René Olivier, né le à Elbeuf et mort le à Collonges-la-Rouge, est un peintre figuratif français, originaire de Normandie, actif pendant la première moitié du XXe siècle.

Sociétés dont René Olivier fit partie : Société des artistes rouennais Société de Saint-Jean pour le développement de l’art chrétien Société historique du 6e arrondissement de Paris: membre perpétuel de 1929 à 1962, Société Nationale des Beaux-arts (membre actif). Société Française d’Archéologie, à partir de 1942« Société française d’archéologie. Conseil d’administration », Bulletin Monumental, 1942, n°101/2, p. 328. Il est présenté par le président de séance, Marcel Aubert, et L. Hourticq..

Biographie Né le 15 mai 1874 à Elbeuf (Seine-Maritime), il est le fils de Maxime Elias Olivier, fabricant de draps demeurant à Elbeuf, place de l’Hôtel de ville, et de Marie Fanni GrossinÉtat civil d’Elbeuf, registre des naissances, acte n°280. Le couple s’était marié le 23 mai 1864 à La Vaupalière (Seine-Inférieure). L’un des témoins à la naissance est Philogène Olivier, oncle paternel, un autre important fabricant de draps.. Il est issu d’une riche famille d’industriels : son père et ses oncles dirigent d’importantes manufactures de draps à Elbeuf. Ce grand centre textile est alors le plus important de France pour la production d’étoffes de laine cardée. Son enfance est certainement marquée par le superbe panorama qu’il peut contempler à loisir depuis le château du Plouzel (commune de Caumont, proche d’Elbeuf). Cette propriété de campagne de sa famille, adossée à la forêt de La Londe, domine le premier méandre en aval de Rouen et offre un paysage à l’atmosphère sans cesse changeanteSeydoux (Bernard), « René Olivier (1874-1962). Peintre des hommes rassemblés », Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n°42, octobre 2004, p. 39.. Après quelques années passées dans l’entreprise familiale, René Olivier ne reprend pas la suite de l’entreprise paternelle et abandonne l’industrie, laissant la conduite des usines familiales à son frère aîné Marcel. (Celui-ci, également avocat et conseiller municipal, occupa les fonctions de maire de la ville d’août 1914 à février 1919, en remplacement du maire Armant Périer, qui avait été mobiliséOlivier (Patrick), « Souvenirs de famille. Comment Marcel Olivier devint maire d’Elbeuf », Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n°31, juin 1999, p. 36-41.). Il décide de se consacrer à la peintureUn de ses cousins, Maurice Olivier, exposa aussi au salon des Artistes français en 1902 (Seydoux, Bernard, « René Olivier (1874-1962). Peintre des hommes rassemblés », op. cit.iv. Très tôt, il s’est en effet destiné à la peinture et a suivi d’abord les cours de Berthe Mouchel, à Elbeuf. Puis il gagne Paris et devient l’élève d’André DauchezAndré Dauchez avait été élu en 1931 président de la Société Nationale des Beaux-arts (fondée en 1890). René Olivier fait partie des 12 membres de la Société Nationale des Beaux-arts qui démissionnent de son comité, lorsqu’André Dauchez est évincé de sa présidence en 1936 (Journal Comoedia, 21 décembre 1936). Les démissionnaires organisent un nouveau salon de peinture sous le nom de « Groupe indépendant de la Nationale ». (membre, comme lui, de la Société historique du 6e arrondissement). Le 3 mai 1921, il épouse à Paris VIIe arrondissement Marie-Louise Octavie LustremantCans (Michel), Marie-Louise Lustremant ou La vertu du simple, Paris, B. Seydoux, 2006. (Paris, 1880-1965), elle-même également peintreArtprice répertorie par exemple 5 œuvres de l'artiste présentées en vente aux enchères publiques ces dernières années.. Le couple partage un atelier, 8 rue GarancièreSelon une note ajoutée au-dessus de son acte de naissance, René Olivier réside toujours à cette adresse en 1942. à Paris (VIe arrondissement), dans l’Hôtel de Sourdéac où il réside, à deux pas de l'église Saint-Sulpice. Ils voyagent souvent ensemblehttps://www.gazette-drouot.com/en/lots/15473823-344-marie-louise-lustremant.. Ils ont exposé aussi conjointement, avec d’autres peintresParis-Soir, 13 décembre 1929..

