L'église Saint-Léger et Sainte-Agnès d'Agnetz est une église catholique paroissiale située à Agnetz, village au centre du département de l'Oise, en région Hauts-de-France en France. L'église surprend par l'ampleur de ses volumes et son caractère élancé, qui ne semblent pas correspondre à la faible importance de la commune, mais qui s'expliquent en partie par un territoire plus vaste dans le passé. La construction commence vers 1230 par les bas-côtés, qui, en dépit de la date avancée, évoquent encore le style gothique primitif. Les parties hautes de la nef sont terminées vers le milieu du et affichent un style gothique rayonnant en plein épanouissement, qui s'exprime notamment à travers les arcatures du faux triforium et l'élégant remplage des fenêtres. La nef représente l'une des principales réalisations de la période rayonnante dans la région. Le transept appartient en grande partie à la même campagne de construction, mais le chantier s'interrompt avant qu'il ne soit achevé, pour ne reprendre qu'une vingtaine d'années plus tard, vers 1270-1280. Suivent alors les fenêtres du croisillon sud et le chœur avec ses deux chapelles latérales, dont la construction s'échelonne jusqu'à la fin du , puis le clocher, qui est l'un des seuls trois clochers dans l'Oise que le a vu naître. En dépit d'un avancement lent du chantier, l'homogénéité stylistique de l'édifice est remarquable, et seulement des détails de la modénature et une évolution dans le dessin des fenêtres trahissent le long délai de construction. Vers 1520-1530, une abside à pans coupés est encore ajoutée dans le style gothique flamboyant. C'est une réalisation de qualité qui ne nuit en rien à l'équilibre de l'ensemble. L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Elle se situe rue de l'Église.
Localisation thumb|left|Approche depuis le nord-est.
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans l'agglomération de Clermont (Oise), à au nord-ouest du centre de cette ville, sur la commune d'Agnetz. Cette commune se présente toujours comme une succession de hameaux, et ne possède pas de noyau urbain de caractère plus dense. Le centre se définit uniquement par le regroupement de l'église et des différents équipements municipaux. L'église est bâtie au flanc du coteau boisé qui surmonte la vallée de la Brêche, et qui représente le versant oriental de la forêt de Hez-Froidmont. La silhouette avec l'église au milieu des bâtiments du village, l'ensemble dominé par les collines recouvertes de forêt, s'apprécie en entrant dans le village par la RD 931 et la rue des Buttes / rue Amédée-Bigand. Cette voie d'accès débouche directement sur la rue de l'Église, qui passe très près de son chevet et dessert également le parvis au nord, où l'on trouve également le monument aux morts et l'ancienne mairie-école, actuelle bibliothèque. La ruelle du Presbytère fait le tour de l'église. Au sud, elle est enserrée entre celle-ci et le mur du jardin de l'ancien presbytère, ce qui ne permet pas de bien voir l'élévation méridionale. Un mur de soutènement garni d'une grille fait face à la façade occidentale, et fait que cette élévation est également mal mise en valeur. En haut du mur, on trouve un parking (l'ancienne cour de récréation), desservie par la rue de la Montagne qui est perpendiculaire à la rue de l'Église. On peut faire un tour par la ruelle Jérôme, qui relie le parking à la rue de l'Église par le sud, et bénéficier de quelques perspectives de l'église depuis le sud-ouest.
Histoire Histoire de la paroisse thumb|upright|Dais sur le chevet.
