thumb|L’herbe est une des sources d’alimentation naturelle pour les équidés.|alt=Une jument bai a les naseaux plongés dans de l’herbe.
L’alimentation des équidés traite de l’alimentation des chevaux, poneys, ânes, mulets et de tous les autres équidés. Les équidés sont des herbivores non ruminants monogastriques, ne disposant donc que d’un seul estomac capable de digérer les fibres végétales qui proviennent de l’herbe du foin, des feuilles, etc. Cette digestion des fibres végétales se fait grâce à une fermentation par micro-organismes et se déroule dans la partie du système digestif appelée « cæcum ». Elle aboutit à la décomposition de la cellulose, principal composant des fibres végétales Williams, Carey A., Ph.D., Extension Specialist. « Les fondamentaux de l’alimentation des équidés », .
Les chevaux ingèrent de petites quantités de nourriture de façon régulière tout au long de la journée, comme ils le font en broutant dans les pâturages Web site accessed February 9, 2007..
Le système digestif de l’équidé est délicat. En cas d’excès de nourriture ou d’empoisonnement, ils sont incapables de régurgiter la nourriture, sauf depuis l’œsophage Giffen, James M. and Tom Gore. « Le manuel du vétérinaire pour le propriétaire de cheval », deuxième édition, Howell Book House, New York, 1989, 1998. . Leur côlon est particulièrement long et complexe, avec un équilibre de la flore intestinale dans le cæcum qui peut être facilement bouleversé par des changements rapides d’alimentation. Ces facteurs rendent les équidés sujets à des coliques, qui s’avèrent être leur première cause de mortalité ASC-128 « La colique chez les chevaux », Cooperative Extension Service, université du Kentucky, lycée d’agriculture, section équine, département des sciences animales.. Aussi les équidés requièrent une nourriture propre et de grande qualité, fournie à intervalles réguliers, et peuvent tomber malades lorsqu’ils subissent un brusque changement de régime alimentaire March, Linda. « Nourrir votre cheval pour éviter les problèmes », université de l’Illinois, lycée de médecine vétérinaire.. Les chevaux sont également sensibles aux moisissures et aux toxines. Pour cette raison, les matières fermentables contaminées, comme de la tonte de gazon sont peu adaptées A. Cirelli, Jr. and B. Cloud. « Garder un cheval en banlieue » (PDF) Pages : 94-09, Cooperative Extension Service, université du Nevada, Reno.. Le fourrage ensilé, issu d'un processus de fermentation d'herbage, peut s'avérer toxique si mal exécuté Karen Spivey et Jackie Nix « Ensilage » Cooperative Extension service de Caroline du Nord..
Le système digestif
Les chevaux, et les autres membres du genre équidé, se sont adaptés au cours de leur évolution à manger de petites quantités d’un même type de nourriture tout au long de la journée. Dans la nature, les chevaux se nourrissent de l’herbe des prairies dans les régions semi-arides, et parcourent des distances journalières significatives afin d'avoir accès à une nourriture qui leur est appropriée Budiansky, Stephen. « La nature des chevaux », Free Press, 1997 . C'est pourquoi leur système digestif a évolué pour fonctionner idéalement avec un petit flux continu de nourriture qui ne varie pas beaucoup d’un jour à l’autre.
Mastication et déglutition vignette|Mastication d'un cheval. La digestion débute dans la bouche. Tout d’abord l’animal sélectionne les morceaux de fourrage et attrape de petits bouts de nourriture, comme les graines à l’aide de ses lèvres très sensibles et préhensiles. Les dents de devant, les incisives, lui permettent de couper le fourrage. La nourriture est alors mâchée par les dents du fond, les prémolaires et les molaires, avant d’être avalée.
L’œsophage conduit la nourriture jusqu’à l’estomac. L'arrivée de l’œsophage suit un angle aigu, ce qui forme comme une valve à sens unique, et la jonction gastro-œsophagienne est dotée d’un puissant sphincter. C’est la raison pour laquelle les équidés ne peuvent pas vomir. L’œsophage est l’endroit du tube digestif des équidés qui peut être sujet à obstruction, voir ci-dessous "maladies liées à une alimentation inadaptée".
