Le baron Michael von Kienmayer, né le à Vienne et mort le dans cette même ville, était un officier de cavalerie autrichien.
Il fut au service du Saint-Empire, combattant d'abord contre les Prussiens et les Ottomans. Au cours des guerres révolutionnaires, il se fit une grande réputation de courage et devint général. Pendant la Deuxième Coalition et les guerres napoléoniennes qui suivirent, il commandait à la fois les divisions de cavalerie et un corps d'armée. En reconnaissance de ses services, l'empereur le fit en 1802 « colonel » (c'est-à-dire propriétaire) d'un régiment de cavalerie de son armée. Il fut ensuite gouverneur de Galicie, Transylvanie et enfin de Moravie.
Premières armes
Michael Kienmayer naquit le à Vienne, en Autriche. Son père, Michael Franz Kienmayer, était membre du Conseil aulique et vice-président du gouvernement.. Le jeune Kienmayer commença sa carrière militaire en 1774 en tant que cadet de l'armée impériale d'Autriche, au régiment d’infanterie de ligne Puebla de Portugalo. Dès 1775 il était promu sous-lieutenant du . Versé au , il prit part à la guerre de Succession de Bavière en 1778..
Au cours de la guerre austro-turque, Kienmayer excella à contenir par des combats d'escarmouche l'assaut des Ottomans contre les avant-postes autrichiens en . Plus tard dans l'année, il s'illustra au siège de Khotin sous les ordres du prince Josias de Saxe-Cobourg et fut promu commandant en novembre. Il combattit à Focşani le et, pour récompense de son assaut victorieux contre l'ennemi en fuite, fut promu lieutenant-colonel. À l'issue de la bataille de Rimnik (), le prince de Saxe-Cobourg le chargea d'aller annoncer la victoire à l'empereur Joseph II. Il regagna le front et en novembre exécuta une nouvelle manœuvre audacieuse qui lui permit de capturer un des officiers turcs. Promu colonel, il prit le commandement du régiment de dragons Levenehr. Il reçut en outre le l’ordre militaire de Marie-Thérèse, la plus haute décoration d'Autriche, pour sa bravoure face à l'ennemi.
Guerres révolutionnaires
Première coalition
Rappelé au de hussards Barco, Kienmayer en assura le commandement pendant toute la campagne des Flandres (-été 1793) qui marqua le début des combats de la Première Coalition. Il combattit le sous les ordres de Franz Kaunitz-Rietberg à Rouvroy, où les Autrichiens firent échouer le plan de contournement de la Sambre par le nord, entreprise par le général Charbonnier. Au cours de cet affrontement, Kienmayer, à la tête de son régiment de hussards, chargea une colonne de ennemis. Le , il était promu général de brigade pour ses exploits.
Au début de l'été 1796, il commandait une brigade de l'Armée du Rhin inférieur, d'abord sous les ordres de l’archiduc Charles puis de Wilhelm von Wartensleben. L’Armée de Sambre-et-Meuse commandée par le général Jourdan fondit sur sa formation de à Giessen le . Les Français le forcèrent à évacuer la place, mais il limita les pertes en hommes.. Le , il combattit aux côtés de la division du général Kray à Sulzbach-Rosenberg.. Cette action constitue les prémices de la bataille d'Amberg où l’archiduc Charles reprit la direction des opérations. Kienmayer commandait une brigade combinant des unités d'infanterie et de cavalerie de la division von Hotze lors de la bataille de Wurtzbourg le .. Le lendemain, il prit l’initiative d'un assaut de cavalerie plein d’audace qui lui permit de s’emparer d’un important dépôt de provisions à Wertheim, et des barques transportant les munitions.
Deuxième coalition
Au début de la Deuxième Coalition, Kienmayer prit part à la bataille d'Ostrach les 20-. Quatre jours plus tard, sa brigade de cavalerie rallia la division du pour la bataille de Stockach. Le , il défendit Andelfingen, où pendant plusieurs heures il parvint à contenir l'armée très supérieure en nombre du général Ney, avant de décrocher avec un minimum de pertes. Pour cet exploit, il fut promu lieutenant général le . Il prit part à l’affaire de Bühl en avril et combattit encore à Biberach le .
