René Paty de son nom complet René, Augustin, Constant, Florentin, Lucien PatyDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : René Paty., né le à Montrieux-en-SologneUn Français Libre parmi 53878, publié par Jacques Ghémard sur le site francaislibres.net (consulté le 23 juillet 2018) et mort le au camp de concentration de Bergen-Belsen, est un instituteur, syndicaliste et résistant français.
Biographie René Paty est né dans une famille dont les parents Lucien, Constant Paty et Florence, Augustine Soutif étaient instituteursActe de naissance issu des archives départementales, publié sur le site de Geneanet (consulté le 27 juillet 2018)Acte de mariage issu des archives départementales, publié sur le site de Geneanet (consulté le 27 juillet 2018). Pensionnaire à 12 ans à l'école primaire supérieure d'Onzain, puis à 15 ans à l'école normale d’instituteurs de Blois (Loir-et-Cher) : promotion 1906-1909. À 18 ans, il obtient son brevet supérieur et son certificat d'aptitude pédagogique d’instituteur.
Trop jeune pour être affecté à un poste, il a été pendant deux années instituteur-adjoint à l'école primaire supérieure d'Onzain. En 1912, il fait son service militaire. Il y est encore en 1914 à la déclaration de guerre et choisit d'être musicien-brancardier.
Le , il épouse l'institutrice Louise Eugénie Vallier, veuve de Gaston Maurice Faisant. Appartenant au corps d'enseignement laïque, elle officie à Clichy (Hauts-de-Seine) et lui à Paris , rue Pouchet. René Paty s'engage d'abord dans le Syndicat national des instituteurs où il assure des responsabilités au sein de la section de la Seine (Paris et petite couronne) Allocution de Bernard Brandmeyer, page 21/26, publié le 13 janvier 2004 sur le site Grand Orient de France (consulté le 23 juillet 2018). En 1929, lorsque son ami Georges Lapierre crée la revue syndicale hebdomadaire L'École libératrice, c’est René Paty qui est chargé du pilotage de son importante partie pédagogiqueLe Front populaire et l’école : Le ministère Jean Zay, publié le 2 février 2016 par Benoît Kermoal, sur le site de la Fondation Jean Jaurès (consulté le 26 juillet 2018). Il milite également à la Ligue de l'enseignement avec Robert Dyard. Il s'engage en politique en adhérant au parti socialiste SFIO. Franc-maçon en 1925, il appartient à la loge Étoile polaire du Grand Orient de France (consulté le 29 juillet 2018). Plus tard, il fréquente les milieux pacifistes contre la montée du nazisme et aide des réfugiés politiques allemands.
En 1933, René Paty est directeur d'école, rue Émile-Zola, à Saint-Ouen. L'année suivante, Louise, son épouse, le remplace à l'école de Saint-Ouen et il prend la direction de l'école, rue Legendre, à Paris .
En 1936, lorsque le Front populaire arrive au pouvoir, le ministre de l'Éducation Nationale Jean Zay demande au Syndicat des instituteurs (consulté le 29 juillet 2018) de lui proposer quelqu'un pour s'occuper près de lui de l'enseignement primaire. C'est René Paty qui est nommé chef-adjoint du cabinet du ministre de l'Éducation Nationale où il a œuvré durant trois années. Un journal local rapporte, le , une collision routière sans gravité du chef de cabinet, René Paty, avec un cycliste (consulté le août 2018)..
Le , René Paty est nommé directeur de l'École de garçons rue Lacordaire à Paris . Mais, comme il est toujours au cabinet du ministre de l'Éducation Nationale, il charge un des instituteurs, M. Giudicelli, de la direction par intérim. En 1939, René Paty continue son activité auprès d'Yvon Delbos, le successeur que Jean Zay s'était choisi, puis d'Albert Sarraut (consulté le août 2018). En , il quitte le ministère et reprend son emploi de directeur d'école, cette fois-ci rue Lacordaire à Paris .