L'église semble d'une importance difficile à expliquer pour une paroisse rurale mais, jadis paroisse au territoire très étendu et densément peuplé, Agnetz incluait l'important hameau de Warty sur l'actuelle commune de Fitz-James, les faubourgs nord de Clermont et le hameau de Berthencourtel. Le nombre des communiants variait ainsi entre 800 et 900 au Moyen Âge. En plus, le village tenait une certaine prospérité des retombées de l’activité économique de Clermont, centre du comté qui tomba dans le domaine royal après 1218 et qui voyait la création de plusieurs villes et villages. Agnetz doit être l'un parmi eux : sa première mention ne remonte qu'à 1152, sous la dénomination d'Anès. Trois foires annuelles eurent lieu à Clermont au cours des et , ce qui profita également aux habitants d'Agnetz. Le défrichement d'une partie de la forêt de Hez et les industries qui en découlent contribuent également à la prospérité, qui est grande jusqu'à la guerre de Cent Ans. Le principal patron de la paroisse est saint Léger d'Autun. Ses reliques étaient encore présentes dans l'église au . Sainte Agnès a été ajoutée comme seconde patronne au , sans doute en raison de l'homonymie avec le nom du village, dont l'orthographe variait en fonction des siècles. L'église a également possédé des reliques de saint Sébastien. Chaque année le , un pèlerinage eut lieu, qui eut comme but une statue de Notre-Dame de Bonne-Garde, une Vierge à l'Enfant dorée dite aussi la Vierge aux raisins. Elle se trouvait dans la niche du retable de la chapelle de la Vierge, et a été volée en février 1974. — La paroisse d'Agnetz a toujours dépendu du diocèse de Beauvais, sauf entre 1801 et 1822 quand ce diocèse fut temporairement supprimé, et ses affaires gérées par le diocèse d’Amiens. Avant la Révolution, Agnetz était dans l’archidiaconé et le doyenné de Clermont. C'est toutefois l'abbé de Saint-Germer-de-Fly qui présentait à la nomination de la cure en percevant un quart des dîmes du terroir, le reste revenant à l'abbaye de Lannoy. Aujourd’hui, il n’y a plus de prêtre résident à Agnetz, et la paroisse a été rattachée à la paroisse du Cœur de Christ de Clermont. Des messes dominicales sont célébrées irrégulièrement, avec des intervalles de plus d'un mois, le plus souvent le samedi à 18 h 30.....
La construction thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest. thumb|upright|Vue rapprochée du clocher.
La nef de l'église d'Agnetz témoigne de diverses influences et montre à la fois des éléments novateurs et d'autres conservateurs dont l'association réussie incite à proposer pour le début de la construction une datation proche de 1230. En premier lieu, la nef et les bas-côtés furent édifiés, ainsi que la partie inférieure des murs du transept : l'on suppose qu'il était initialement prévu de faire continuer la nef et les bas-côtés davantage vers l'est, ce qui explique également la ressemblance des murs et fenêtres des bas-côtés et des parties inférieures du transept. Le style est encore gothique primitif, ce qu'il convient de mettre sur le compte d'un parti archaïsant. Curieusement, les portails ne sont terminés que postérieurement, vers 1250 environ. La construction se poursuit par les parties hautes de la nef et du transept ; en commençant par la façade occidentale, en poursuivant par le nord, et en terminant par le croisillon sud. Ici le style est gothique rayonnant. L'évolution stylistique du remplage des fenêtres que l'on observe entre la nef et les baies orientales du transept, et davantage encore entre la nef et les baies ouest et sud du croisillon sud, donne à penser que le chantier connaît une interruption entre 1250 / 1260 et 1270 / 1280 environ. Ce n'est que par la suite que la première travée du chœur est édifiée, soit à la fin du . René Parmentier et, après lui, Agnès Arnaudas, avaient esquivé le problème des différences stylistiques des fenêtres, et Agnès Arnaudas se borne ainsi à souligner la date plus récente de certaines fenêtres, sans donner d'explications. Ce ne sont que Maryse Bideault et Claudine Lautier qui précisent la conclusion qui s'impose, à savoir, une interruption du chantier. René Parmentier et Agnès Arnaudas ont voulu voir cette interruption après l'achèvement du transept, à une époque qu'ils ne précisent pas, et pour eux, elle dure jusqu'au . Pour ces auteurs, la seconde campagne de construction ne porte donc que sur la première travée du chœur et les deux chapelles latérales, et est plus tardive. Mais la proximité stylistique avec les parties hautes de la nef est toujours grande, et des liens de parenté entre les baies orientales du transept et les fenêtres hautes de la première travée du chœur existent, même si l'on note encore une évolution....
