Le Banksia côtier (Banksia attenuata), ou Banksia chandelier, est une espèce de plantes arbustives de la famille des Proteaceae. Il peut se présenter sous la forme d'un arbre, pouvant atteindre de haut, ou d'un arbuste buissonnant dans des zones plus sèches, et il ne dépasse alors pas 0,4 à de haut. Il a de longues feuilles étroites dentelées et des inflorescences jaune vif, qui sont bien visibles au-dessus du feuillage au printemps et en été. Les fleurs tournent au gris et se fanent lorsque se développent les follicules lignifiés. On le trouve à travers le sud-ouest de l'Australie-Occidentale, du nord du parc national de Kalbarri au Cap Leeuwin au sud, ainsi que dans le parc national de Fitzgerald River.

John Lindley baptise des échantillons rapportés par James Drummond en 1840 Banksia cylindrostachya, mais ils se montrent finalement identiques à l'espèce nommée Banksia attenuata par Robert Brown plus tôt en 1810, et cette dernière appellation est donc conservée. Au sein du genre Banksia, la position exacte de B. attenuata n'est pas clairement établie.

Banksia attenuata est pollinisé et constitue une source de nourriture pour une large variété de vertébrés et d'invertébrés pendant l'été. Plusieurs espèces se nourrissant de nectar visitent ses fleurs, comme la souris à miel, qui joue un rôle important dans sa pollinisation. Banksia attenuata a la capacité de repartir depuis son lignotuber après un incendie, ou à partir de bourgeons épicormiques situés le long de son tronc. Cette plante a une espérance de vie pouvant aller jusqu'à . Il a été largement planté dans les rues en Australie-Occidentale. Toutefois, du fait de sa grande taille, il ne peut être installé dans de petits jardins. Une forme naine est commercialisée pour pallier cet inconvénient.

Description thumb|left|Un grand arbre à Bold Park, à Perth. Le tronc se caractérise par sa forme ondulée ou courbée.|alt=Un grand arbre avec un tronc gris clair ondulé dans un paysage de broussailles sèches.

Banksia attenuata se présente généralement sous la forme d'un arbre de de haut. Dans le nord de son aire de répartition, où le climat est nettement plus chaud et sec, il a la forme d'un arbuste de 0,4 à de haut. On peut voir ces deux formes à proximité d'Hill River, mais autrement elles cohabitent rarement et sont bien distinctes.. Dans la Wheatbelt et dans l'est de la chaîne de Stirling, c'est un arbre chétif. Les formes arborées ont un tronc solide, généralement ondulé ou courbé, recouvert d'une écorce friable de 1 à d'épaisseur et de couleur orange-grise dehors et marron-rouge à l'intérieur.. Il possède la capacité de se régénérer après un incendie grâce à son lignotuber ou ses bourgeons épicormiques que l'on trouve dans son tronc très résistant aux flammes. Il a de longues feuilles étroites de 4 à de long pour 0,5 à de large.. Les bords de la feuille sont marquées de dentelures en forme de V ou de U sur toute la longueur du limbe. Les jeunes feuilles sont d'un gris-vert pâle quand elles émergent à la fin du printemps et en été., souvent après la floraison. Les inflorescences jaune vif apparaissent au printemps et en été et mesurent de large pour de hauteur. Elles sont constituées de plusieurs petites fleurs, une étude menée au mont Adams, à au nord de Perth, ayant révélé que chaque inflorescence en comptait 1933 (avec un écart-type de 88)., tandis qu'une autre conduite dans le parc national de Fitzgerald River a conclu à 1720 (± 76) fleurs par inflorescence.

