Pierre Julitte, né le à Chevannes et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un ingénieur, administrateur civil résistant (sous les pseudonymes « Robin » et « Guy ») et écrivain français, Compagnon de la Libération La biographie de Pierre Julitte sur le site de l'Ordre de la Libération.
Biographie Né le à Chevannes, Pierre Julitte suit des études secondaires aux lycées Buffon et Henri-IV à Paris. Sorti major de l’Institut national agronomique puis de l'École nationale du génie rural, il obtient, comme élève d’État, le diplôme d’ingénieur de l’École supérieure d'électricité (Promo 1932)CentraleSupélec a rendu hommage aux onze anciens élèves Compagnons de la Libération. CS, 6 juin 2023..
Il exerce les fonctions d’ingénieur du corps du génie rural lorsqu’il est mobilisé en comme lieutenant de réserve de cavalerie. Affecté au de reconnaissance divisionnaire, il y commande les transmissions et reçoit une première citation en pour son travail acharné sur les lignes du réseau téléphonique.
Muté le , contre son gré, à l’école des officiers près de l’armée britannique, à Aunay-le-Château, il réussit à n’y rester que quarante huit heures. Il se fait désigner au commandement de la mission de liaison française près de la troisième brigade blindée britannique dont, en violation du règlement, le chef, le brigadier John Crocker, lui confie à plusieurs reprises le commandement d’opérations de reconnaissance. Ainsi, dès le , dirigeant une patrouille, il rencontre des éléments allemands dans une ferme isolée et les met en fuite, abattant lui-même le chef de la patrouille ennemie. Il reçoit une deuxième citation pour ce fait.
Convaincu de ce que le combat continuera hors de France, il s’embarque pour l’Angleterre le matin du avec les derniers éléments de la brigade britannique à laquelle il est affecté. C’est par la presse que, le lendemain, il prend connaissance de l’Appel du général de Gaulle qu’il rejoint aussitôt.
Chargé du Bureau, puis des transmissions à son premier état-major, il participe à l’affaire de Dakar, à l’issue de laquelle le Général le charge de la réorganisation des liaisons intérieures et extérieures, civiles et militaires, de l’Afrique française libre. De retour à Londres en , il étudie à la demande du colonel Passy (André Dewavrin), qui commande le Bureau, un projet concernant les liaisons radio clandestines avec les réseaux de renseignements encore embryonnaires qui opèrent en France. Son projet est accepté et il se propose de le mettre en œuvre lui-même. Il en est chargé au profit de trois chefs de réseaux : Pierre Fourcaud (Lucas), Maurice Duclos (Saint-Jacques) et Gilbert Renault (Roulier).
Après un entraînement accéléré, il est parachuté en France occupée le et il devient bientôt l'un des éléments essentiels du premier réseau de renseignements de la Zone Nord, la Confrérie Notre-Dame. Avec une grande énergie, il recrute des éléments pour le réseau et est responsable des liaisons radio. En février 1942, il est « brûlé » et rejoint Londres sur ordre, avec « Roulier », par Lysander. Il est une troisième fois cité. Affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), nouvelle appellation du Bureau, il participe à une tentative d’opération de commandos sur Bayonne, puis, informé que ses parents et sa sœur ont été arrêtés par la Gestapo, il se porte volontaire pour une nouvelle mission en France et est débarqué en baie de Cannes le . Au début de 1943, il rencontre Antoine Mauduit qui est en contact avec François Mitterrand et qui cherche à convaincre de Gaulle de l'utilité de soutenir son réseau de résistance chez les ex-prisonniers de guerreL'homme qui fit basculer Mitterrand dans la Résistance. La Provence, 11 aout 2010..
À la suite de l’infiltration d’un agent de l'Abwehr dans son réseau, il est arrêté le . Emprisonné à la Prison Saint-Pierre à Marseille, puis à Fresnes, il est déporté NN (Nacht und Nebel) le . D'abord interné à Neue Bremm, il est transféré le à Buchenwald où il continue à résister. Il parvient à faire passer, par le biais d'un ouvrier français prisonnier du Service du travail obligatoire, qui envisage de s’évader, un rapport sur la fabrication des bombes volantes V2 au camp de Dora et à l'usine Mibau de Buchenwald. Ce rapport finalement transmis aux Alliés aboutit au bombardement de l'usine et du camp le .. En janvier 1945 il est envoyé au camp de Dora et évacué vers Bergen-Belsen en avril. Libéré le par la blindée britannique, il devance ses camarades pour organiser, assisté de trois d’entre eux (dont Edmond Debeaumarché), leur défilé sur les Champs-Élysées où ils sont accueillis par le général Koenig, alors gouverneur militaire de Paris.
Promu lieutenant-colonel, il occupe le siège qui lui avait été réservé à l'Assemblée consultative provisoire dont il est, peu après, élu secrétaireLes sièges de l'Assemblée réservés aux prisonniers et déportés. Le Monde, 12 juillet 1945.. Directeur de cabinet du gouverneur de Rhénanie-Palatinat de 1945 à 1948, il est membre de la Haute commission alliée pour la province de Trèves de 1948 à 1951. Il devient par la suite directeur, administrateur et PDG de diverses sociétés.
Membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, Pierre Julitte est décédé le à Neuilly-sur-Seine où il a été inhumé.
Distinctions
France
par décret du (5 citations)
Grande-Bretagne
Grand-Duché du Luxembourg
Publications Les Eaux de consommation et leur traitement, Eyrolles, Paris 1964Book Reviews : Eaux de Consommation et leur Traitement, by Pierre Julitte. 178 pp. Editions Eyrolles, Paris, 1964. 29.00 F. [AC/49]. Royal Society of Health Journal. 1964;84(5):241.. L'Arbre de Goethe (roman), Presses de la Cité, Paris 1965, préfacé par Joseph Kessel où Pierre Julitte relate sa vie en déportation sous le pseudonyme de « Alain ». Prix littéraire de la Résistance en 1965Jean Planchais. L'Arbre de Gœthe. Le Monde, 1er juin 1965.. Block 26. Sabotage at Buchenwald. George Harrap & Co, 1972 .
Bibliographie
Voir aussi Article connexe Edmond Debeaumarché
Notes et références
Liens externes
Avers et revers de la médaille, de ruban
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