Alice Million, épouse Milliat, née le à Nantes et morte le à , est une nageuse, hockeyeuse et rameuse française.

alt=Alice Milliat pratiquant l'aviron|vignette|324x324px|Alice Milliat pratiquant l'aviron.

Cofondatrice et présidente de la Fédération des sociétés féminines sportives de France, elle est aussi reconnue comme l'une des plus grandes militantes du combat pour la reconnaissance du sport féminin au niveau international.

Biographie Alice Joséphine Marie Million est née le à Nantes (Loire-Atlantique, alors Loire-Inférieure).. Ses parents, Édouard et Joséphine Million, tiennent une épicerie rue Guépin, dans le centre-ville de Nantes. À 19 ans, elle devient préceptrice des enfants d'une famille anglaise, découvre le sport qu'elle commence à pratiquer assidument, et voyage avec eux à travers le monde. Elle a tout juste quand elle épouse à Londres, le , Joseph Milliat, un jeune Nantais employé de commerce, qui meurt quatre ans plus tard.

Bien que n'étant pas une sportive émérite depuis sa jeunesse, Alice Milliat choisit de se consacrer à l'aviron qu'elle pratique au Fémina Sport, club du de Paris, dont elle devient la présidente en 1915... Elle est la première femme à remporter le brevet Audax rameur pour avoir réalisé cette distance dans une embarcation légère et dans le temps imposé.

Avant la fin de la Première Guerre mondiale, en , les responsables des clubs de sport féminins créent la Fédération des sociétés féminines sportives de France (), qui regroupe des clubs déjà existants comme le Fémina Sport (1912) ou , autre club parisien (1912)... Le docteur Raoul Baudet en est le premier président et Surcouf la première présidente. Alice Milliat est tout d'abord trésorière, puis secrétaire générale en avant d'accéder à la présidence le .

Militantisme en faveur du sport féminin En 1919, Alice Milliat demande au Comité international olympique (CIO) d'inclure des épreuves féminines d'athlétisme lors des Jeux olympiques suivants, mais sa demande est refusée. Parallèlement, la étend son champ d'action avec l'organisation des premiers championnats de France féminins de football, et la création de championnats en basket-ball, cross-country, natation ou hockey sur gazon. La première équipe de France féminine de football est fondée en 1920..

En , Alice Milliat organise le meeting d'éducation physique féminin international à Monte-Carlo, où se rencontrent des représentantes de cinq pays : France, Grande-Bretagne, Italie, Norvège et Suède. Devant le succès rencontré, elle crée la Fédération sportive féminine internationale (FSFI), le .. Elle est élue présidente, et son domicile du 3 rue de Varenne à Paris devient le siège social de la Fédération. vignette|324x324px|Plaque de la passerelle Alice-Milliat à Rennes. La Fédération sportive féminine internationale participe à l'organisation de Jeux mondiaux féminins en alternance avec les Jeux olympiques. Les premiers s'ouvrent à Paris au stade Pershing le .., soit deux ans avant les Jeux olympiques officiels. L’événement mobilise venues assister à ces jeux où se rencontrent des athlètes de cinq pays dans onze compétitions sportives.. L'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) décide face à ce succès, de créer une commission chargée de la mise en place de compétitions athlétiques féminines aux niveaux national et olympique en collaboration avec la .

Alice Milliat est ainsi à l'origine des premiers Jeux olympiques féminins, à une époque où les épreuves sportives au féminin sont jugées par le Comité international olympique (CIO) de Pierre de Coubertin. Pour l'historien et pédagogue français, la femme est avant tout une reproductrice destinée à ..

