Achille Varzi, né le à Galliate dans le royaume d'Italie et mort le à Bremgarten bei Bern en Suisse, est un pilote automobile et motocycliste italien. Considéré comme l'un des meilleurs pilotes de l'entre-deux-guerres, Achille Varzi reste célèbre tant pour son style de conduite réputé très sûr que pour sa rivalité avec Tazio Nuvolari.
Issu d'une famille aisée, Varzi découvre le pilotage moto en , à dix-sept ans ; il remporte sa première course l'année suivante et devient champion d'Italie de vitesse moto en catégorie en . Varzi et Nuvolari, dont il devient l'ami, s'imposent rapidement comme des vedettes de la discipline. Varzi remporte un nouveau titre de champion d'Italie, en , en . En 1928, Varzi et Nuvolari se lancent en compétition automobile au sein de la Scuderia Nuvolari. De plus en plus souvent battu par Nuvolari, Varzi quitte l'écurie et achète une Alfa Romeo P2 qui lui permet de reprendre l'ascendant en 1929. L'année suivante, il remporte une victoire majeure à la Targa Florio, la première d'une voiture italienne depuis cinq ans dans cette épreuve. En cours d'année, sur Maserati, il remporte le championnat d'Italie des pilotes et garde l'avantage sur Nuvolari.
La saison 1931 voit la création du championnat d'Europe des pilotes. Varzi, pilote officiel Bugatti, remporte le Grand Prix de France avec Louis Chiron et termine sixième du championnat. Varzi, fidèle à Bugatti jusqu'en 1933, rejoint la Scuderia Ferrari en 1934 et remporte six victoires. À l'aube de la saison 1935, pour la reprise du championnat d'Europe des pilotes, le consortium Auto Union le recrute. Il rencontre Ilse Pietsch, l'épouse de son coéquipier Paul Pietsch, qui devient sa maîtresse. Victime de la propagande menée par l'axe Rome-Berlin lors du Grand Prix de Tripoli 1936 et initié par sa maîtresse à la morphine, il sombre dans la drogue. Il s'éloigne des circuits et ne dispute que quatre courses entre 1937 et 1938.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il vainc son addiction à la morphine, se sépare d'Ilse Pietsch et épouse une ancienne amie. Revenu aux courses en 1946, Varzi remporte plusieurs victoires lors de la . En Argentine, il rencontre Juan Manuel Fangio et songe à prendre sa retraite pour fonder une école de pilotage. Mais lors du Grand Prix de Suisse 1948, sous la pluie de Bremgarten où, quelques heures plus tôt, Omobono Tenni meurt lors du Grand Prix moto, Varzi se tue dans un accident.
L'influence de Varzi est telle que l'Automobile Club d'Argentine fonde la pour faire débuter en Europe plusieurs pilotes qui marqueront leur époque comme José Froilán González ou Juan Manuel Fangio, qui déclare que Varzi est son modèle et l'homme qui influença le plus sa carrière.
Biographie Jeunesse et débuts à moto
Fils de Giuseppina Colli Lanzi et de Menotti Varzi, un riche manufacturier de coton qui officie au sein de l'entreprise familiale fondée par son frère, le sénateur Ercole Varzi, Achille Varzi naît à Galliate le . Il suit rapidement les traces de ses frères Angelo et Anacleto pour devenir pilote moto.. ....... Si la fortune familiale permet aux fils Varzi de disposer des machines les plus efficaces et dispendieuses de l'époque (Garelli, AJS, Norton ou Sunbeam), elle n'est pas suffisante pour financer un passage en sport automobile pour les trois enfants, d'autant que leur père préfère les voir courir à moto ..
thumb|left|upright|alt=Photo d'une Sunbeam d'un demi-litre de 1923.|Achille Varzi court sur moto avec une Sunbeam contemporaine à celle-ci dans ses premières années de compétition en sports motocyclistes.
À dix-sept ans, Achille Varzi pilote officiellement avec l'accord paternel. En , il remporte sa première course, le .. L'année suivante, il remporte huit victoires (Pérouse, Parme, Busto Arsizio, Padoue, Lasnigo, Trévise, Turin et Messine) et devient champion d'Italie de vitesse moto en catégorie . À dix-neuf ans, bien qu'encore mineur, il devient champion en catégorie senior, ce qui fait de lui l'une des vedettes de la discipline..
