Le Mistral (Indicatif visuel L9013) est un porte-hélicoptères amphibie (PHA) de la Marine nationale française. Il est le premier d'une série de trois unités dont la classe en reçoit le nom : la classe Mistral.

Porte-hélicoptères d’assaut amphibie, son appellation OTAN est Landing Helicopter Dock (LHD). Jusqu'en , les PHA étaient appelés BPC (bâtiment de projection et de commandement).

Il peut être intégré soit au groupe aéronaval français, soit à une (force de réaction de l’OTAN), soit à des missions de maintien de la paix, sous mandat de l’ONU comme dans le cadre de l’Union européenne.

La marine nationale dispose de trois bâtiments de ce type : en plus du Mistral, le Tonnerre (L9014) qui a été admis au service actif le . Le Dixmude (L9015) est entré en service le .. Les trois PHA ont remplacé les TCD Ouragan, Orage et Foudre. La construction d'une quatrième unité devant initialement remplacer le TCD Siroco a été annulée.

Le Havre (Seine-Maritime) est la ville marraine du PHA Mistral depuis le .

Construction thumb|gauche|Assemblage de la partie arrière du Mistral à Brest (10 septembre 2003). À la DCN de Brest a lieu, le , la découpe de la première tôle de la partie arrière du Mistral, puis le de celle du Tonnerre. De leur côté, les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire découpent la première tôle de la partie avant du Mistral le puis du Tonnerre. Le premier bloc de la coque arrière du Tonnerre est mis en cale sèche le , puis celle du Mistral le .

Ces méthodes d’ingénierie marquent le début d’un renouveau de l’ingénierie navale militaire française puisque, à Brest comme à Saint-Nazaire, la construction se fait en parallèle et plus précisément face à face dans le même bassin, un ascenseur permettant l’accès rapide des ouvriers aux bâtiments.

thumb|gauche|Arrivée de la partie avant du Mistral à Brest avant jonction (19 juillet 2004). Mise sur cale à Saint-Nazaire le , la partie avant du Mistral réalisée dans cette même ville est remorquée du 16 au vers Brest. Le débute la jonction (ou : "jumboïsation") des parties avant et arrière dans le bassin .

En accord avec le calendrier, le Mistral est mis à flot le . La livraison du Mistral, prévue au 2005Communiqué de presse de DCN du 13 décembre 2002 est retardée de plus d'une année, à cause de difficultés industrielles survenues lors de la mise au point du système SENIT 9 (DCN) et de détériorations constatées pour des planchers en linoleum de la partie avant (Chantiers de l'Atlantique).

Caractéristiques thumb|gauche|La hauteur du Mistral (L9013) par rapport à celle de ses remorqueurs est comparable lors de son lancement à Brest (6 octobre 2004)

Au sein de la Force d’action navale de la Marine nationale, le Mistral est le plus important bâtiment en tonnage après le porte-avions nucléaire (PAN, CVN selon l’OTAN) Charles-de-Gaulle et les bâtiments ravitailleurs de force (BRF). Déplaçant tonnes à pleine charge, il a une longueur de , une largeur de et un tirant d’eau de .

Navigation Le Mistral est équipé de deux centrales de navigation inertielle Gyrolaser (Ring Laser Gyro) SIGMA 40 créées par Sagem.

Essais et exercices Vérification des capacités militaires

Anciennement appelée « croisière d'endurance » puis « traversée de longue durée » (TLD), l'actuelle « vérification des capacités militaires » (VCM) d'une durée de 3 mois a pour objectif de certifier les bâtiments de la Marine nationale à la conduite d’une opération amphibie. Celle du Mistral se déroule du au (départ et retour à Toulon) en mer Méditerranée et dans l’océan Indien. Il effectue ses premières escales à l’étranger à La Sude (Grèce) du 8 au , à Djibouti (République de Djibouti) du 19 au , à Kochi (Inde) du 2 au , puis à nouveau à Djibouti du 11 au 16, où il procède à divers « exercices de sécurité », et enfin à Akzaz (Turquie) du 23 au 28.

