vignette|droite|Insigne d'un régiment du Train, le 121e.
En France, le mot « tringlot » ou « trainglot » désigne couramment au et au un soldat du train des équipages, puis de l'arme du train. Il est attesté au d'abord sous la forme « tringlo », puis « tringlot » ou « trainglot ».
Il s'agit à l'origine d'un terme d'argot militaire, qui devient assez vite populaire et est même utilisé par des auteurs reconnus (Alphonse Daudet, Alphonse Allais, par exemple) ainsi que par la presse. Cette appellation aux soldats des unités mécanisées de l'arme du train : le « soldat conducteur » (terme officiel) était encore couramment appelé « tringlot ».
Historique de l'arme du train
De l'argot militaire à la littérature
Tringlo Le mot « tringlo » est attesté dans un ouvrage d'Antoine Camus, Les Bohêmes du drapeau. Types de l'armée d'Afrique: Zéphirs, Turcos, Spahis, Tringlos..., publié en 1863Le Dictionnaire d'argot classique de Charles Boutler, compilation des recensions d'argots entre 1827 et 1907 comprenant entrées indique que la forme tringlo, analogue de turco, paraît première, ce que la base du trésor de la langue française ou ATILF n'envisage pas. . Cette dénomination provient du langage argotique de la troupe.
Il s'agit, selon les linguistes, d'un terme d'argot militaire, qui juxtapose sans doute l'idée de « train », terme désignant les régiments spécialisés dans les transportsCes unités assurent la logistique et les transports élémentaires de la troupe, en particulier la fourniture en caissons de poudre., et l'idée de « tringle », mot d'argot militaire désignant le fusil que toute soldat de base devait porter sur lui. Le mot « tringlo » connoterait la gêne occasionnée par ce fusil aux conducteurs d'attelage, en quelque sorte diminués par cette contrainte.
Alphonse Daudet l'utilise au pluriel dans les Lettres de mon moulin, recueil de récits provençaux paru en 1869 (« tringlos »).
Dans Le Cri du peuple de Jean Vautrin (1933-2015), on trouve encore cette orthographe : « les tringlos errent dans la ville et frayent avec la population. »
vignette|gauche|Soldat du train des équipages, au .
Trainglot, tringlot Selon le dictionnaire de l'ATILF, une orthographe « trainglot » est attestée en 1857C'est ce qu'affirme l'article tringlot du dictionnaire en ligne de l'ATILF ou du CNRTL..
Mais ce n'est que le suffixe -ot s'impose. C'est sous cette forme, devenue populaire et moins argotique, qu'il est communément employé par la presse française de l'entre-deux-guerres, puis du régime de Vichy, ou par Marcel Aymé dans son recueil Le Passe-muraille, publié en 1943.
Correspondances dans d'autres langues d'Europe
Si le tringlot semble spécifique, paradoxalement par son origine argotique, à l'armée française, il se rattache sur la longue durée au Troßsoldate, voire au Troßknecht allemand, et au-delà à la cohorte hétérogène, fournisseuse de services, qui suivait les armées anciennes. La vieille racine troß (tross) correspond au train qui suit l'armée, forme ancienne de l'arme du train française ou de l'unit train ou baggage train britannique, elle a l'avantage sur celle-ci de ne pas provoquer la confusion, si commune aujourd'hui dans les pays francophones ou anglo-saxons, avec le train de chemin de ferElle est pourtant connue en Grande-Bretagne, avec les termes tross ou dross.. vignette|droite|Logistique militaire allemande en 1942 en Russie. La motorisation radicale de l'arme du train dans les années cinquante fait oublier le commun usage de la traction par attelage au monde d'autrefois. N'importe quel film d'amateur montrant l'avancée de l'armée allemande en France en mai et montre l'importance des défilés d'attelages de chevaux. Elle l'était encore plus dans l'armée française prise dans la tourmente. En concevant l'usage de l'attelage de façon anachronique comme archaïque et désuet, les apprentis historiens des temps de guerre relèguent son rôle nécessaire à des conflits lointains et à des situations exceptionnelles.
L'arme du train n'est pas spectaculaire, ses servants peuvent être des hommes bien peu extraordinaires, mais la maîtrise de la logistique et des transports de troupes et de matériels dans un conflit a priori équilibré amène sans coup férir la victoire, comme le pensait un théoricien de la guerre, le prudent comte von Moltke.
Citations Antoine Camus, op. cit.
Alphonse Allais (1854-1905), Royal cambouisRecueil Vive la vie !, Paris, Flammarion, 1892, page 83, conte Royal cambouis en ligne sur Wikisource.
[Au cours d'une guerre, les soldats tués font la queue à l'entrée du paradis]Marcel Aymé, Légende poldèveNouvelle de 1942, reprise dans le recueil Le Passe-muraille, Paris, Gallimard, 1943.
Marcel Aymé, La Jument verteParis, Gallimard, 1933. Page 106 dans l'édition du « Livre de Poche ». Cité dans le Wiktionary, entrée « tringlot »..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Antoine Camus, Les Bohêmes du drapeau. Types de l'armée d'Afrique. Zéphirs, Turcos, Spahis, Tringlos..., publié chez P. Britnet, Paris, 1863.
Articles connexes Train (armée française) Service du train dans l'armée napoléonienne
Liens externes
Almanach du tringlot 2009-2010.
Catégorie:Glossaire militaire