La carrière de Varzi, jusqu'alors confinée à l'Italie, prend une aura internationale qui le conduit à se consacrer exclusivement au pilotage de motos de . En , il se présente au Tourist Trophy de l'île de Man, une des plus importantes courses de motos. Durant l'épreuve, il choisit de heurter un mur pour éviter de rouler sur un pilote local, tombé juste devant lui ; légèrement blessé dans la manœuvre, il doit abandonner mais remporte le qui récompense le fair-play et devient encore plus populaire.
Cette même année, malgré ses cinq victoires (Catalogne, Varèse, Pontassieve, Parme et Naples), Varzi est dominé par Tazio Nuvolari en championnat d'Italie. Les deux hommes se rencontrent lors du et, bien que de douze ans son aîné, Nivola devient son ami et, plus tard, son plus grand rival. Varzi et Nuvolari forment alors un duo d'adversaires aux antipodes : le premier est silencieux, froid et dans la retenue alors que le second est bavard, chaleureux et exubérant. Les deux rivaux se portent pourtant un respect et une admiration mutuelle. L'Italie ne tarde pas à se diviser entre et et à se passionner pour leurs duels.
Varzi poursuit sa carrière sur deux roues, au guidon d'une Sunbeam de . La saison est éprouvante : il abandonne huit fois en treize courses et ne remporte qu'une seule épreuve, le . Il se console avec la qui récompense la meilleure prestation d'un pilote étranger lors du Tourist Trophy de l'île de Man.
thumb|alt=Photo d'une Bugatti Type 37 statique.|Achille Varzi participe à son premier Grand Prix, à Milan et en 1926 sur une Bugatti Type 37. Malgré son abandon, cette monoplace dotée d'un demi-moteur de Type 35 (avec quatre cylindres en ligne) lui donne le goût de l'automobile.
Les résultats reviennent dès l'année suivante. Malgré un abandon en début de saison sur le circuit d'Ostie, Varzi termine trois courses de rang aux avant-postes, incluant une deuxième place à la motocycliste. À Turin, il remporte sa première victoire de la saison et récidive à Stradella. Il termine septième du Tourist Trophy de l'île de Man en catégorie sénior et remporte à nouveau la . Après cette parenthèse britannique, il rentre en Italie, renoue avec les places d'honneur puis réalise une série de quatre victoires consécutives à Rimini, Monza (pour le Grand Prix des Nations), Lodi et Mantoue, ce qui lui permet de devenir champion d'Italie de vitesse moto en catégorie .
En fin de saison, Varzi s'initie au pilotage automobile lors d'une séance d'essai organisée par le . Les participants doivent couvrir cent kilomètres à plus de de moyenne mais la Bugatti de sur laquelle court Varzi a un défaut qui l'empêche de réaliser les minima. Vailati, un ami et soutien, lui confie une Bugatti Type 37A avec laquelle il participe à son premier Grand Prix automobile, à Milan... Malgré un abandon sur panne mécanique, Varzi déclare .
En , Varzi devient pilote officiel pour Moto Guzzi puis pour la Squadra Bianchi où officie également Nuvolari mais ne parvient pas à reproduire les résultats de la saison précédente. Après des débuts encourageants et une victoire au , il abandonne six fois consécutivement. Sa saison se résume à une victoire, une cinquième place au Tourist Trophy et sept abandons. En compétition automobile, il participe aux avec une Lancia Lambda mais, sans espoir de bon classement, renonce.