L'anthèse est séquentielle, c'est-à-dire que toutes les fleurs de l'inflorescence ne fleurissent pas au même moment. Elle dure entre 10 et .. Souvent vert vif lorsqu'elles n'ont que des bourgeons floraux., les inflorescences se trouvent en position terminale, à l'extrémité des branches de trois ans. Elles sont bien visibles au-dessus du feuillage. Les fleurs, une fois ouvertes, dégagent une odeur comparable à un vin du cépage syrah bien poivré. Au bout d'un moment, les inflorescences passent au marron, puis au gris et leurs fleurs se flétrissent. C'est alors que commence à se développer un follicule sombre et poilu, de forme ovale, mesurant 2 à de long pour 1 à de haut et 1,4 à de large. Toutefois, seul un faible pourcentage (0,1 %) de fleurs se développent pour former des follicules ; le pourcentage lors de l'étude au mont Adams était de 3,6 par inflorescence, avec un écart-type de 1,2. Les follicules mettent entre sept et huit mois pour se développer, entre février et décembre, tandis que la formation des graines se fait sur quatre mois entre septembre et décembre..

Taxonomie thumb|upright|Une fleur au début de son développement.|alt=une inflorescence, étroite et cylindrique, avec plusieurs bourgeons floraux sur sa longueur.

Banksia attenuata est collecté et décrit pour la première fois dans la King George Sound en par Robert Brown, qui publie officiellement sa découverte en 1810. Le nom de l'espèce est le terme latin attenuatus, signifiant « étroit » et faisant référence aux feuilles étroites à leur base.. Cette espèce a une taxonomie assez simple, avec seulement deux synonymes et aucune sous-espèce ni variété. Après avoir longuement étudié les variations au sein de l'espèce et observé que les formes arborées et arbustives différaient uniquement par leur taille sans que cela ne justifie de les classer en deux taxa distincts, John Lindley fait apparaître en 1840 une éventuelle nouvelle espèce, Banksia cylindrostachya, dans son A Sketch of the Vegetation of the Swan River Colony, mais elle se révèle finalement être un synonyme de B. attenuata.. En 1891, la tentative infructueuse d'Otto Kuntze de changer le nom d'espèce Banksia en Sirmuellera laisse à celui-ci le temps de renommer l'espèce en Sirmuellera attenuata, aujourd'hui considéré comme un synonyme de B. attenuata.. Les noms vernaculaires qui lui sont attribués incluent « Banksia élancé », « Banksia chandelier », « Banksia côtier » et « Banksia à feuilles rétrécies ». Dans la région de Melville, non loin de Perth, les aborigènes d'Australies l'appellent Piara (ou biara).

La position exacte de Banksia attenuata au sein du genre Banksia n'est pas claire. Quand Carl Meissner publie sa classification des Banksias en 1856, il place B. attenuata dans la section Eubanksia du fait de son inflorescence qui a une forme pointue, et non en dôme, et dans la série Salicinae., une série assez importante qui apparait aujourd'hui très hétérogène. Elle est d'ailleurs remise en cause par la classification de George Bentham, qui place lui B. attenuata dans la section Cyrtostylis, regroupant des espèces ne pouvant être facilement incluses dans les autres sections..

En 1981, Alexander Segger George publie une classification révisée qui place B. attenuata dans le sous-genre Banksia, s'appuyant encore une fois sur la forme de son inflorescence, dans la section Banksia du fait de son pistil droit et non en crochet, et dans la série Cyrtostylis, série assez hétérogène comportant . Il admet toutefois que ses grands cotylédons émarginés sont assez différents de ceux des autres membres de la série et qu'il a des similarités avec B. elegans, un autre membre de la série qui sort lui aussi un peu du lot. Il remarque également que B. attenuata présente des similitudes avec B. lindleyana et B. media.

thumb|upright|Une inflorescence à mi-anthèse, les fleurs s'ouvrant de bas en haut. thumb|upright|Les fleurs vieillissantes restent rattachées à l'inflorescence alors qu'elles se racornissent, et que les follicules poilus se développent.