Exercices d’appontage d’aéronefs

À peu près tous les types d’hélicoptères en service dans l’Armée française, soient ceux de l’Aviation légère de l'Armée de terre (ALAT), de l’Armée de l'air et de la Marine nationale, ont apponté sur un PHA.

Le , un Agusta Westland Lynx de la Marine puis un Eurocopter EC-725 Cougar de l’ALAT se posent à l’arrière du Mistral. Le premier appontage d’un NHIndustries NH90-NFH (Nato Frigate Helicopter), qui constitueau plus tôt à l’été 2009 à cause de problèmes techniques la moitié du groupe aérien-type de 16 voilures tournantes des PHA pour le transport de troupes et de matériels (l’autre moitié étant l’hélicoptère de combat Eurocopter EC665 Tigre pour l’appui des troupes au sol), a lieu le à bord du Mistral au large de Toulon.

Du 9 au se déroule une première campagne d'homologation de l'hélicoptère de combat Tigre à bord du Mistral, au large de Toulon. La capacité de projection de l'appareil à partir d'un porte-hélicoptères est homologuée le et est suivie le lendemain de tirs réels air-mer et air-sol de roquettes et canon sur les polygones de tir de l'île du Levant (de jour) et au camp de Canjuers (de nuit).

Le ont lieu à bord du Mistral des essais d'appontage d'hélicoptères de combat Ka-27 Helix, Ka-29TB Helix-B et Ka-52 Alligator.. C'était la première fois que le Ka-52 Alligator appontait sur un navire ; cet événement historique a eu lieu en présence de M. Sergei Victorovitch Mikheev, directeur général et constructeur en chef de la firme Kamov depuis 35 ans.

Exercices amphibies thumb|right|Deux embarcations de débarquement CTM dans le radier du Mistral à l'occasion de sa traversée de longue durée (avril 2006) Sur la plage des Saumonards, sur l’île d'Oléron (France), le Mistral participe du 27 au à l’exercice SKREO de transbordement avec les embarcations du amphibie du du train ( RT) et les sapeurs du du génie ( RG).

Le , un déradiage de deux Chalands de transport de matériel (CTM) du Mistral a lieu en mer Rouge.

Du au , le Mistral participe en Méditerranée avec sept autres bâtiments français à l’exercice OTAN Brillant Midas 2006, réunissant trente navires de surface, six sous-marins, trente-cinq aéronefs de douze nations ainsi que . Il se déroule en deux phases amphibies : un exercice de débarquement et de rembarquement sous responsabilité française sur la plage du Dramont, près de Fréjus (France) le , puis un autre exercice de « jeu tactique », avec le suivi d’un scénario en temps réel du 8 au visant à attaquer une place forte et protéger un aéroport avant un débarquement dans la rade du Racou, entre Argelès-sur-Mer et Port-Vendres (France) le .

Du 5 au , l’exercice annuel EXENAU, en rade et au large de Toulon (4 jours) permet d’accueillir à nouveau à bord du Mistral un PC NOE. Le scénario met en scène , dont toutes les caractéristiques influant sur la manœuvre (météo, routes, population, institutions…) étaient notifiées dans des . La capacité PC NOE est examinée dans des domaines de l’infrastructure (il s’agissait de vérifier que celles du Mistral répondaient aux besoins de fonctionnement autonome d’un état-major), de l’information (il s’agissait de contrôler la possibilité, pour le PC de force, de gérer l’information entrante et de diffuser les ordres) et de l’environnement (il fallait s’assurer de la possibilité de travailler quelle que soit la situation de veille ou d’action du bâtiment). Des représentants allemands et italiens disposant également d’un PC de force européen avaient été invités à participer à l’exerciceDossier de presse du ministère de la Défense français « février 07 : EXENAU BPC 07 » .

Sur une plage de la presqu’île de Rhuys (France) en océan Atlantique, le Mistral participe du 19 au à l’exercice SKRE0 2007 d’évacuation de ressortissants d’un pays imaginaire. L’exercice mobilise et plus de 300 véhicules dont 140 blindés sur rouesDossier de presse du ministère de la Défense français Thierry Delorme, Marie-Dominique Broudin, « Mistral sur les côtes atlantiques », dans Cols bleus , (2 juin 2007) .