La course à l'armement 1928 : premiers pas en auto et début de la rivalité avec Nuvolari
Tazio Nuvolari qui vient, comme Emilio Materassi l'année précédente, de créer sa propre équipe de course automobile, la Scuderia Nuvolari, propose à Varzi de le rejoindre. Varzi s'associe à Amedeo Bignami, un mécanicien qui lui restera fidèle jusqu'à la fin de sa carrière et qui a commencé sa carrière avec et, avec le concours de Cesare Pastore, acquiert une Bugatti Type 35 pour l'ouverture de la saison 1928, au Grand Prix de Tripoli. Nuvolari s'y impose avec une importante avance sur Varzi, troisième.. Le reste de sa saison est une suite d'abandons dont émergent deux deuxièmes places, aux Grands Prix d'Alexandrie et d'Italie... Pour ce dernier Grand Prix de la saison, endeuillé par l'accident d'Emilio Materassi, Varzi, qui s'estime éclipsé par les performances de Nuvolari, quitte l'écurie et s'associe à Giuseppe Campari : pour , il prend une participation dans l'achat d'une Alfa Romeo P2 vieille de cinq ans. Sur cette nouvelle monture il tient la comparaison face au vainqueur, Louis Chiron et termine deuxième devant Nuvolari.
Parallèlement, il poursuit en compétition motocycliste où il obtient de meilleures performances : en quatre courses il remporte deux victoires, au et à Rome, termine une fois quatrième et abandonne une seule fois.
1929 : départ de la Scuderia Nuvolari et premier titre de champion d'Italie des pilotes auto Comme l'année précédente, la saison de Grands Prix débute à Tripoli où Varzi se présente avec une Alfa Romeo P2 chaussée de pneus spécialement sculptés ; il prend les devants pendant les deux premiers tours mais abandonne à cause d'un réservoir percé.. Assisté de Gioacchino Colombo, il termine troisième des sur une Alfa Romeo 6C 1750 SS.. Une semaine plus tard, il obtient sa première victoire en monoplace à Alexandrie..
Alternant les engagements en courses de voitures de sport et en Grands Prix, il remporte cinq nouvelles épreuves : le Grand Prix de Rome, la , la course Trieste-Opicina et les Grands Prix de Guipuzcoa et de Monza.....
Lors de ce dernier Grand Prix, après avoir perdu un temps considérable pour changer une bougie, il réussit, en l'espace de onze tours, à combler son tour entier de retard sur Luigi Arcangeli, réalisant même le meilleur tour en course à alors que le circuit est théoriquement conçu pour une vitesse moyenne de maximum (les rebaptiseront l en ) pour s'impose d'un cinquième de seconde. Arcangelli, déclare après la course : . À la fin de la saison, Varzi est sacré champion d'Italie de la discipline.
Durant cette période, il ne s'engage quasiment plus en compétition motocycliste où ses performances restent néanmoins de premier plan puisque, en seulement trois participations, il termine deux fois vainqueur, au et au Grand Prix des Nations.
1930 : deuxième titre de champion d'Italie avec Alfa Romeo et Maserati thumb|upright|alt=Photo de Tazio Nuvolari et Battista Guidotti à l'arrivée des Mille Miglia 1930.|Tazio Nuvolari et Battista Guidotti remportent les en parcourant les derniers kilomètres tous feux éteints. Trompés par la manœuvre, les commissaires de course annoncent à tort à Varzi qu'il est en tête. Se découvrant battu à l'arrivée, la tension entre les deux pilotes s'accroît.
Lié à la Scuderia Ferrari, Achille Varzi entame la saison 1930 à Tripoli. où les essais sont endeuillés par l'accident du populaire Gastone Brilli-Peri.. Alfa Romeo ne parvenant pas à lui fournir une P2 reconditionnée, il prend le départ au volant d'une Bugatti Type 35C dont le moteur casse dès le premier tour.
Il fait l'impasse sur le Grand Prix de Monaco pour disputer les où il est confronté à la qualité de pilotage de Tazio Nuvolari assisté de Battista Guidotti qui, selon la légende, terminent la course tous feux éteints afin de tromper la vigilance des commissaires de course qui annoncent ainsi à Varzi qu'il est premier. Tandis que Varzi baisse de rythme, persuadé de remporter la course, son rival, en tête, accroît peu à peu son avance. Lorsque Varzi découvre, une fois arrivé, qu'il est second, il se sent trahi d'une part par le directeur d'écurie Vittorio Jano qui n'a pas pris la peine de clarifier la situation, d'autre part par Nuvolari. L'amitié entre les deux pilotes est brisée à l'issue de cette course .. Giuseppe Campari déclare à la fin de la course : .