L'église Notre-Dame-de-l'Annonciation est une église catholique paroissiale située à Allonne, dans l'Oise, en France. C'est une église à double vaisseau. Sur les six travées que compte chacun, les quatre premières sont gothiques flamboyantes, mais celles du sud, qui constituent le collatéral, environ un quart moins élevées et moins larges que leurs homologues du nord, ont des murs extérieurs partiellement romans. Cependant, les seuls éléments romans bien caractérisés de cette partie de l'église sont l'archivolte et le tympan de l'ancien portail et un contrefort plat au sud. Ce que les parties flamboyantes offrent de remarquable est surtout le grand portail occidental avec son tympan ajouré. Les réseaux des fenêtres évoquent le déambulatoire de l'église Saint-Étienne de Beauvais. À l'intérieur, l'on note les piliers ondulés et les arcs-doubleaux de fort diamètre, et une modénature assez complexe et soignée. Le chœur liturgique actuel est établi dans l'axe du vaisseau du nord. Son style gothique renvoie aux dernières années avant l'éclosion du style rayonnant, et il ne devrait guère être antérieur à 1220. À côté, le chœur roman est également conservé. Il se compose de deux petites travées carrées, et se singularise par ses voûtes d'arêtes, qui sont délimitées par trois doubleaux supportés par des colonnettes aux chapiteaux assez archaïques. La première travée sert de base au clocher, qui mesure seulement de hauteur sans le toit, et comporte un haut étage intermédiaire aveugle, et un unique étage de beffroi ajouré de deux baies géminées par face, qui sont agrémentées de colonnettes à chapiteaux. La corniche beauvaisine du clocher et la corniche au sud du chœur roman retiennent également l'attention. C'est le clocher qui est classé au titre des monuments historiques en premier lieu, par liste de 1862. Plus récemment, l'église est classée aux monuments historiques en totalité par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse « Sainte Madeleine en Beauvaisis » dans le pôle Frédéric Ozanam de Beauvais-Sud. Pour connaitre les jours et horaires de messe voir https://www.messes.info/.

Localisation L'église Notre-Dame-de-l'Annonciation est située en France, en région Hauts-de-France, dans l'agglomération de Beauvais, sur la commune d'Allonne, au sud de la place principale du village, rue de la Mairie / rue de l'Église. L'élévation septentrionale donne sur la place ; la façade occidentale donne sur la rue de l'Église. Une ruelle passe devant l'élévation méridionale et derrière le chevet. L'on peut ainsi faire le tour de l'édifice, qui est dégagé de constructions mitoyennes de tous les côtés.

Historique vignette|gauche|Vue depuis le nord-ouest.

L'on ignore la date de fondation de la paroisse, mais Allonne passe pour être l'un des villages primitifs du Beauvaisis et ses origines sont anciennes.. Son église est dédiée à Notre-Dame, sous le vocable particulier de l'Annonciation, et à saint Symphorien d'Autun comme second patron. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Mouchy-le-Châtel, de l'archidiaconé de Clermont, et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.. Le chapitre est par ailleurs également le seigneur du village, grâce à un don effectué par le chanoine Heilo au . Selon une charte de 1182, l'abbaye Saint-Symphorien de Beauvais possède des hôtes d'Allonne, c'est-à-dire qu'elle touche les taxes et impôts que versent ces habitants. Ce lien avec l'abbaye Saint-Symphorien explique facilement le deuxième vocable de l'église.. Allonne est une paroisse importante par le nombre d'habitants ; ainsi, en 1740, l'on recense mille communiants, et le curé dispose d'un revenu de .

Les deux premières campagnes de construction de l'église ne sont pas documentées. Leur date approximative peut être déduite de l'analyse archéologique, mais les différents auteurs qui ont étudié le monument ont malheureusement négligé la question de la datation. La troisième campagne de construction est en partie documentée par des actes notariés, en l'occurrence des marchés passés par le conseil de fabrique avec des artisans, mais ils ne mentionnent pas quelles parties de l'église sont exactement concernées. — Les parties les plus anciennes remontent en tout cas à la période romane, au , et plus précisément au premier quart, ou tout au plus au premier tiers du siècle, et non à l'extrême fin de la période romane, comme le suggèrent les voûtes d'arêtes, les chapiteaux archaïques, et l'absence de mouluration des archivoltes des baies du clocher. Ces parties romanes sont les deux travées du collatéral sud du chœur, qui ne sont autres que le chœur primitif, et dont la première travée supporte le clocher ; le mur méridional du collatéral sans les contreforts et les fenêtres ; et la partie de la façade occidentale correspondante au collatéral, qui n'est autre que l'ancienne nef. Au , et plus particulièrement au premier quart du siècle à en juger d'après les fenêtres sans remplage et le style gothique primitif des deux voûtes d'ogives et leurs quelques supports encore en place, un nouveau chœur de deux travées est adjoint au chœur roman du côté nord. En toute logique, les travaux doivent également porter sur une seconde nef, mais rien n'en subsiste : toutes les autres parties de l'église datent de la première moitié et du milieu du , exception faite de la sacristie, qui est plus récente..

