La rivalité entre les Celtics de Boston et les Lakers de Los Angeles (Lakers de Minneapolis jusqu'en 1960) est la rivalité la plus intense du de la National Basketball Association (NBA). Dans les années 1980, elle est à son apogée lorsque Magic Johnson et Larry Bird s'affrontent lors de trois séries en finales. La rivalité est moins forte après le retrait des deux stars. Après 21 ans de rencontres sans finale, les Celtics et les Lakers se retrouvent opposés en finales NBA en 2008, titre finalement remporté par les Celtics. Deux saisons plus tard, en 2010, Los Angeles prend sa revanche en dominant Boston lors d'un septième match décisif.
Les Celtics sont la franchise la plus titrée de la NBA avec 18 titres. Les Lakers sont deuxièmes avec 17 titres.
Les deux franchises ont toujours été chacune dans une conférenceNommée division jusqu'en 1970 opposée (Est pour les Celtics et Ouest pour les Lakers) et si elles se rencontrent en saison régulière, elles ne sont opposées en playoffs qu'en Finales NBA.
Celtics et Lakers se sont rencontrés douze fois en finales. Les Celtics mènent leur duel par neuf victoires à trois (dont les huit premières consécutives).
Situation 250px|Localisation des franchises.
Cette rivalité a d'abord opposé la ville de Boston, qui est la capitale et la principale ville de l’État du Massachusetts, dans le Nord-Est des États-Unis constituant le centre économique et culturel de la Nouvelle-Angleterre et celle de Minneapolis dans le Minnesota, ville importante du Midwest. La franchise des Lakers déménage ensuite à Los Angeles, deuxième plus grande ville des États-Unis après New York. Elle est située dans le sud de la Californie, sur la côte pacifique.
Les Celtics et les Lakers sont les deux plus anciennes franchises de la NBA (avec les Knicks de New York). Les Celtics ont été créés en à Boston et les Lakers en 1947 à Minneapolis. Les Celtics sont, avec les Knicks, la seule franchise de NBA à n'avoir ni changé de nom ni de localisation depuis 1946, au contraire des Lakers qui ont déménagé en 1960 de Minneapolis à Los Angeles.
Historique Minneapolis contre Boston thumb|left|alt=image en noir et blanc montrant un joueur dribblant le ballon devant un autre joueur.|Bob Cousy dribble.
Au cours de la première décennie de la NBA dans les années 1950, les Lakers de Minneapolis sont la première dynastie de la NBA. Minneapolis gagne la première série finale du championnat nouvellement formé en 1950 qu'est la NBA (trois finales de BAA ayant eu lieu entre 1947 et 1949 et rétroactivement considérées comme championnats NBA, dont l'une a été remportée par les Lakers en 1949). Cette équipe est entraînée par John Kundla et compte dans ses rangs la première superstar de la NBA George Mikan ; ils gagnent trois autres titres en 1952, 1953 et 1954, devenant la première équipe à remporter trois titres consécutifs et cinq en six ans. Les Celtics commencent à devenir une grosse équipe emmenée par Bob Cousy en remportant les finales NBA 1957 et perdant celles de 1958, toutes les deux face aux Hawks de Saint-Louis.
La toute première série finale entre les deux équipes a lieu en 1959, lorsque les Celtics de Boston balayent les Lakers de Minneapolis sur le score sans appel de quatre victoires à zéro. C'est la première des treize séries finales disputées à ce jour qui se termine sur ce score et c'est le premier des huit titres consécutifs pour Boston.
Entre le et le , les Celtics enchaînent dans leur duel 20 matchs sans défaite (16 en saison régulière et 4 en finales 1959). Et jusqu'au , ils enregistrent 38 succès pour seulement deux défaites (le à Minneapolis 136 à 115 et le à Boston 120 à 117).