En 1926, la Suède accueille la seconde édition des Jeux olympiques. À partir des Jeux de 1928 à Amsterdam, l'athlétisme apparaît comme discipline olympique. Alice Milliat devient la première femme juge lors des épreuves d'athlétisme des hommes. Toutefois, cette ouverture aux femmes lui semble trop partielle. vignette|324x324px Le , elle renomme les jeux olympiques féminins en championnats du monde féminins, pour ménager la susceptibilité du CIO. En 1932, le CIO restreint le nombre d'épreuves ouvertes aux femmes, et les exclut des jurys. Le gouvernement cesse également de distribuer des subventions et la militante s'épuise à trouver de nouvelles sources de financement. Ces jeux mondiaux perdurent jusqu'en 1936, date où l' intègre la dans ses structures et proclame leur fin, malgré sa demande d'organiser des jeux séparés tant que les femmes sont mises à l'écart de nombreuses compétitions.

Alice Milliat, qui parle couramment trois langues, est la principale ambassadrice de la défense du sport féminin en Europe.. Malade et décriée pour le lancement d'une loterie destinée à l'acquisition d'un terrain d'entraînement, elle se retire définitivement de la scène sportive en 1935.. L'année suivante, la Fédération sportive féminine internationale (FSFI) disparaît de la scène internationale.

Selon le biographe Stéphane Gachet dans Alice Milliat, les qui ont fondé le sport féminin, la militante, issue d'une formation de sténodactylo, accepte des travaux de secrétaire bilingue ou de traductrice jusqu'à la fin de sa vie.

Mort Veuve et sans enfant, Alice Milliat meurt le , dans le de ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1957 (page 15/31)... Elle est inhumée au cimetière Saint-Jacques dans le quartier sud de Nantes, dans la concession de la famille Brevet, celle de sa mère. Son nom a longtemps été absent de sa sépulture, jusqu’à ce qu’en 2020, ses descendants collatéraux décident d’y apposer une plaque...

Postérité et hommages En 1982, l'écrivain André Drevon lui consacre la biographie Alice Milliat, La pasionaria du sport féminin.

À Nantes, sa ville de naissance, le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) lui a dédié en 2016 sa résidence universitaire..

La postérité d'Alice Milliat se poursuit avec la Fondation Alice Milliat, qui a pour but de promouvoir le sport féminin en créant des événements à l’échelle européenne et en labellisant des projets œuvrant pour le sport féminin et la mixité. L’entité est fondée le à l'INSEP, à l’occasion du lancement du « 11 Tricolore – la France au rendez-vous », en présence du Président de la République François Hollande.

En 2019, le Nantais Stéphane Gachet publie Alice Milliat, les qui ont fondé le sport féminin.

Le , une statue d'Alice Milliat est mise en place dans le hall du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) à Paris, aux côtés de celle de Pierre de Coubertin, dans le but de reconnaître et de saluer le travail d'Alice Milliat pour la juste reconnaissance du sport féminin..

En 2022, la réalisatrice Anne-Cécile Genre sort Les Incorrectes, documentaire sur Alice Milliat et les premiers Jeux mondiaux féminins..

En , la Poste française émet un timbre commémoratif à l'effigie d'Alice Millat. D'usage courant, ce timbre est tiré en héliogravure à exemplaires. Le travail de conception est dévolu à l'artiste Eloïse Oddos, également nantaise..

Elle fait partie des dix statues de femmes présentées lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, avec l'avocate et féministe Gisèle Halimi, la philosophe et poétesse Christine de Pizan, l’exploratrice Jeanne Barret, l'écrivaine et révolutionnaire Olympe de Gouges, l’anarchiste Louise Michel, la réalisatrice Alice Guy, l’écrivaine Paulette Nardal, la philosophe Simone de Beauvoir et la femme politique Simone Veil, qui sont réinstallées le rue de la Chapelle.

Le nouveau lycée polyvalent de Pont-Château (Loire-Atlantique), inauguré le , porte le nom d'Alice Milliat. Ainsi que l'espace Alice-Milliat, inauguré cette même année sur l'île de Nantes. C'est un design actif qui propose une intervention urbaine favorisant la pratique régulière d'activité physique quotidienne, dans le cadre du projet « Sport pour chacun, tous les jours ..

