Henri Tournet est un homme d'affaires et promoteur français, né le à Clermont-Ferrand"L'Homme de l'ombre" pas Pierre Péan (France) et mort le à Santiago (Chili).

Biographie Tournet est un vieil ami de Jacques Foccart depuis 1934Robert Boulin assassiné ? Le promoteur s’appelle Henri Tournet et a rencontré Jacques Foccart la première fois à Nancy …le 20 octobre 1934 lors de leur service militaire. et a à plusieurs reprises été son associé.

La Seconde Guerre mondiale Organisation Todt Foccart fonde AFFAIRE BOULIN (possible implication de Mr Chirac et Mr Pasqua) Cet homme est Henri Tournet. Lié à Jacques Foccart depuis 1941, Henri Tournet a de brillants états de service au titre de la Résistance. Diplômé en droit, il a la réputation d'un homme à bonnes fortunes. avec une connaissance (de son service militaire), Henri Tournet, une importante affaire d'exploitation de boisHenri Tournet et Jacques Foccart. ... Henri Tournet - qui préfère vivre le plus souvent à l'étranger depuis vingt-trois ans - a été l'associé, sous l'Occupation, d'un certain Jacques Koch [ensuite devenu Foccart] dans un commerce de bois en Normandie. Devenu Jacques Foccart après son entrée dans la Résistance et la France libre… à La Forêterie (commune de Rânes dans l'OrneFoccart, l'initiateur de la "Françafrique" Démobilisé après l'armistice [du 22 juin 1940], il a fondé avec un ami proche, Henri Tournet, une importante affaire d'exploitation de bois à Rânes, dans l'Orne.). Pour la coupe de soixante hectares de bois, il fait travailler une équipe importante : le bois est en particulier destiné à la production du charbon de bois, carburant des véhicules à gazogène, indispensable pendant cette époque de restriction.

L'entreprise travaille d'abord avec Citroën afin d'alimenter ses gazogènes, et étend son domaine forestier avec cent hectares, acheté à un minotier, puis avec l'achat d'une grande coupe de bois, vendue par le châtelain local en proie à des problèmes économiques.

À l'automne 1942, ils commencent, par l'entremise de Georges Desprez, à travailler pour les Allemands : deux convois sont livrés chaque semaine à l'Organisation Todt (l'organe de construction du Reich), avec laquelle il a des relations commerciales.

L'Organisation Todt le suspecte d'escroquerie en 1943Les patrons sous l'Occupation Renaud de Rochebrune, Jean-Claude Hazera. en compagnie de Foccart et DesprezLa vie de Desprez est émaillée de nombreuses escroqueries.. Il est écroué avec son associé en à Argentan et Saint-Malo. Ils sont libérés sous cautionComme cela est souligné dans le documentaire biographique L'Homme qui dirigeait l'Afrique. moyennant une transaction d'un million de francs, et la réquisition de leur entreprise.

La police judiciaire de Rouen a enquêté sur la possible implication de Foccart et Tournet dans l'assassinat en 1944 de François Van Aerden, un ancien agent consulaire de Belgique au Havre, qui aurait été témoin d'un trafic entre leur entreprise et un officier de l'Organisation Todt. En l'absence d'éléments matériels probants, le dossier est classé sans suiteBenoît Collombat, Un homme à abattre, Fayard, 2007, , ..

Résistance En 1942, Foccart prend contact avec la Résistance sur sa terre natale en Mayenne. Adjoint de Régis des PlasSylvain, membre de l'ORA. pour le réseau Action Plan Tortue pour la zone Centre et Sud (en Normandie)Orne, Sarthe, Mayenne,Calvados, Manche., il structure le réseau Action-Tortue Foccart avec un poste de commandement à Rânes dans l'Orne et un centre de liaison à Ambrières-les-Vallées en Mayenne.

Après-guerre Après-guerre, il crée une petite société d'import-export avec Jacques Foccart, la Safiex, dont la marche suscite du contentieux auprès des avocats et avec l'association forestière qu'ils avaient créée"Le beau métier d'avocat, éclats de mémoire" par Jean Gallot aux Editions Plon en 1999 .

