L'église d'Angy est une église catholique paroissiale située à Angy, commune de l'Oise. Elle associe une nef et un bas-côté romans, datant respectivement de la fin du et de la première moitié du , à un transept, un clocher en bâtière et un chœur de la période comprise entre 1150 et 1160 environ. Ces parties sont commencées dans le style roman, comme en témoignent les fenêtres, mais terminées dans le style gothique naissant, comme le montre l'étage de beffroi du clocher, sans doute l'élément le plus intéressant de l'édifice. L'église est classée relativement tôt au titre des monuments historiques par la liste de 1862., soit seulement vingt-deux ans après les premiers classements. Elle possède en effet l'un des premiers chevets à pans coupés et l'un des premiers clochers gothiques que l'on puisse recenser dans la région, et n'ayant jamais subi de remaniements notables, reste particulièrement représentative de ses périodes de construction. Elle est affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy.

Localisation

L'église Saint-Nicolas est située dans la région française de Hauts-de-France, dans le département de l'Oise, sur la commune d'Angy, rue de l'Église. Elle est bâtie en périphérie du village, à son extrémité occidentale, près des fonds humides de la vallée du Thérain. C'est le chevet qui est orienté vers le village et que l'on aperçoit le premier en approchant de l'église. La façade méridionale donne sur la rue de l'Église et la façade septentrionale sur une impasse partant de cette rue devant le chevet. Alors que l'église est ainsi bien dégagée de trois côtés, la façade occidentale bute presque immédiatement sur la muraille d'une propriété. Un peu plus loin à l'ouest se trouve un vieux lavoir alimentée par la source Saint-Clair. L'église était par ailleurs placée sous la double invocation de saint Nicolas et de saint Clair, mais seulement le premier vocable s'est maintenu..

Historique L'histoire de la paroisse thumb|left|Vue depuis le nord-ouest.

D'après la tradition, l'église aurait été fondée à la fin du ou au début du par Adélaïde d'Aquitaine, épouse du roi Hugues Capet. La proximité de la source Saint-Clair à laquelle la population attache des vertus thérapeutiques pour les maux des yeux a dû être décisive pour le choix du lieu d'implantation, et donne également lieu à un pèlerinage annuel, le . Vers 965, à la suite de l'alliance entre Adèle, fille de Robert de Vermandois, et le comte Geoffroy I d'Anjou, le comté d'Angy passe dans le domaine de la maison d'Anjou, tout en demeurant placé sous la suzeraineté d'Hugues Capet. Ce dernier accorde la moitié des revenus de l'église d'Angy à la collégiale Saint-Frambourg de Senlis, fondée elle aussi par son épouse. Angy est alors une ville d'une certaine importance en tant que chef-lieu de comté, et son prévôté s'étend sur une bonne centaine de villages. En 1186, Angy obtient de Philippe Auguste une charte communale lui valant des privilèges fiscaux et militaires, et restant en vigueur pendant près de cinq siècles. Mais selon Louis Graves, Angy n'est malgré tout jamais érigé en paroisse, et reste un vicariat dépendant du prieuré Saint-Lucien de Bury. Sur le plan des hiérarchies ecclésiastiques, Angy relève donc du doyenné de Mouchy-le-Châtel, de l'archidiaconé de Clermont, et du diocèse de Beauvais, à l'instar de Bury. En 1207, le meunier Arnoul donne un moulin à eau considérable au chapitre de Saint-Frambourg de Senlis, qui devient alors seigneur d'Angy pour moitié. Ultérieurement, le chapitre acquiert l'autre moitié de la seigneurie, qui était au roi. À la fin de la guerre de Cent Ans, Angy est presque entièrement détruit, et sa population chute de 400 à 500 feux à seulement trente feux pendant le troisième quart du . À la fin du siècle, l'église n'a plus que le statut de chapelle. La localité ne recouvre plus jamais son importance ancienne, et quand Louis XV refuse la confirmation de sa charte communale à la suite de son arrivée au pouvoir, ce statut prend fin pour Angy..... Aujourd'hui, Angy est affilié à paroisse la Sainte-Claire de Mouy. L'église Saint-Nicolas accueille des messes dominicales anticipées le premier dimanche du mois, d'avril à septembre.. S'y ajoutent de nombreux baptêmes, obsèques et de rares mariages.

L'histoire de l'église thumb|Lavoir ou fontaine Saint-Clair et église, vue depuis le nord-ouest.

L'église est dédiée à saint Nicolas. Elle récupère ultérieurement le vocable de la chapelle Saint-Clair. implantée jadis à côté de la source, et l'Apôtre du Vexin et du Beauvaisis devient ainsi son second patron. Rien ne subsiste de l'église primitive du . La nef de l'église actuelle est datable de la première moitié du , et le bas-côté nord du second quart du . En remplacement du sanctuaire roman, sur lequel l'on ne dispose d'aucun renseignement, le transept, le clocher en bâtière central et le chœur sont édifiés au tout début de la période gothique. L'achèvement peut être situé vers 1160 environ... Cependant, selon Eugène Lefèvre-Pontalis, l'étage de beffroi du clocher serait nettement plus jeune que les parties basses du chevet, et daterait seulement du commencement du .. La source est captée et ramenée dans une crypte aménagée sous le presbytère au , peut-être en remplacement de la chapelle. Cet aménagement disparaît dans le contexte de la Révolution française. Depuis, la source alimente le lavoir à l'ouest de l'église. Une sacristie est ajoutée à l'époque moderne, probablement au . Le cimetière entourant jusque-là l'église est transféré à son emplacement habituel en 1832..