La classification de George reste d'actualité jusqu'en 1996, quand Kevin Thiele et Pauline Ladiges publient leur propre classification s'appuyant sur une analyse cladistique des caractéristiques morphologiques des différentes espèces. Ils placent B. attenuata dans un large clade comprenant notamment B.ashbyi, mais admettent qu'un travail supplémentaire serait nécessaire pour bien déterminer les relations au sein de ce clade, le laissant comme une incertae sedis (ce qui signifie que sa place exacte n'est pas claire).. Interrogé sur l'analyse qu'il porte sur la classification de Thiele et Ladiges, George a publié une version légèrement retouchée de sa classification de 1981 dans un article de 1999 paru dans la série d'ouvrages Flora of Australia. Cette dernière classification reste la plus approfondie à ce jour. D'après celle-ci, on peut placer B. attenuata de la manière suivante :

Depuis 1998, le botaniste américain Austin Mast a publié les résultats d'une analyse cladistique s'appuyant sur des données issues de séquences d'ADN pour les Banksiinae, qui comprennent le genre Banksia et les Dryandra. Ils proposent une phylogénie bien différente de la classification de George. Banksia attenuata apparait comme une base, très proche d'un clade voisine comprenant notamment B. elegans et du sous-genre monophylétique B. subg. Isostylis.... Un cône fossile datant de l'Éocène nommé Banksia archaeocarpa et âgé d'environ d'années, ressemble à B. attenuata..

En 2007, Mast et Thiele réorganise le genre Banksia en le fusionnant avec le genre Dryandra et crée le taxon B. subg. Spathulatae pour les espèces ayant des cotylédons en forme de cuillère ; ainsi B. subg. Banksia est redéfini comme un taxon comportant les espèces n'ayant pas de cotylédons en forme de cuillère. Tout cela laisse présager la publication d'un arrangement complet de la classification de ces espèces une fois que l'étude de l'ADN des espèces du genre Dryandra sera terminée. Même si les changements de nomenclature réalisés par Mast et Thiele sont considérés comme provisoires, on peut observer qu'ils ont classé B. attenuata dans le sous-genre B. subg. Banksia..

Répartition géographique et habitat thumb|left|Distribution de B. attentuata à travers le sud-ouest de l'Australie-Occidentale.|alt=Carte de l'Australie avec une aire rouge dans le coin sud-ouest.

Banksia attenuata est une des espèces de Banksia de l'ouest du pays la plus largement distribuée. Elle est présente dans une large partie du sud-ouest de l'Australie-Occidentale, depuis le parc national de Kalbarri et de la rivière Murchison jusqu'à l'extrémité sud-ouest de l'état à Augusta et au Cap Leeuwin, et à l'est jusqu'au sud du parc national de Fitzgerald River. Son aire de répartition s'étend à l'est jusqu'à Lake Grace, au lac Magenta situé au nord de Jerramungup et à Wongan Hills. On le trouve uniquement dans des sols sableux, sur des sables blancs jaunes ou marron, et sur des sables reposant sur de la latérite ou du calcaire. Il ne pousse pas sur les sols lourds de type argileux. C'est un composant important des forêts d'eucalyptus, en position dominante ou plus secondaire sous ses formes arborées ou arbustives. Au nord de son aire de répartition, il est omniprésent dans les broussailles. Dans les forêts assez ouvertes, on le trouve aux côtés de B. menziesii, B. ilicifolia, B. prionotes, Allocasuarina fraseriana, Eucalyptus marginata, ou E. gomphocephala. Les précipitations annuelles au sein de son habitat varient entre 300 et .

Écologie Adaptation aux feux de broussailles thumb|upright|Un arbre avec des repousses partant de bourgeons épicormiques après un feu de broussailles.|alt=Buisson à la forme irrégulière avec plusieurs longues feuilles repartant de son tronc sur toute sa longueur.

Comme plusieurs autres plantes du sud-ouest de l'Australie, B. attenuata est adapté à un environnement où les feux de broussailles sont courants. Parmi les espèces de Banksia, on observe deux stratégies différentes pour survivre au feu : certaines espèces sont tuées par le feu, mais ce dernier provoque aussi la libération de graines qui permettront la naissance d'une nouvelle génération de plantes, tandis que d'autres espèces survivent aux flammes et repartent à partir de leur lignotuber, ou plus rarement de leurs bourgeons épicormiques, qui sont protégés par une épaisse écorce.. Avec ses bourgeons épicormiques et son lignotuber, B. attenuata fait partie de la seconde catégorie.