Le nom de son associé Foccart est évoqué par le SRPJ de Rouen en 1953 comme étant lié à deux énigmes criminelles, l'affaire François Van Aerden à Rânes et l'affaire Émile Buffon à Joué-du-Plain en 1944.

À la même époque il est aussi conseiller d'une banque en suisse, où il réside. Avant le début des années 1960, Tournet est par ailleurs successivement conseiller du commerce extérieur et chargé de mission au Haut Commissariat à l'économie nationale. Il sera ensuite conseiller technique auprès du ministre des travaux publics et membre du conseil supérieur du tourisme, fonctions qui l'aident à développer une activité de promoteur immobilier.

Stations d'Avoriaz et de Pra-Loup Henri Tournet est investi dans le développement de plusieurs stations de sports d'hiver au début des années 1960. En tant que membre du conseil supérieur du tourisme, il est délégué auprès du commissaire général au tourisme Jean Sainteny lors du lancement de Pra-Loup et il rend visite à l'hiver 1960 au fondateur Louis Lequette, qui doit s'appuyer sur des industriels du Nord pour investir. Henri Tournet lui demande, sans l'obtenir, qu'il change de partenaires industriels et tente d'obtenir, sans succès non plus, une partie de la future station. Quand la station prend forme, au lieu des lits que devait compter passent à une capacité de lits pour des raisons de rentabilité, ce qui permettra de l'agrandir par le vallon des Agneliers, qui deviendra par la suite la liaison avec la Foux d'Allos, inaugurée en 1977, soit un espace skiable de très large envergure, l'un des plus grands des Alpes du SudHistoire de la station.

En 1963, il est investi dans la future station de sports d'hiver d'Avoriaz et devient président de la station de sports d'hiver de Morzine, où il passe des vacances au ski avec Robert Boulin, sa femme et son fils.

Affaire Boulin

Tournet était depuis les années 1940 l'ami le plus proche de Jacques Foccart, dirigeant historique du service d'action civique, et le parcours de chacun des deux est lié à l’affaire de la disparition de Robert Boulin en 1979, pour laquelle la Justice a identifié le rôle d'Henri GeliotArticle dans L'Express le 4 octobre 2024 Article dans 20 Minutes le 4 octobre 2024 Article dans Huffington Post le 4 octobre 2024 France Info Le Progrès , « truand haut placé », connu pour diverses violences avec arme à feu commises pour l’essentiel entre 1939 et 1958, puis entré en lien avec le SAC et décédé en 1986. Henri Geliot a été reconnu devant les magistrats par Elio D, attablé dans une discothèque, quelques jours après la mort de Robert Boulin, avec Pierre Debizet, patron du SAC, venu en taxi, l'agent du SDECE Jean-Pierre LenoirSon appartenance au SDECE était pourtant de notoriété publique et il a publié deux livres sur le sujet "Témoignage dans l’affaire Boulin : les gendarmes auraient identifié le propriétaire d’une voiture impliquée" par Yann Saint-Sernin le 4 octobre 2024 , mais aussi ce « truand haut placé » et « Leno », un second truand, arrivés à l'improviste. Selon le récit aux magistrats d'Elio, en fin de vie, Pierre Debizet avait ce soir-là reproché au « truand haut placé » d'avoir embauché des « bras cassés » pour s'occuper de Robert Boulin, Henri Geliot reconnaissant que ses hommes avaient effectivement « descendu à la cave » le ministre et « l’avaient tabassé », sans vouloir le tuer ni prévoir qu'il panique et fasse un arrêt cardiaque. Henri Geliot, 60 ans lors de la mort de Boulin, a été identifié par les magistrats via la plaque d’immatriculation de la Mercedes gris métal, modèle 280 ES"Mort de Robert Boulin : la justice identifie pour la première fois un possible responsable" par Fabrice Arfi le 2 octobre 2024 dans Médiapart , notée sur un papier par Elio D à son départ de la discothèque et conservée depuis. La veuve de Henri Geliot a ensuite confié avoir été menacée par son mari à l’époque de la mort de Boulin, lui disant que « si son implication devait être connue, cela pourrait venir d’elle ». Les enquêteurs ont aussi retrouvé le fils de Jean-Pierre Lenoir, qui leur a dit être « certain que Boulin ne s’était pas suicidé ». Le parquet de Versailles a confirmé à l'AFP que ces faits se trouvaient dans le dossier mais sans commenter ni se prononcer.