Dès , il commence à nouer des contacts avec des amis enseignants, socialistes, francs-maçons, pour lutter contre le nouveau gouvernement et l’occupation. En , il a participé à l'élaboration de la manifestation du à l'Arc de triomphe de l'ÉtoileFiche de Georges Lapierre, publié sur le site du Musée de la Résistance nationale (consulté le 23 juillet 2018). Lui et ses amis ont créé des réseaux et établi des relations avec d'autres : Maintenir (en ), Syndicat clandestin des instituteurs, Libération-Nord, CND CastilleFiche : Paty René Augustin Florentin Constant, publié sur le site C.N.D. Castille (consulté le 23 juillet 2018) du colonel Rémy, OCM, la loge Patriam RecuperareListe alphabétique de quelques agents et contacts, publié sur le site de Patriam Recuperare et Albert Kirchmeyer (consulté le 23 juillet 2018) et le journal La Nouvelle RépubliquePanthéon et trajectoires croisées avec des enseignants militants, publié le 24 février 2014 par Luc Bentz, sur le site du Centre Henri-Aigueperse UNSA Éducation (consulté le 23 juillet 2018). Leur action était de renseignement, de reconstitution d'associations dissoutes et de préparation de l'après-guerre. Il est enregistré sous la cote GR28P449-978 parmi les agents de réseau de renseignement Archives de la France combattante, page 67/190, publié le 10 décembre 2015 sur le site du Musée de la Résistance nationale (consulté le 23 juillet 2018).
En , les lois de Vichy sur les juifs et les francs-maçons ont été promulguéesLa politique antisémite des allemands et du gouvernement de Vichy : Le vol des biens juifs, publié sur le site Enseigner l'histoire de la Shoah (consulté le 26 juillet 2018). Le , jour de la rentrée, l'inspecteur de l'enseignement primaire vient à l'École rue Lacordaire pour intimer à René Paty, frappé de révocation, l'ordre de quitter immédiatement son bureau de directeur d'école. Sans travail, René Paty recherche une occupation dans ses capacités. Avec l'aide financière d'amis, il achète une petite librairie place Saint-Michel à Paris. La librairie devient un lieu de rendez-vous d'amis et d'opposants au régime de Vichy et à l'Occupation. Il s’absente de temps en temps pour aller en province rencontrer d'autres amis, recueillir des renseignements. Il est alors remplacé à la librairie par son épouse, également révoquée par le régime de Vichy.
Le , vers 10 heures du matin, deux policiers allemands viennent l'arrêter à la librairie. Au même moment tous les membres de son groupe d'enseignants résistants sont arrêtés, dont Augustin Malroux, Maurice Dirand, Georges Lapierre, Georges Vidalenc et Claude Bellanger. Après une perquisition à l'appartement, René Paty est emmené au ministère de l'Intérieur, rue des Saussaies, puis à la prison de FresnesLa guerre 1939-1945 au travers de témoignages, publié le 3 septembre 2016 sur le site de la nouvelle république (consulté le 23 juillet 2018). Il se retrouve dans la cellule « 501/III » avec d'autres résistants (consulté le août 2018). Il y reste jusqu'en , puis il est transféré à la gare de l'Est et déporté vers l'Allemagne avec ses compagnons. Après être passé par le camp de Neue Bremm près de Sarrebruck, il est enfermé au camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, près de Berlin, plus précisément au Kommando de Bad Saarow, sous un régime semblable au Nacht und Nebel, sans possibilité d'écrire, de recevoir des lettres et des colis.
Avec l'avancée de l'Armée soviétique sur le front de l'Est durant l'hiver 1944-45, les autorités allemandes décident de déplacer les déportés vers l'ouest. En , René Paty et plusieurs compagnons sont transférés au camp de concentration de Bergen-Belsen entassés à 120 personnes dans des wagons à bestiaux pendant trois jours. À cette époque l'état de ce camp est effroyablement dominé par la famine et le typhusBergen-Belsen, publié sur le site Enseigner l'histoire de la Shoah (consulté le 26 juillet 2018). Le , Claude Jordery, Augustin Malroux et René Paty meurent les uns à côté des autres (consulté le 26 juillet 2018).
