La Compagnie d'Hasnon est une société de recherche de houille créée en 1837 qui exécute quelques sondages et ouvre sans succès trois fosses en 1839 et 1840 à Hasnon et Wallers, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Elle a également possédé 25 % de la Compagnie de Vicoigne de 1841 à 1843. En , la troisième fosse tentée est abandonnée. La Compagnie tente fin 1843 et début 1844 deux derniers sondages, mais les résultats ne sont pas probants et les activités cessent en 1845, date à laquelle la Compagnie d'Hasnon cesse d'exister. Inexploitée, la concession est par la suite reprise par la Compagnie des mines d'Anzin, qui avait déjà racheté les parts de la Compagnie de Vicoigne que possédait la Compagnie d'Hasnon en 1843, et laisse la concession en sommeil jusqu'aux alentours de 1875, date à laquelle elle tente, sans succès, d'ouvrir une fosse. Plus aucune autre exploration n'a ensuite eu lieu sur la concession d'Hasnon.

Historique

Les années 1830 - 1840 se caractérisent par un grand élan pour les entreprises industrielles de toute nature, particulièrement pour les mines de houille. Dans le Nord, cet engouement fait suite à la découverte par la toute récente compagnie des mines de Douchy d'un riche gisement de charbon gras. Le sol, ou un vingt-sixième de cette compagnie, qui se vendait à peine en , atteint en le prix exorbitant de . Les demandes de concessions se multiplient dans la région (il y en aura jusqu'à 70 en 1837). Cette fièvre des recherches de charbon a pour conséquence la création d'un grand nombre de compagnies ou de sociétés, dont peu finalement sont parvenues à durer.

Dans cette euphorie, des propriétaires de Douai forment vers 1833 une société, qui exécute en 1834 et 1835, avec le concours de la Compagnie de Douchy, plusieurs sondages dans les environs d'Hasnon. Quelques membres de cette société exécutent séparément un sondage à Auby, près de Douai, qui est abandonné à la profondeur de , à la suite d'un accident, et qui, prolongé, aurait certainement atteint le terrain houiller et la houille.

thumb|upright=1.5|La concession d'Hasnon parmi celles du bassin minier.

Une société d'exploitation réunissant les deux entrepreneurs de recherches, le banquier Louis Dupont et un associé, est constituée en 1837 au capital de . Elle ouvre trois fosses à Hasnon et Wallers qui rencontrent la partie inférieure de la formation houillère, et y exploitent infructueusement de minces couches de houille. Tout en effectuant des sondages, la Compagnie d'Hasnon ouvre successivement les fosses des Tertres, des Prés Barrés, et des Bouils. Des bowettes sont effectuées, mais seules quelques passées et veinules sont découvertes, qui ne permettraient pas une exploitation rentable. Les trois fosses restent donc à l'état d'avaleresses. Entre-temps, une concession, dite d'Hasnon, est octroyée à la Compagnie au début de l'année 1840.

Pendant que la Compagnie tente de trouver le charbon, d'autres compagnies et sociétés effectuent des travaux à proximité. À l'ouest, en 1838, la Compagnie des Canonniers de Lille ouvre la fosse de Marchiennes après avoir effectué plusieurs sondages depuis 1835. Au nord-ouest, la Société de Saint-Hubert effectue plusieurs sondages. À l'est, à Raismes, en 1839, la Compagnie de Cambrai ouvre la fosse Boitelle, la Compagnie de l'Escaut ouvre les fosses le Bret et Évrard et la Compagnie de Bruille ouvre la fosse Ewbank. La Compagnie d'Hasnon n'a fait aucune recherche aux environs de Vicoigne, mais effectue également une demande de concession. Ces quatre dernières fusionnent et donnent naissance le à la Compagnie de Vicoigne, qui a obtenu une concession riche en houille maigre en . Au sud, la Compagnie des mines d'Anzin ouvre des fosses à Denain et Escaudain. La Compagnie d'Hasnon possède donc un quart de la Compagnie de Vicoigne. La Compagnie des mines d'Anzin rachète celle d'Hasnon en 1843, et devient par conséquent propriétaire du quart de la Compagnie de Vicoigne, et peut ainsi nommer deux administrateurs sur huit.

