En RDA, la gestion des clubs sportifs fut étroitement contrôlée par le SED (Parti socialiste unifié d'Allemagne), le parti de masse dirigeant le pays de 1949 à 1990.
Cette page propose une approche des différents organes de pouvoir et des catégories de clubs de football qui furent actifs en « Allemagne de l'Est ».
Rôles Dès les premiers jours d’existence de la République démocratique allemande, les cercles sportifs furent employés comme vecteurs de propagande (comme les nazis l’avaient fait précédemment, voir article ministère nazi des sports) . Sous le prétexte de promouvoir le sport, l’État exerça une influence et un contrôle permanent sur la population.
Toute l'activité sportive fit donc l'objet d'un contrôle permanent de la part des autorités. De 1950 à 1957, l'organe chargé de la gestion des sports fut le Deutscher Sportausschuss (DS). Il fut remplacé par la Deutscher Turn- und Sportbund (DTSB).
Dix-huit catégories de Sportvereinigungen (SV) (associations sportives) furent mises en place et organisées selon les secteurs d’activité économique. Seize avaient un statut civil tandis que deux étaient des liées à des organes de l’État : l’armée (Armee Sportvereinigung (ASV) Vorwärts) et les organes de sécurité (Sportvereinigung (SV) Dynamo).
Ces Sportvereinigungen furent instituées en 1950. Le système perdit de sa superbe après 1957.
Origines Dès que la capitulation de l’Allemagne nazie fut entérinée, les Alliés s’activèrent à dénazifier le pays. Une des mesures prises fut de dissoudre, dès 1945, tous les clubs et toutes les organisations. (voir directive n° 23).
Rapidement, les clubs reçurent l’autorisation de se reconstituer sous l’appellation de Sportgemeinschaft (SG) (communautés sportives).
thumb|alt=Texte au choix|right|upright=0.4|Zones d’occupation en Allemagne en 1945 Dans les zones occupées par les Américains, les Britanniques et les Français, les clubs qui le souhaitaient purent très rapidement reprendre leurs noms initiaux. Par contre, dans la zone soviétique, il n’en alla pas du tout de la même manière.
Pour rappel, cette zone soviétique était constituée de la Thuringe, de la Saxe-Anhalt, de la Saxe du Brandebourg et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sans sous oublier le secteur Est de Berlin (districts de Friedrichshain, de Hellersdorf, de Hohenschönhausen, de Köpenick, de Lichtenberg, de Marzahn, de Mitte, de Pankow, de Prenzlauer Berg, de Treptow et de Weissensee).
Organes dirigeants Les activités sportives de la RDA furent gérées et contrôlées par deux organismes hautement (pour ne pas dire totalement) politisés. D'abord, le Deutscher Sportausschuss (DS) qui fut remplacé en 1958 par la Deutscher Turn- und Sportbund (DTSB).
Deutscher Sportausschuss thumb|alt=Texte au choix|left|upright=0.5|Logo de la FDJ thumb|alt=Texte au choix|right|upright=0.5|Logo de la FDGB Le , la Freie Deutsche Gewerkschaftsbund (FDGB) (la Fédération Libre des Syndicats Allemands) et la Freie Deutsche Jugend (FDJ) (Jeunesse Libre Allemande, mouvement de jeunesse fondé le ) se réunirent au siège berlinois du comité central de la FDJ et fondérent le Deutscher Sportausschuss (Comité Allemand des Sports).
Cet organisme avait comme raison d'être de structurer et d'organiser (donc de contrôler, État totalitaire communiste oblige ) toutes les activités sportives sur le territoire de ce qui allait devenir la RDA.
Le , le Deutscher Sportausschuss prononça son décret alignant la structure sportive est-allemande sur celle de la FDGB. Ce fut la mise en place des Sportvereinigungen c'est-à-dire le groupement des équipes au nom des différentes activités (« Motor », « Empor », « Stahl », ...). Les clubs furent alors restructurés en Bertriebsportgemeinschaft (BSG) (communauté sportive d'entreprise / ou corporative). Dans quelques cas, plus rares, certaines équipes ne connurent pas de changements d’appellation, comme SG Adlershof ou SG Jänschwalde.
