La (littéralement, Exposition impériale britannique) est une exposition coloniale britannique tenue dans le Wembley Stadium à Wembley dans le Middlesex, en Angleterre, en 1924 et 1925British Pathe (agency) Film of British Empire Exhibition, reel oneBritish Pathe (agency) Film of British Empire Exhibition, reel twoBritish Pathe (agency) Film of British Empire Exhibition, reel threeBritish Pathe (agency) Film of British Empire Exhibition, reel four.

Contexte vignette|right|Timbres commémoratifs de la British Empire Exhibition. vignette|right|Le Palais de l'Industrie fut réemployé comme entrepôt jusqu'à sa démolition partielle en 2006. En 1920 le gouvernement britannique décida d'organiser une exposition célébrant la gloire de l'Empire dans le parc de Wembley, à l'emplacement des jardins d'agrément plantés par Edward Watkin dans les années 1890. Une telle manifestation avait déjà été envisagée en 1902D'après par la British Empire League, et derechef en 1913D'après , mais la guerre russo-japonaise puis la Grande guerre avaient différé ces projets, encore qu'on eût organisé un Festival of Empire en 1911, aménagé en partie à Crystal PalaceD'après ..

L'une des raisons était le sentiment croissant que d’autres puissances concurrençaient la Grande-Bretagne à l'échelle mondiale. Malgré sa victoire au terme de la Grande guerre, la situation semblait s'aggraver depuis 1919, car le pays traversait une grave crise d'endettement, et sa suprématie navale était remise en cause par deux de ses anciens alliés, les États-Unis et le Japon. En 1917, la Grande-Bretagne s'était finalement engagée à se retirer des Indes, ce qui aurait sonné le glas de l'Empire Britannique eu égard aux conséquences, tandis que les autres dominions manifestaient peu d'enthousiasme pour la politique étrangère britannique depuis la guerre. On espérait que l'exposition resserrerait les liens des nations de l'Empire, qu'elle stimulerait le commerce tout en manifestant la grandeur du Commonwealth, et réveillerait la ferveur de sujets de plus en plus attirés par le modernisme et les séductions du cinémaD'après .

Le Conseil de District de Wembley s'opposait à ce choix, de même que le journal The Times, qui considérait que Wembley était trop éloigné du centre de LondresCf. Cf. Cf. . Cela peut paraître ridicule, d'autant que le métro de Londres était déjà électrifié, mais il faut se souvenir que la dernière foire internationale, l'Exposition franco-britannique de 1908, s'était tenue à White City, beaucoup plus près du centre de l'agglomération.

Afin de lever les fonds et de s'assurer la collaboration d'un certain nombre d'exposants des autres nations de l'Empire britannique, on organisa d'abord une tournée mondiale de 10 mois, menée par le commandant Ernest Belcher en 1922 : y participaient l'écrivain Agatha Christie et son mariD'après .

La British Empire Exhibition devait se tenir de 1924 à 1925 et donner au faubourg de Wembley un rayonnement national. En 1919, le prince de Galles (le futur Édouard VIII) avait accepté de présider le comité d’organisation de l'Exposition de Wembley Park, tout en laissant à son frère, le futur roi George VI, l'honneur de présider la cérémonie de clôture. Mais il désirait surtout que l'exposition donne l'occasion d'édifier sur le parc de Wembley « un grand terrain de sport pour le pays », et il n'insista pas modérément pour la création du Stade de Wembley en 1923.

Les grands travaux La construction d'« Empire Stadium » Il fallait aménager un espace suffisant pour la grande exposition : ce fut « Empire StadiumCf. », rebaptisé plus tard stade de Wembley .

Les terrassements, correspondant à des mouvements de de terre, commencèrent par la démolition de la vieille tour, le . La nouvelle structure, conçue par les ingénieurs John W. Simpson et Maxwell Ayrton, fut construite en l’espace de 10 mois par la Sté McAlpine. Elle pouvait recevoir personnes, dont assises dans les tribunes. C'était un curieux mélange d’architecture romaine d’époque impériale et d’architecture moghole.

Malgré la présence d’un terrain de football, elle n'était pas exclusivement destinée aux matches. Sa piste d’un quart de mile, avec une ligne droite de (alors la plus longue du pays) fut une nouveauté pour l’époqueCf. D'après D'après D'après .

Une des locomotives ayant servi à approvisionner le chantier en matériaux a été conservée et fonctionne toujours :elle a été installée par le baron William McAlpine dans le parc de Fawley Hill à Henley.

Une station de métro exprès On reconstruisit la gare de Wembley Park exprès en vue de l'organisation de la British Empire Exhibition : elle fut rebaptisée Exhibition Station (Wembley), et desservie par une antenne la reliant à la station de MarylebonePhotos sur . La gare d'Exhibition Station fut inaugurée le , pour la première finale de la Coupe d'Angleterre de football. Renommé ultérieurement Wembley Exhibition, puis simplement Wembley Stadium en , elle ne servait réellement qu'à acheminer les spectateurs au stade ; la desserte fut interrompue en , et la station a été définitivement désaffectée le .