À la suite de ses échecs successifs, la Compagnie, découragée, se résout à abandonner définitivement la concession. Toutefois, après avoir consulté l'ingénieur en chef Blavier, elle entreprend au titre de dernière recherche deux sondages. Le premier, celui des Rouges-Carrières, n'a permis la découverte que de quelques traces de houille, le second, dit de la Drève de Wallers, n'a traversé qu'un terrain houiller complètement stérile.

La Compagnie d'Hasnon met sa concession en chômage au début de l'année 1845. Elle revend ses parts à la Compagnie des mines d'Anzin. Des sondages effectués à la même période par la Société de Saint-Hubert démontrent que cette concession est située dans des terrains houillers très pauvres.

Pendant trente ans, la concession n'a été l'objet d'aucune exploration nouvelle. Cependant, vers 1875, la Compagnie des mines d'Anzin a le projet d'y ouvrir une fosse (connue sous le nom d'Avaleresse de Wallers), tout près de la limite sud de la concession d'Hasnon, moins pour y exploiter le gisement propre d'Hasnon que pour recouper au sud le prolongement des veines de Vieux-Condé et Vicoigne, dans la concession d'Anzin. Des terrains ont été achetés, un trou de fosse est même commencé, mais les travaux sont suspendus presque immédiatement, et ne seront jamais repris. La fosse est restée à l'état d'avaleresse.

Au début du , il ne subsiste rien de trois fosses ouvertes par la Compagnie d'Hasnon. Les puits ne font pas l'objet d'une surveillance par le Bureau de recherches géologiques et minières, alors que d'autres puits situés dans d'autres concessions ont le niveau du remblai, le niveau des eaux, et la pression des gaz vérifiés de manière annuelle ou bisannuelle. Les têtes de puits ne sont pas matérialisées.

Les fosses thumb|left|upright=0.7|Exemple de cuvelage pour un puits en cours d'établissement.

Avaleresse des Tertres thumb|L'avaleresse des Tertres est située à une quinzaine de mètres dans le champ. Rien n'indique sa présence.

. 1838 - 1841

En , à l'emplacement du sondage des Tertres est établie la fosse des Tertres, amenée jusqu'à la profondeur de . Les travaux du puits sont terminés le . Des bowettes sont ouvertes aux niveaux de 110 et , et poursuivies sur une assez grande distance du puits au nord et au sud, mais elles n'ont recoupé que trois veinules irrégulières de charbon anthraciteux sale, qui n'ont pas permis l'exploitation de la fosse. Ces veinules étaient dirigées à peu près de l'est à l'ouest, avec une pente de 45° au midi. Les travaux sont terminés le . La fosse est ensuite abandonnée.

Avaleresse des Prés Barrés thumb|L'avaleresse des Prés Barrés se trouve dans cette pâture.

. 1839 - 1841

L'avaleresse des Prés Barrés a été foncée en 1839 dans une pâture au sud d'Hasnon, près de la route des Prés Barrés, à au sud-est de l'avaleresse des Tertres. Le terrain houiller a été atteint à cent mètres. La profondeur atteinte a été de . De longues bowettes ont été effectuées aux profondeurs de 112 et , mais seuls quelques filets charbonneux et une veine de charbon sale y ont été découverts, et ne paraissent pas exploitables. Les terrains de cette fosse sont si différents de ceux de la fosse des Tertres qu'il n'a pas été possible de déterminer s'il s'agissait des mêmes assises houillères, ou d'une zone complètement distincte. La fosse est abandonnée en 1841.