Dans la majorité des cas, la dénomination des clubs prit la forme SG + Nom de la localité qui devint BSG (Betriebssportgemeinschaft) + Nom de localité (ou de district). Certains furent nommés ASG (Armeesportgemeinschaft) ou HSG (Hochschulsportgemeinschaft, école supérieure).
Le Deutscher Sportausschuss cessa ces activités et fut dissous après les décisions du « Politburo » du Comité central du SED (parti unique gérant l'État est-allemand), le 27 et et la fondation du Deutscher Turn- und Sportbund (DTSB) (Fédération Allemande de Gymnastique et des Sports).
Deutscher Turn- und Sportbund Après l'instauration de la DTSB, des fédérations sportives furent alors institués pour les sports qui n’en disposaient pas encore. Ce fut le cas du Deutscher Fussball Verband der DDR (DFV) — littéralement « Fédération Allemande de Football de la RDA » — qui vit le jour les 17 et . Dans la pratique, la DTSB fut gérée directement par le comité central du SED.
14 des 18 anciennes Sportvereinigungen, créées en 1950, passèrent alors sous la direction des fédérations régionales (Bezirksverbanden) de la DTSB. Les organisations d’État, « Dynamo » (police), « Vorwärts » (armée), « Wismut » (mines d'uranium) et « Reichsbahn » (chemins de fer) restèrent distinctes de cette réforme jusqu’en 1978.
Alors que l'ancien Deutscher Sportausschuss comporta toute une série de sections différentes comme la « section football », la DTSB amena la constitution de fédérations individuelles pour les disciplines n'en disposant pas encore. Ainsi, en 1958 fut instaurée le Deutscher Fussball Verband der DDR (DFV).
La DTSB fut structurée et subdivisée en 15 organisations de district (Bezirk) selon le découpage administratif mis en place en RDA.
Cette réforme administrative amena la modification de certaines appellations de clubs, mais dans l’ensemble, la logique appliquée depuis 1948/1949 resta sensiblement identique. Sous le niveau « Bezirk » furent installés des comités subalternes par « Kreis » (comtés) puis par « Stadt » (ville / commune) et enfin par « Stadtkreis » (arrondissement urbain). Les Sportvereinigungen de l'Armée (ASV Vorwärts) et de la police — y inclus la Stasi, la VoPo, et la Douane — (Dynamo) avaient le statut d'une organisation de district mais étaient dans la réalité des faits indépendantes.
La DTSB accentua les idées émises dès 1954 en articulant sa méthode de travail en deux grandes catégories ; sport de loisir (Breitensport) et sport de compétition (Leitungsport). La première servant de détecteur de talents qui furent ensuite priés de rejoindre un club de la seconde catégorie.
Liste des Sportvereinigungen Les Sportvereinigungen (SV), littéralement « associations sportives », étaient les organes hiérarchiques supérieurs liés chacun à un secteur d'activités. Les forces de police et l'armée eurent chacune leur propre « SV ».
LogoNomsSecteurs d’activitéExemple 80px Aktivist Exploitation minière, industries primaires BSG Aktivist ZwickauBSG Aktivist Schwarze PumpeSC Aktivist Brieske-Senftenberg 80px Aufbau Secteur de la construction SC Aufbau MagdeburgBSG Aufbau KrumhermersdorfBSG Aufbau Boizenburg 80px Chemie Industrie chimique, du verre et de la céramique Hallescher FC ChemieBSG Chemie PremnitzBSG Chemie Böhlen 80px Dynamo Organes de sécurité (Stasi, Douanes, police) SG Dynamo DresdenBFC DynamoSC Dynamo Klingenthal 80px Einheit Gouvernement central et local SC Einheit DresdenBSG Einheit GreifswaldBSG Einheit Wernigerode 80px Empor Commerce, biens alimentaires SC Empor RostockBSG Empor LauterBSG Empor Löbau 80px Fortschritt Industrie légère et textile SC Fortschritt WeißenfelsBSG Fortschritt BischofswerdaBSG Fortschritt Cottbus 80px Lokomotive Moyens de transport, chemin de fer 1. FC Lokomotive LeipzigBSG Lokomotive MagdeburgBSG Lokomotive Stendal 80px Medizin Secteur médical BSG Medizin MarkkleebergBSG Medizin LuckauBSG Medizin