Une roussette du Bugey est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit dans le Bugey, à partir du cépage altesse, appelé « roussette ».
Il s'agit d'une des appellations du vignoble du Bugey, avec le bugey. Deux dénominations géographiques existent au sein de cette appellation : la roussette du Bugey Montagnieu et la roussette du Bugey Virieu-le-Grand.
Historique
Par l'arrêté du , l'appellation d'origine (AO) est reconnue (en même temps que le « vins du Bugey ») comme ayant droit au label « vins délimités de qualité supérieure » (VDQS), pour du vin blanc produit à partir de l'altesse et du chardonnay, avec la possibilité de rajouter six noms de « cru » que sont Anglefort, Arbignieu, Chanay, Lagnieu, Montagnieu et Virieu-le-Grand (dont les aires sont limitées à ces communes), avec un rendement maximum de , pour des vins titrant au minimum 10,5° d'alcool (11° pour les crus), publié au JORF du .. En 1963, l'aire de production du montagnieu est étendue à une seconde commune (Seillonnaz), publié au JORF du .. En 1972, l'aire du montagnieu passe à trois communes (+ Briord), publié au JORF du .. En 1984, le degré d'alcool minimum est baissé à 9.5° (10° pour les crus), publié au JORF du numéro complémentaire.. En 2004, le nombre de dénominations géographiques est réduit à deux (Montagnieu et Virieu-le-Grand), l'appellation devient mono-cépage (uniquement l'altesse), publié au JORF du ..
Le décret du reconnait la roussette du Bugey comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), avec une petite baisse des rendements (maximum à 59 et 53 pour les dénominations ; butoir à 65 et 58), publié au JORF du .. Le cahier des charges a été modifié en , homologué par le décret du publié au JORF du page 20484., puis en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Étymologie La roussette désigne le cépage utilisé pour faire ce vin, plus connu sous le nom d'altesse.
Quant au Bugey, on peut donner deux origines différentes : une légende raconte que « Bugia », compagne de Bel, fils de Japhet, petit-fils de Noé, a donné son nom au Bugey. Plus historiquement, dès 1195, le terme de terra de beuzeis disparait pour se transformer en beugeys en 1372 puis en beugeis en 1613 pour enfin trouver sa forme actuelle en 1722.
Vignoble Aire d'appellation
La roussette du Bugey est produite en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, plus précisément dans la partie orientale du département de l'Ain : le Bugey. L'aire de production est très morcelée, en plus d'être très limitée : ont été revendiqués en 2023..
L'aire d'appellation concerne les suivantes : L'Abergement-de-Varey, Ambérieu-en-Bugey, Ambléon, Andert-et-Condon, Anglefort, Arbignieu, Argis, Artemare, Belley, Belmont, Bénonces, Béon, Boyeux-Saint-Jérôme, Brens, Briord, Cerdon, Ceyzériat, Ceyzérieu, Charnay, Chavornay, Chazey-Bons, Cheignieu-la-Balme, Contrevoz, Conzieu, Corbonod, Cressin-Rochefort, Culoz, Cuzieu, Flaxieu, Groslée, Jujurieux, Journans, Lagnieu, Lavours, Lhuis, Magnieu, Marignieu, Massignieu-de-Rives, Mérignat, Montagnieu, Nattages, Parves, Peyrieu, Pollieu, Poncin, Pugieu, Rossillon, Saint-Alban, Saint-Benoît, Saint-Germain-les-Paroisses, Saint-Champ-Chatonod, Saint-Martin-de-Bavel, Saint-Martin-du-Mont, Saint-Sorlin, Seillonnaz, Seyssel, Talissieu, Torcieu, Tossiat, Vaux-en-Bugey, Villebois, Virignin, Virieu-le-Grand, Vieu et Vongnes.
Dénominations géographiques L'appellation compte deux dénominations géographiques : la dénomination « Montagnieu », couvrant sur les communes de Briord, Montagnieu et Seillonnaz ; la dénomination « Virieu-le-Grand » couvrant sur la commune de Virieu-le-Grand.
Géologie et orographie Le Bugey est composé d'un relief montagneux plissé, partiellement karstifié, qui est la prolongation méridionale du massif du Jura. La datation des roches calcaires du Bugey se situe entre le Jurassique pour les anticlinaux et le Crétacé pour les synclinaux. Les plissements sont bien visibles selon les affleurements et les falaisesNotices des cartes du BRGM 651 (Bourg-en-Bresse) et 676 (Saint-Rambert-en-Bugey), 652 (Nantua) et 700 (Belley)..
Les vignes sont plantées sur des coteaux pierreux calcaires et morainiques.
