L'opération Démocratie aux Comores« L'opération "Démocratie aux Comores" », Le Monde, mis en ligne le 25 mars 2008. Consulté le 27 décembre 2010, est un assaut amphibie militaire qui a lieu le sur l'île d'Anjouan. L'assaut est mené par les Comores avec le soutien de l'Union africaine, du Soudan, de la Tanzanie et du Sénégal, ainsi que l'appui logistique de la Libye et de la France « AU troops arrive in the Comoros », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010 « African forces invade rebel Comoros island », AFP, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

L'objectif du débarquement est de renverser le colonel Mohamed Bacar à cause de son refus de démissionner après une élection perdue en 2007, au mépris du gouvernement fédéral et de l'Union africaine « Crise à Anjouan - Histoire d'une guerre des îles », allAfrica.com, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Le débarquement a lieu principalement dans la matinée du ; les principaux villages sont rapidement saisis et l'île est déclarée sous contrôle le jour même par les forces d'invasion « Battles on Comoros rebel island », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Bacar réussit à s'enfuir sur Mayotte le et demande l'asile politique à la France « Comoran rebel seeks French asylum », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

Contexte

vignette|Carte de l'archipel des Comores

Rivalités politiques

Les Comores sont, depuis leur indépendance en 1975, frappées par d'instabilité politique chronique s'étant traduite par de multiples coups d'État et interventions à partir de l'étranger. L'archipel des Comores a une histoire complexe depuis son indépendance vis-à-vis de la France, ayant subi au total plus d'une vingtaine de coups ou tentatives de coups d'État « Anti-French protests in Comoros », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. « Troops head for Comoros island », Al Jazeera, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.. L'île d'Anjouan est l'une des trois îles dirigées par l'état comorien, qui ne peut accepter que la deuxième île la plus peuplée échappe à son autorité, alors même que le président de l'Union est lui-même originaire d'Anjouan. L'île constitue l'un des foyers d'instabilité du pays, connaissant une crise sécessionniste en 1997 lorsque certains habitants ont violemment réclamé l'indépendance de l'île, voire son rattachement à la France« Les troupes africaines chassent le chef rebelle d'Anjouan », Le Figaro, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010..

À l'issue de cette crise sécessionniste est signé à Fomboni, en , un accord dit « Accord cadre pour la réconciliation au Comores Mémorandum sur la réforme constitutionnelle aux Comores, Union des Comores, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010 », jetant les bases d'une nouvelle constitution, octroyant un statut d'autonomie aux différentes îles du pays, officiellement adoptée par référendum le . À la suite de l'organisation d'élections locales le , Mohamed Bacar, officier de l'armée des Comores de facto aux commandes d'Anjouan à la suite d'un coup d'État le « Aux Comores, une double crise, séparatiste et institutionnelle », Comores-Online, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010., devient alors le président de l'île, la dirigeant d'une main de fer.

La campagne électorale visant à le reconduire au poste de président a été selon l'union des Comores et l'Union africaine entachée d'irrégularités ; elles ont donc décidé de ne pas reconnaître la légalité du scrutin ayant eu lieu le lequel s'est traduit par une victoire de Bacar avec 90 % des votes. Bacar a par ailleurs été accusé de se livrer tout au long de sa présence à la tête d'Anjouan à de nombreuses exactions contre la population civile qui auraient causé la fuite de nombreux Anjouanais vers Mayotte, île de l'archipel situé en territoire français « Les victimes du colonel Bacar à Anjouan », France24, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010..

Accroissement des tensions

En 1997, les îles d'Anjouan et de Mohéli déclarent leur indépendance vis-à-vis de l'Union des Comores « L'île d'Anjouan figure de la balkanisation de l'archipel des Comores », EchoGeo, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.. Toutefois, les deux entités sécessionnistes y sont réintégrées en 2002 et une nouvelle constitution mandataire est votée, obligeant l'élection d'un président d'Anjouan, dépendant du président fédéral. Mohamed Bacar, qui avait dirigé le gouvernement séparatiste depuis 2001, est élu pour un mandat de 5 ans en tant que président d'Anjouan. Son mandat expire le , et le président de l'Assemblée, Houmadi Caambi, devient président par intérim du au « Installation de l'assemblée d'Anjouan : rentrée parlementaire », Comores-Online, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010..

Les troupes fédérales comoriennes tentent alors en vain de prendre le contrôle d'Anjouan et d'installer un président de transition tel que mandaté par un tribunal constitutionnel comorien en . L'opération est un échec, et plusieurs soldats sont tués dans ces affrontements« Comores : Deux soldats gouvernementaux tués à Anjouan » , Reuters, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Le gouvernement fédéral décide alors de retarder la tenue d'une élection aux Comores en raison de ces événements. Néanmoins, Bacar entreprend des élections en , revendiquant une victoire écrasante de 90 % « COMOROS: Military invasion of Anjouan imminent, government warns », IRIN, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010..

En , l'Union africaine impose des sanctions à Bacar et aux autres responsables du gouvernement anjouanais, gelant également leurs avoirs à l'étranger tout en appelant à de nouvelles élections. En outre, un blocus maritime de l'île est mis en œuvre « Timeline: Comoros - A chronology of key events », BBC News. Consulté le 27 décembre 2010.. En , les Comores rejettent les sanctions renforcées de l'Union africaine contre Anjouan, optant plutôt pour une solution militaire. Le gouvernement fédéral déclare ainsi que les sanctions de l'Union africaine visant à écarter Bacar du pouvoir n'ont pas réussi à atteindre leur objectif « Intervention militaire imminente sur l'île d'Anjouan », Afrik.com, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010..