Du 5 au , le Mistral participe à l'exercice « Écume éternelle » au large de Toulon (France). Il se base sur un pays fictif, Terrebrune (représenté par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur) qui est le théâtre de troubles politiques au cours desquels les 400 ressortissants français sont la cible d’exactions. La France est mandatée par l'ONU pour déployer une force d’interposition pour y ramener la stabilité. Au cours de cet exercice, le Mistral et le TCD Foudre projettent des troupes et des véhicules amphibies sur la plage de La Coudoulière (Port Pothuau) situé à Hyères-les-Palmiers sous la protection des frégates Cassard (D614), Courbet (F712) et Dupleix (D641). Des nageurs de combat et quatre commandos sont mis à l’eau pour infiltrer la plage et garantir la mise en place des troupes amphibies. Un hélicoptère Tigre de l'ALAT et deux hélicoptères Gazelle sont chargés de surveiller les abords de la plage et de protéger le débarquement des troupes d’infanterie par hélicoptères Caracal et Puma. Deux chalands de transport de matériel (CTM), le chaland de débarquement d’infanterie et de chars Rapière (CDIC), ainsi qu’un LARC XV (véhicule amphibie chargé de fantassins) plagent successivement pour débarquer leur matériel et les troupes chargées de tenir tête aux rebelles si d’aventure ceux-ci s’approchaient. Deux Super-Etendard modernisés (SEM) de l’aviation navale et deux Mirage F1 de l’Armée de l’air, positionnés sur une base à proximité décollent alors pour soutenir les troupes au solDossier de presse du ministère de la Défense français .

Du au , le Mistral participe en Méditerranée avec treize autres navires français à l’exercice OTAN Loyal Midas 2009, réunissant 31 bâtiments, dont le porte-aéronefs Giuseppe Garibaldi, trois sous-marins, quarante-cinq aéronefs de huit nations ainsi que .

Il participe à la Mission Corymbe, un dispositif naval visant à assurer la présence permanente d'un bâtiment dans le Golfe de Guinée et au large des côtes d'Afrique de l'Ouest.

Autres exercices

thumb|Exercice NRBC sur la passerelle du Mistral (L9013) en Méditerranée (17 octobre 2007) Du 22 au , le Mistral procède en mer Rouge et dans le golfe d'Aden à des essais d’arrosage en pluie et de protection contre arme nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC). Divers autres exercices du même type ont lieu régulièrement à bord du Mistral ou du Tonnerre.

En , les installations de télémédecine de l’hôpital embarqué sont testées sur le Mistral.

Le , la Force d'action navale appareille de Toulon pour l’exercice trimestriel Gabian. Le Mistral est accompagné des frégates Cassard (D614), Jean Bart (D615), Montcalm (D642), Jean de Vienne (D643), Cdt Ducuing (F795), La Fayette (F710), et Germinal (F735), du chasseur de mines de classe Tripartite Orion (M645), des bâtiments-base de plongeurs-démineurs (BBPD) Pluton (M622) et Achéron (A613) ainsi que des CDIC Rapière (L9061) et Hallebarde (L9062). À la suite de cet exercice, le Mistral entre en cale sèche le jusqu'au pour une intervention au niveau d'un propulseur d'étrave.

Opérations Opération Baliste (2006)

Sept unités de la Marine nationale représentant marins sont présentes sur la zone de l’opération Baliste pour assurer l’évacuation de ressortissants lors du conflit israélo-libanais de 2006 : les frégates Jean de Vienne (D643), puis Montcalm (D642) qui la remplace, Jean Bart (D615) et Cassard (D614), le TCD Foudre (L9011) sans compter trois bâtiments qui effectuent des missions de soutien à l’opération : les BCR Var (A608) et Marne (A630), ainsi que la frégate La Fayette (F710). Mis en alerte le alors que le Mistral était en chantier, son équipage , déclare le capitaine de vaisseau Frédéric Jubelin.. Selon la même source, .