Tout au long de l'histoire, les relations entre l'Inde et le Japon ont toujours été fortes. Pendant des siècles, l'Inde et le Japon ont participé à des échanges culturels, principalement en raison du bouddhisme qui s'est répandu indirectement de l'Inde à la Chine puis au Japon. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Armée impériale japonaise a utilisé l'Armée nationale indienne de Subhash Chandra Bose dans les batailles contre les forces britanniques. L'Inde est le plus grand destinataire de l'Aide publique au développement japonais. L'Inde et le Japon se sont entraidés aux moments critiques dans leur histoire.

Les relations politiques entre les deux nations sont demeurées amicales depuis l'indépendance de l'Inde. Des compagnies japonaises, telles que Sony, Toyota, et Honda, ont des installations industrielles en Inde, et avec la croissance de l'économie indienne, l'Inde est un grand marché pour les sociétés japonaises. Celles-ci étaient, en fait, les premières à investir en Inde. La compagnie japonaise la plus impliquée en Inde est le géant des automobiles Suzuki, qui est en partenariat avec la compagnie indienne Maruti Suzuki, le plus grand fabricant de voiture en Inde.

En , la visite du premier ministre indien Manmohan Singh au Japon a abouti à la signature de la « Déclaration conjointe Japon-Inde vers un partenariat stratégique et global ». Le Japon a financé de nombreux projets d'infrastructure en Inde, notamment le métro de Delhi. Des demandeurs indiens ont été accueillis en 2006 au Japon grâce au , commençant avec un seul emplacement en 2006 à 41 en 2007. En outre, en 2007, les forces d'autodéfense japonaises ont participé à un exercice naval dans l'océan Indien, connu sous le nom de Malabar 2007, avec les forces navales de l'Inde, de l'Australie, de Singapour et des États-Unis. L'année 2007 a également été déclarée « Année d'amitié entre l'Inde et le Japon. »

Comparaison des pays Inde Japon Population 1 190 340 000 127 380 000 Superficie 3 287 240 km² 377 873 km² Densité de population 356/km² 337,6/km² Capitale New Delhi Tokyo Plus grande ville Bombay – 13 922 125 (21 347 432 conurbation) Tokyo – 12 790 000 (32 450 000 conurbation) Gouvernement République Fédérale parlementaire Monarchie constitutionnelle Unitaire parlementaire Langues officielles Hindi et Anglais, 21 autres langues nationales reconnues Japonais (de facto) Religions principales 80 % Hindouisme, 13,4 % Islam, 2,3 % Christianisme, 1,9 % Sikhisme, 0,8 % Bouddhisme, 0,4 % Jaïnisme 83,9 % Shinto, 71,4 % Bouddhisme, 2 % Christianisme, 0,6 % Autres Groupes ethniques Voir Groupes ethniques d'Inde 98,5 % Japonais, 0,6 % Autre, 0,5 % Coréens, 0,4 % Chinois PIB (nominal) 1 367 milliards $US (1 124 $ per capita) 5 100 milliards $US (38 559 $ per capita) Dépenses militaires 32,7 milliards $US (FY 2009-10) 48,86 milliards $US (FY 2008)

Relations historiques droite|thumb|200px|Grand Bouddha (Vairocana) temple Tōdai-ji, Japon Les échanges culturels entre l'Inde et le Japon ont débuté au début du avec l'introduction du bouddhisme d'Inde au Japon. Le moine indien Bodhisena est arrivé au Japon en 736 pour enseigner le Avataṃsaka sūtra et a présidé la cérémonie d'« ouverture des yeux » du Grand Bouddha du Tōdai-ji, principal centre spirituel du Japon alors. Il restera au Japon jusqu'à sa mort en 760. Il a légué au Japon des pratiques culturelles (danses et musiques) et son enseignement du sanskrit aux moines japonais a pu indirectement influencer l'établissement du syllabaire japonais kana ; plus généralement, il peut être considéré comme le premier émissaire de l'amitié indo-japonaise, d'après Purabi Gangopadhyay. Le bouddhisme et la culture indienne ont eu un grand impact sur la culture japonaise, encore palpable aujourd'hui, et a abouti à un sentiment naturel de concorde entre les deux nations.

En raison du lien du bouddhisme entre l'Inde et le Japon, les moines et les disciples se sont souvent embarqués dans des voyages entre les deux nations. Les moines bouddhistes d'Inde ont visité le Japon au . Les documents anciens de la bibliothèque - aujourd'hui détruite - de l'université de Nalanda en Inde décrivent les disciples et les élèves qui sont partis étudier au Japon. Un des voyageurs japonais les plus célèbres au sous-continent indien fut Tenjiku Tokubei (1612-1692), baptisé du nom de Tenjiku (« demeure merveilleuse »), le nom japonais pour l'Inde.

Les échanges culturels entre les deux pays ont créé beaucoup de parallèles dans leur folklore. La culture populaire moderne basée sur ce folklore, tel que des œuvres de Fantasy, des mangas ou des anime, portent parfois des références à des divinités communes (deva), des démons (asura) et à des concepts philosophiques. La déesse indienne Sarasvatī par exemple, est connue sous le nom de Benzaiten au Japon. Brahma, connu sous le nom de « Bonten », et Yama, connu sous le nom de « Enma », font également partie du Panthéon bouddhiste japonais traditionnel. En plus de l'influence bouddhiste commune sur les deux sociétés, le Shintoïsme, étant une religion animiste, est semblable aux rites animistes de l'Hindouisme qui, contrairement aux religions actuelles dans le reste du monde, sont polythéistes. Le sanskrit, une langue classique utilisée dans le Bouddhisme et l'Hindouisme, est encore employé par quelques moines au Japon, et l'alphabet siddham est encore écrit à ce jour, en dépit du fait qu'il soit mort d'utilisation en Inde. On pense également que les portails traditionnels torii érigés à l’entrée des temples au Japon, peuvent être liés aux portails torana utilisés dans les temples indiens.

