La Grotte de Rosée est située sur le territoire de la section d'Éhein-Bas, en bordure de la Meuse, sur la commune d’Engis.

Elle constitue avec la grotte Lyell un patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie, accessible uniquement aux chercheurs.

Elle abrite un ensemble de concrétions unique en Belgique ainsi qu'une faune cavernicole.

Situation

La grotte de Rosée est située à Éhein-Bas en bordure du vallon d'Engihoul où court le ruisseau du même nom, longé par la route des 36 tournants, dans un synclinal formé dans les calcaires du Viséen, à proximité de la carrière du Lion.

Découverte et dénomination

La grotte de Rosée est découverte en à la suite d'un tir de mine dans une carrière appartenant au baron Jacques de Rosée ; les ouvriers utilisent la cavité, en forme de cheminée verticale, mise au jour pour y déverser plusieurs centaines de brouettées de déblaisE. Van den Broeck, E.-A. Martel et Ed. Rahir, Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique étudiées spécialement dans leurs rapports avec l'hydrologie des calcaires et avec la question des eaux potables, T. II Les calcaires carbonifériens du bassin de Dinant et coup d'œil sur le bassin de Namur, H. Lamertin, Bruxelles, 1910, 53 à 66 des Annexes.. Dès le suivant, l'exploration sérieuse est lancée par A. Vandebosch, surveillant au Concasseur des Awirs, et son ami Ernest Doudou ; au bas de la cheminée de quelque de long, ils découvrent une salle immense, un domaine comme l’a dit Doudou : le Palais de Cristal. Sur proposition de E. Van den Broeck qui visite très rapidement les lieux, la grotte va porter le nom du propriétaire qui en permet aimablement l'accès aux chercheursRevue de l'Université de Bruxelles, 1907. en ligne et en protège l'accès.

L’exploration de l’ensemble de la grotte se fait les années suivantes, dans des conditions tellement périlleuses qu’il est arrivé que les ouvriers refusent de continuer le travail de fouille, laissant les excursionnistes (comme on appelait à l’époque les chercheurs) Cosyns, Doudou et Colette se dépatouiller seuls

Description

vignette|gauche|upright=1.3|alt=Le plan, légendé, montre l’étendue de la grotte, de la salle du Palais de Cristal à gauche jusqu’aux multiples petits couloirs explorés à l’époque au nord-est. Ossements roulés, limon, cailloux roulés, etc. sont indiqués par des abréviations et des petits dessins.|Plan de la Grotte de Rosée, tel que publié par E. Van den Broeck, E.-A. Martel et Ed. Rahir (1910), Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique étudiées spécialement dans leurs rapports avec l'hydrologie des calcaires et avec la question des eaux potables, Tome II Les calcaires carbonifériens du bassin de Dinant et coup d'œil sur le bassin de Namur, H. Lamertin, Bruxelles, 1910.

La grotte de Rosée est composée d'un vaste réseau de salles, couloirs et galeries parfois parallèles, parfois perpendiculaires, qui s'entrecroisent sur plusieurs niveaux, ponctué par des puits, cheminées, siphon, tunnel, etc. Elle est partiellement parcourue par un ruisseau souterrain.

La salle la plus impressionnante est celle du Palais de Cristal avec ses marmites et ses dômes, ses cascades de stalactites, et ses stalagmites dont la chandelle principale fait de haut pour un diamètre de , des régions neigeuses et, à travers tout l'espace une averse de tubes hyalins cristallisés, de de diamètre pour des hauteurs allant de 1 à et plus, fistuleuses, baguettes cristallines , toutes creuses et renfermant de l'eau. D'autres cristallisations excentriques, formées par capillarité dans les formes les plus diverses (draperies, crochets, boucles, hélices, etc.). existent en grand nombre, faisant penser à ces coraux ou à des fleurs étranges. Dans la seconde salle, on trouve aussi des concrétions excentriques et des stalactites en forme de sabres.

Plus à l'ouest, la grotte offre à la vue des stalagmites et des draperies rouge groseille, et encore des stalagmites

Classement comme patrimoine exceptionnel

La grotte de Rosée est classée avec la grotte Lyell (les deux ne formant en fait qu’un seul et même site) patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie, au titre de « site souterrain de caractère exceptionnel », par arrêté du Fiche de la Région wallonne.

Elle n'est accessible qu'aux chercheurs en raison de la fragilité de nombreuses concrétions et parce que l'ouverture aux touristes et aux spéléologues entraînerait aussi une modification de l'équilibre naturel du biotope, par des changements de température et d'éclairage, le piétinement de l'argile et l'apport d'éléments nutritifs qui profitent à certaines espèces, tenant compte de ce que l'étude de cette faune est encore fort peu avancée dans cette grotte.

Propriété, à l’époque, de la SA Carmeuse, elle a été cédée par celle-ci, en 1999, à l’ASBL Les Chercheurs de la Wallonie pour le franc symboliqueFin de carrière pour deux grottes Stalactites, Microniphargus leruthi et autres merveilles - Le Soir, .

Patrimoine biologique

La grotte a livré les fossiles d'animaux de la fin du pléistocène. Les quelques investigations biologiques effectuées jusqu'en 2010 ont permis la découverte du collembole et de l'araignée L’Écho de l’égout, trimestriel commun aux CPSS, CPSS, CWEPSS et CBEPSS, , septembre 2000, 3 et 4. ; on y a aussi trouvé Jean-Marie Hubart et Michel Dethier, « La faune troglobie de Belgique : état actuel des connaissances et perspectives » dans le Bulletin S.R.B.E./K.B.V.E., , 1999, 164-178, pdf en ligne.

Patrimoine géologique

Cinq formes de cristallisation ont été définies par William Alfred Joseph Prinz, dont des stalactites tubiformes (fistuleuses, macaroni) de 4 à de diamètre sur une longueur de quelque et une concrétion excentrique, caractérisée par une croissance irrégulière se développant dans tous les sens.

La fragilité des concrétions ne permet pas l'accès au public mais un film, La goutte de Rosée, a été réalisé par Philippe Axell et peut être projeté au Préhistosite de RamioulEngis – Un film sur les grottes de Lyell et de Rosée Les «palais de cristal» sur les écrans – Le Soir, .

Notes et références

Bibliographie Van den Broeck, E., Martel, É. A., & Rahir, E. (1910). Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique (Vol. 2, p. 61). Édité par les auteurs. Vandenbosch A. (1939). La grotte de Rosée à Engihoul. Les Chercheurs de la Wallonie, 13, 62–68.

Voir aussi

Catégorie:Habitat de cavernicole Rosee Catégorie:Patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie Catégorie:Géographie de la province de Liège Catégorie:Patrimoine classé à Engis