La ligne 1 du téléphérique d'Île-de-France, plus simplement nommée Câble 1 ou C1 et précédemment désigné sous les noms de projet Câble A et Téléval, est une ligne de transport urbain par câble situé dans le département du Val-de-Marne, reliant la station Pointe du Lac, dans la ville de Créteil, à la station Villa Nova, dans la commune de Villeneuve-Saint-Georges.

Premier téléphérique urbain d'Île-de-France, il est mis en service le Conseil général du Val-de-Marne : « Le Téléval, un téléphérique pour le Val-de-Marne », 11 octobre 2012, sur cg94.fr. Consulté le 22 octobre 2012... Le Câble 1, long de pour cinq stations, agit comme une extension de la ligne 8 du métro. Il permet de désenclaver les villes de Valenton, Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges en franchissant plusieurs coupures urbaines dont une voie rapide, un faisceau ferroviaire et des lignes à haute tension.

La maîtrise d'ouvrage du projet est assurée par Île-de-France Mobilités, qui a retenu le constructeur de remontées mécaniques Doppelmayr France, filiale du groupe austro-suisse Doppelmayr-Garaventa. L'appareil prend la forme d'un téléporté, de type télécabine à attaches débrayables. Les cabines fermées de assises sont de type CWA Omega V de dernière génération. À la mise en service, l'exploitation est assurée par l'opérateur Transdev dans le cadre d'une délégation de service public.

vignette|centre|upright=1.2|Plan de la ligne.

Histoire

Les origines

vignette|gauche|100px|Logo du Câble 1.

Le principe d'un transport par câble dans cette partie du Val-de-Marne est ancien. Dès 1989, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) mène en effet une étude de faisabilité sur la desserte du sud de Créteil par un système de cabines automatiques sur rails SKCatalogue en ligne de la RATP. afin de rabattre les usagers vers la ligne 8 du métro parisien à son terminus d'alors, Créteil - Préfecture. La ligne, qui aurait compté trois stations le long de l'actuelle RD1, ne vit jamais le jour. C'est finalement la ligne 8 elle-même qui est prolongée d'une station jusqu'à Pointe du Lac, le . Cette extension ouvre des perspectives de création d'une liaison vers les communes de Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges, géographiquement proches mais enclavées par des coupures urbaines (la N 406, la ligne de Grande Ceinture et plusieurs lignes à haute tension).

En 2008, Joseph Rossignol, conseiller général du Val-de-Marne et maire de Limeil-Brévannes, est le premier à évoquer ce qu'il nomme alors un métrocâble.. Il découvre le concept du téléphérique urbain lors d'un voyage à Constanța, en Roumanie, et y voit une solution pour franchir les coupures urbaines qui isolent son territoire. En , la Communauté d'agglomération Plaine centrale du Val-de-Marne reconnaît le projet d'intérêt communautaire Article 7 de la délibération du conseil communautaire de l'agglomération de la plaine centrale du Val-de-Marne.. En 2010, l'idée de prolonger le métrocâble un peu plus loin au sud jusqu'au quartier du Bois Matar, à Villeneuve-Saint-Georges, est lancée..

Début 2011, le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), actuel IDFM, est saisi pour confirmer et étudier l'opportunité du projet.. Au printemps 2012, le STIF décide le lancement d'une étude comparative entre plusieurs modes de transport, dont une télécabine, assurant la desserte du plateau de Limeil-Brévannes..

Choix du mode et lancement des études Une présentation du projet est réalisée auprès de la population dans les mairies en . Celui-ci est dorénavant baptisé Téléval, mot-valise formé à partir de téléphérique et Val-de-Marne. Un débat public suit en octobre de la même année. Le mode télécabine est confirmé comme le plus pertinent, grâce à son coût acceptable et sa capacité à franchir les obstacles sans recourir à des ouvrages d'art.