Au , le Japon a établi un contact politique avec les colonies portugaises en Inde. Le peuple japonais a au début supposé que les Portugais étaient des Indiens et que le Christianisme était une nouvelle « foi indienne ». Ces suppositions erronées étaient dues à la ville indienne de Goa qui était une base centrale de la Compagnie portugaise des Indes orientales et aussi parce qu'une partie des équipages des bateaux portugais était composée d'Indiens chrétiens. Tout au long du et du , les marins indiens lascar ont fréquemment visité le Japon comme membres d'équipage à bord des bateaux portugais, et plus tard à bord des bateaux britanniques aux .

Pendant les persécutions antichrétiennes en 1596, beaucoup de chrétiens japonais se sont sauvés vers la colonie portugaise de Goa en Inde. Au début du , il y avait une communauté de commerçants japonais à Goa en plus des esclaves japonais apportés ou capturés par les bateaux portugais au Japon. Les relations entre les deux nations ont continué depuis lors, mais les échanges politiques directs ont commencé seulement à partir de l'ère Meiji (1868-1912), quand le Japon s'est embarqué sur le processus de la modernisation. L'association Japon-Inde a été fondée en 1903. Davantage d'échanges culturels se sont produits dans la deuxième moitié du avec le cinéma asiatique, le cinéma indien et le cinéma japonais connaissant un « âge d'or » pendant les années 1950 et 1960. Les films indiens de Satyajit Ray, Guru Dutt et Rajinikanth étaient influents au Japon, tandis que les films japonais d'Akira Kurosawa, Yasujirō Ozu et Takashi Shimizu ont eu la même influence en Inde.

Mouvement pour l'indépendance de l'Inde thumb|droite|250px|Un diner donné en l'honneur de Rash Behari Bose (le second à partir de la droite) par ses proches amis japonais, Tōyama Mitsuru, un chef du Pan-asianisme (centre, derrière la table), et Tsuyoshi Inukai, futur premier ministre du Japon (à la droite de Tōyama). 1915. L'émergence du Japon comme puissance au début du fut très observée en Inde et symbolisait ce qui était vu comme le commencement d'une résurgence asiatique. En Inde, il y a eu une grande admiration pour la reconstruction économique et la croissance rapide d'après-guerre du Japon. Les correspondances entre les notables distingués des deux nations ont alors augmenté en conséquence ; les documents historiques montrent une amitié entre le penseur japonais Okakura Kakuzō et l'écrivain indien Rabindranath Tagore, Okakura Kakuzō et le poète bengali Priyamvada Banerjee. En tant qu'élément de l'Empire britannique, beaucoup d'Indiens étaient offensés par la domination britannique. L'alliance anglo-japonaise s'est terminée le . En conséquence, pendant les deux guerres mondiales, l'armée nationale indienne a adopté le principe « l'ennemi de notre ennemi est notre ami », un héritage qui est aujourd'hui controversé étant donné les crimes de guerre commis par le Japon impérial et ses alliés.

Beaucoup de militants indépendantistes indiens se sont échappés de la domination britannique et sont restés au Japon. Le chef du mouvement, Rash Behari Bose a établi des relations entre l'Inde et le Japon. Le futur premier ministre Tsuyoshi Inukai, le Pan-Asiatique Tōyama Mitsuru et d'autres Japonais ont soutenu le Mouvement pour l'indépendance de l'Inde. Ayappanpillai Madhavan Nair, un étudiant indien, est devenu un militant indépendantiste. Nair a soutenu Subhas Chandra Bose pendant la guerre et Radhabinod Pal après la guerre.

En 1899, l'université impériale de Tokyo mit en place une chaire en sanskrit et pali, en complément d'une autre chaire en religion comparative déjà installée depuis 1903. Dans ce contexte, un certain nombre d'étudiants indiens sont venus au Japon au début du , fondant l'association des jeunes Orientaux en 1900. Leur activité politique anti-Britannique a provoqué une consternation du Gouvernement Indien, après un rapport publié dans le London Spectator.

Seconde Guerre mondiale right|250px|thumb|Le Major japonais Iwaichi Fujiwara salue le Capitaine Singh de l'Armée Nationale Indienne, avril 1942 L'Inde et le Japon ont été étroitement liés pendant le Mouvement de l'indépendance de l'Inde. L'alliance née des entretiens entre le Lieutenant-Général japonais Renya Mutaguchi, le ministre japonais de la guerre Hideki Tojo, et Subash Chandra Bose, qui a dirigé le Gouvernement provisoire de l'Inde libre, un mouvement militant qui était destiné à libérer l'Inde de la domination britannique, avec l'aide de son armée, l'Azad Fauj, l'Armée nationale indienne (ANI). L'ANI était composée principalement d'anciens prisonniers de guerre de l'Armée des Indes britanniques qui avaient été capturés par les Japonais après la chute de Singapour et d'expatriés indiens en Asie du Sud-Est, qui avaient décidé d'adhérer à l'effort de guerre japonais. Bose était désireux que l'ANI participe à une invasion de l'Inde, et a persuadé plusieurs Japonais, tel que Mutaguchi, qu'une victoire mènerait à l'effondrement de la domination britannique en Inde. L'idée que leur frontière ouest serait commandée par un gouvernement amical était attrayante. Il aurait également été cohérent avec l'idée, très répandu par la propagande japonaise, que l'expansion japonaise en Asie faisait partie d'un effort pour soutenir les gouvernements asiatiques contre le colonialisme occidental.