L’estomac et l’intestin grêle Par rapport à leur taille, les équidés sont dotés d’un petit estomac, qui limite la quantité de nourriture qu’ils peuvent prendre en une seule fois. Un cheval de taille moyenne possède un estomac d’une capacité de seulement , et fonctionne de manière optimale avec un contenu de . Il faut privilégier, plutôt qu’un ou deux repas importants par jour, soit une alimentation continue soit une succession d’ingestions de petites quantités durant la journée. La raison en est que l’estomac commence à se vider lorsqu’il est aux trois-quarts plein, que la nourriture ait été prédigérée ou non.
Le chyme pénètre ensuite dans l’intestin grêle. L'intestin grêle mesure entre de long, et peut contenir de . Il s’agit donc du principal organe de la digestion, par le biais duquel entre 50 et 70 % des nutriments sont assimilés via le système sanguin . C’est là que la bile, produite par le foie, se combine avec les enzymes produites par le pancréas et par l’intestin grêle. Les équidés ne possèdent pas de vésicule biliaire, et la bile s’écoule continuellement, ce qui constitue une adaptation à une alimentation lente et continuelle, mais aussi une raison supplémentaire de nourrir les chevaux par le biais de plusieurs petits repas. L'estomac des chevaux doit toujours avoir quelque chose à digérer.
Le cæcum et le côlon Le cæcum forme la première partie du côlon. Cet organe en forme de sac mesure environ de long et peut contenir entre (). L’intestin grêle débouche dans le cæcum, lieu de la fermentation par des micro-organismes, qui permet de transformer les fibres cellulosiques des plantes, ce qui prend environ sept heures. La matière fermentée qui résulte emprunte ensuite le côlon "Digestive Aids: Does Your Horse Need Them?." Equine Review.
Les micro-organismes du cæcum permettent de produire la vitamine K, des complexes de vitamine B, des protéines et des acides gras. La raison pour laquelle la modification de l’alimentation d’un équidé doit être progressive réside dans l’adaptation, nécessairement progressive, de ces micro-organismes à la structure chimique de sa nouvelle nourriture. Un changement trop brusque dans la nature de l’alimentation peut causer une colique, du fait que les nouveaux aliments sont improprement digérés.
Le grand côlon, le petit côlon et le rectum constituent le reste du gros intestin. Le grand côlon possède une longueur entre et peut contenir jusqu’à d’une mixture semi-liquide. Son rôle principal consiste à absorber les hydrates de carbone, qui ont été produits dans le cæcum à partir de la cellulose. En raison de ses circonvolutions, il est le lieu habituel d’un type de coliques, l’impaction. Le petit côlon mesure également entre de long, peut contenir jusqu’à , et constitue le lieu depuis lequel la majorité de l’eau est absorbée, ainsi que celle où les boules de matière fécale sont formées. Le rectum mesure environ , et agit comme une chambre de retenue du crottin, qui est expulsé du corps via l’anus.
Les nutriments Comme tous les animaux, les équidés doivent absorber, pour survivre, les cinq classes de nutriments que sont : l’eau ; l’énergie, sous forme de matières grasses ou lipides et d’hydrates de carbone ou glucides ; les protéines ; les vitamines ; les minéraux ou oligo-éléments Russell, Mark A. and Penny M. Bauer. "Nutritional Management for Horses" Publication AS-429, Purdue University Cooperative Extension..
Eau
L'eau représente 62 à 68 % du poids total d'un cheval, et est essentielle à la vie Kane, Ed. "What's new about water." Equus issue 359, August 2007, .. Les chevaux ne peuvent vivre que quelques jours sans eau, et deviennent dangereusement déshydratés lorsqu'ils ont perdu entre 8 et 10 % de l'eau dont ils sont naturellement constitués. De ce fait, il est particulièrement important pour les chevaux d'avoir accès à de l'eau à la fois fraîche, propre, et en quantité suffisante. Les abreuvoirs automatiques sont recommandés. Un cheval qui n'a pas d'eau à disposition en permanence doit être mené à boire trois fois par jour.
