des bombardiers lourds du Bomber Command se distinguaient davantage, rendant caduque l'utilisation de moyens de détections rapprochés. L'idée était audacieuse et finit par faire son chemin.

Premiers engagements La nuit du 22 au vit les premiers succès de la JG 301 quand les trois groupes engagèrent des bombardiers sur Hanovre. Ils en revendiquèrent une dizaine, mais quatre pilotes furent en contrepartie tués et deux autres blessés. Succès plus modeste quatre jours plus tard toujours sur Hanovre avec 4 victoires au prix de deux morts et un blessé. On est encore loin des gros scores à la même époque des pilotes de la JG 300, il est vrai déjà aguerris à ce genre de missions depuis la fin du printemps, qui pour le coup récupère le III./JG 301 à peine formé pour constituer son III. Gruppe. Un nouveau III./JG 301 sera toutefois reformé avant la fin de l'année.

Le mois d'octobre resta assez analogue avec 2 à 3 victoires seulement respectivement les 3, 8 et 18 pour trois blessés, le I. Gruppe quant à lui perdant quatre pilotes le dans une journée sans victoire. Dans la nuit du 22 au , la RAF frappa dans le secteur de Frankfort. L'efficacité du guidage allemand permit d'abattre 42 bombardiers, moitié moins au compte de la Wilde Sau. La JG 301 revendiqua cette fois-ci 9 succès, dont un tiers pour lOberfeldwebel Kurt Welter. Avec 7 victoires - deux doublés et ce dernier triplé - il est alors le seul as à se démarquer de l'escadre. Lui et d'autres confirmeront lors de leurs passages à la JG 302 (voir ci-dessous).

Amputation Le , l'escadre cède à nouveau deux de ses groupes (I. et II./JG 300) à la nouvelle JG 302. Ainsi diminuée, la JG 301 ne revendique que 3 petits succès jusqu'à la fin de l'année, dont une au compte du Kommodore le Major Helmut Weinreich (dans la nuit du 18 au ). Sérieusement touché à son tour, l'officier tente de regagner sa base mais le moteur de son Fw 190 explose peu avant d'atterrir<ref group="N">Helmut Weinreich était un ancien pilote du KG 30. Il comptait 320 missions et était titulaire de la Croix de chevalier depuis le . Il sera promu au grade dOberstleutnant à titre posthume .</ref>. Les I. et II./JG 301 sont bientôt reconstitués, du moins sur le papier car dans les faits, le premier ne possède aucun appareil tandis que le second n'en compte que trois ! C'est le Major Manfred Mössinger (chef du III./JG 301) qui commande l'escadre pour quelques jours avant de prendre les rênes de la JG 302 et de laisser lui-même sa place au Major Ewald Janssen début décembre.

Seul le III./JG 301 récemment reconstitué dispose encore d'un nombre suffisant de chasseurs mais ses actions se résument à sept pilotes tués entre le et la fin de l'année, dont près de la moitié par accident. Ces pertes étaient principalement dues à la météo. Rares étaient en effet ceux qui pouvaient percer la couche nuageuse en pleine nuit sans risquer de se perdre et de s'écraser ensuite faute de carburant. Le Me 109 était également particulièrement nerveux au décollage et à l'atterrissage et se familiariser avec le petit chasseur de Messerschmitt au cockpit étroit resta difficile pour les anciens pilotes de bombardiers recrutés pour cette tâche.

Nuits et jours (1944) Hiver et printemps difficiles Au début de l'année 1944, la JG 301 dispose enfin de ses propres chasseurs mais les différentes interceptions ici et là ne donneront rien et plusieurs pilotes seront blessés ou tués toutes causes confondues. Les 20, 29 et , 5 petites victoires sont revendiquées pour autant de pertes. Le Fahnenjunker-Feldwebel Fritz YungFahnenjunker-Feldwebel : adjudant élève-officier .Il semble que Fritz Yung ne passa pas à la 1./JG 302 quand le I./JG 301 fut renommé I./JG 302, mais réintégra le nouveau I./JG 301 . accède à son tour au titre d'as. C'est aussi à cette époque que le haut commandement décida d'impliquer de plus en plus les unités Wilde Sau dans des missions diurnes, la JG 301 ne faisant pas exception malgré un ratio victoires/pertes défavorable.

Ainsi, la JG 301 alternera tout le mois de février entre missions de chasse de jour et de nuit, une tâche difficile pour ses aviateurs dont le gros est encore composé d'anciens pilotes de bombardiers et de transports. Ayant pour la plupart peu d'expérience au combat aérien, certain préféreront alors s'attaquer aux bombardiers quand d'autres étaient plus à l'aise face aux chasseurs d'escortes. Finalement, les deux groupes apprirent l'un de l'autre et le retour d'expérience bénéficia à tous. Reste que le mois se solda par seulement 3 bombardiers détruits le jour et autant la nuit, le tout pour 4 tués et 9 blessés.