L'amitié entre Robert Boulin et Henri Tournet a été documentée dès 2014 par un livre du journaliste Dominique Labarrière, consacré à neuf hommes qui ont perdu la vie au faîte du pouvoir et des honneursCarnot ; Jaurès ; Doumer ; Salengro ; de Broglie ; Fontanet ; Boulin ; Bérégovoy ; Grossouvre "Quand la politique tue" par Dominique Labarrière, paru le 9 octobre 2014, aux Editions La Table RondeDominique Labarrière sur BFM TV, le 20 octobre 2024 . Elle s'est nouée « une vingtaine d'années » avant le décès de Boulin, selon une enquête publiée le dans Le MondeLe Monde, enquête réalisée par Laurent Greilsamer, Alain Rollat et James Sarrazin le 14 novembre 1979 , au moment où Tournet est présenté comme ayant « un passé de résistant qui plaide pour lui », même si dans ses dernières lettres, Boulin écrit que Tournet était un « escroc paranoïaque, mythomane, pervers, maître chanteur », bien qu'il ait été avant son « grand ami », selon le journaliste Dominique Labarrière.

Colette Lalande, épouse Boulin, et Monique de la Myre-Mory, née Guix de Pinos, troisième épouse de Tournet, ont dans leur enfance été élèves des mêmes écoles. En 1962, Boulin, entré l'année précédente au gouvernement, s'installe rue Rémusat, où les Tournet vont être ses voisins, dans le même immeuble de fonction, entre 1962 à 1966. Robert Boulin est invité en 1964 par Tournet lorsque la famille Rachez achète 36 hectares de terres agricoles sur le domaine du Val-de-Bois, consacré à la tradition de l'huile d'olive de qualité, sur les « hauteurs de Ramatuelle », et Tournet lui présente Suzanne Rachez. En 1965, Tournet lui fait à nouveau rencontrer Robert Boulin car elle est « inquiète pour ce terrain »Le Monde du 8 novembre 1979 []. Tournet lui dit, pour la calmer, qu'il a donné 80000 francs à Boulin pour ses campagnes électorales.

En 1967, Tournet s'adresse à nouveau à Robert Boulin pour obtenir un « accord préalable » valable six mois pour rendre constructible Ramatuelle car il sait ne pouvoir obtenir de « permis en bonne et due forme », mais Boulin refuse. En , Tournet obtient cet « accord préalable » mais ne respecte pas la condition que les travaux commencent dans les six mois : en , l'échéance est dépassée"Heurs et malheurs d'une opération immobilière dans le Var" par Guy Porte et James Sarazin le dans Le Monde. Tournet insiste plusieurs fois auprès de Boulin, qui écrit plusieurs fois au préfet du Var, notamment le puis en novembre afin d'obtenir le bénéfice de la loi Serot.

En , Le Monde reproduit une lettre de Boulin du , où il assure Tournet de ses efforts pour obtenir « l'accord de construire » 26 maisons à Ramatuelle et argue du fait que les règlements d'urbanisme ont entretemps changé. Sans attendre la réponse du préfet, Tournet vend 31 des le et le pour 1,5 million de francs., à des Normands. Toutefois, le service des hypothèques n'enregistre pas, à cause d'un différend sur la loi Serot sur les mutations de bois et forêts et les divisions cadastrales. En , la préfecture refuse d'autoriser la construction de maisons, pour respecter le coefficient d'occupation des sols.. Gérard Groult, notaire de Pont-Hébert, sera pour cela radié pour le non-enregistrement.