Renforcement de l'armée comorienne

En , le gouvernement fédéral rassemble des centaines d'hommes et du matériel sur l'île de Mohéli, qui est toute proche d'Anjouan. Le Soudan et le Sénégal fournissent également 750 soldats tandis que la Libye offre un soutien logistique pour l'opération. En outre, 500 soldats tanzaniens doivent arriver peu de temps après « Comoros troops capture fighters on rebel island », Reuters, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. La France, l'ancienne puissance coloniale des Comores, offre quant à elle aux troupes de l'UA un transport aérien.

Jose Francesco Madeira, un envoyé de l'UA, déclare à propos de Bacar que s'il essaie de résister, Dans une interview accordée à l'IRIN, Mohamed Bacar rejette la menace de forces de l'Union africaine et des Comores :

Certains analystes suggèrent que l'Union africaine espère gagner facilement contre Anjouan afin de rehausser son prestige international après les échecs de ses missions de maintien de la paix au Soudan et en Somalie « Leaflets dropped on Anjouan to warn of attack », France24, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

Le gouvernement anjouanais promet cependant d'organiser de nouvelles élections en , le président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, voyant dans ce futur suffrage une possibilité de résoudre la crise. Il envoie même une requête à l'UA, appelant à éviter de procéder à une invasion, mais cette dernière la rejette « Deadly clashes' in the Comoros », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

Incidents avant le débarquement

Le , un navire de carburant alimentant l'armée comorienne prend feu dans le port de la capitale des Comores, Moroni. La cause de l'incendie est inconnue « Comoros military tanker ship destroyed by fire », Reuters, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Le , une incursion armée se produit sur l'archipel où trois membres de la milice fidèle au président d'Anjouan, Mohamed Bacar, sont capturés et emmenés pour interrogatoire à Mohéli. Les pourparlers diplomatiques reprennent avec l'intervention du président sud-africain Thabo Mbeki, qui tente de retarder l'invasion de l'UA prévue au grand dam distinct du gouvernement comorien. Il est ainsi avancé que Mbeki aurait appelé le président de l'UA, le tanzanien Jakaya Kikwete, afin de renoncer à l'invasion visant à renverser Bacar « Mbeki intervenes to halt AU invasion », IOL News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

Malgré cette intervention, un bateau de pêche transportant des soldats part de Mohéli pour atteindre Anjouan le . Il y eut des déclarations contradictoires des deux côtés, avec des sources comoriennes et militaires de l'UA citant qu'un bateau de pêche transportant environ cinquante soldats de l'Armée nationale de développement (AND, armée comorienne) a débarqué dans le sud d'Anjouan et a tenté de capturer un poste de police. Dans une déclaration publiée plus tard, le chef d'état-major comorien Salim Mohamed révise l'information et indique qu'une équipe de reconnaissance d'environ 10 soldats avait débarqué le dans le sud d'Anjouan et avait atteint la ville méridionale de Domoni. Deux soldats auraient été blessés selon une source gouvernementale, déclarant également que .

Les troupes fédérales par la suite battent en retraite vers Mohéli avant de retourner sur Anjouan le dans le but de secourir les deux soldats blessés. L'un aurait été blessé au bras tandis que l'autre aurait été blessé à la jambe « Clashes erupt between Comoran forces and Anjouan fighters » , AFP, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Ces faits sont contestés par les autorités anjouanaises qui affirment que l'un des deux soldats a été tué et que le poste de police n'a pas été capturé, déclarant également que les forces comoriennes et de l'UA ont été prises en embuscade par les troupes anjouanaises durant les premiers stades de leur incursion à Domoni et ont été forcées de se retirer dans une situation désespérée :

Le rôle de la France dans la crise est remis en cause le lorsqu'un hélicoptère français qui avait décollé à partir de l'île de Mayotte se pose d'urgence au large la ville de Sima à Anjouan. Les rapports des officiels aux Comores déclarent que personne n'a été blessé dans l'accident. L'hélicoptère appartenait à la police des frontières de Mayotte « Atterrissage forcé d'un hélicoptère français à Anjouan », Malango Actualité, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010. Certains Comoriens soutiennent de ce fait que l'hélicoptère est impliqué dans une tentative d'exiler Bacar sur le territoire français et qu'il est seulement retenu si longtemps parce qu'il est protégé par l'armée française « Comoros anger over chopper crash », BBC News, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010 :

L'armée française a ainsi déjà transporté quelque 300 soldats tanzaniens et 30 tonnes de fret à la Grande Comore entre le et le . Selon les rapports d'un diplomate français, la France est prête à transporter des troupes sénégalaises également, mais ne l'a pas encore fait. La source diplomatique a déclaré que la France reste « favorable » au dialogue, mais à condition que Bacar accepte la présence de troupes africaines dans le port et l'aéroport d'Anjouan « Army chief: Comoros islands troops in clash with loyalists of renegade Anjouan ruler », AP Worldstream, mis en ligne le . Consulté le 27 décembre 2010.

Débarquement de l'île

Le 24 mars