Le Dé d'or de la haute couture, couramment appelé le « Dé d'or », est un prix décerné deux fois par an, en France, à des créateurs de haute couture et qui a lieu de 1976 à 1990. Le Dé d'or s'arrête en 1990 pour reprendre ponctuellement en 1993 sous le nom de « Dé d'or européen de la Mode » et définitivement disparaître l'année suivante.
Cette récompense était remise à l'issue des collections haute couture présentée de façon bisannuelle en janvier et en juillet à Paris.
Historique Référencé par le Dictionnaire de la mode comme « la première récompense de la mode française »Guido Vergani, « Dizionario della moda 2010 », p. 316, Baldini Castoldi Dalai editore, Milan, 2010 lire en ligne (page consultée le 15 décembre 2010), le Dé d'or est un prix fondé en 1976 par le journaliste Pierre-Yves Guillen du Quotidien de Paris. Il est décerné chaque année par des professionnels de la mode, en majorité des journalistes spécialisés français ou étranger, à des créateurs de haute couture. Il récompense non seulement l'esthétique et l'invention, mais aussi le suivi attentif porté par le créateur au fashion process : détails de finition, création des accessoires, présence personnelle aux essayages des clientes. Cette distinction était dès l'origine soutenue par le journal du fondateur, Le Quotidien de Paris et parrainé au départ par Cartier qui réalisait les objets, puis par Helena Rubinstein dans les années 1980, Chaumet et Italseta enfin.
Attribué deux fois par an, le Dé d'or est décerné après chaque saison des collections printemps-été et automne-hiver. Plusieurs couturiers peuvent être primés en même temps.
À sa création en 1976, le premier Dé d'or est attribué à Madame Grès. Certains, comme Hubert de Givenchy, Christian Lacroix, Guy Laroche, Marc Bohan ou encore Louis Féraud, le reçoivent à deux reprises. Claude Montana présente la particularité d'avoir été récompensé deux années consécutives. Seuls, les couturiers Pierre Cardin et Jules-François Crahey l'ont obtenu trois fois.
En , la Chambre syndicale de la couture parisienne décide, au nom de ses prestigieux adhérents, de ne pas y prendre part. Mais la décision n'est pas unanimement respectée, tous ne voulant pas se priver de la promotion engendrée, dont par Emanuel Ungaro qui est récompensé cette année-là.
Certaines années, l'aiguille d'or, une distinction complémentaire était également remise, pour récompenser « la collection la plus originale ». Lola Prusac et Per Spook l'ont notamment obtenueJournal La Mode Chic, Paris , 14 rue Duphot, 1978, 59Livre de Pierre-Yves Guillen et Jacqueline Claude "Dé d'or, haute-couture parisienne" Éditions JMG Paris, 1984.
Sur l'exemple du Dé d'or français, les professionnels de la mode italienne ont créé l', décerné chaque année à Milan pour récompenser les créateurs de la Péninsule<ref>« Gianfranco Ferré », L'Express, 1989, p. 38 lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2010)</ref>. Les journalistes espagnols ont fait de même en créant le Ta aguja de oroBernard Bessière, « La culture espagnole : les mutations de l'après-franquisme (1975-1992) », p. 342, L'Harmattan, Paris, 2000 . Aux États-Unis, il existe également le (créé en 1985) et le (1986) mais ces deux « dés d'or » (), qui portent le nom de créateurs américains disparus, sont destinés à récompenser de jeunes talents émergents et non des créateurs de collections.
Le Dé d'or s'arrête en 1991 pour reprendre en 1993 sous le nom de « Dé d'or européen de la Mode » et définitivement disparaître l'année suivante, faute de sponsors.
