Le loup, le renard, le lièvre est une chanson-type, existant en français ainsi que dans différentes langues d'oc, d'oïl. Comme toute chanson-type, elle désigne un ensemble de chansons partageant le même thème (sujet) ou des paroles proches. En raison de sa transmission orale, il est impossible de définir une version originale. Au début du , on retrouve cette chanson sous plusieurs noms, correspondant le plus souvent à l'ouverture de la version chantée, par exemple : J'ai vu le loup, le renard, le lièvre, (version en occitan) ou encore J'ai vu le loup, le renard et la belette, même si ces variantes ne sont pas nécessairement spécifiques d'une aire géographique donnée. Une version bretonne en langue française, La Jument de Michao, créée par Tri Yann, la plus récente, est devenue la plus populaire en France et consiste en un assemblage de deux chansons traditionnelles.

Presque toutes ces versions doivent leur popularité actuelle à des interprétations marquantes dans les années 1970, dans le cadre du renouveau folk : Mont-Jòia pour les versions occitanes, pour les versions cajun, Tri Yann pour les versions bretonnes, Malicorne pour une version uniquement instrumentale. Au début du , la chanson continue d'évoluer et se diffuse dans le monde entier. Par exemple les versions occitanes se retrouvent en Allemagne, au Danemark, ou au Québec, ainsi que la version bretonne la plus connue en Suisse ou aux Pays-Bas.

Les textes des versions bourguignonne, occitane et cadienne décrivent une intrusion dans une fête sexuelle. Certaines adaptations dans d'autres langues préfèrent transformer profondément le sens de cette scène. Certaines versions n'utilisent que deux vers de ce texte qu'elles insèrent dans une autre chanson pour servir de refrain.

J'ai vu le loup, le renard, le lièvre (Bourgogne) La chanson évoque la participation d'un paysan musicien à une fête de notables, peut-être un sabbat. Les notables sont discrètement désignés par des figures animales. Elle s'achève par l'invocation latine Miserere (ce mot seulement). Mélodiquement, c'est une reprise, une parodie du Dies iræ liturgique, parodie dont l'origine remonterait au dans le pays de Beaune (Bourgogne) et dont il existe de nombreuses variantes dans les régions françaisesHenri-Irénée Marrou, Livre des chansons ou Introduction à la connaissance de la chanson populaire française 1944.Jean Luc Tamby in Aux marches du palais, Romances et complaintes de la France d'autrefois, les chants de la terre Alpha 906.En témoigne la version normande : Mon père veut me marier...j'entends le loup, le renard et l'alouette chanter.. C'est également une comptine : « Les thèmes des chansons étaient naturellement nombreux. Ces chansons pouvaient exprimer par exemple la peur du loup ou, du moins, exorciser cette peurMichel Vernus, La veillée: Découverte d'une tradition, 2004 .. Il existe une version harmonisée pour chant à 1 ou 2 voix avec piano, effectuée au début du par le compositeur et musicologue Maurice Emmanuel (recueil : Trente Chansons bourguignonnes du Pays de Beaune) : c'est par cette harmonisation que cette chanson et d'autres titres du recueil se sont trouvés ensuite largement répandus. Toutes ces chansons avaient été initialement recueillies (collectées) par Charles Bigarne essentiellement (quelques-unes d'entre elles l'avaient été par Antonin Bourgeois et Charles Masson)Maurice Emmanuel, Trente Chansons bourguignonnes du Pays de Beaune, op. 15 (1913). Publication : Paris, Durand, 1917. Rééd. Durand, 2006 ; Catalogue des œuvres de Maurice Emmanuel.

Paroles Lexique ancien français et bourguignon

Ai vist lo lop, lo rainard, la lèbre (Occitanie) Version binaire Il semble que la version provençale, Ai vist lo lop, soit encore antérieure à celle de Bourgogne, elle pourrait remonter jusqu'au . Elle est au début du encore transmise en Occitanie sous la forme d'une comptine.. C'est la version la plus détaillée et la plus crue. Ici, ce n'est pas la participation mais le témoignage d'un paysan indigné par une fête secrète réservée à des notables. L'orgie est suggérée par la danse autour de l'arbre qui peut désigner un phallus et autour du buisson feuillu qui symboliserait la toison du sexe féminin. Le second couplet suggère la colère de ce paysan qui travaille dur, scandalisé par la débauche d'une élite sociale. Les termes choquent. Le peu d'argent gagné est trop rapidement "chié par le cul".