Un cheval moyen de boit de d'eau par jour. La consommation d'eau d'un cheval actif peut atteindre 70 l par jour. Il en absorbe davantage par temps chaud, s'il consomme du fourrage sec comme le foin, ou une grande quantité de sel, de potassium et de magnésium. Au contraire, les chevaux boivent moins par temps frais, s'ils se nourrissent dans une pâture d'herbage, qui contient un taux élevé en eau. Lorsqu'il s'agit d'une jument allaitante, ou d'un cheval au travail, les besoins en eau peuvent être multipliés par quatre . Malgré le fait qu'ils aient besoin de grandes quantités d'eau, les chevaux passent peu de temps à boire : habituellement au total 1 à 8 minutes par jour, divisées en 2 à 8 moments
L'eau joue un rôle important dans la digestion. Le fourrage et les céréales que les chevaux mangent sont mélangés dans la bouche avec de la salive pour créer le bol alimentaire, ou chyme, une sorte de pâte humide qui peut être plus facilement avalée. Ainsi, les chevaux produisent jusqu'à de salive par jour. Il est important que le cheval ait accès à de l'eau potable en quantité et qualité suffisante afin de prévenir des coliques dues à la compaction du bol alimentaire. Par temps froid les chevaux peuvent refuser de boire de l'eau très froide, il est préférable de la tempérer avant de leur en servir. Toujours pour éviter les coliques, si le cheval a eu chaud après un effort, il faut le promener au pas, puis ne lui donner l'eau que par petites quantités.
L'âne quant à lui exige de l'eau extrêmement propre, mais en quantités modérées (2 à 10 litres par jour). Il boit souvent beaucoup plus l'hiver par temps sec s'il est au foin que l'été en canicule à l'herbe.
Nutriments énergétiques et protéines
Les aliments source d'énergie sont les graisses, et les hydrates de carbone. La protéine constitue une brique élémentaire très importante pour la construction des fibres musculaires et celle d'autres tissus . Les chevaux qui suivent un entraînement soutenu, qui sont en pleine croissance, ou les juments qui sont enceintes ou allaitantes, doivent recevoir une alimentation plus énergétique et enrichie en protéines. Toutefois, un équidé recevant une alimentation trop riche en énergie, sans avoir suffisamment d'exercice, peut devenir trop fougueux et devenir très difficile à gérer Warren, Lori K. "Horse Feeding Myths and Misconceptions" Section de l'industrie équine, agriculture en Alberta, alimentation et développement rural.
Les graisses existent en faible quantité dans les plantes et peuvent être ajoutées pour augmenter l'apport en énergie du régime alimentaire. La graisse possède d'énergie par kg de masse, ce qui correspond à 2,25 fois plus que n'importe quel hydrate de carbone Mowrey, Robert A. "Horse Feeding Management - High-Fat Diets for Horses". from North Carolina Cooperative Extension Center.
Puisque les équidés ne possèdent pas de vésicule biliaire, pour stocker une grosse quantité de bile, cette dernière s'écoule en permanence directement depuis le foie dans l'intestin grêle. Aussi, bien qu'elle soit un aliment nécessaire, la graisse est assez difficile à digérer pour les équidés, et ce processus utilise la bile en grande quantité "Digestive System 2". Toutefois, les équidés sont capables de digérer une plus grande quantité de graisse que les camélidés. Les chevaux profitent d'une alimentation comprenant jusqu'à 8 % de graisse, mais une plus grande proportion n'apporte pas toujours un bénéfice concret. Les chevaux peuvent tolérer jusqu'à 15 à 20 % de graisse dans leur alimentation sans courir le risque de développer une diarrhée.