L'intérêt historique et archéologique de l'édifice est reconnu assez tôt : il est classé monument historique par liste de 1862. Son nef archaïque est représentative des églises rurales de la région du . Avec corniches beauvaisines, frises en pointe-de-diamant ou fleurs de violette, et moulures en double biseau, le transept, le clocher et le chœur réunissent nombre de traits caractéristiques des églises du Beauvaisis du . Comme particularité, ils n'ont jamais été remaniés et conservent des voûtes d'ogives du milieu du . Par ailleurs, le chœur d'Angy possède l'un des tout premiers chevets à pans coupés, disposition rendu possible seulement par les voûtes d'ogives. Le clocher est en outre l'un des premiers de la région où s'affirme clairement le style gothique.. — Manquant longtemps d'entretien, l'église doit être fermée au public en 2006. La municipalité entreprend par la suite sa restauration en plusieurs campagnes, qui portent notamment sur les toitures, les maçonneries extérieures, l'intérieur de la nef et du bas-côté, l'installation électrique et l'éclairage, et l'acquisition de nouveaux bancs de fidèles. Ces travaux totalisent la somme de , dont 40 %, soit , sont à la charge de la commune. Les subventions de l'État se portent à , et ceux du conseil général, à . L'inauguration de l'église restaurée est célébrée dans le cadre d'une messe le Angy infos - bulletin municipal, octobre 2015, p. 3-4, lire en ligne..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église suit un plan cruciforme, et se compose d'une nef de trois travées flanquée d'un unique bas-côté au nord ; d'un transept largement saillant ; d'un clocher en bâtière se dressant au-dessus de la croisée du transept, et d'un chœur d'une seule travée, comportant une partie droite et une abside à pans coupés. Les deux croisillons sont moins larges que le carré du transept n'est profond, et des pans de mur existent entre les arcs-doubleaux latéraux du carré du transept et le doubleau oriental. Comme autres particularités, une niche d'autel en hémicycle et une cage d'escalier sont prises dans l'épaisseur du mur occidental du croisillon sud. La sacristie occupe l'angle entre croisillon sud et chœur, et est accessible par une porte au milieu de la niche d'autel et au sud du chœur. La nef et le bas-côté ne sont pas voûtés, ni lambrissés, et à charpente apparente. Le transept et le chœur sont voûtés d'ogives. La longueur totale de l'église est de dans l'œuvre, dont incombent à la nef, au transept, et au chœur. La largeur intérieure est de pour la nef et le bas-côté réunis, et de pour le bas-côté seul. Le transept mesure de longueur dans le sens nord-sud, et la largeur du carré du transept et du chœur est de . L'on accède à l'église par le portail latéral sud de la nef, ou par le portail occidental. La nef et les croisillons sont recouverts de toitures à deux rampants avec un pignon en façade, un au nord et un au sud. Le chœur est munie d'un toit à croupes. Le bas-côté et la sacristie sont dotés de toits en appentis..

Extérieur Nef et bas-côté thumb|upright|Façade occidentale.

La partie la plus ancienne est la nef, de facture très simple voire archaïque, et recouverte d'un crépi ocre depuis la restauration en 2012. Derrière, le mur est constitué de moellons noyés dans un mortier, à raison de huit assises par mètre. Les contreforts sont néanmoins appareillés en pierre de taille, et s'amortissent par un court glacis. Ils évoquent leurs homologues des nefs d'Ansacq, Montmille et Ponchon. Leur facture archaïque est soulignée par les joints épais de deux à trois centimètres. Le mur gouttereau sud est épaulé par un contrefort plat au début, et un autre au centre, nettement déporté vers la droite (vers l'est). Tout en haut, le mur est percé de deux étroites baies en plein cintre, placées à équidistance du contrefort central. Elles sont munies d'un faible ébrasement extérieur, ce qui surprend au , quand toutes les fenêtres sont réputées être à ébrasement simple (du côté intérieur). L'on ne peut exclure que les ébrasements sont le fruit d'un remaniement. Un signe d'archaïsme sont les linteaux monolithiques, ici sans claveaux simulés, contrairement à Balagny-sur-Thérain, , Villers-Saint-Sépulcre, Saint-Aubin-sous-Erquery, et Rhuis. Un petit portail avec une porte rectangulaire s'ouvre à droite du contrefort médian. Son linteau monolithique ne forme qu'un avec le tympan, ce qui est assez exceptionnel. Mais le tracé irrégulier du tympan a obligé les maçons d'insérer quelques petits moellons entre celui-ci et l'archivolte, qui est à un seul rang de claveaux, et surmonté d'un rang de billettes.