Plus difficile encore à trancher est la question du voûtement, car les ogives ont partout le même profil, sauf dans l'abside. René Parmentier pense que les premières voûtes de la nef et des bas-côtés se seraient écroulées (sauf les doubleaux des bas-côtés), et qu'elles auraient été rebâties au début du . Agnès Arnaudas date les voûtes de la même période, mais ne croit pas à l'hypothèse de l'écroulement. Maryse Bideault et Claudine Lautier ne partagent pas non plus cette hypothèse, mais ne pensent pas non plus que le voûtement serait postérieur à la construction. Toutes les voûtes, sauf celles de l'abside, dateraient donc de la période comprise entre 1245 et 1295 environ. Le clocher central a été construit en dernier lieu, peu avant la fin du pour Maryse Bideault et Claudine Lautier, et au pour les autres auteurs, y compris Eugène Lefèvre-Pontalis ; p. 605 + 1 planche.. L'église est donc achevée vers 1300, mais selon Agnès Arnaudas qui pense avoir découvert les vestiges d'un chevet plat dans les combles du chœur, elle se termine alors par un chevet plat, ce qui est un parti courant dans la région. L'auteur n'explique pas comment cette hypothèse concorde avec l'existence de supports du style rayonnant entre la première travée du chœur et l'abside. L'étude de Maryse Bideault et Claudine Lautier est trop brève pour évoquer ce détail, mais une explication peut être que le chevet plat n'était qu'un bref état provisoire pendant le chantier, et qu'une abside de style rayonnant a déjà existé avant la guerre de Cent Ans. L'abside n'est en tout cas bâtie qu'à la limite -, d'après René Parmentier, ou plus précisément vers 1520-1530 d'après Arnaudas. La date de 1540 inscrite sur un des vitraux indique sans doute le parachèvement des travaux, comme le soulignent Maryse Bideault et Claudine Lautier. Entre 1552 et 1555, une petite sacristie est encore ajoutée dans le style de la Renaissance. Elle comporte une fausse crypte qui se situe en fait au niveau de la rue, car les parties orientales de l'église sont bâties sur un haut soubassement. Les comptes du marguillier Pierre Fournier se sont conservés et permettent cette datation précise.
Le classement et les restaurations thumb|Vue vers 1840 avec l'ancien porche, dans Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France.
Ayant déjà subi beaucoup de dommages durant la guerre de Cent Ans, la région connaît encore, durant les guerres de Religion, des désordres qui ne sont pas sans avoir quelques répercussions sur l'édifice. À partir de cette période, l'histoire du monument est partiellement connue à travers des comptes de fabrique qui remontent à 1552. La charpente est incendiée en 1743, date inscrite sur une pièce de bois du clocher, et au début du . De nombreuses reprises sont effectuées dans le parement extérieur et dans la nef. Les fenêtres occidentales des bas-côtés et du transept sont murées, ce qu'Agnès Arnaudas explique par la forte exposition aux vents de l'église. En 1847, l'architecte clermontois Bellanger dessine un plan, des coupes et les élévations, qu'il présente le devant le Comité archéologique local en vue de faire classer l'édifice aux monuments historiques. L'engagement de l'architecte s'avère fructueux.., et l'église Saint-Léger est classée moins de trois ans plus tard, le . Elle suscite l'admiration de divers auteurs, dont Ernest Renan, qui écrit en 1862 qu'elle est, avec Longpont-sur-Orge et Saint-Leu-d'Esserent, .. Pour le chanoine Louis Pihan qui écrit en 1889, .. Philippe des Forts note en 1904 que ..