Le , le collège public de Blain, en Loire-Atlantique, anciennement Le Galinet, est rebaptisé sous le nom d'Alice Milliat..

En , le collège François-Villon de Mulhouse, devenu vétuste, est détruit et reconstruit. À cette occasion, il est rebaptisé collège Alice-MilliatArticle sur le site du journal L'Alsace, 29 juillet 2026...

Par ailleurs, plusieurs villes ont donné le nom « Alice-Milliat » à une de leurs installations sportives : une salle du stadium métropolitain Pierre-Quinon de Nantes ; un gymnase à Bordeaux et à Décines-Charpieu (69) ; un gymnase à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, où s'entraîne le club local de badminton. ; le fronton d’un gymnase du arrondissement de Paris. ; le , le Conseil de Paris délibère pour attribuer le nom d'Alice Milliat à la future Arena Porte de la Chapelle de qui accueillera des épreuves olympiques et paralympiques lors des Jeux olympiques d'été de 2024.. Toutefois, en , le Conseil de Paris vote l'attribution du nommage de la salle à Adidas. En contrepartie, le nom d'Alice Milliat est donné à l'esplanade devant l'Arena.. ; un gymnase en bois et paille dans le arrondissement de Lyon. ; la piscine Alice-Milliat à Pantin. ; le , son nom est attribué à la piscine Saint-Charles de Marseille ; la plus récente des piscines de la Communauté d'agglomération Porte de l'Isère, ouverte le et située à Bourgoin-Jallieu, a reçu le nom d'Alice Milliat à la suite d'un vote ouvert aux habitants du territoire.. ; au Relecq-Kerhuon, le gymnase de Kermadec a été renommé en son honneur en 2023 ; après des travaux de rénovation, en 2024 la piscine de Villeneuve-la-Garenne est rebaptisée en l'honneur d'Alice Milliat. ; à Lesneven (Finistère), une salle sportive inaugurée en 2026 ; un gymnase de Saint-Jean-de-Braye reçoit également son nom en 2024. ; la piscine de la communauté d'agglomération Val Parisis, située dans le département du Val d'Oise et inaugurée début 2024, porte également le nom d'Alice Milliat. ; le complexe sportif de la ville de Millau dans l’Aveyron, ouvert le , porte le nom d’Alice Milliat ; la piscine olympique de l'Aqua Stadium de Mérignac ; le gymnase Alice Milliat à Mérignac. la salle multisports Alice Milliat à Sulniac dans le Morbihan, inaugurée le .

Voir aussi Bibliographie

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[bande dessinée] . Florys Castan-Vincente, Les années Milliat : sports et féminismes dans l’entre-deux-guerres, PUR, collection Archives du féminisme, 2025.

Revue de presse

Notes et références

Articles connexes Fédération des sociétés féminines sportives de France Fédération sportive féminine internationale

Liens externes

Documentaire : Bande annonce - Les incorrectes, Alice Milliat et les débuts du sport au féminin (Histoire TV) YouTube Podcast : Alice Milliat, pionnière du sport féminin France culture :

Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe : Les femmes aux jeux olympiques en bref et en image Fondation Alice Milliat Sa vie, son combat, son héritage. La Fondation Alice Milliat est la première fondation européenne en faveur du sport au féminin. Créée en réponse aux inégalités de genre dans le sport, elle est abritée par la Fondation de France et reconnue d'utilité publique. Directeur de publication : Éric Florand.

Catégorie:Entraîneuse française de football Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Pionnière en sport Catégorie:Sport féminin en France Catégorie:Sport associatif français sous la IIIe République Catégorie:Dirigeante sportive française Catégorie:Personnalité féminine française honorée lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris de 2024 Catégorie:Naissance en mai 1884 Catégorie:Naissance à Nantes Catégorie:Naissance dans la Loire-Inférieure Catégorie:Décès en mai 1957 Catégorie:Décès dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Nantes