Avaleresse des Boules ou Bouils

thumb|upright=1.5|L'avaleresse des Boules est située cent mètres environ à l'ouest de la trouée d'Arenberg, dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers. Sa localisation n'est possible qu'avec les coordonnées GPS. . 1840 - 1844

Le puits des Bouils ou des Boules a été foncé à partir sur le territoire de Wallers, le long de la Drève des Boules d'Hérin (connue sous le nom de trouée d'Arenberg), dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers, deux kilomètres au nord-ouest de la future fosse Arenberg, à environ de l'angle sud-est de la concession. La profondeur atteinte est de , le terrain houiller est atteint à . L'accrochage est établi à . Une bowette longue de cent mètres est menée vers le nord. Tous les travaux ont cessé en . Dans le courant des mois de mars et , les machines sont démontées et expédiées vers Denain. En juin et , les installations sont démolies, le puits comblé, et le terrain déblayé. Il s'agit de la troisième et dernière fosse de la Compagnie d'Hasnon.

Les sondages thumb|Exemple de machinerie pouvant être utilisée pour les sondages. Sondage des Tertres

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Le , un sondage dit des Tertres est commencé dans une pâture, près de l'actuelle rue Édouard Vaillant, à environ au sud-ouest du clocher d'Hasnon, et amené finalement à la profondeur de . Le , le charbon a été découvert à la profondeur de , après que le terrain houiller a été passé à . Le , de nouvelles couches sont découvertes, le sondage est abandonné le . La fosse des Tertres est ouverte le même mois à l'emplacement du sondage.

Sondage de la Fercotte

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Le sondage de la Fercotte, commencé en 1838, est situé à peu de distance de la limite nord-ouest de la concession, à du clocher de Wandignies-Hamage, et à cinq kilomètres du clocher de Wallers, à Hasnon. Il a atteint la tête du terrain houiller à la profondeur de , et l'a traversé sur une hauteur de cinquante mètres, sans y rencontrer de houille. M. Lorieux a exprimé l'avis que ce forage avait atteint la partie la plus inférieure de la formation houillère. Le sondage est terminé en 1839, il avait atteint la profondeur de .

Sondage des Corbets

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Le sondage des Corbets est ouvert en 1838 à l'intérieur de la concession d'Hasnon, à l'intersection de la rue des Corbets à Hasnon, avec l'avenue allant d'Hasnon à Vicoigne. Le terrain houiller a été atteint à la profondeur de et a été arrêté à . Trois passées de charbon sales ont été recoupées à 124, 125, et .

Sondage de la Bruyère

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Le sondage de la Bruyère débute le sur le territoire de Saint-Amand-les-Eaux, au sud-ouest de la ville. Il est exécuté par la Compagnie d'Hasnon, qui a trouvé le calcaire siliceux à la profondeur de . La limite septentrionale du bassin passe donc entre ce sondage et celui du Mont des Bruyères. Du niveau du sol jusqu'à la profondeur de , les terrains ont été traversés en trois semaines. Il a fallu cinq mois pour traverser les derniers . Le terrain était donc extrêmement dur. Le sondage a été arrêté le à la profondeur de dans le grès calcaire siliceux.

Premier sondage du Grand Bray

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Le premier sondage du Grand Bray est exécuté à partir du à Hasnon, à l'intérieur de la concession d'Hasnon, à au nord de la fosse des Bouils. Il est entré dans le terrain houiller à et a été arrêté à . À la profondeur de , il a atteint une veine de charbon mélangé de schiste de d'ouverture, et il a traversé deux veinules à 110 et , respectivement hautes de 23 et dix centimètres. L'eau jaillit à la profondeur de . Le sondage est terminé le .

Sondage du Bois de Vicoigne

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Le sondage du Bois de Vicoigne est commencé le , dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers, sur le territoire de Raismes. Interrompu pendant vingt jours, il est recommencé le . Le terrain houiller est atteint à la profondeur de , et n'a été sondé que sur une faible hauteur, sans résultat. Le sondage est terminé le , il est profond de .

Second sondage du Grand Bray

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