Selon Louis Graves, .. Le , les marguilliers passent un marché avec Louis Poullain, maître charpentier à Beauvais, pour faire des cintres et les déplacer au fur et à mesure de l'avancement du chantier, qui porte sur la réfection de quatre voûtes ; des trois arcs-doubleaux intermédiaires ; et de cinq verrières de dimensions similaires. Le document mentionne par ailleurs la présence de quatre poutres qui empêchent la construction des voûtes. Il devrait s'agir des entraits de la charpente, et le vaisseau concerné par ces travaux n'est donc pas voûté à l'époque. Rien ne permet malheureusement de savoir s'il s'agit de la vieille nef romane ou de la nef actuelle, dans l'axe du chœur. L'on peut seulement constater le style purement gothique flamboyant de l'ensemble des voûtes et fenêtres de la nef et du collatéral, hormis les deux fenêtres au-dessus du portail roman, et l'influence de la Renaissance est totalement absente à Allonne, alors qu'elle règne déjà sur de nombreux édifices élevés au milieu du . Il est donc probable que l'autre vaisseau ait été reconstruit avant, plutôt qu'après 1550. Chacun des deux vaisseaux possède quatre fenêtres latérales, et la fenêtre occidentale flamboyante de la nef est en fait un tympan ajouré. Seulement les fenêtres du collatéral sont de dimensions à peu près analogues, ce qui semble confirmer l'hypothèse. Reste la question de la cinquième fenêtre : peut-être une grande baie unique devait-elle remplacer les deux baies romanes de la partie droite de la façade. L'on peut encore ajouté que les maçonneries sont confiées à Antoine Chéniau dit Daguien et Jean Larsillon, maçons et tailleurs de pierre à Beauvais, et que le délai d'exécution est fixé à deux ans..

L'église ne connaît pratiquement pas de modifications depuis 1552, date supposée de son achèvement. En 1605, à la demande des chanoines Le Roi et Dodu, une muraille est blanchie pour effacer une danse macabre. À compter du , tous les travaux sont relatés dans le registre de la fabrique. En 1844, la partie supérieure du mur de chevet de l'ancien chœur, au-dessus de la porte de la sacristie, est démolie pour faire une niche afin d'accueillir la Pietà dite Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ancienne fenêtre romane signalée encore en 1839 disparaît. Les cloches, dont l'une date de 1731, sont refondues. En 1864, la partie principale du banc d'œuvre est détruite par un incendie. L'année suivante, le pavement de la nef et du chœur est refait avec des carreaux d'Auneuil, dont les dessins évoquent ceux conçus par Jean-Baptiste-Antoine Lassus pour la Sainte-Chapelle. Deux pierres tombales d'anciens curés d'Allonne sont réemployées pour faire les marches de l'autel.. Le clocher est classé au titre des monuments historiques par liste de 1862. L'église est classée aux monuments historiques en totalité par arrêté du . Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse « Sainte Madeleine en Beauvaisis » dans le pôle Frédéric Ozanam de Beauvais-Sud. Pour connaitre les jours et horaires de messe voir https://www.messes.info/.

Description Aperçu général vignette|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une déviation de l'axe de 17° vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique à deux vaisseaux, qui comptent chacun six travées. La sacristie se situe devant le chevet du vaisseau de droite ; au nord, une tourelle d'escalier cylindrique flanque la troisième travée. Le vaisseau de gauche (du nord) correspond au vaisseau principal, et est de largeur identique sur toute sa largeur. Les deux dernières travées sont formées par le chœur du . Le vaisseau de droite (sud) est le collatéral, et correspond à la partie romane de l'édifice. Les deux dernières travées sont formées par le sanctuaire du . Si les quatre premières travées sont presque aussi larges que dans le vaisseau principal, les deux dernières travées sont nettement plus étroites, mais les grandes arcades sont néanmoins situées dans une même ligne. Supposant que le chœur roman devait être établi dans l'axe de sa nef, la nef romane a dû être amputée d'une partie de sa superficie au profit du vaisseau principal. Eugène Woillez n'indique les dimensions que pour le collatéral. Sa longueur totale dans l'œuvre est de , dont incombent à l'ancienne nef et à l'ancien sanctuaire. La largeur entre les piliers, ou plutôt l'ouverture des doubleaux, est de dans les quatre premières travées, et de seulement dans l'ancien sanctuaire. La hauteur sous les voûtes est de ; il est sans doute ici des deux voûtes d'arêtes du chœur roman. Toutes les autres travées sont voûtées d'ogives, avec des voûtes quadripartites ordinaires, sauf pour la deuxième travée du collatéral, qui possède en outre quatre liernes, et le centre de la voûte, épargnée par les ogives et liernes, est entouré d'un cercle, comme s'il s'agissait d'une base de clocher. Les voûtes sont plus élevées dans les quatre premières travées du collatéral et dans le chœur actuel, où elles atteignent à peu près la même hauteur, et encore plus élevées dans la nef actuelle. L'église possède deux portails, soit le portail du vaisseau principal avec deux portes sous un grand tympan ajouré, et le petit portail roman, qui était bouchée à la fin du .. Les deux vaisseaux sont recouverts d'une toiture commune à deux rampants, avec un pignon en façade et un pignon au chevet. Le clocher émerge de cette vaste toiture. La hauteur de ses maçonneries est de .

Intérieur Nef vignette|redresse|Nef, vue vers l'est. vignette|redresse|Nef, vue vers l'ouest.