Sa carrière de peintre Après avoir suivi les cours de Berthe Mouchel, à ElbeufBouché (Muriel), « Les artistes elbeuviens de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle », mémoire de maîtrise d’Histoire, mention documentation, Université de Rouen, A. Becchia (dir,), 2001., puis ceux de Joseph Delattre à Rouen, il fréquente les membres de l’École de Rouen. Il s’installe ensuite Paris dans les années 1920 et poursuit sa formation auprès d’Eugène Carrière et suit les cours de l’Académie de la Grande ChaumièreBeaufils (Mylène), dir., Berthe Mouchel. Femme, artiste et engagée, Milan, SilvanaEditoriale, 2022, p. 97.. Qualifié de « peintre de genre et paysagiste »Bénézit (Emmanuel), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Paris, 1939, t. 3, p. 388., ou de peintre figuratif, c’est aussi un spécialiste de la peinture historique. Observateur attentif et infatigable, René Olivier aime surtout peindre les rassemblements profanes (marchés, fêtes foraines, populaires et traditionnelles) ou religieux (processions, cérémonies diverses). Il représente toujours la foule en mouvement, dans des compositions simples, et s’attache à capter les ambiances grâce à son travail sur la lumière. Mais son œuvre est également le reflet des nombreux voyages qu’il effectua, d’abord avec sa mère durant son adolescence (en Grèce, Turquie et Égypte) puis surtout avec son épouse, Marie Louise Lustremant, en Belgique, Hollande, Espagne et ItalieBeaufils (Mylène), dir., Berthe Mouchel. Femme, artiste et engagée, op. cit., p. 97.. René Olivier a aussi pratiqué la peinture décorative (projets ou réalisations) pour des villas de la côte normande ou quelques édifices religieux. Il fut un temps conférencier à l'École Nationale des Arts décoratifs de Limoges. Il a été membre de la Société des artistes rouennais ainsi que de la Société de Saint-Jean de 1910 à 1962, ainsi que de la Société historique du VIe arrondissement de 1929 à son décès. Dès 1900, il expose une nature morte au Salon de la Société des artistes français, unique salon officiel à l’époque. L’année suivante il y est récompensé par une mention et sa grande toile, Une sœur de curé, est acquise par un collectionneur qui l’emporte aux États-Unis. Tout au long de son existence, de 1900 à 1960, il a exposé dans de nombreux salons : au Royal Albert Hall de Londres (en 1908 et 1909), au Palais du Louvre (1911), au Grand Palais et dans de nombreux salons parisiens, au Salon des artistes français, et bien entendu au Salon de la Nationale étant membre de la Société nationale des Beaux-arts, à la galerie La Boétie, à la Société des peintres du Paris Moderne. Il a exposé aussi très régulièrement à Rouen. En 1912, le critique d’un journal parisien décrit ainsi sa Procession de pénitence en Flandres : « œuvre originale (…) bien peinte, curieuse, pleine de lumière, mais malheureusement placée si haut que l’on ne peut voir grand-chose. »Le Petit Parisien, 13 avril 1912, p. 4, article signe Jean Claude. Un tableau conservé au Musée d’Elbeuf, peint vers 1925-1930, Le feu de la Saint-Clair à La Haye-de-Routot, fête traditionnelle du mois de juillet, montre ainsi « une haute pyramide de bois (…) érigée au milieu du cimetière et coiffée d’une croix fleurie. Le soir venu, un cortège se rend à l’église pour enflammer la pyramide. Chacun repart avec son tison qui, suspendu dans la maison, préservera le logis de la foudre ou de l’incendieBeaufils (Mylène), dir., Berthe Mouchel. Femme, artiste et engagée, Milan, SilvanaEditoriale, 2022, p. 83.. » Il est enterré à Paris, au cimetière du Père Lachaise. Ayant vécu une grande partie de sa vie loin d’Elbeuf, il semble avoir été longtemps oublié dans sa ville d’origine. Le Journal d’Elbeuf ne lui consacra aucun article nécrologique en 1962. Néanmoins, un certain nombre de ses œuvres apparaissent encore souvent dans des ventes aux archives publiques. La ville d’Elbeuf a commencé à le redécouvrir, notamment à l’occasion d’une exposition consacrée à Berthe Mouchel (qui fut son premier professeur), en 2022Beaufils (Mylène), dir., Berthe Mouchel. Femme, artiste et engagée, Milan, Silvana Editoriale, 2022, p. 97.. Plusieurs membres de sa famille furent d’éminents scientifiques : Georges Olivier, Robert Olivier et son cousin Louis Pierre Frédéric Olivier, physiologiste, journaliste scientifique et inventeur des croisières culturelles.

