Les relations entre l'Algérie et la Russie (russe : , arabe : ) sont les relations bilatérales entre les deux pays, la République algérienne démocratique et populaire et la fédération de Russie. La Russie a une ambassade à Alger, et l'Algérie a une ambassade à Moscou.

Les deux pays sont membres de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Organisation internationale de la vigne et du vin, de Conseil international des monuments et des sites, du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et de Forum des pays exportateurs de gaz.

Comparaison entre les deux pays République algérienne démocratique et populaire Fédération de Russie Superficie (km) Population 44 487 000 (2021) 146 780 000 (2021) Densité de population (/km²) 16 8,4 Capitale Alger Moscou Plus grande ville Alger (3 154 790) (en 2021) Moscou () (en 2013) Gouvernement République semi-présidentiel République fédérale semi-présidentiel Langue officielle Arabe, Tamazight Russe PIB (nominal) milliards de dollars (2021) (2021) IDH 0,759 (2018) 0,824 (2018)

Historique des relations entre l'Algérie et la fédération de Russie vignette|droite| Carte russe de l’Algérie réalisée en 1875 par Alexeï Kouropatkine.

Guerre d'indépendance ou révolution algérienne (1954-1962) Les relations russo-algériennes se sont formées au cours de la guerre d'indépendance algérienne. Le , la délégation de l’Union soviétique soutient l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Seuls deux États, l'Union soviétique et l'Iran, votent en faveur de l'inscription de la question algérienne à l’ordre du jour.

L’URSS s’est résignée puis s’est lentement résolue à fournir son appui au Front de libération nationale (FLN) en raison de l’influence retardatrice du Parti communiste français (PCF). En effet, selon l’historienne russe Evgeniya Obitchkina, « Moscou restait attentif aux propos des communistes français qui se méfiaient du FLN, dont le nationalisme paraissait s’estomper devant le radicalisme musulman à l’esprit fondamentaliste, et qui se demandaient s’il n’était pas l’outil des Anglo-Saxons et de la bourgeoisie arabe »Guy Pervillé, Compte rendu détaillé du livre d’Alain Ruscio : Les communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance (2021), Société française d’histoire des Outre-mers (SFOM) Outre-mers, revue d’histoire, n° 408-409, 2020. La politique soviétique envers le FLN évolue à partir du début de 1958, pour ne pas laisser le monopole de son soutien à la Yougoslavie et à la Chine, mais cette évolution est contrariée par le retour au pouvoir du général de Gaulle, que Nikita Khrouchtchev ménage jusqu’au printemps 1960.

En , l'URSS fait venir des bateaux sanitaires en Algérie pour prendre en charge les blessés des mines de la ligne Morice.

À sa formation en 1958, le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) demande sa reconnaissance aux États du bloc communiste. L'Union soviétique ne répondit pas tout de suite à cette demande, se contentant de fournir une aide financière et de l’armement léger aux forces algériennes. Ce n'est que le à New York que la Russie annonce reconnaître de facto le GPRA, le PCF lui ayant conseillé à plusieurs reprises de ne pas le reconnaître de jure avant la signature des accords d'Évian.

Aussi, le , le lendemain de la signature des accords d'Évian, l'Union soviétique reconnaît de jure le GPRA. Le premier ambassadeur d'URSS à Alger est nommé en .

Des années 1962 jusqu'à l'effondrement de l'URSS en 1991

À l'indépendance de l'Algérie, l'Union soviétique coopère avec l'Algérie dans le domaine militaire. Ainsi, dès le , l'arrivée de cinq hélicoptères soviétiques en Algérie est annoncée. De même, le suivant, l'AFP indique qu'une centaine de marins algériens vont être formé en URSS.. Le , un accord est signé entre l'Algérie et l’URSS sur la question du déminage des frontières algériennes. Par décret du conseil suprême de l'URSS du et à l'initiative du du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique, président du Conseil des ministres de l'URSS Nikita Khrouchtchev, Ahmed Ben Bella est décoré du titre de héros de l'Union soviétique. L'ordre de Lénine et la médaille « Étoile d'Or » lui ont été remises..

Le coup d'État de Houari Boumédiène le 19 juin 1965 suscite une certaine réserve à Moscou d'autant plus que les positions anti-communistes de l'homme fort du nouveau régime sont connues. Le gouvernement soviétique suspend immédiatement les livraisons d'armes et de pièces de rechange. Mais le nouveau gouvernement souhaite apaiser les relations avec le Kremlin et Abdelaziz Bouteflika, dès le lendemain du coup d'État, déclare que les orientations de la politique étrangère algérienne demeuraient inchangées.

Lors de la guerre des Six Jours, le refus soviétique d'entreprendre un engagement militaire concret déçoit le gouvernement algérien dont l'engagement pro-palestinien dans le conflit israélo-arabe compte parmi les plus déterminés. Il a pour conséquence un infléchissement dans la relation entre les deux pays dont témoigne la longue vacance à la tête de la représentation soviétique à Alger ( - ).

Du fait des tensions entre l'Algérie et le Maroc, les livraisons de matériels d'origine russe augmentent au milieu des années 1970. Ainsi l'Algérie se dote d'un réseau de détection d'origine russe en 1975 et acquiert des MIG 23 et 25 en . À la fin des années 1970, 90 % du matériel militaire algérien est d'origine russe..

La Russie a également fourni un soutien industriel à l'Algérie. L'URSS a notamment participé au développement du secteur minier en Algérie.. Ainsi, 35 % des contrats passés dans le domaine des mines est conclu avec l'URSS.. En , la dislocation de l'URSS coïncidait bien avec le premier tour des élections législatives en Algérie, largement remporté par le FIS, ayant mis fin aux 13 années de présidence de Chadli Bendjedid.

