Addison Mitchell McConnell III, dit Mitch McConnell, né le à Sheffield (Alabama) est un homme politique américain. Membre du Parti républicain, il est sénateur des États-Unis pour le Kentucky depuis 1985.
Leader des républicains au Sénat de 2007 à 2015, il devient chef de la majorité républicaine à partir de la du Congrès, succédant au démocrate Harry Reid. Réélu sans interruption pendant des décennies, il est le sénateur du Kentucky et le leader républicain au Sénat à la plus importante longévité.
Accusé d'obstruction systématique pendant la présidence de Barack Obama, il aide Donald Trump à nommer un nombre record de juges conservateurs entre 2017 et 2021.
Jeunesse et études vignette|gauche|redresse|Mitch McConnell, alors lycéen, en 1960. Mitch McConnell naît en 1942 dans le nord de l'Alabama. Il grandit dans une famille de la classe moyenne, sa mère (Julia Shockley.) est secrétaire et son père (Addison Mitchell McConnell) est manager dans une entreprise, après avoir servi dans l'armée.. À l'âge de deux ans, alors que son père sert dans la Seconde Guerre mondiale, le jeune McConnell est atteint par la polio et doit rester alité pendant de longs mois. En raison de sa maladie, il ne peut marcher qu'à l'âge de cinq ans.
Après l'Alabama, il passe une partie de son enfance en Géorgie. Alors qu'il est au collège ( aux États-Unis), sa famille s'installe à Louisville dans le Kentucky.
En faveur du mouvement des droits civiques, McConnell est présent lors du discours de Martin Luther King à la marche sur Washington pour l'emploi et la liberté, en 1963. L'année suivante, il vote pour le démocrate Lyndon B. Johnson à l'élection présidentielle ; un vote qu'il dira plus tard regretter. Toujours en 1964, il obtient son baccalauréat universitaire en sciences politiques de l'université de Louisville. Trois ans plus tard, en 1967, il est diplômé en droit de l'université du Kentucky. Une fois diplômé il s'engage dans l'armée de réserve américaine, mais il est déchargé pour des problèmes oculaires après quelques semaines. Il réussit également l'examen du barreau du Kentucky en 1967..
Débuts de carrière
Stagiaire Durant ses études, Mitch McConnell est stagiaire auprès du sénateur John Sherman Cooper, un républicain modéré. De 1968 à 1970, il travaille en tant qu'assistant de l'autre sénateur républicain du Kentucky, .
McConnell se lance en politique au sein du Parti républicain. Il fait alors partie de l'aile libérale du parti (les ). En 1971, il envisage de se présenter à l'Assemblée générale du Kentucky, mais il ne peut pas participer aux élections car il ne respecte pas les conditions de résidence requises.
Juriste Après cet échec, il exerce la profession d'avocat pendant plusieurs années.
De 1974 à 1975, il travaille dans l'administration Ford en tant qu'adjoint au procureur général des États-Unis pour les affaires législatives.
Maire de Jefferson Au Kentucky, il devient président du parti dans le comté de Jefferson, qui comprend Louisville. En 1977, il est élu du comté de Jefferson avec 52,94 % des voix, face au démocrate Todd Hollenbach et prend ainsi la tête du pouvoir exécutif du comté le plus peuplé du Kentucky. Il est réélu avec 51,19 % des suffrages en 1981.
Sénateur des États-Unis Élections au Sénat vignette|gauche|redresse|Portrait officiel de McConnell au Sénat après son élection de 1984. Mitch McConnell se présente aux élections sénatoriales américaines de 1984 dans le Kentucky. Il décroche la nomination républicaine, remportant la primaire avec 79,22 % des voix. Il affronte alors le démocrate sortant, Walter Huddleston, élu depuis 1972. Critiquant notamment l'absentéisme du sénateur, il est élu de justesse au Sénat des États-Unis en devançant Huddleston d'environ sur (49,9 % contre 49,5 %). Sa victoire est alors considérée comme une surprise. Malgré la large victoire de Ronald Reagan à l'élection présidentielle concomitante, McConnell est le seul républicain à faire basculer un siège démocrate.
En 1990, Mitch McConnell est candidat à sa première réélection. Après avoir remporté sa primaire avec 88,52 % des suffrages, les sondages le donnent gagnant face à l'ancien maire démocrate de Louisville Harvey Sloane. Il est reconduit par 52,19 % des votants. En 1996, McConnell remporte la primaire républicaine avec un score similaire à 1990 (88,59 %) et bat le démocrate Steve Beshear en novembre avec 55,45 % des voix. En 2002, le sénateur remporte la plus large victoire de sa carrière face à la démocrate Lois Combs Weinberg, avec 64,68 % des suffrages.
En 2008, Mitch McConnell reçoit l'investiture républicaine en réunissant 86,09 % des voix lors de la primaire républicaine. Pour l'élection sénatoriale de novembre, notamment handicapé par la crise économique, il se retrouve dans une course serrée face au démocrate Bruce Lunsford. En effet, si les sondages lui donnent une confortable avance durant l'été, les candidats sont au coude-à-coude à l'approche de l'élection. Désormais leader des républicains au Sénat, McConnell est une cible privilégiée des démocrates qui dépensent plusieurs millions de dollars contre lui. Il est reconduit pour un cinquième mandat avec 52,97 % des suffrages, mais il s'agit de son élection la plus serrée depuis 1990. Le même jour, le républicain John McCain remporte l'État face à Barack Obama avec environ 58 % des voix.