Quelques œuvres de René Olivier Liste (sans doute incomplète), établie à partir la Nouvelle biographie normandeOursel (Noémi-Noire), Nouvelle biographie normande. Supplément, Paris, E. Picard, 1912, p. 357., des bases de données du Ministère de la Culture (Base pPlissy) et de sites ou catalogues de ventes publiques. Répétition musicale, 1890, huile sur toile, 53 x 33 cm, coll. privée. Le pont de Malines [Belgique], 1907, huile sur toile, coll. privée. Vue d’un village de bon matin, huile sur toile, coll. privée, 1908. Route en Hollande Au soir Nature morte (1900) Chapelle Sainte-Godelieve (1900 ?) Une sœur de curé (1901) Toits rouges [Hollande] (1906) Chapelle Saint-Nicolas (1909) Les maisons au soleil (1909) Le camelot (dessin), (1909) Enterrement à Ivry (1909) Soirée du 24 janvier 1910 à Ivry, scène de l’inondation (1910) Triperies (1910) Procession (1911) Le soir à l’hospice des vieilles femmes (1911) Procession de pénitence en Flandres, huile sur toile, 1912. Marché dans le Nord ; dit autrefois Marché en Belgique ou Marché flamand, 1913, Rouen, Musée des Beaux-arts. Procession de Furnes ; les Croix Noires. Pénitents à la procession de Furnes, huile sur toile, 1920, Rouen, Musée des Beaux-arts. Scène de marché, huile sur toile, 1926 (date supposée), Musée Alfred-Canel, Pont-Audemer. Les funérailles du maréchal Foch ; veillée sous l’Arc de Triomphe le 24 mars 1929, huile sur toile, Paris, Musée Carnavalet. La fête de Jeanne d’Arc à Compiègne, huile sur toile, Compiègne, Musée Antoine Vivenel. Bal de NovézanCe tableau fut exposé en 1927 au salon de la Société Nationale des Beaux-arts, Gazette des Beaux-arts, 1927., huile sur toile. Procession dans une cathédrale, 1933, crayon, fusain et rehauts de gouache sur papier. La Procession du Vendredi Saint au Puy, 1933, huile sur toile, H. 134 cm, L. 198 cm, acquis en 2017 par la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay, musée Crozatier. Sortie d’une réception à l’Institut, dessin, Fonds municipal d’art contemporain, Ville de Paris. Série de 4 dessins sur papier, à la mine de plomb, datant de la Libération de Paris, 1944 : Fortin allemand ; Le fortin allemand, Palais Bourbon ; Fortin allemand, Libération de Paris ; Fortin allemand près du pont de la Concorde, Paris, Musée Carnavalet. Quais de Paris, s.d., dessin à la mine de plomb, 24,5 x 38,4 cm, en dépôt depuis le 12 janvier 1945 au Ministère de la Défense (Paris), Centre national des arts plastiques. Meule et glaneuses en Normandie (vers 1945), coll. privée. La procession des pénitents blancs au Puy-en-Velay, le soir du Vendredi Saint, 1955, huile sur toile, Le Puy-en-Velay, Musée Crozatier. Les géants de Douai au carnaval, huile sur toile, 98,5 x 81 cm, coll. privée. Le marché, huile sur toile, coll. privée. Laboureurs à l’Alpe d’Huez, coll. privée. Marché aux moutons dans les Alpes, coll. privée. Acrobates à la foire des Invalides, coll. privée. La danse, huile sur toile, coll. privée. Équilibristes, huile sur toile, coll. privée. La Messe, huile sur toile, coll. privée. La maison en montagne, huile sur toile, coll. privée. Le Jeudi Saint à Arlempdas [Haute-Loire], huile sur toile, coll. privée. Souvenir d’Espagne, huile sur toile, coll. privée. Adam et Eve chassés du Paradis, huile sur toile, coll. privée. Le feu de la Saint-Clair à la Haye-de-Routot [Eure], peinture, Musée d’Elbeuf, Numéro d'inventaire 2008.0.355 (acquis de Marie-Louise Lustremant en 1964).