Le , Veuve René Paty adresse une lettre à Paule Malroux, pour laquelle Maurice Dirand lui décrit les conditions de vies dans les campsArchives Augustin Malroux, publié sur le site de l'Office universitaire de recherche socialiste (consulté le 29 juillet 2018).
Parmi le petit groupe de militants, Georges Lapierre est mort à Dachau. Georges Vidalenc et Maurice Dirand sont revenus des camps de concentration, le premier est resté muet et le second a raconté le parcours des atrocités subies.
Son fils s'est recueilli, en , sur le mémorial dédié à Jean de Noailles, duc d'Ayen, mort le à Bergen-Belsen (consulté le 29 juillet 2018).
Hommages René Paty, qui était resté pendant sept ans soldat de , a été nommé sous-lieutenant à titre posthumeIdentification : Paty René Augustin Constantin, publié sur le site MémorialGenWeb (consulté le 29 juillet 2018). On lui a décerné la médaille de la RésistanceJournal Officiel 8 décembre 1946.
Dans son lieu de naissance, à Montrieux-en-Sologne, il est mentionné sur le Monument aux Morts, situé dans le cimetière de la commune, parmi les 47 noms présentsMonument aux morts de Montrieux-en-Sologne, publié le 21 avril 2006 par Gérard Tardivo, sur le site MémorialGenWeb (consulté le 29 juillet 2018).
Deux plaques commémoratives ont été posées à son nom : une, le , dans l'école de la rue Legendre et l'autre, le , dans l'école de la rue Lacordaire (Paris ) Apposition d'une plaque commémorative dans l'école de la rue Lacordaire (Paris ), publié le 28 octobre 2012 par Marc Sinniger, sur le site Héraldie (consulté le 27 juillet 2018).
Toujours à Paris, son nom est indiqué sur plusieurs plaques commémoratives : Mentionné sous celui de Jean Zay, sur une plaque posée à la sortie de la cour du ministère de l'Éducation nationale ; Mentionné au étage d'un temple maçonnique situé dans la rue La Condamine du Plaque commémorative (Relevé ), publié le 19 janvier 2006 sur le site MémorialGenWeb (consulté le 27 juillet 2018) ; Mentionné sur le Mémorial du souvenir à l'hôtel du Grand Orient de France, situé au de la rue Cadet dans le Mur du souvenir : À la mémoire des Frères Maçons fusillés, déportés, morts au combat - victimes des nazis et de leurs alliés (Relevé ), publié le 27 mars 2008 sur le site MémorialGenWeb (consulté le 27 juillet 2018).
Au début de l'année 1996, le gouvernement promulgue un arrêté permettant d'apposer la mention « Mort en déportation » sur l'acte de décès relatif à l'entrée en vigueur d'un arrêté du 4 janvier 1996 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes de décès (consulté le 23 juillet 2018).
Bibliographie
Notes et références
Sources Registre d’Incorporation matricule 344 du (archives départementales de Loir-et-Cher) Fondation pour la mémoire de la Déportation : http://www.mortsdanslescamps.com/indexfr.html
Liens externes
À la mémoire de René Paty (1891-1945), publié le par Marc Sinniger, sur le site Héraldie (consulté le 27 juillet 2018)
Catégorie:Résistant français Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Déporté à Bergen-Belsen Catégorie:Syndicaliste enseignant français Catégorie:Fédération de l'Éducation nationale Catégorie:Personnalité liée à l'éducation Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie française Catégorie:Naissance en Loir-et-Cher Catégorie:Naissance en mars 1891 Catégorie:Décès à Bergen-Belsen Catégorie:Décès en avril 1945 Catégorie:Décès à 54 ans Catégorie:Victime de la Shoah en France Catégorie:Victime française de la Shoah Catégorie:Décès dans le Troisième Reich