L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Acy-en-Multien, dans l'Oise. Elle appartient, pour l'essentiel, à la période de transition du roman vers le gothique, et date du milieu du . Derrière des abords décevants, se cache un édifice tout à fait remarquable et d'une rare cohérence stylistique, qui n'exclut que le croisillon nord et les deux chapelles rectangulaires qui flanquent la seconde travée du chœur. La base du clocher est la partie la plus ancienne de l'église, et possède l'une des voûtes d'ogives les plus anciennes du département, et d'intéressants chapiteaux archaïques, mais l'emploi de l'arc brisé ne permet guère de la faire remonter avant 1125. Le chœur date des années 1140, et ses chapiteaux annoncent déjà le style gothique primitif, tout comme ses voûtes d'ogives, dont le bombement est caractéristique des voûtes romanes. Avec la nef de plan basilical des années 1150, qui est bien plus élevée, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul offre un bel ensemble de voûtes d'ogives anciennes. La diversité de leur mise en œuvre témoigne des recherches esthétiques et techniques menées à l'époque, et qui jettent les bases pour le développement de l'architecture gothique, en cours depuis 1145. L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse sainte Jeanne d'Arc du Multien, et les messes dominicales y sont célébrées une à deux fois par mois.

Localisation

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est située en France, en région Hauts-de-France, au sud-est du département de l'Oise, à la limite avec la Seine-et-Marne, dans le Multien, sur la commune d'Acy-en-Multien, au centre du village, rue de la Libération (RD 332) / rue de l'Église. La façade occidentale donne sur la rue de la Libération, et est précédée d'un petit parvis. L'élévation méridionale est alignée sur le rue de l'Église. L'élévation septentrionale est enclavé dans une propriété privée, et n'est pas visible depuis le domaine public. Le presbytère, située 1bis rue René-Latour, se situe devant le chevet, mais cette élévation est toutefois en grande partie visible depuis la rue.

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|left|Vue depuis l'est.

L'on ignore la date de fondation de la paroisse. Selon la tradition, elle se situe vers 1010, mais aucune source ne semble confirmer cette date. Sous l'Ancien Régime, Acy relève du diocèse de Meaux. Le village devient le chef-lieu titulaire d'un doyenné dès les débuts du royaume de France. Dans un premier temps, le siège se situe près de la maison royale de May-en-Multien, puis est implanté à Acy à la fin du . Les registres paroissiaux indiquent, qu'à l'occasion de l'installation du retable de la Vierge, le , fut trouvée une boite de fer blanc contenant un parchemin et des reliques de sainte Sabine. Le parchemin indiquait qu'il avait été déposé par Henri le Meignen, évêque de Digne, le dernier dimanche du mois de , à l'occasion de la consécration de l'église en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul..

En 1640, le doyenné d'Acy compte cinquante-et-une paroisses. Après l'érection du doyenné de Nanteuil-le-Haudouin en 1740, quand le nombre des doyennés ruraux passe de six à dix, le nombre de paroisses se trouve réduit à vingt-trois. Depuis le Acy est le siège d'une seigneurie relativement importante. Au encore, Acy dépasse nettement en nombre d'habitants Betz, chef-lieu de canton. Le village a le caractère d'un bourg, et est longtemps considéré comme chef-lieu du pays de Multien. Ces différents facteurs expliquent sans doute l'ambition de l'architecture de son église.

Le collateur de la cure est l'évêque de Meaux. L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul n'est pas l'unique édifice religieux du village. Au sud-ouest du territoire, une chapelle dédiée à saint Leu est desservie par un chapelain nommé par l'évêque. Dans le cimetière, une chapelle placée sous l'invocation de Saint-Prix est longtemps un lieu de pèlerinage pour les paralysés. En 1671, le doyen Charles Le Maire donne un terrain pour la fondation d'un ermitage. Trois moines y habitent au . Enfin, une maladrerie existe également sur l'étendue de la paroisse.. À la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de l'Oise est regroupé dans le diocèse de Beauvais. Sous le Concordat de 1801, celui-ci est annexé au diocèse d'Amiens, situation qui perdure jusqu'en 1821. Depuis, la paroisse d'Acy-en-Multien appartient au diocèse de Beauvais. Avec la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village voisin de Betz devient le siège d'une grande paroisse au titre de sainte Jeanne d'Arc., qui s'étend vingt-deux communes. Le curé réside toutefois à Bargny. Des messes de semaine sont célébrées le vendredi soir. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul une à deux fois par mois, le samedi à 18 h 30 ou le dimanche à 10 h 30..

Inhumations dans l'église Charles Louis de Lorraine, évêque de Condom, décédé à Auteuil près de Paris le , a été inhumé dans l'église d'Acy le selon dom Toussaint Du Plessis. et Louis Graves..

Les campagnes de construction de l'église thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Inscription Domine, salvum fac regem sur le bas-côté sud. thumb|Litre funéraire des Cadeau d'Acy.

