Auguste Chauvin, né le à Liège où il meurt le , est un peintre belge.

Également dessinateur, Auguste Chauvin est avant tout un peintre de scènes religieuses, de portraits, de compositions historiques et allégoriques, et de scènes de genre. Proche du romantisme dans ses compositions historiques, il reste fortement influencé par l'école de peinture de Düsseldorf, surtout dans ses scènes religieuses.

Né à Liège en 1810, le jeune Auguste s'installe avec sa famille dès 1816 à Aix-la-Chapelle. Il s'y forme pour devenir architecte, mais apprend également les bases du dessin et de la peinture chez Jean Baptiste Bastiné. Après avoir exercé comme maître-maçon durant quelques années, il renonce à cette carrière en 1831, décide de suivre sa vocation artistique et part étudier à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf auprès de Wilhelm von Schadow. De 1832 à 1841, il poursuit sa formation à Düsseldorf tout en officiant quelques mois par an comme peintre officiel de la cour de Neuwied.

En 1841, il revient à Liège, où un poste de professeur à l'Académie royale des beaux-arts lui est offert. C'est le début d'une longue carrière d'enseignant à l'Académie, que complète celle de directeur de cette même institution à partir de 1856. Il obtient sa mise à la retraite en 1880. Tout au long de sa carrière, il .

Biographie Jeunesse, formation et début de carrière artistique (1810-1841) Auguste Adolphe Chauvin, né le à Liège, est le fils aîné de Pierre Jean Jacques Chauvin, marchand chapelier, et d'Antoinette Piermont... Le couple a d'autres enfants, dont François Chauvin, né en 1812, qui est officier dans l'armée allemande et anobli après les guerres de 1866 et 1870 . En 1816, la famille s'installe à Aix-la-Chapelle, et le jeune Auguste y fait ses études à l'école primaire, au collège et enfin à l'école industrielle.. Peu après, il est attaché à ce dernier établissement en tant que professeur suppléant. C'est aussi à cette époque qu'il se forme, en compagnie d'Alfred Rethel, aux principes du dessin et de la peinture auprès de Jean Baptiste Bastiné.

Il devient architecte et pendant quatre ou cinq ans exerce le métier de , ou maître-maçon. Ce métier ne lui plaît pas et il décide finalement en 1831 de se rendre à Düsseldorf, pour y étudier à l'Académie des beaux-arts auprès de Wilhelm von Schadow.. Selon un article de 1865 du journal La Meuse, .

Chauvin continue sa formation à l'Académie de Düsseldorf, mais il doit, chaque année, quitter la ville durant quelques mois pour se rendre à Neuwied. De 1832 à 1841, il y travaille en tant que professeur de dessin du prince Maximilian zu Wied-Neuwied, puis comme peintre officiel de la cour, où, .

gauche|vignette|upright|Adieu entre Tobie et son père aveugle, 1836 (huile sur toile ; ), Düsseldorf, Museum Kunstpalast.|alt=Peinture représentant un vieillard aveugle qui bénit son fils agenouillé, devant une femme qui prie et un ange qui observe la scène.

Le peintre commence sa carrière artistique en 1836 avec la toile Adieu entre Tobie et son père aveugle. En 1840, il expose deux peintures au Salon d'Anvers, dont le tableau La Châtelaine ; épisode de la chasse au faucon. .

Durant les années qu'il passe à Düsseldorf, l'artiste tisse des liens d'amitié avec Alfred Rethel et Christian Köhler. Il organise aussi un voyage en Belgique, où il sert de guide pour Schadow, Köhler et quatorze autres peintres de l'école de peinture de Düsseldorf. . Enfin, il épouse Marie Wilhelmine Buschbeck (1819-1890) qui est originaire de Coblence, avec qui il a cinq fils.., dont le professeur de l'université de Liège et orientaliste Victor Chauvin (1844-1913)..

Carrière à l'Académie des beaux-arts de Liège (1841-1880) En 1841, il revient à Liège, où il est nommé professeur de dessin à l'Académie des beaux-arts. Commence alors une longue carrière professorale qui s'étend de 1842 à 1880. En 1855, il est nommé directeur de l'Académie à la suite du décès de Barthélemy Vieillevoye et occupe ce poste, en plus de celui de professeur, de 1856 jusqu'à 1880. Dans l'exercice de ses fonctions de professeur et directeur, il apporte . Lui sont également reconnus et la capacité d'.