À partir de 1991 Lors d'une visite officielle du président Abdelaziz Bouteflika du 3 au , une déclaration de partenariat stratégique est signé entre les deux pays.

Le , le président Vladimir Poutine déclare – lors d'une visite à Alger – que la dette que l'Algérie a envers la Russie, dans le domaine militaire, a été effacée. Elle s'élevait à de dollars.

En tant que grand partenaire de l'Algérie, la Russie se montre plutôt réluctante à soutenir les manifestations algériennes de 2019, privilégiant une politique de non-ingérence dans les affaires algériennes. Vladimir Poutine s'empresse de présenter personnellement ses meilleurs vœux lors de la prise de fonction du président Abdelmadjid Tebboune.

Lors de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'Algérie adopte une position neutre en s’abstenant lors des différents votes de résolutions des Nations unies dénonçant « l’agression » russeFrédéric Bobin, A Moscou, la Russie et l’Algérie renouvellent leur « partenariat stratégique », lemonde.fr, 15 juin 2023. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov visite l'Algérie en et fait savoir qu'il apprécie la position « équilibrée » de l'Algérie. Les deux pays signent également un nouveau document « servant de base aux relations bilatérales ». Dans le même temps, le président russe Vladimir Poutine invite son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à se rendre à Moscou. Lors du déplacement du président algérien en Russie en déclare

La relation stratégique qui existe entre les deux pays connaît quelques accrocs. Ainsi Abdelmadjid Tebboune s'exprime de manière critique vis-à-vis de l’action de l’organisation paramilitaire russe Wagner au Mali. En , dans un contexte de tensions entre l'Algérie et le Mali, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, qualifie la frontière entre les deux pays d', sans susciter de réactions officielles du côté algérienSerguei Lavrov sème le doute sur les frontières algéro-maliennes, site lematindalgerie.com, 16 octobre 2025..

La Russie soutient la candidature de l'Algérie visant à rejoindre le forum des BRICS.

Coopération algéro-russe Coopération économique Échanges commerciaux

+Échanges commerciaux entre l’Algérie et la RussieAnnéeMontant(en dollars US) 2001 157 million 2002 175 million 2003 292 million 2004 184 million 2005 360 million 2006 591 million 2010 +

En 2023, les échanges commerciaux entre l'Algérie et la Russie avoisinent les trois milliards de dollars, Moscou étant un important fournisseur d'armements de l'AlgérieMayeul Aldebert, Poutine est «un ami de l'humanité», selon le président algérien Tebboune, lefigaro.fr, 20 juin 2023.

Coopération dans le marché du gaz et du pétrole La compagnie nationale algérienne Sonatrach en 2006 a procédé, à Moscou, à la signature avec la société pétrolière russe Lukoil, d’un protocole d’accord portant sur la coopération bilatérale dans les hydrocarbures. Le groupe russe prévoit l'ouverture d'une représentation à Alger de Lukoil.

Gazprom a également été intéressée par un rapprochement avec l'Algérie dans ce secteur. Des représentants de Gazprom se sont rendus en Algérie en pour discuter des possibilités de coopération dans le domaine du gaz naturel liquéfié.

Coopération culturelle Le , les Journées de l'Algérie ont été organisées à Moscou et à Saint-Pétersbourg. La ministre de la Culture Khalida Toumi s'est rendu à Moscou pour l'occasion.

En 2011, des Journées de la culture russe en Algérie ont été organisées à Oran, à Alger et à Constantine.

Coopération militaire vignette| Vladimir Poutine et Abdelaziz Bouteflika à la suite de la signature d'un contrat de fourniture d'équipements militaires. thumb|Présence du général Sergueï Sourovikine à Oran en septembre 2023.

La coopération militaire entre les deux pays est basée sur un long continuum : des générations de cadres de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne ont été formées après 1962 dans les académies soviétiques. Elle connaît des hauts et des bas en particulier du fait de l’interdiction du Parti communiste algérien en Irina Gridan et Gaëlle Le Boulanger, Les relations militaires entre l'Algérie et l'URSS, de l'indépendance aux années 1970, Outre-Mers. Revue d'histoire, Année 2007, 354-355 pp. 37-61. Néanmoins, elle répond aux intérêts bien compris des deux pays. Lors de la guerre des Sables, Moscou fournit à Alger un soutien militaire indirect dès . L’URSS parvient dans un temps record à doter l'Algérie du matériel nécessaire pour équiper une armée blindée et une aviation puissantes. La formation est rendue possible par l’arrivée en Algérie de centaines de conseillers techniques soviétiques recrutés sous le couvert du ministère de l’Agriculture. Le nombre de ces techniciens est évalué à un millier en 1966.

En dépit de quelques désaccords, l’Algérie passe du rang des bénéficiaires de l’aide militaire soviétique en 1972 au rang en 1978 dans le contexte du conflit au Sahara occidental.

En , la Russie a lancé le premier satellite algérien servant à prévenir les catastrophes naturelles, ALSAT-1. Ce satellite a été mis en orbite par le lanceur russe Cosmos-3M.

En mars 2006, un accord militaire a été conclu lors de la visite du président russe Vladimir Poutine en Algérie. En contrepartie de cet achat, la Russie a effacé la dette algérienne, estimée à de dollars.

La Russie est le principal fournisseur d'armes pour l’Algérie et l’Algérie l’un des quatre principaux acheteurs d'armes russesSophie Amsili, Les liens militaires entre l'Algérie et la Russie suscitent des crispations, lesechos.fr, 23 novembre 2022. En 2018, 66 % de toutes les importations d'armes en destination de l'Algérie provenaient de la fédération de Russie. Entre 2018 et 2022, la Russie représente 73 % des acquisitions d’armes de l’Armée nationale populaire à l’étranger.