Climatologie Le Bugey connait des étés chauds propres à un climat semi-continentalSelon le WWF et la National Geographic, le climat semi-continental (appelé aussi climat océanique dégradé) correspond à l'écorégion terrestre Western European broadleaf forests (forêt de feuillus de l'Europe occidentale). Source : ., propices à la culture de certains cépages, mais avec des précipitations importantes. Les hivers sont marqués par les influences montagnardes, un peu adoucis par les dernières influences océaniques venant buter sur les montagnes. Les précipitations sont importantes au pied des reliefs.
La station météorologique d'Ambérieu-en-Bugey (sur l'aérodrome, à d'altitude : ). se trouve à la limite occidentale de l'aire d'appellation.
Encépagement La roussette du Bugey est depuis peu un vin mono-cépage (du temps du VDQS on pouvait faire un assemblage avec un peu de chardonnay B), produit uniquement à partir de l'altesse BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., aussi appelée roussette, ou encore plus localement fusette (fusette d'Ambérieu ou fusette de Montagnieu).
C'est un cépage blanc typique des vignobles du Bugey et de la Savoie. Il mûrit tard, avec des rendements plutôt faibles ; les grappes résistent bien à la pourriture.
Sucre et alcoométrie Les raisins vendangés doivent fournir au moins 153 grammes de sucre par litre de moût pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey, et 162 grammes de sucre par litre de moût pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey complétée par une dénomination géographique.
Les vins doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 9,5 % vol. pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey, et de 10 % vol. pour une dénomination géographique.
Rendements Le rendement doit être au maximum de 59 hectolitres par hectare (53 pour les dénominations géographiques), avec un rendement butoir fixé à 65 hectolitres par hectare (58 pour les dénominations géographiques).
Le rendement réel tourne en moyenne autour de 44 hectolitres par hectareLe rendement se calcule en divisant le volume de production par la surface cultivé, soit 992 / 22,12 = 44,84 hectolitres par hectare., ce qui est très en dessous des rendements pratiqués pour les autres appellations du Bugey. En 2023, il a été de .
Vins La roussette du Bugey (produite uniquement en vin tranquille blanc) d'une part et le bugey (qui se décline en blanc, rouge et rosé, ainsi qu'en mousseux blanc et rosé) d'autre part, sont les deux appellations régionales du vignoble du Bugey. Sur cette aire de production, les vignerons peuvent aussi élaborer les différentes dénominations géographiques de ces deux AOC que sont le cerdon (un mousseux rosé, produit sur dix communes), le manicle (en blanc et rouge, sur deux communes), le montagnieu (en mousseux blanc, en pétillant, en blanc et en rouge, sur trois communes) et le virieu-le-grand (uniquement en blanc, sur une seule commune), une indication géographique protégée départementale (l'IGP coteaux-de-l'ain) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
Volumes La production est réduite, , auxquels se rajoutent les de roussette du Bugey Montagnieu et les de roussette du Bugey Virieu-le-Grand, soit un total de par an en moyenne.. Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont :
Année roussette du Bugey roussette du Bugey Montagnieu roussette du Bugey Virieu-le-Grand superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)2022 12,6 539 43 8,81 327 37 données confidentialisées2023 12,9 547 42 8,36 271 32 données confidentialisées2024 13,3 433 33 8,76 158 18 données confidentialisées
Vinification et élevage
À l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Le moût est mis en cuve en stabulation pour le dépôt des bourbes. Le soutirage du jus clair est le débourbage ; les bourbes peuvent être filtrées pour donner aussi un bon vin. La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage. Cette opération transforme le sucre du raisin en éthanol. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit.
La fermentation achevée, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage du vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne. Le vin est soutiré, filtré et stabilisé avant le conditionnement en bouteille.
Gastronomie
La région du Bugey, en plus d'être une région viticole, est réputée pour sa gastronomie : on appréciera dans cette région les grenouilles et écrevisses en garniture ou simplement pour elles-mêmes, les volailles ainsi que les différents gibiers. Les vins du Bugey accompagneront à merveille les différents plats de terroirs.
La roussette du Bugey est un vin blanc sec plutôt minéral qui se boit frais à température de cave (10 à 12 °C). Il accompagne très bien les poissons, les crustacés, mais aussi la raclette et la fondue.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . .
Liens externes (site du Syndicat des vins du Bugey).
Articles connexes Vignoble du Bugey Cerdon (AOC) Manicle (AOC) Montagnieu (AOC) Virieu-le-grand (AOC) Bugey (AOC) Vin français bénéficiant d'une AOC
Roussette Catégorie:Vin AOC dans l'Ain