Le projet et le chantier Cette exposition stimula la créativité architecturale, dans la mesure où, par son concept même, elle invitait à construire les bâtiments les plus exotiques : elle constitua de ce fait pour les artistes un vaste champ d’expérimentation. Le pavillon indien était doté de tours et de plusieurs dômes ; le pavillon d'Afrique de l'ouest rappelait un fort arabe ; le pavillon birman avait la forme d'un temple et le hall de l'Afrique du Sud était de style néerlandaisD'après . Pour comprimer les délais de chantier, on décida de construire les pavillons de l'exposition en béton armé, matériau retenu pour sa rapidité de mise en œuvre. Wembley Park devint ainsi le premier exemple de « cité-béton » au mondeD'après . Comme le stade, les pavillons étrangers durent conçus par John William Simpson et Maxwell Ayrton, assistés par l'ingénieur Owen Williams : tous trois possédaient déjà une grande expérience du béton armé.

On employa près de ouvriers à la construction des halls de l'exposition en 1923-24.

Hormis le stade et les principaux pavillons, il y avait quatre grandes structures : le palais de l'Ingénierie, le palais de l'Industrie, le palais des Beaux-Arts, et le palais du Gouvernement de Sa Majesté. Tous étaient de style impérial antique, conformément à leur vocation symbolique. En leur temps, les deux premiers (Ingénierie et Industrie) furent les plus grandes constructions en béton armé au mondeD'après .

On demanda à Rudyard Kipling de baptiser les allées de l'expositionCf. .

Le stade était desservi par la première gare routière de Grande-Bretagne, capable d'accueillir passagers par jour.

Les différents salons La cérémonie d'ouverture La British Empire Exhibition fut officiellement inaugurée par le roi George V le - le jour de la Saint-George. La cérémonie d'ouverture fut diffusée sur les radios, ce qui était une première pour un monarque britannique. Le roi lui-même envoya un télégramme qui fit le tour du monde en seulement une minute 20 secondes, laps de temps au bout duquel un commis lui en remit une retranscriptionD'après .

Les pavillons internationaux vignette|Un drapeau distribué en souvenir. Presque toutes les nations de l'Empire britannique (56 sur 58) étaient représentées au parc de Wembley, mais par nature, les attractions flattaient les goûts du grand public de métropole. Les régions non-représentées étaient la Gambie, le territoire de Gibraltar et l'État libre d'IrlandeD'après .

L'ambition affichée de la manifestation était de

Cette exposition, qui attira le public le plus nombreux jusque-là (27 millions visiteursD'après .) coûta 12 millions de sterlings. Le tarif d'entrée était de 1 shilling 6 dimes (7½ pence) pour les adultes et 9 dimes (3¾pence) pour les enfantsD'après

Le Palais de l’Ingénierie (rebaptisé l'année suivante 1925 « Palais de l'Immobilier & des Transports ») était le plus grand bâtiment du parc. Il abritait une grue d'une capacité de 25 tonnes (qui avait servi à installer diverses machines exposées) et présentait des stands sur le machinisme, la construction navale, la production d'électricité, les véhicules à moteur, les chemins de fer, la métallurgie, la télégraphie et la radiophonie sans fil. L'édition de 1925 mit moins l'accent sur l'industrie, au profit de l’immobilier et de l'aviation. Le Palais de l'Industrie était sensiblement plus petit : on pouvait y voir des produits de l'industrie chimique, des échantillons de charbon, de métaux, des médicaments, des machines à tisser, du tabac, des gramophones, des gazogènes et le principe de la fabrication des explosifs.

Chaque colonie se voyait assigner son propre pavillon, dont l'architecture était censée refléter la culture locale. Le pavillon du Canada présentait des collections de minéraux, du matériel agricole et forestier, une description de l'industrie papetière, des installations hydroélectriques. On y vantait le Canada en tant que destination touristique et, dans la salle consacrée à l'industrie laitière, l'effigie à l'échelle 1 du Prince de Galles, le futur Édouard VIII, sculpté dans une motte de beurre et conservée dans une armoire réfrigérée. Ce pavillon était flanqué de deux autres pavillons plus petits, tenu par les deux sociétés de chemin de fer canadiennes : la Canadian National Railway et la Canadian Pacific Railway. Terre-Neuve, qui ne sera rattachée au Canada qu'en 1949, possédait son propre pavillon à côté du Palais du Gouvernement de Sa Majesté ; quant au pavillon australien, il présentait une pelote de laine géante de de diamètre.

Le pavillon que se partageaient les Antilles et le Guyana, au sud du Palais du Gouvernement, était encore plus modeste, mais chaque île possédait son propre stand, tout comme les Îles Malouines.

Le Palais des Beaux-Arts, spécialement ignifugé, présentait des pièces aménagées avec du mobilier de différentes époques, ainsi que des tableaux et des sculptures des . Il y avait là la maison de poupées de la Reine, aujourd'hui conservée au château de Windsor, où le détail est si poussé qu'on peut y voir des bouteilles de bière miniatures de marque Bass.

Les stands, qu'ils soient à l'intérieur d'un pavillon ou à l'extérieur, étaient organisés par diverses firmes de l'Empire britannique, et vantaient les placements outre-mer : ainsi le « Palais de l'Esthétique » des savonnettes Pear's (cf. infra). Comme c'était aussi la première grande foire en Angleterre depuis l'armistice, plusieurs firmes mettaient en vente des souvenirs de la fin de la Grande guerreD'après .

Les commissaires de l'exposition chargèrent le Royal Colonial Institute de s'occuper du catalogue de la manifestation, ce qui donna lieu à l'édition d'une encyclopédie en douze volumes, The British Empire: A survey (Londres, 1924), dont le rédacteur en chef fut Hugh Gunn.

Progrès des chemins de fer