La crise de 1993 En 1993, sur fond de crise économique et de désaffection de la clientèle haute couture internationale, le Dé d'or'' est contesté dans son principe et ses modalités d'attribution. Cette année-là, plusieurs couturiers décident de ne pas participer à la manifestation : Dior, Chanel, Givenchy, Lacroix, Ungaro, Saint Laurent« Trois couturiers sur vingt ont renoncé aux collections cette saison », communiqué AFP, 23 juillet 1993, lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2010). Dès le départ, la maison Yves Saint Laurent avait déclaré son opposition au projet, arguant que la vingtaine d'entreprises pouvant y participer était trop faible. Le couturier, qui n'a jamais obtenu le prix de toute sa carrière, se le voit décerner pour la première fois mais boude ostensiblement l'événement déclare le secrétaire général d'YSL à l'annonce des récompenses lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2010). Il attend six mois pour adresser une lettre de remerciements aux organisateurs« Les Dés d'or 1994 », L'Officiel de la mode, 786, pp. 100-101 lire en ligne (page consultée le 16 décembre 2010).
Lauréats du Dé d'or 1976 (juillet) Madame Grès 1977 (janvier) Pierre Cardin 1977 (juillet) Jules-François Crahay (Lanvin) 1978 (janvier) Louis Féraud 1978 (juillet) Hubert de Givenchy 1979 (janvier) Pierre Cardin 1979 (juillet) Per Spook 1980 (janvier) Emanuel Ungaro 1980 (juillet) Jean-Louis Scherrer 1981 (janvier) Jules-François Crahay (Lanvin) 1981 (juillet) Emmanuel Ungaro 1982 (janvier) Hubert de Givenchy 1982 (juillet) Pierre Cardin 1983 (janvier) Marc Bohan (Dior) 1983 (juillet) Erik Mortensen (Balmain) 1984 (janvier) Louis Féraud 1984 (juillet) Jules-François Crahay (Lanvin) 1985 (janvier) Philippe Venet 1985 (juillet) Guy Laroche 1986 (janvier) Christian Lacroix (Patou) 1986 (juillet) Karl Lagerfeld (Chanel) 1987 (janvier) Gérard Pipart (Nina Ricci) 1987 (juillet) Erik Mortensen (Balmain) 1988 (janvier) Christian Lacroix 1988 (juillet) Marc Bohan (Dior) 1989 (janvier) Guy Laroche 1989 (juillet) Gianfranco Ferré (Dior) 1990 (janvier) Paco Rabanne 1990 (juillet) Claude Montana (Lanvin) 1991 (janvier) Claude Montana (Lanvin) Dé d'Or Européen de la Mode : 1993 (juillet) Per Spook et Yves Saint Laurent 1994 (janvier) Erik Mortensen (Jean Louis Scherrer) et Lecoanet Hemant 1994 (juillet) Olivier Lapidus, 33ème et dernier dé d'or. Collection "Hymne à la soie", donation au Musée des Tissus de Lyon. Dé d'Or d'Honneur :
1994 (janvier) Alexandre de Paris
Lauréats de l'Aiguille d'or
1976 (juillet) 1977 (janvier) Paco Rabanne 1977 (juillet) Serge Lepage 1978 (janvier) Lola Prusac 1978 (juillet) Per Spook 1979 (janvier) 1979 (juillet) 1980 (janvier) 1980 (juillet) 1981 (janvier) (?) Jesus del Pozo 1981 (juillet) (?) Jesus del Pozo 1982 (janvier) 1982 (juillet) 1983 (janvier) 1983 (juillet) 1984 (janvier) 1984 (juillet) 1985 (janvier) 1985 (juillet) 1986 (janvier) 1986 (juillet) 1987 (janvier) 1987 (juillet) 1988 (janvier) 1988 (juillet) 1989 (janvier) 1989 (juillet) 1990 (janvier) 1990 (juillet) 1993 (juillet) 1994 (janvier)
Bibliographie Pierre-Yves Guillen, Jacqueline Claude, « Dé d'or, haute couture française », éditions JMG, Paris, 1984
Notes et références
Voir aussi Haute couture Styliste
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