En , le conseil du STIF approuve une convention de financement de entre la région Île-de-France (70 %), le conseil général du Val-de-Marne (30 %) et le STIF pour réaliser les études nécessaires à la réalisation du projet (réalisation du DOCP, de la concertation préalable, du schéma de principe et de l’enquête publique) CONSEIL DU STIF DU 5 MARS 2014 - COMMUNIQUÉ DE SYNTHÈSE, ..

À la suite d'interrogations sur la création d'une station intermédiaire Émile Zola (Valenton) et le tracé entre les stations Émile Combes (La Végétale) et Bois Matar (Villa Nova), le projet est soumis à une concertation préalable durant l'automne 2016..

Vers un projet définitif

Le , cette télécabine, appelée auparavant « Téléval », est désignée sous le nom de « Câble A ». Une concertation publique a eu lieu du au .. Courant 2017, des études complémentaires doivent être entreprises.. En 2018, le tracé n'est toujours pas fixé..

L'enquête publique se déroule du au Enquête publique unique relative au projet Câble A – Téléval concernant les communes de Créteil, Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges et valant mise en compatibilité de leur Plan Local d’Urbanisme... Le , la Commission d’enquête indépendante a rendu cinq avis favorables : quatre pour la mise en compatibilité des plans locaux d’urbanisme et un autre pour l’intérêt général du projet.. Il est déclaré d'utilité publique le Arrêté n° 2019/3367 du 22/10/2019 déclarant d’utilité publique le projet de création de ligne de transport par câble entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges dénommé « Câble A - Téléval »..

Fin 2020 une convention est signée entre les partenaires publics du projet. Le financement est assuré à 21 % par l'État, à 49 % par la région Île-de-France et à 30 % par le département du Val-de-Marne. Île-de-France Mobilités financera les télécabines et les coûts d'exploitation de la ligne, comme elle le fait pour les autres lignes ferrées ou routières de transports en commun de la région.

Choix du constructeur vignette|Une cabine près de la station Pointe du Lac. vignette|gauche|Design de la cabine

Le , Île-de-France Mobilités annonce que la société savoyarde Doppelmayr France, filiale du groupe austro-suisse Doppelmayr-Garaventa est pressentie pour l’attribution du marché public de conception, réalisation et maintenance de cette liaison par câble..

Île-de-France Mobilités signe le un contrat de d'euros pour la conception, la réalisation et la maintenance de la télécabine avec un consortium mené par Doppelmayr avec Spie Batignolles, France Travaux, Egis Rail et Atelier Schall..

L'appareil est équipé de cabines fermées de type CWA Omega V de dernière génération. Ces cabines, d'une capacité de assises disposées sous la forme de deux fois cinq places assises individuelles amovibles face-à-face, sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Elles sont en outre équipées d'options adaptées à l'exploitation en milieu urbain, parmi lesquelles :

éclairage LED pour l'exploitation de nuit ; système de vidéo-surveillance ; alarme et haut-parleur pour communiquer avec l'opérateur ; matériel d'évacuation en cas de panne ; équipement Wi-Fi.

Travaux vignette|Travaux de la station Pointe du Lac à Créteil en juin 2024. Le , les travaux préparatoires commencent à Créteil avant de se généraliser sur les autres secteurs...

Le , le premier des trente pylônes est posé.. Le septième et plus haut pylône avec ses 55 mètres a été posé le à Valenton, les autres seront posés d'ici au printemps 2024..

En , des premiers tests avec quatre cabines ont lieu.

Le , les dernières cabines sont livrées, constituant un parc de .

L'inauguration de la ligne a eu lieu le .

Choix technologique

La ligne ferroviaire de Grande Ceinture ainsi que la route nationale 406 constituent des barrières physiques entre le sud de Créteil et les villes en lisière du plateau de Villeneuve-Saint-Georges pour un système au sol.

Pour franchir ces coupures majeures, une solution de transport par câble de type télécabine urbaine a été proposée par la ville de Limeil-Brévannes. Cette technologie est la seule capable de franchir ces coupures sans ouvrages d'art (pont, tunnel, viaduc). Elle s'inspire des réalisations récentes de La Paz - El Alto, Medellín, Caracas, etc.