Berolina Berlin 80px Motor Construction de moteurs et machines, transformation des métaux SC Motor JenaBSG Motor ZwickauBSG Motor Altenburg Post Postes et télécommunications BSG Post NeubrandenburgBSG Post SchwerinBSG Post Jena 80px Rotation Industries de l’imprimerie et de l’édition SC Rotation LeipzigBSG Rotation BerlinBSG Rotation Babelsberg 80px Stahl Métallurgie SC Stahl RiesaBSG Stahl BrandenburgBSG Stahl Eisenhüttenstadt 80px Traktor Coopératives agricoles SC Traktor SchwerinSC Traktor OberwiesenthalBSG Traktor Teuchern 80px Turbine Secteurs de l’énergie et de la gestion de l’eau SC Turbine ErfurtBSG Turbine HalleBSG Turbine Potsdam 80px Vorwärts Organismes militaires (Forces Armées) ASK Vorwärts FrankfurtASK Vorwärts OberhofASG Vorwärts Dessau 80px Wismut Mines d’uranium BSG Wismut AueSG Wismut GeraSC Wismut Karl-Marx-Stadt Wissenschaft Universités et hautes écoles HSG Wissenschaft HalleSC Wissenschaft DHfK LeipzigHSG Wissenschaft TH Dresden
Il y eut aussi quelques exceptions notables de clubs qui portèrent des appellations et des abréviations comme seules la RDA pouvait en créer. Il s’agit pour certains de clubs fondés à une époque l’État est-allemand n’avait plus la même envie d’unifier toutes les associations sportives. D'autres eurent un nom « original » dès le début et le conservèrent. Ce fut par exemple le cas de la BSG Anker Wismar (chantier naval), ou BSG VVB Tabak Dresden (fabrique de cigarettes) ou encore BSG Energie Neubrandenburg.
Toutefois les appellations types comme celles souvent employées en Allemagne de l'Ouest (Eintracht, Alemannia, Germania, ...) furent toujours considérées comme « politiquement incorrectes » !
Betriebsportgemeinschaft Dès 1949, les clubs reconstitués après la Seconde Guerre mondiale sous forme de Sportgemeinschaft (SG) furent restructurés. Certains furent d'abord une Zentrale Sportgemeinschaft (ZSG). Après la création des Sportvereinigungen (SV) les clubs devinrent des Betriebsportgemeinschaften (en abrégé BSG).
Cela signifiait que toute entité sportive était attachée à une « entreprise » qui était son « Träger » (littéralement : soutien). Le terme « entreprise » englobait tous les secteurs : primaire (fermes, mines, ...), secondaire (aciéries, fabriques, manufactures, ...) ou tertiaire (organes administratifs). Les équipes des organes de police ou militaires restèrent gérées (en fait contrôlées) différemment. Les premières par la Sportvereinigung Dynamo, les secondes par la Sportvereinigung Vorwärts.
Les Betriebsportgemeinschaften restèrent actives jusqu'en 1990. Une différenciation de catégories vint s'ajouter à deux reprises : les DDR-Sportklub puis les Fussball-Club .
DDR-Sportsclubs À partir de 1954, eut lieu une première réforme importante du système mis en place en 1949. Au sein des différentes Sportvereinigungen (SV), il fut créé des Sportclubs (SC) . Le but était de « préparer des élites sportives ». Les différentes Sportvereinigungen gérèrent le sport de loisir (Breitensport) par le biais de « BSG » qui restèrent en place, alors que les SC s'occupèrent de l'élite, du sport de compétition (Leitungsport). La théorie étaient que les meilleurs talents repérés dans et par les « BSG » étaient alors priés de rejoindre un « SC ».
Certaines « BSG » devinrent en tout ou en partie des « SC », d'autres « SC » furent spécialement créés.
Dans les années 1960, certaines BSG et SV furent réunies en Turn- und Sportgemeinschaft (TSG) comme TSG Neustrelitz, TSG Lübbenau ou TSG Elsterwerda.
Fussball Club À partir de janvier 1966, une autre réforme concerna les principales équipes de football. Celles-ci furent restructurées comme des organismes indépendants des « BSG » ou des « SC ». Des clubs de football furent alors refondés ou reconstitués sous des appellations plus conventionnelles (1.FC , FC, SC, …). Toutefois, le contrôle strict de l’État resta omniprésent.