Années 1960 : domination des Celtics vignette|left|alt=Portrait d'un homme en veste et cravate|Red Auerbach seul entraîneur NBA avec 8 titres consécutifs. vignette|right|alt=Un joueur en blanc avec un masque de protection et ballon en mains face en vert|Bill Russell en défense face à Wilt Chamberlain. Deux ans après le premier titre des Lakers, le propriétaire Bob Short choisit de déménager la franchise de Minneapolis à Los Angeles. Les Lakers de Minneapolis deviennent les Lakers de Los Angeles. L'équipe est emmenée par les deux stars Elgin Baylor et Jerry West. Les deux équipes deviennent les plus fortes de la NBA, avec des grands noms tels que Bill Russell, Tom Heinsohn, Sam Jones et l'entraîneur Red Auerbach pour les Celtics de Boston et Elgin Baylor, Jerry West, Gail Goodrich et l'entraîneur et manager général Fred Schaus pour les Lakers de Los Angeles. Malgré cela, la décennie est dominée par les Celtics, qui remportent les finales chaque année, sauf en 1967. Les Lakers sont l'adversaire des Celtics dans six de ces séries : 1962, 1963, 1965, 1966, 1968 et 1969, toutes remportées par les Celtics. Trois de ces séries (1962, 1966 et 1969) ont été remportées au terme des sept matchs. La victoire des Celtics sur les Lakers en 1966 établit un nombre record de huit championnats d'affilée, ce qui représente la plus longue série d'une équipe nord-américaine de sport professionnel.
Les Lakers acquièrent en 1968, en provenance des 76ers de Philadelphie, le grand rival de Bill Russell, Wilt Chamberlain, qui, après avoir été un symbole de la rivalité Celtics-76ers, devient celui de la rivalité Celtics-Lakers. Les Lakers affichent leur meilleur bilan en conférence Ouest lors de la saison 1968-1969. En revanche, l'équipe des Celtics vieillissante a lutté pour obtenir la quatrième place à l'Est, avec Russell et Jones jouant leurs dernières saisons. Malgré cela, les Celtics surprennent et éliminent les 76ers de Philadelphie et les Knicks de New York et atteignent les finales. Les Lakers ont l'avantage du terrain pour la première fois et remportent les deux premiers matchs, mais les Celtics rebondissent et gagnent un septième match d'anthologie au Forum de Los Angeles, devenant ainsi la première franchise à gagner le septième match à l'extérieur. Jerry West est nommé MVP des finales bien qu'il soit dans l'équipe perdante.
Durant cette décennie les Celtics remportent 51 victoires pour 34 défaites en saison régulière, ainsi que 24 victoires pour 14 défaites en finales.
Années 1970 : un duel à distance Les Lakers et les Celtics ont été champions NBA dans les années 1970, mais il n'y a pas de revanche au sommet entre les deux équipes, seules les rencontres de saison régulières ont eu lieu entre les deux franchises avec un bilan de 22 victoires à 14 pour les Celtics.
Le début de la décennie voit les malheurs des Lakers dans les finales NBA se poursuivre, avec une défaite (pour la troisième année consécutive) contre les Knicks de New York en 1970. Cependant, les Lakers rebondissent deux ans plus tard pour gagner les Finales et leur premier championnat à Los Angeles, également contre les Knicks. C'est également le seul titre NBA de la star Jerry West. L'année suivante, les Lakers rencontrent de nouveau les Knicks et perdent la finale 1973.
Les Celtics remportent les finales de la NBA en 1974 face aux Bucks de Milwaukee et en 1976 face aux Suns de Phoenix, sous la direction de l'entraîneur Tom Heinsohn et les joueurs Dave Cowens, Paul Silas et Jo Jo White.
Années 1980 : Magic contre Bird
La rivalité Lakers-Celtics ressurgit dans les années 1980, en grande partie en raison de la rivalité personnelle entre Larry Bird et Magic Johnson. Johnson dit des matchs contre les Celtics : . De même, Bird déclare : .
Les années 1980 commencent par le Lakers Showtime qui remportent les finales 1980 contre les 76ers de Philadelphie. L'année suivante, emmenés par leur et futurs , Larry Bird, Kevin McHale et Robert Parish, les Celtics gagnent en finales 1981 contre les Rockets de Houston.