En plus de sa carrière à l'Académie, il est membre de la commission directrice de la société pour l'encouragement des beaux-arts de 1846 à 1857., de la Commission provinciale des monuments et de la Commission de Perfectionnement de l’Enseignement des Arts du Dessin.. En 1856, il est également nommé directeur des collections de peinture de la ville de Liège, qui sont alors conservées dans la Halle aux Drapiers., fonction qu'il assume de même jusqu'en 1880.

vignette|upright|Une dernière entrevue des bourgmestres Beeckman et Laruelle, vers 1848 (huile sur toile ; ; photographie de 1960 du KIK-IRPA), Liège, musée de l'Art wallon.|alt=Peinture où l'on voit un homme assis à une table tenant un papier dans sa main droite, la tête légèrement tournée en arrière, vers un autre homme debout avec qui il semble discuter.

Malgré ses multiples tâches professorales et administratives, l'artiste expose régulièrement durant cette période. Au Salon de Bruxelles de 1845, il expose son tableau La mort de Moïse. En 1848, le peintre envoie cinq œuvres au Salon de Bruxelles, dont sa toile Une dernière entrevue des bourgmestres Beeckman et Laruelle qui lui permet d'obtenir une médaille en vermeil, son tableau La Fuite en Égypte qui et son Portrait du Père Henri Lacordaire. La critique se montre pourtant réservée, trouvant à l'artiste . et l'engageant . Au Salon de Bruxelles de 1851, il expose cette fois le Portrait du Baron Louis de Schiervel, conservé au Sénat. La même année, il participe aussi à l'exposition annuelle de la Royal Academy of Arts à Londres, où il envoie trois toiles, dont La Fuite en Égypte.

vignette|redresse|Portrait du Baron Louis de Schiervel, vers 1851 (huile sur toile ; ; photographie de 2005 de Jean-Luc Elias du KIK-IRPA), Bruxelles, Sénat.|gauche|alt=Un homme, le Baron Louis de Schiervel, portant des vêtements militaires pose assis.

L'exposition suivante de l'artiste n'a lieu que dix ans plus tard, lorsqu'il expose Le Banquet de Jupille au Salon d'Anvers de 1861.. L'absence d'expositions notables durant cette période est probablement liée à sa charge de travail à l'Académie, qui s'est grandement accrue à la suite du décès de Barthélemy Vieillevoye en 1855.. En effet, il est nommé en 1855-1856 à la direction de l'Académie (intérim jusque 1858, puis de façon définitive).. et des collections d'art communales, mais aussi professeur de dessin , de peinture et de composition historique (enseignement supérieur). En parallèle, il continue d'exercer l'intérim des cours de dessin et d'expression (enseignement moyen), qu'il enseigne depuis 1842 et où il n'est finalement remplacé qu'en par Charles Soubre....

Le retour du peintre se passe sans accroc : l'œuvre est bien accueillie par la critique de l'époque, et l'artiste est nommé Chevalier de l’ordre de Léopold à la fin du salon. Le Banquet de Jupille obtient d'ailleurs au Salon d'Anvers que, l'année suivante, le tableau en question., qui y est aussi bien reçu par la critique.

Les années suivantes, Chauvin recommence à exposer plus régulièrement : à l'Exposition universelle de Londres en 1862 ; au Salon d'Anvers en 1864, 1870 et 1873 ; au Salon de Gand en 1871 et 1874 ; et enfin au Salon de Bruxelles de 1875. La majorité des œuvres qu'il envoie à ces expositions sont des peintures religieuses, comme les Remords de Caïn, lArrivée de la Sainte Famille en Égypte, L'éducation de la Sainte Vierge, etc. Néanmoins, la production artistique de Chauvin s'est ralentie, ce que déplore le périodique Le Rasoir dans un article du : .

vignette|upright|Victor Lemaître, Auguste Chauvin, Directeur de l'Académie des beaux-arts de Liège, (caricature en première page du périodique Le Rasoir ), Liège, université de Liège.|alt=Caricature d'un homme barbu, le peintre Auguste Chauvin, assis sur une chaise tenant sa palette et ses pinceaux face à une toile dans une salle remplie de toiles d'araignées.