Paroles Traduction * travaillons ** nous le jetons, nous le dépensons

Adaptation danoise Une version très proche a été aussi popularisée au Danemark par le groupe Virelai fondé en 1999 sous le titre Jeg så en Ulv, en Ræv, en Hare. Mais dans cette version, la dimension sexuelle et l'injustice sociale ont disparu des paroles. Elles laissent la place à la magie d'une scène incroyable, des animaux qui dansent dans la neige.

Traduction

Version ternaire La chanson peut être chantée et dansée sous la forme d'une bourrée trois temps. Elle fait ainsi partie du répertoire commun. des musiciens de bal du Massif Central depuis le au moins. Au début du , elle continue à être jouée en bal traditionnel, par exemple par le chanteur hispano-occitan Guillaume Lopez et le duo Brotto-Lopez, ou Les musiciens de Saint-Julien. Les paroles sont quasiment identiques à la version binaire. Elles semblent avoir été simplement adaptées pour respecter la prosodie de la bourrée trois temps.

Paroles en occitan Traduction

La Jument de Michao (Bretagne) L'intégration dans le patrimoine breton s'est faite sous la forme d'une dizaine (décompte de 10 à 1 : c'est dans 10 ans… jusqu'à c'est dans 1 an…), connue en Haute-Bretagne, mais aussi ailleurs en France. Lors du renouveau folk des années 1970, la chanson a été enregistrée sous le nom La Jument de Michao ou le nom J'entends le loup, le renard et la belette, la première fois par le groupe folklorique Kouerien en 1973. L'interprétation faite par le groupe Tri Yann dès 1976. sur l'album La Découverte ou l'Ignorance a permis de médiatiser la chanson qui a été régulièrement reprise depuis lors.

On retrouve en fait dans la version popularisée par Tri Yann les paroles et les airs issus de deux chansons traditionnelles : J’ai vu le loup, le renard, la beletteBeaucoup de versions existent, citons par exemple . et une autre chanson connue sous le nom de La Jument de MichaudLà encore, beaucoup de version existent, citons .. Les chansons servaient de support aux branles de fonds ancien (tour, pilée menue) dans le pays vannetais-gallo.

Paroles

Le loup, le renard et la belette (Amérique du Nord)

Version cadienne Il existe des versions cadiennes (cajun) sans lien direct avec la version bretonne. Mais la mélodie est très proche. Ce J'ai vu le loup le renard et la belette comporte des couplets spécifiques. Ici encore, quelqu'un témoigne d'une fête secrète réservée à une élite sociale. La dimension sexuelle est présente, il s'agirait d'une orgie. La présence et sans doute l'exploitation d'un enfant choque le narrateur qui imagine le sien à sa place. La fin de la chanson suggère donc le viol sur un mineur.

Paroles

Version québécoise (Le loup, le renard, le lièvre) Il ne reste dans la version québécoise que deux vers. « J'ai vu le loup le renard le lièvre/J'ai vu le loup, le renard passer ». Ils sont chantés en tapant du pied pour faire danser. Ils peuvent être également couplés à une autre chanson pour servir de refrain, comme c'est le cas pour La Jument de Michao. Ainsi, il existe un couplage avec le texte de la chanson Derrière chez nous y a un étang. Également avec le texte de la chanson « En revenant de Saint-André ». Dans les deux cas, la mélodie reste la même, et la chanson s'intitule « Le loup, le renard, le lièvre ».

paroles

Notes

Références

Catégorie:Chant traditionnel Catégorie:Chanson bretonne Catégorie:Chanson québécoise Catégorie:Musique occitane Catégorie:Chanson danoise Catégorie:Chanson interprétée par Tri Yann Catégorie:Chanson interprétée par Nolwenn Leroy Catégorie:Loup dans la culture Catégorie:Chanson enfantine en français Catégorie:Chanson sur les animaux