Camarade se dit d'une personne avec laquelle l'on partage un ou plusieurs centres d'intérêt. Il est utilisé entre les membres de partis politiques de gauche, notamment communistes et socialistes, ainsi que par des patriotes et des nationalistes. C'est également un terme du vocabulaire militaire. Le mot est également employé à l'école : « camarades de classe ».
Sens du terme thumb|Carte postale allemande de 1915 : « Bonjour, camarade ! ». Le terme vient du latin camarata (qui partage la même chambre).
Le terme se trouve en espagnol camarada 1571, qui désigne une chambrée de soldats.
Le Dictionnaire d'étymologie de Larousse indique que le sens politique du mot est né en 1790 en France. Il a été ensuite largement utilisé par les soldats français sous Napoléon, notamment dans la Chanson de l'oignon qui désigne la marche des soldats face à l'ennemi autrichien. Les soldats de la garde de l'empereur s'appelaient entre eux camarades, car ils venaient de la même chambrée.
En 1809 il est utilisé en allemand dans la complainte Der gute Kamerad à l'époque où la révolution Française est le symbole d' « Égalité » et de « Fraternité ».
En 1869 il désigne l'individu qui se regroupe avec les autres « comme moyen d'expression face au système économique en place et à orientation idéologique, religieuse plus ou moins affirmée. (CNRTL) ».
Après la Révolution russe, il a été choisi par les communistes comme civilité plus égalitaire que Monsieur, Madame ou Mademoiselle. Ce choix s'inspirait de la Révolution française qui, en abolissant les privilèges, a voulu abolir également les titres de noblesse en utilisant le terme de citoyen (ou citoyenne).
Pendant la Première Guerre mondiale sur le front de l'ouest la proximité linguistique du mot camarade avec le mot allemand Kamerad fait que ce terme est compris des deux camps et est utilisé par les soldats pour indiquer qu'ils se rendentAlexandre Jubelin, André Loez, Dimitri Chavaroche « Grenades et abris. La violence rapprochée en 1914-1918 [Le Fil de l'épée #46 »], Le Collimateur, Le Rubicon, 21 décembre 2025 ; passage entre 16 min 50 s et 17 min 30 s.Roger Boutefeu, Les Camarades : soldats français et allemands au combat, 1914-1918, Fayard, Paris, 1966, 463 p. ; Pierre Nord, Mes camarades sont morts, Éditions de Crémille, Genève ; F. Beauval, Paris, 1970, 3 vol., 1. La Guerre du renseignement ; 2, Le Contre-espionnage ; 3, La Préparation du débarquement ; Alexandre Lafon, La camaraderie au front : 1914-1918, Armand Colin, 2014, 544 p..
La surabondance du terme Camarade (en russe / Tovarichtch) est plus une caractéristique de films stéréotypant les Soviétiques qu'un reflet de la réalité Par exemple Tovaritch de Jacques Delval en 1935 : le terme était en fait peu utilisé dans le langage courant en Union soviétique (où l'on disait plutôt (jeune) homme ou (jeune) femme), mis à part dans les documents officiels et les discours formels, en particulier dans l'armée (ex. : Camarade colonel ) ou en s'adressant à un auditoire (ex. : Honorables (ou Chers) camarades !).
Les militants du Parti communiste français emploient ce termeÉtienne Balibar, Guy Bois, Georges Labica et Jean-Pierre Lefebvre, Ouvrons la fenêtre, camarades !, F. Maspero, Paris, 1979, 221 p. ; Romain Ducoulombier, Camarades ! : la naissance du parti communiste en France, Perrin, Paris, 2010, 428 p. (texte remanié d'une thèse d'Histoire) ; Antoine Spire (dir.), La culture des camarades : que reste-t-il de la culture communiste ?, Ed. Autrement, Paris, 1992, 285 p. déjà en usage au sein du Parti socialiste SFIO où les militants s'appelaient camaradesDavid Revault d'Allonnes, Petits meurtres entre camarades : enquête secrète au cœur du PS, Points, Paris, 2011, 375 p. , par des syndicalistesJean Claude Poitou, Vos luttes, camarades (préface d'Henri Krasucki, Éditions sociales, Paris, 1982, 124 p. et citoyens, tandis que les anarchistes se nommaient plutôt compagnons. Les sociaux-démocrates allemands emploient le terme correspondant depuis la fin du , terme dont l'usage sera conservé ensuite sous le régime communiste de la République démocratique allemande.
Notes et références
Voir aussi Camarade, chanson de Jean Ferrat (1970) J'avais un camarade, chant militaire Homosocialité
Catégorie:Socialisme Catégorie:Histoire de l'Union soviétique Catégorie:Société soviétique Catégorie:Expression ou néologisme politique