En 1930, le critique d’art et conservateur de musée Jules Bosmant dépeint l'artiste comme un qui , ce qu'indique déjà un article du journal La Meuse en 1865 : . En 1863, il est du reste envoyé à Stuttgart et Munich. . Tout au long de sa carrière, il .

Du côté allemand, l'artiste et critique d'art Ernst Joachim Förster, cité par Johannes Fey en 1897, estime que Chauvin . La se retrouve surtout dans la vie de famille de l'artiste, et se manifestent davantage dans son activité publique.

Dernières années (1880-1884) En 1880, Auguste Chauvin obtient sa mise à la retraite, annoncée en juin. et officialisée en octobre., . Il est aussi nommé directeur honoraire. Même à la retraite, il envoie encore au Salon de Gand de 1880 le tableau Moïse au Mont Sinaï , selon le critique d'art du journal La Meuse., et il présente trois toiles à l'Exposition historique de l'art belge organisée à Bruxelles du au . La même année il rédige une étude des peintres liégeois depuis 1830 (publiée en 1881), où il note qu'un album offert à l'impératrice allemande Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach contient un dessin de sa main, et il réalise des portraits de Joseph Lebeau (commande du gouvernement). et d'Hippolyte Cornet, bourgmestre de Chênée...

Auguste Chauvin meurt à Liège le .., d'un mal survenu peu de temps auparavant, comme le rappelle Prosper Drion durant les funérailles de l'artiste : . Les obsèques attirent , dont de nombreuses ainsi que . Le peintre est inhumé au cimetière de Robermont..

Œuvre Style et techniques artistiques vignette|upright|Portrait de Louis Jamme, 1874 (huile sur toile ; ; photographie de 1955 du KIK-IRPA), Liège, musée de l'Art wallon.|gauche|alt=Le bourgmestre de Liège Louis Jamme, élégamment vêtu, pose de trois quarts. Il tient un papier de la main droite et est appuyé contre un meuble.L'historien de l'art Paul Piron détecte chez Auguste Chauvin une et le perçoit comme . Serge le Bailly de Tilleghem, docteur en archéologie et histoire de l'art., le résume avec ces mots : . Dans l'ouvrage Un double regard sur 2000 ans d'art wallon, le même auteur retrace brièvement le parcours du peintre à l'académie de Liège où il .

Cette proximité avec le romantisme, surtout dans ses compositions historiques, est également mise en avant par Jacques Goijen ainsi que par Sibylle Valcke et Gaëtane Warzée. Les mêmes auteurs s'accordent aussi pour constater que le style de ses toiles bibliques est fortement influencé par l'école de Düsseldorf et pour reconnaître la qualité de ses portraits de grands bourgeois et de célébrités. L'historien de l’art et conservateur de musée Jacques Hendrick.. considère que .

La conservatrice du musée de l'Art wallon Liliane Sabatini, reprenant une remarque de l'artiste et docteur en histoire de l’art Guy Vandeloise., signale : . L'influence des mouvements romantiques et nazaréens sur l'artiste est aussi soulignée par l'historienne de l'art Séverine Livin dans le catalogue édité en 2001 lors de l'exposition Vers la modernité : le au pays de Liège.

Comme le résume un article du journal La Meuse en 1865, Auguste Chauvin est l'un des quelques artistes belges qui trouvent dans l'art allemand .

Portrait du père Henri Lacordaire (1848) vignette|upright|Portrait du Père Henri Lacordaire, 1848 (huile sur toile ; ; photographie de 1955 du KIK-IRPA), Liège, évêché de Liège.|alt=Un curé, le Père Jean Baptiste Henri Lacordaire, pose, dans ses habits ecclésiastiques, assis et tenant un livre à la main.Le modèle de cette peinture à l'huile n'est autre que Jean-Baptiste-Henri Lacordaire., célèbre prédicateur français qui séjourne en 1847 à Liège, où il donne une série de conférences à la cathédrale Saint-Paul entre le et le dans le cadre du carême. Il vient dans le but de .