La partie la plus ancienne de l'église est la base du clocher, au sud du chœur. En raison de sa voûte d'ogives archaïque, qui est parmi les plus anciennes de l'Oise avec les bas-côtés de Saint-Étienne de Beauvais, Dominique Vermand estime qu'elle ne peut être postérieure au premier quart du . Plus récemment, il hésite entre les années 1110 et les années 1120. L'auteur oublie de tenir compte de la forme en arc brisé de la voûte, qui, selon lui-même, ne fait son apparition dans la région qu'au cours des années 1120. Pour Anne Prache, la voûte et la forme des supports évoquent le second quart du . En se basant sur les baies du premier et du second étage du clocher, qui sont seulement conservées du côté ouest, Eugène Müller conclut à une date de construction au début du : bases sans griffes, fûts à pans coupés, chapiteaux austères. Dans un premier temps, le clocher appartient à une église plus ancienne, qui est totalement reconstruite à partir des années 1140. La construction commence par le chœur, qui comporte deux travées droites et une abside en hémicycle, et se poursuit par le croisillon nord. La nef et les bas-côtés ne sont entrepris qu'au cours des années 1150. Le style est celui des dernières églises romanes du Beauvaisis et de ses environs (Bury, Cambronne-lès-Clermont, Foulangues, Lavilletertre, Mogneville). Le troisième étage du clocher, qui adopte un plan octogonal, est sans doute réalisé au cours des années 1160. Vers la fin du ou le début du , des arcades sont ouvertes dans les murs latéraux de la seconde travée du chœur, et deux chapelles rectangulaires y sont ajoutées. Selon Eugène Müller, la reconstruction de ces chapelles, motivée certainement par les dégâts infligés par la Guerre de Cent Ans, remonte au pour la chapelle nord, et au pour la chapelle sud. Entre-temps, le clocher est doté d'une nouvelle flèche de pierre au . Les piles du ne sont pas assez fortes pour la supporter, et l'église menace ruine, ce qui oblige au renforcement des piles méridionales par de difformes massifs de maçonnerie.....

Dans le croisillon nord et la chapelle latérale nord du chœur, les blasons d'une litre funéraire ont été dégagés à plusieurs endroits. Peints sur fond noir, ils se blasonnent ainsi : d'azur à trois bandes ondées d'argent. Les blasons de forme ovale sont tenus par deux lévriers dressés, et surmontés d'une couronne de marquis (sachant que la seigneurie d'Acy résulte du démembrement d'un marquisat). Ces armoiries sont celle de la famille Cadeau d'Acy. De toute évidence, cette litre a été peinte en 1750 après le décès de Jacques Cadeau d'Acy, conseiller au Parlement de Paris, chevalier, seigneur d'Acy, qui avait acheté la seigneurie du Bas-Acy en 1719, puis un peu plus tard celle du Haut-Acy. Une pierre tombale à son nom est encastrée dans le sol de la chapelle latérales sud. — Au , l'église est équipée d'une nouvelle sacristie. Pour parer aux problèmes de stabilité persistants, les baies des deux premiers étages du clocher sont bouchées côté sud et est. Dès 1851, Louis Graves rapporte que l'on considère l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul comme l'une des plus belles de l'ancien diocèse de Meaux. En 1885, Eugène Müller qualifie l'église comme étant de très haut intérêt. Il poursuit : . Ce n'est que par arrêté du que l'église est inscrite (et non classée) au titre des monuments historiques. Si le vaisseau central se trouve aujourd'hui en bon état, la base du clocher est interdite d'accès pour des raisons de sécurité, et les chapiteaux rongés par l'humidité, soit l'ensemble des chapiteaux des bas-côtés, n'ont pas été restaurés. De même, le problème de l'humidité des murs n'a pas été résolu.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan largement symétrique et assez simple, la principale irrégularité étant la présence du clocher au sud du chœur. L'édifice se compose d'une nef accompagnée de deux bas-côtés ; d'une croisée du transept, en même temps première travée du chœur, flanquée de la base du clocher au sud et d'un croisillon au nord ; d'une seconde travée du chœur ; d'une abside en hémicycle peu profonde ; et de deux chapelles latérales au nord et au sud de la seconde travée du chœur. Une sacristie se situe devant le chevet de la chapelle latérale nord. Sauf l'abside, qui n'est pas voûtée en cul-de-four mais seulement dotée d'un plafond plat, l'ensemble de l'église est voûtée d'ogives. La travée la plus basse est la base du clocher. Les bas-côtés de la nef sont un peu plus élevés, dépassés de peu par le croisillon nord et les chapelles latérales. D'une hauteur plus importante est le vaisseau central du chœur, qui paraît toutefois relativement basse comparé à la nef, qui représente la partie la plus haute de l'église. L'on y accède par le portail latérale de la seconde travée du bas-côté sud, par le portail occidental de la nef ou depuis la sacristie. Chacun des trois vaisseaux du chœur, ainsi que la nef, sont recouverts de toitures indépendantes à deux rampants. Les bas-côtés sont munis de toits en appentis. Le clocher est coiffé d'une flèche de pierre.

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|, élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.