Six ans plus tard, en 2014, McConnell affronte l'homme d'affaires Matt Bevin lors de la primaire républicaine. Nouveau venu en politique, Bevin estime que McConnell n'est pas assez conservateur et se rapproche progressivement de McConnell dans les enquêtes d'opinion. Si Bevin dépense près de de dollars dans la primaire, McConnell en dépense le double. Le sénateur remporte finalement la primaire, rassemblant 60,19 % des suffrages devant Bevin et trois petits candidats. Pour l'élection générale, il affronte la secrétaire d'État démocrate du Kentucky Alison Lundergan Grimes. Les sondages ne donnent qu'une légère avance à McConnell, en raison de son impopularité dans le Kentucky. Le sénateur républicain lie cependant Grimes à Barack Obama, encore plus impopulaire que lui ; la candidate démocrate refuse d'ailleurs de dire si elle a voté pour le président démocrate par le passé. Malgré les sondages serrés, McConnell bat la démocrate et remporte même des comtés historiquement démocrates de l'Est de l'État qui n'avaient jamais voté pour lui. Il devance Grimes de , avec 56,19 % des voix.
Mitch McConnell est candidat à un septième mandat lors des élections sénatoriales américaines de 2020, couplées à l'élection présidentielle. Comme souvent, le chef de la majorité sénatoriale met en avant sa position centrale au Congrès et les bénéfices qu'en tire le Kentucky, qui reçoit des sommes considérables du gouvernement fédéral pour soutenir des projets locaux. Il remporte la primaire républicaine de juin avec 82,80 % des suffrages, devant six candidats dont l'ancien représentant du Kentucky C. Wesley Morgan. En novembre, il affronte la démocrate Amy McGrath, ancienne pilote de l'armée qui a perdu une élection à la Chambre des représentants en 2018. McGrath accuse McConnell d'avoir privilégié la nomination d'Amy Coney Barrett à la Cour suprême plutôt que l'adoption d'un plan d'aide économique pour faire face à la pandémie de Covid-19. En retour, McConnell l'accuse d'être une extrémiste et promeut sa propre proximité avec Donald Trump. McGrath lève des fonds considérables (près de de dollars contre 57 pour McConnell), lui permettant de faire diffuser de nombreuses publicités en sa faveur. Les commentateurs politiques estiment toutefois que l'État est trop conservateur au niveau fédéral pour une victoire démocrate, malgré l'élection d'un gouverneur démocrate l'année précédente (Andy Beshear). Le , McConnell est réélu avec 57,76 % des voix, soit près de d'avance sur McGrath.
Carte des résultats électoraux de McConnell depuis 1984.Les comtés remportés par McConnell sont en rouge.
De 1985 à la présidence du groupe républicain vignette|gauche|McConnell en 1992. D'abord considéré comme relativement modéré, Mitch McConnell évolue progressivement vers la droite à l'image du Parti républicain..
Après la victoire des républicains lors des élections sénatoriales de 1994, il prend la présidence de la commission du Sénat sur l'éthique durant le (1995-1997). Après avoir échoué à obtenir le poste en 1991, il devient président du en 1997, poste auquel il est reconduit en 1999. De 1999 à 2001, il préside également la commission du Sénat sur l'administration.
Durant le , il critique férocement le de 2002, dite loi McCain-Feingold, visant à limiter les dépenses en matière de publicités électorales. Il dépose ainsi une requête devant la Cour suprême, invoquant le caractère anti-constitutionnel de la loi (procédure dite du ), mais celle-ci est rejetée par la Cour dans ().
À partir de 2002, Mitch McConnell est vice-président du groupe des sénateurs républicains au Sénat (). À l'approche des élections sénatoriales de 2006, il entend prendre la tête du groupe républicain, Bill Frist n'étant pas candidat à sa réélection. Alors qu'il espérait devenir chef de la majorité républicaine, les élections sont remportées par les démocrates. Il est néanmoins désigné chef du groupe républicain au Sénat sans opposition, prenant la tête d'un groupe minoritaire qui comprend sur 100..
Administration Obama (2009-2017) vignette|À gauche, McConnell et Barack Obama à la Maison-Blanche en 2014. Quand Barack Obama arrive au pouvoir en 2009, Mitch McConnell et Eric Cantor s'entendent pour s'opposer frontalement au nouveau président démocrate. McConnell estime alors que les républicains n'ont rien à gagner d'une coopération avec le président, alors que les démocrates sont majoritaires au Sénat. Durant les deux premières années du mandat d'Obama, le président et le Congrès démocrates adoptent de nombreuses réformes (Obamacare, plan de relance, réforme de Wall Street) auxquelles s'oppose McConnell. De par son opposition systématique, il aide à rendre ces réformes impopulaires, même s'il est parfois critiqué par une partie du Tea Party pour ne pas en faire assez contre le président démocrate. Il négocie en effet parfois avec les démocrates sur les questions budgétaires, notamment lors de la crise budgétaire de 2013.
Bien que dans la minorité, McConnell utilise les moyens d'obstruction parlementaire () à sa disposition pour retarder les nominations de juges par Barack Obama, y compris pour des juges qui sont finalement confirmés à l'unanimité du Sénat. En effet, au Sénat, (sur 100) sont requis pour clore les débats sur une nomination ; la minorité peut donc faire durer les débats avant qu'un vote ne soit finalement organisé. La même technique est utilisée par McConnell contre certaines nominations au sein de l'administration, provoquant de nombreuses vacances au sein des administrations et des cours de justice fédérales américaines. En réponse à ces blocages, le chef du groupe démocrate Harry Reid choisit de mettre fin à cette règle des pour toutes les nominations, à l'exception de la Cour suprême. Pour la presse, McConnell devient le visage de l'obstruction parlementaire.