Tabelbala (en , en berbère : Tabelbalt) est une commune algérienne de la wilaya de Béni Abbès, située à environ au sud-ouest de Béni-Abbés et à au sud de Béchar.

Géographie

Situation Le territoire de la commune de Tabelbala est situé au sud-ouest de la wilaya de Béchar.

Relief et hydrologie La ville de Tabelbala est une oasis isolée du monde; située au sud ouest de l'Algérie, elle dépend de la wilaya de Béchar. Elle s'étend dans une palmeraie de plus de 12 kilomètres, située entre l'Erg Er Raoui et le Djebel Lakhal ou k'hal.

Localités de la commune Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Tabelbala est constituée des localités suivantesJournal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Béchar, page 1490. : Tabelbala Cherraya Zaouiet Sidi Zekri Makhlouf Zeraïb Boutbiga Hassi Kharet

Étymologie et origine

En 1283 Raymond Lulle, intellectuel majorquin du , écrit : .

La contrée est ensuite mentionnée par Léon l'Africain : Léon l'Africain, Description de l'Afrique, tierce partie du monde, traduction de J. Temporal, édit. Ch. Shfer, Reç. Voy. Mém. et Doc. Géog, tome I, . Le même : Léon l'Africain, op. cit, tome. III, .

En 1536, Luis del Mármol Carvajal, évoque de nouveau la contrée : Luis del Mármol Carvajal, Primera segunda parte de la description general de Africa, Grenade, 1573, trad. Perrot d'Ablancourt : L'Afrique, Paris 1667. 3. vol. in-4°, Tome III, .

Tebelbert ou Tabelbert est décrit en 1636 : Description de l'Afrique, traduite du Flamand d'O. Dapper, Boomn et van Someren, MDCXXXVI, .

Le Chérif Mulay Mohammed et la Caid Ali, centenier de la Garde Noire du Sultan, ont dicté leurs souvenirs en 1822 au représentant de la France à Tanger : J.D. de la Porte, in Bulletin de la société royale de géographie de l'Égypte, XIII, 1925, .

Au , les Lemtoun (Al moulatamoun) seraient les premiers occupants de Tabelbala. Ils étaient nomades entre l'Iguidi et les chaines rocheuses qui s'en détachent vers le nord. Ils occupent le pays et creusent les premiers foggara. C'est à eux que les indigènes rapportent la plupart des ruines dont ils ne s'expliquent pas l'origine : Mkhadda ga keddayou(oreiller de la petite maison), maniskafen...etc.

Les ruines de Qasba Kerroun, Serahna, Tutarsint et Tabakant situés au nord-ouest de la palmeraie ne sont attribuées à aucun fondateur, l'étymologie elle-même n'apporte aucun élément valable. Après le départ des Lemtoun, Tabelbala serait déserte quarante années.

L'histoire de la population actuelle commence avec Sidi Zekri qui a appartenu à une famille chérifienne du Tafilalet, il a édifié un ksar dont on retrouve les traces auprès du ksar actuel de Zaouia Imden ou Imanden. Il attira à Tabelbala des habitants du Drâa et du Tafilalet qui amenèrent avec eux leurs esclaves.

Sidi Zekri descend de Fatima Zahra, il est très vénéré au Maroc, à Meknès et à Izaren près de Mogador. D'après les traditions, il aurait abandonné le Drâaà la recherche d'une chamelle qu'il retrouva à Tabelbala. Il a fait venir des colons. Les caravanes qui partaient à Araouan fréquentaient régulièrement l'oasis.

À la mort de Sidi Zekri, d'autres familles maraboutiques s’installent. Sidi Brahim, fils Abd er-Rafia, vécut au à l'époque prospère de Tabelbala. Son thaleb, Abd al Rahmane(surnommé El Oucer, à cause de ses grandes richesses) posséda d'importants troupeaux et laissa son nom à sa zone favorite de nomadisme, Dhaiat al Oucer. Au , Sidi Makhlouf, originaire d'Ansar, est venu de Figuig et se fixa à Tabelbala.

Conquête française En 1905, après le combat de Noukhila, le Capitaine Regnault est envoyé en reconnaissance à Tabelbala. En 1908, le Capitaine Martin, de passage à Tabelbala, se heurte à l'hostilité de la population, particulièrement marquée chez les Ait Sful, il Bombarde Cheraya.

En 1910, le Capitaine Clermont-Gallerande exerce une surveillance directe dans la région du Mahjez et occupe Tabelbala. Un bordj militaire est construit. L'administration militaire française dura 51 années.

Population

Est constituée principalement des Haratins, les premiers sédentaires de l'oasis. Leur origine nilosaharienne Songhai a beaucoup contribué à l'émergence du dialecte belbali. Selon leur statut d'esclave, les haratins de Tabelbala n'ont jamais été des propriétaires des terres. Leur seul propriété est la seguia des Haratins concédée lors de l'occupation française. Les principaux groupes sont : Les Ouled Bouaza établis à Makhlouf (yami) Les Ouled Biri, établis à Zaouia (kora) de Ouledd Biri, se ramifient les autres groupes des Haratins. Les Ouled Sidi Brahim sont les premiers Arabes ansar venus de Seguia al Hamra. Les Ouled Belaciad (origine inconnu) qui veut dire entre les communautés des Ouled Sidi Brahim et les Ouled Sidi Larbi (Zaouia) Les Ouled Sidi Larbi à apparence subsaharienne songhai à l'exception des Bensouhil, établis à Zaouia (origine à agencer) Les Ait Sful, ethnie berbère, sont établis à Cheraya (Ifranyou) après avoir quitté Kora à la suite d'un différend qui les a opposés à Ouled Sidi Larbi. Les Arib Les Chaamba, nomades d'origine arabe, en général installés au village.

Les autres groupes ne sont que des migrants parmi lesquels des Ouled Djerir (une famille seulement) venue à Tabelbala après les rezzou (pillage) des reguibat d'Iguidi en 1875, à qui s'ajoutent des familles aux origines inconnues venues vraisemblablement de la vallée de la Saoura et du Hoggar pour s'installer à (Iami) Makhlouf et forment actuellement la population de cette localité en voie de disparition (Makhlouf) qui compte à peu près trente habitants.

Langue Les habitants de Tabelbala parlent le Korandjé.

Les Belbali(s) ou les belbala(s) est une communauté originaire de l'Afrique sud saharienne et sont les premiers occupants de Tabelbala. Ils parlent une langue autre que l'arabe et le Tamazight, c'est le KorandjéUne oasis du Sahara Nord-Occidental : Tabelbala par Francine Dominique Champault, Paris : Centre national de la recherche scientifique, 1969.

Personnalités liées Makhluf al-Balbali (mort vers 1533), érudit musulman. Abdellah El-Hamel (1971-), poète.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Département de la Saoura Erg Er Raoui Liens externes Site officiel de la wilaya de Béchar

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