Le transport par câble est officiellement encouragé par l'État d'après la loi Grenelle I, selon un amendement dont l'exposé des motifs stipule : « Le transport par câble est le mode de transport le plus sûr au monde et son coût d'infrastructure est largement inférieur à celui des autres modes de transport collectifs. Il présente par ailleurs l'avantage d'avoir très peu de frottement et de consommer peu d'énergie. Il est en ce sens un mode de transport vertueux qu'il faut favoriser dans notre pays » Amendement n° 110 à la loi Grenelle Environnement..

Automatique et électrique, ce mode n'émet pas directement de gaz à effet de serre. Sans motorisation embarquée, les véhicules n'émettent pas de nuisances sonoresLe téléphérique et la ville, une nouvelle histoire d'amour..

Ce mode de transport devrait permettre d'améliorer la desserte entre Limeil-Brévannes, Valenton, Villeneuve-Saint-Georges et Créteil, qui, en 2023, est uniquement assurée par les lignes du réseau de bus Marne et Seine. Ces lignes de bus empruntent des axes routiers particulièrement congestionnés comme la route nationale 6 à Villeneuve-Saint-Georges et la route départementale 101 dans la traversée de Limeil-Brévannes ce qui dégrade leurs performancesSTRAV : le bilan 2007 dans le flash Valenton n° 169 - février 2008..

Tracé et stations vignette|Vue aérienne au-dessus de Limeil-Brévannes en direction du nord-ouest de la ligne de la grande ceinture de Paris et la route nationale 406 qui constituent les coupures majeures que doit franchir le .

Tracé

Le Câble 1 relie le Bois Matar (station Villa Nova) à la station de métro Pointe du Lac en , soit un gain de temps important par rapport aux bus et à l'automobile. Il permet de desservir notamment le quartier des Temps Durables, le parc départemental de la Plage Bleue, les quartiers prioritaires de Saint-Martin, du quartier d'Île-de-France, des Polognes et du Bois Matar.

À la station Pointe du Lac, le téléphérique offre des possibilités de correspondances importantes avec notamment la ligne 8 du métro, la ligne 428 du réseau de bus Marne et Seine, la ligne 423 du réseau de bus Pays Briard et les lignes RATP 393, qui permet de rejoindre en quelques minutes la gare de Créteil-Pompadour sur la ligne D du RER, et 117, ainsi que les lignes Noctilien N72, service de remplacement nocturne du Câble (réseau Marne et Seine), et N32 (réseau Bord de Marne).

Liste des stations

Le Câble 1 dessert cinq stations, dont les noms finaux sont annoncés le . :

Présentation des stations vignette|L'allée Federico Garcia Lorca dans le quartier des Temps Durables.

Station Pointe du Lac :

Cette station est en correspondance avec la ligne 8 du métro et avec la ligne de bus à haut niveau de service 393.

Station Limeil-Brévannes :

Située à proximité de la RD 110 à Limeil-Brévannes, cette station dessert la ZAC de la Ballastière Sud qui accueille l'éco-quartier des Temps Durables et ses nouveaux habitants. Bien que située à Limeil-Brévannes, cette station renforce l'accessibilité du parc départemental de la Plage Bleue de Valenton.. Station Valenton :

Elle est proposée en option en lors du débat public. Située à proximité de l'intersection de la ruelle de Paris et de la RD 229 à Limeil-Brévannes, cette station dessert le quartier Saint-Martin et le bas de la ville de Valenton. Cette station est proposée car un changement de direction est nécessaire à cet endroit sur le tracé de la ligne, et que le téléphérique se déplace en ligne droite. vignette|Câble C1 en essai à Limeil-Brévannes au-dessus de la Végétale. Station La Végétale :

Le nom de cette station est lié au passage de la voie verte Végétale qui suit le parcours du télécabine depuis la station Limeil-Brévannes. Végétale s'en écarte à proximité de la station pour se diriger vers le massif forestier de l'Arc Boisé et au-delà.