Les Celtics perdent en 1982 lors des finales de Conférence Est face aux 76ers de Philadelphie et avec elles la possibilité d'une nouvelle rencontre avec les Lakers. Toutefois, le dernier match de cette série est mémorable dans cette rivalité parce que les fans de Boston ont chanté pour les 76ers, qui étaient sur le point d'éliminer leurs Celtics, à . Malgré les encouragements, les 76ers ont perdu les Finales NBA 1982 face aux Lakers, dirigés par l'entraîneur Pat Riley. Toutefois, les 76ers ont vaincu les Lakers l'année suivante lors des finales NBA 1983. La saison 1982-1983 est également l'année de la recrue pour les Lakers de James Worthy, un autre Hall of Famer de la rivalité légendaire.
Les Celtics ont un nouvel entraîneur K.C. Jones, qui est aussi un ancien joueur des Celtics, et les deux équipes ont enfin leur très attendue revanche des finales NBA 1984, une épuisante série de sept matchs avec beaucoup de moments mémorables, y compris un 137 à 104 dans le troisième match qui est dirigé par Larry Bird et qui surnomme ses coéquipiers de , la chaleur étouffante de la tristement célèbre non climatisée salle du Boston Garden. Cedric Maxwell est auteur d'une performance de 24 points dans le dernier match. Les Celtics l'emportent en sept matchs, portant ainsi leur record de victoires en finales contre les Lakers à 8-0.
L'année suivante, les Lakers ont enfin leur revanche en remportant les Finales NBA 1985 en gagnant le sixième match à Boston, devenant la seule équipe visiteuse à gagner un championnat NBA dans cette arène. Le propriétaire des Lakers Jerry Buss fait cette remarque célèbre .
Les Celtics rebondissent l'année suivante pour gagner les Finales NBA 1986 contre les Rockets de Houston. Dans les Finales NBA 1987, les deux équipes se rencontrent à nouveau et les Lakers sortent à nouveau vainqueurs en six matchs, avec leur leader emblématique Magic Johnson. Cette série marque la fin d'une époque pour les Celtics. Ils n'ont pas atteint de nouvelles finales avant 2008. Les Lakers, quant à eux, ont remporté celles de 1988 face aux Pistons de Détroit, avant de perdre la revanche l'année suivante, en 1989.
Plusieurs journalistes ont émis l'hypothèse que si la rivalité Johnson-Bird est si attrayante c'est parce qu'elle représente beaucoup d'autres contrastes, comme l'affrontement entre les Lakers et les Celtics, entre le clinquant d'Hollywood (Lakers Showtime) et la réputation de contrées de cols bleus ou gris de Boston et de l'Indiana (Celtic Pride), et entre les Noirs et les Blancs. En 1984, Converse commercialise pour son « arme » une ligne de chaussures de basket-ball (approuvée à la fois par Bird et Johnson) qui reflète la dichotomie entre les deux joueurs. Sur le plan commercial, Bird s'exerce seul sur un terrain de basket en milieu rural alors que Johnson tire vers le panier depuis une élégante limousine et le défie pour un match en un-contre-un. En dépit de leur rivalité sur le parquet, ils deviennent amis après le tournage du spot commercial.
La rivalité est également importante pour la NBA, car elle ravive l'attention nationale sur une NBA à l'image vieillissante à la fin des années 1970. Avant l'arrivée de Johnson et Bird, la NBA a traversé une décennie de déclin de l'intérêt et des taux d'audiences télévisées faibles. Avec en scène deux futurs Hall of Famers, la Ligue obtient toute une génération de nouveaux fans. La rivalité entre Bird, Johnson et leurs équipes contribuent grandement à la réussite de la ligue au cours de la décennie, selon Bryant Gumbel : . Le journaliste sportif Larry Schwartz d'ESPN affirme que Johnson et Bird ont sauvé la NBA de la faillite. Dans chaque série de finales NBA entre 1979 et 1989, soit les Lakers, soit les Celtics ou les deux sont présents et le succès est assuré.
Années 1990