L'Animal que donc je suis est un livre du philosophe Jacques Derrida publié en 2006 aux éditions Galilée.
Il est connu en particulier pour avoir soutenu l'idée de génocide animal.
Le livre
L'Animal que donc je suis est le dernier livre publié par Derrida à titre posthume. Ce livre a été édité par Marie-Louise Mallet à partir de textes et d’enregistrements de conférences données à Cerisy.
Le livre est divisé en quatre chapitres dont le premier, « L'animal que donc je suis », donne son titre à l'ensemble. Ce premier chapitre est paru dans le recueil des actes du colloque de Cerisy, L'Animal autobiographique.. Le troisième chapitre, « Et si l'animal répondait ? », a été inséré dans le Cahier de l'Herne consacré au philosophe.. Le deuxième et le quatrième chapitre (la transcription de l'enregistrement sur Heidegger) n’ont pas de titre et sont inédits..
Le thème du livre est le statut de l’animal dans la philosophie moderne et contemporaine. Derrida y examine successivement les œuvres de Descartes, Kant, Levinas, Lacan et Heidegger.
Dans sa réflexion sur le rapport entre l’homme et l’animal, Jacques Derrida critique l’usage du terme « animal », qu’il considère comme une construction linguistique réductrice. Selon lui, ce mot regroupe de manière arbitraire une grande diversité d’êtres vivants sous une même catégorie définie par opposition à l’homme. En se réservant le droit de nommer et de définir, l’homme affirme sa domination et se distingue des autres formes de vie, notamment à travers le critère du langage.
Derrida souligne que les animaux sont privés du droit au langage non parce qu’ils en seraient totalement dépourvus, mais parce que le langage humain est érigé en norme exclusive. Cette distinction contribue à renforcer une séparation entre l’homme et l’animal fondée sur un raisonnement circulaire. Afin de mettre en évidence le rôle du langage dans cette construction, Derrida introduit le terme « animot », qui souligne le caractère linguistique et arbitraire de la catégorie d’« animal », et propose de penser plutôt en termes de « vie animale ».
Critiques
Pour l'essayiste Ariane Nicolas, la notion de phallogocentrisme, phénomène dénoncé par Derrida, est en soi une forme d'anthropocentrisme puisqu'elle consiste à s'imaginer que les animaux pensent comme les humains, et l'exposé même de l'auteur à ce sujet constitue un paradoxe ontologique : puisque Derrida parle lui-même au nom des animaux.. »
Jeanne Burgart Goutal, dans son livre Être écoféministe : Théories et pratiques, soupçonne Jacques Derrida d'avoir emprunté une bonne partie de ses idées (« carno-phallogocentrisme », « virilité-carnivore ») aux penseurs du mouvement écoféministe, sans jamais les citer..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Jacques Derrida De la grammatologie Phénoménologie Antispécisme Phallogocentrisme Génocide animal
Liens externes
, notamment sur la critique que Derrida adresse à Lacan.
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