Saint Maurille ou Maurile, Maurilius en latin († 1067) est un archevêque de Rouen.

Carrière ecclésiastique Maurille naît d'une famille nobleFrançois Neveux, La Normandie des ducs aux rois, Xe-XIIe s, Ouest-France, Rennes, 1998, lire en ligne. Les auteurs divergent sur le lieu de naissance de Maurille. Pour Orderic Vital, Maurille serait né à Mayence en Allemagne. D'autres lui donnent Reims ou le diocèse de Reims comme ville de naissance. Selon le père Maynard cité par François Pommeraye, il naît probablement à Reims de parents originaires de MayenceFrançois Pommeraye, Histoire des archevesques de Rouen, L. Maurry, Rouen, 1667, 254.. Louis Violette le dit originaire de LorraineLouis Violette, « Une étape décisive dans l’éveil des activités historiographiques au service du siège de Rouen: l’épiscopat de Maurille, moine de Fécamp » dans Tabularia « Études », , 2003, , 23 mai 2003..

Il fait ses premières études à Reims, et les poursuit à Liège. Il passe ensuite en Saxe où il est écolâtre de l’église d’Halberstadt. Souhaitant se retirer de la société, il se rend en Normandie, où il se fait moine à l’abbaye de Fécamp (avant 1030). Désirant davantage de solitude et de pénitence, il se retire pour tenter une vie érémétique en Italie, où il rencontre Gerbert, futur abbé de Saint-Wandrille. Il y est remarqué par le seigneur du pays, le marquis Boniface qui le désigne abbé de Sainte-Marie, à Florence. Il n'y restera que peu de temps, car en tentant de rétablir la règle, il se heurte à l’hostilité des moines, qui tentent de l'empoisonnerFrançois Pommeraye, Histoire des archevesques de Rouen, L. Maurry, Rouen, 1667, 255.. Il revient à Fécamp où il reprend sa vie de moine.

Archevêque de Rouen Au synode de Lisieux en 1055 qui dépose Mauger, le duc Guillaume le propose comme archevêque de Rouen.

Il dédicace en 1055 ou peu après la collégiale d'Auchy à la demande d'Adelaïde, comtesse d'Aumale. C'est sur conseil que Robert, comte d'Eu, fonde en 1059 l'abbaye Saint-Michel du Tréport. Il se voit restitués les droits sur l'archidiaconé du Vexin entre 1055 et 1062 par Gautier III de Vexin. Il cède à Raoul IV de Vexin de son vivant la terre de Gisors, domaine de la cathédrale, et qui reviendra sous son successeur en 1075.

Il conseille Anselme, élève de Lanfranc, qui porte des doutes sur sa vie de devenir moine du Bec, ce qu'il sera en 1060. En 1061, il préside à Caen un concile provincial pour mettre un terme aux guerres privées, la Trêve de Dieu y est imposée sous peine d’excommunicationJean Julg, Les évêques dans l'histoire de la France: des origines à nos jours, Éditions Pierre Téqui, Paris, 2004, 581 p., 82.. Maurille participe aux États généraux de Normandie à Lillebonne, où est prise la décision de l'expédition en Angleterre pour récupérer la couronne qui revenait de droit à GuillaumeFrançois Pommeraye, Histoire des archevesques de Rouen, L. Maurry, Rouen, 1667, 261.. Il consacre également les églises abbatiales de FécampJean-Maurice Barbé, Tous les prénoms, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1994, 506 p., 333 et le , celle de Jumièges.

Maurille et la cathédrale À son arrivée, il relance les travaux de la cathédrale de Rouen. Il achève le chantier ainsi que la reconstruction de la nef. Il est dit ériger une pyramide de pierre qui aurait porté son nomSelon François Pommeraye, elle était semblable aux clochers de Chartres, mais d'une dimension plus importante. Selon un manuscrit cité par Pommeraye, la pyramide était ornée de galeries et flanquée de quatre tourelles terminées en couronnes impériales. En 1117, la foudre tombe sur la pyramide.. Il procède à sa dédicace le La dédicace du est la seule connue que connaîtra la cathédrale dans toute son histoire., en présence du duc Guillaume. C'est à cette époque que sont transférés dans la cathédrale les corps de Rollon et de Guillaume Longue-Épée.

Il meurt le Marcel Driot, Le saint du jour, Médiaspaul Éditions, 1995, 383 p., 229. et est enterré en haut de la nef de la cathédraleJacques Le Maho, Cécile Niel, « Observation sur la topographie funéraire de la cathédrale de Rouen () » dans Inhumations et édifices religieux au Moyen Âge entre Loire et Seine, Publications du CRAHM, Caen, 2004, 97, 100. Il est raconté que Maurille est ressuscité, miracle rapporté dans l'histoire des archevêques du Livre d'ivoire, ainsi que d'autres manuscritsFrançois Pommeraye, Histoire des archevesques de Rouen, L. Maurry, Rouen, 1667, 262.. Saint-Maurille est le premier archevêque de Rouen dont le tombeau peut être localisé dans la cathédrale, près de la croisée de transept de la cathédrale actuelle, soit près de la cathédrale qu'il achève. Son tombeau est trouvé de manière fortuite en 1480 quand on creuse une tombe pour le cœur de l'ancien archevêque Guillaume d'Estouteville dans la cathédrale. La sépulture contenait une crosse de bois et des fragments d'une chasuble. Une épitaphe est alors rédigée par les chanoines. Une verrière le représente dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale.

Maurille est fêté le Nominis :Saint Maurille; Bienheureux-Maurille.html.

Notes et références

Sources

Annexes Bibliographie François Pommeraye, Histoire des archevesques de Rouen, Laurens Maurry, Rouen, 1667, 254-264. Achille Deville, Tombeaux de la cathédrale de Rouen, Nicétas Périaux, Rouen, 1833, 204-205. Jules Thieury, Armorial des archevêques de Rouen, Imprimerie de F. et A. Lecointe Frères, Rouen, 1864, 47-48. M. de Boüard, « Notes et hypothèses sur Maurille moine de Fécamp, et son élection au siège métropolitain de Rouen » dans L'abbaye bénédictine de Fécamp, Fécamp, 1959. .

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