Les missions Wilde Sau cédèrent peu à peu la place aux interceptions diurnes, d'autant que les chasseurs d'escortes américains pouvaient désormais accompagner les quadrimoteurs jusqu'au cœur du Reich. Les 15 et , la JG 301 descendit 8 bombardiers du Bomber Command pour 2 pertes et un blessé et 4 autres appareils de l'USAAF le . Dans ce dernier cas, les Allemands se concentrèrent - chasseurs américains obliges - sur le box extérieur de la formation afin d'augmenter les chances de succès tout en esquivant le tirs croisés des mitrailleurs de défense. Entre deux, Fritz Yung atteignit sa victoire après un doublé sur des P-38.

La première moitié du mois d'avril voit la 15th Air Force frapper le Reich depuis les bases italiennes. Les 2 et , les Allemands descendent 4 adversaires et 4 autres le lendemain au prix de trois morts et quatre blessés. Passé de la 7. à la 1. Staffel, le Hauptmann Helmut Suhr remporte à son tour son succès. Le , les attaques américaines prennent pour cible les bases aériennes du sud de la Bavière. Des appareils du I. et III./JG 301 décollent pour les intercepter mais les P-51 ont l'avantage de l'altitude. Pour la perte d'un des leurs, les Mustang touchent 7 Messerschmitt et trois pilotes sont tués et quatre autres blessésParmi eux le Fahnenjunker-Oberfeldwebel Fritz Yung qui parvient à s'éjecter mais qui devra être amputé d'un pied. Il avait 11 victoires .. La nuit, le III./JG 301 redécolle à nouveau contre un raid britannique : bilan, un Lancaster descendu mais à nouveau trois pilotes tués. L'alternance entre les missions de jour et de nuit devint rapidement insupportable. En mai, le III./JG 301 est démantelé et totalement dissout le .

Défense de Ploiesti Dès le début de 1944, un quatrième Gruppe était prévu mais une seule escadrille (la 10./JG 301) fut finalement créée, puis déployée en Roumanie afin de contrer les raids américains en provenance d'Italie venus s'en prendre aux raffineries de pétrole. L'unité connut son premier succès les 4 et en descendant 6 bombardiers. Elle récidive les 15, 17 et en abattant à nouveau 5 quadrimoteurs. Le , le II./JG 301 se joint à la 10./JG 301 et remporte sa première victoire le jour même. Mais les succès dans cette région demeurèrent en général sporadiques pour les deux mois suivant. En fait, l'escorte musclée américaine empêchèrent le plus souvent les Messerschmitt d'approcher des bombardiers. Le , le Kapitän de la 10./JG 301 est blessé et trois autres pilotes sont tués pour un faible résultat. Le , la 5./JG 301 déplore à son tour deux tués et deux blessés, le tout pour seulement 2 victoires. D'autres combats aériens les 23, 24 et 28 donnèrent 1 P-51 et 3 B-24 abattus, cette fois au prix de quelques blessés.

À ces conditions difficiles s'ajouta l'approche inexorable des troupes soviétiques par l'Est. Il est donc probable que les avions de la JG 301 sur place aient été sollicités pour appuyer les forces au sol allemandes. L'étau des Alliés se resserrant de plus en plus, il devenait de plus en plus difficile pour la Luftwaffe de contrer des frappes allant en s'intensifiant. Le , la 10./JG 301 descendit deux B-24 au-dessus de la Roumanie, dont la pour le Feldwebel Gerhard Mett, meilleur pilote sur ce secteur, l'une des deux dernières revendiquées en Roumanie. Le , deux pilotes allemands furent tués et deux autres blessés pour un résultat nul. Fin juillet, la 10./JG 301 disparu des effectifs tandis que le II./JG 301 demeurait encore sur zone.

Le , l'avance rapide des Soviétiques prit le groupe par surprise tout comme le changement de camp de la Roumanie. Les pertes subies avaient réduit chaque Staffel à quelques pilotes mais tous ne réussissent pas à s'envoler à temps. C'est le personnel au sol qui déplora le plus de pertes. Les auxiliaires féminins furent évacuées en priorité par camions puis par deux Me 323, mais qui s'écrasèrent tous deux abattus par la DCA roumaine. Ceux qui s'enfuirent par véhicules ne seront pas non plus épargnés. Pris sous le feu ennemi, le personnel - dont de jeunes femmes - furent tuées, blessées et même abandonnées agonisantes sur place. L'une d'elles, Rita Weiß s'illustra en aidant les hommes à se défendre des attaques. Les survivants parviendront finalement à rejoindre Debrecen en Hongrie.

Le I. Gruppe en Normandie À l'été 1944, le I./JG 301 reste l'une des dernières unités à conserver sa capacité de chasse de nuit. Transféré sur la base de Saint-Dizier, le groupe se retrouve sous la coupe du Stab JG 27 avec pour mission de défendre les sites de lancement de fusées V1. Dans la nuit du 12 au , le Hauptmann Helmut Suhr revendique un premier bimoteur Wellington. Bien qu'opérant dans des conditions difficiles, les pilotes du I. Gruppe bénéficient de leurs expériences au vol de nuit ainsi que de différentes balises et projecteurs disséminés sur une vaste zone facilitant aussi bien la navigation aérienne que l'interception. Dans la nuit du 24 au , le I./JG 301 prend en charge l'escorte de Mistel pour l'une de ses premières utilisations. L'un des projectiles endommage notamment la frégate britannique dans la baie de Seine.