Au terme de la trêve estivale, Kienmayer se vit confier le commandement de l'aile droite de l'armée de l’archiduc Jean. Ce corps de était formé des divisions de l’archiduc Ferdinand et de Schwarzenberg.. Il tenait l'aile nord du dispositif autrichien destiné à attaquer le flanc gauche du général Moreau, mais le cours des événements força l’archiduc Jean à y renoncer pour marcher directement au secours de Munich..
Lors de la bataille de Hohenlinden qui s'ensuivit, le , le corps d'armée Kienmayer formait l'aile droite de l'armée impériale. Ses troupes se portèrent en direction des avant-postes français et bientôt furent aux prises avec les trois divisions du général Grenier. Les contingents autrichiens, surtout le régiment Schwarzenberg, firent preuve d'une extrême combattivité, mais le général Baillet de Latour, qui commandait une colonne du centre autrichien, négligea les progrès accomplis par le corps Kienmayer.. Entretemps, les officiers du général Moreau parvinrent à se dégager de la manœuvre d'enveloppement au centre du général Kollowrat et même mirent le centre ennemi en déroute. Moreau put alors se tourner sur l'aile droite autrichienne, qui poursuivait vaillamment l'assaut au nord. Kienmayer sentit la menace et donna l'ordre de la retraite, sauvant l'essentiel de ses forces, malgré la perte de 500 hommes du régiment Ferdinand, faits prisonniers.. Dans la déroute qui fit suite à la défaite d'Hohenlinden, le général Richepanse harassa l'arrière-garde du corps Kienmayer à Frankenmarkt le , lui infligeant la perte de ..
En 1802, l'empereur le fit « colonel » (c'est-à-dire propriétaire) d'un régiment de cavalerie de son armée, le .
Guerres napoléoniennes
Troisième Coalition
Pour la Troisième Coalition en 1805, Kienmayer commandait un corps d'armée de l’archiduc Ferdinand et du général Mack. Tenant l'aile orientale de la formation autrichienne, il put sans trop de difficulté se dégager de la manœuvre d’encerclement de Napoléon et échappa au sort funeste du reste de l’armée du général Mack au siège d'Ulm. Il rallia alors l'armée du général Koutouzov qui faisait retraite vers la Moravie.
vignette|upright=1.5|Kienmayer participa activement à la bataille d'Austerlitz, le . Huile sur toile de François Gérard, 1810, château de Versailles.
À la bataille d'Austerlitz, Kienmayer dirigeait la garde avancée de l'aile gauche de l’armée du général russe Buxhoeveden ; avec et cavaliers, son unité constituait la première « division légère » qu'ait connue l'armée impériale. Il avait sous ses ordres les généraux Georges Symon de Carneville (commandant cinq bataillons slaves d'infanterie), Moritz Liechtenstein (8 escadrons de hussards et , Wilhelm von Stutterheim (8 escadrons de cavalerie légère), et Johann Nostitz-Rieneck (6 escadrons de hussards et 100 uhlans). Douze batteries d'artillerie mobile étaient rattachées à sa division..
Le plan de bataille assignait à la division Kienmayer la tâche de déloger les Français du village de Telnitz et de s'emparer des hauteurs surplombant le ruisseau de Goldbach par l'ouest. D'emblée à 8 h du matin, les Autrichiens se heurtèrent à 300 voltigeurs ennemis disséminés dans un vignoble. La résistance opiniâtre des Français contraignit Kienmayer à engager prématurément les deux bataillons du slave Szekler pour s'emparer de la colline. Exploitant systématiquement tous les obstacles formés des vignes, des fossés et les moindres accidents de terrain autour de Tellnitz, les du d'infanterie de ligne tinrent tête à cinq bataillons d'infanterie autrichiens avant de décrocher. Finalement, c'est la charge en colonne du régiment de chasseurs russe qui expulsa les Français du village ; mais à ce moment les renforts français purent rallier la place et le d'infanterie de ligne du colonel Higonet reprit Telnitz. Les Français furent, semble-t-il, par trop impétueux ensuite, car les hussards autrichiens, encore tenus à l'écart de la mêlée, purent les charger. Après d'importantes pertes (plusieurs dizaines de morts et des centaines de prisonniers), ils durent de nouveau abandonner Telnitz et repasser le Goldbach permettant aux Austro-Russes de Buxhoeveden de se redéployer au-delà du ruisseau vers 9 h 30.. Selon un historien militaire américain,
Après la percée des Français sur le plateau de Pratzen qui mit les Coalisés en déroute, Kienmayer couvrit la retraite de Buxhoeveden.
Cinquième Coalition
vignette|Le général Michael Kienmayer. Huile sur toile de Johann Andreas Gehbard, 1821, Bibliothèque nationale autrichienne.
Pour la Cinquième Coalition de 1809, Kienmayer commandait le corps de réserve autrichien. Cette formation de comprenait cinq bataillons de grenadiers et 12 escadrons mixtes de cuirassiers et de dragonsD'après . Ce livre mentionne un total de et , mais signale qu'un tiers des survivants de l'infanterie et la moitié de la cavalerie n'ont pas été comptés. Une estimation raisonnable des pertes autrichiennes porte le total à et .. Kienmayer combattit le à la bataille de Landshut sous les ordres du général Hiller. Au cours de la retraite des Coalisés, le , son corps d'armée fut encore engagé à la bataille d'Ebersberg.
Ayant rallié le gros de l'armée, l'archiduc Charles fusionna le corps Kienmayer avec les débris du corps de Réserve. Le général Kienmeyer, à la tête de et de 24 pièces d'artillerie empruntées à une division de cavalerie de réserve, s'illustra particulièrement lors de la bataille d'Essling les 21-. : tandis que les armées s'affrontaient le long du Danube, les unités légères autrichiennes pillèrent le royaume de Saxe allié des Français, incitant Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, à engager son armée à son tour. En juin, l’archiduc Charles chargea Kienmayer de former le corps d'armée à partir de ses propres unités et de renforts. Les Français du roi Jérôme (marchant depuis Leipzig) et du général Junot (marchant depuis Bamberg) tentèrent de prendre en tenaille le corps Kienmayer. Kienmayer se dégagea en battant séparément Junot à Gefrees le , puis Jérôme qui finit par évacuer précipitamment toute la Saxe ; l'armistice de Znaïm, signé le , mit cependant un terme aux hostilités..
En reconnaissance de sa victoire en Saxe, Kienmayer fut promu au grade suprême de général de cavalerie le . D'autres récompenses vinrent en , avec la croix de commandeur de l'ordre de Marie-Thérèse..
Gouverneur militaire
Kienmayer fut détaché auprès du gouverneur de Hongrie de 1809 à 1813, et s'abstint de participer à la campagne d'Allemagne (1813) et à la campagne de France (1814), préférant se consacrer à l'administration de la province de Galicie. De 1814 à 1820, il exerça le commandement militaire de la Transylvanie, période durant laquelle il fut engagé dans la campagne de 1815 où il entreprit le siège de Neuf-Brisach. Il fut par la suite commandant militaire en Moravie de 1820 à 1826, jusqu'à sa retraite de l'armée.
En marge de ses états de service, Michael von Kienmayer, qui était passionné par les minéraux, se fit un nom en géologie.
Il mourut à Vienne le . L'historien allemand Hellmuth Rössler le décrit comme un général « énergique et audacieux ». Il était très apprécié de ses soldats..
Notes et références
Annexes Bibliographie
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Liens externes
Michel, baron de Kienmayer (général de cavalerie) 1755-1828 sur le site collaboratif francophone « Histoire du Consulat et du Premier Empire ».
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