La wilaya de Béjaïa (en kabyle : Tasga n Vgayet ; en berbère standard algérien : , ; en arabe : ) est une wilaya algérienne, située au nord est du pays, dans la région de la Kabylie sur sa côte méditerranéenne. Elle est divisée administrativement en et . Son chef-lieu est Béjaïa..
La wilaya de Béjaïa a une superficie de . La population résidente telle qu'évaluée lors du recensement de 2008 est de .
Géographie Localisation La wilaya de Béjaïa est située au nord est de l'Algérie, dans la région de la Kabylie. Elle est délimitée : à l'ouest par les wilayas de Tizi-Ouzou et Bouira ; au sud par les wilayas de Bouira et Bordj-Bou-Arreridj ; à l'est par les wilayas de Sétif et Jijel; au nord par la mer Méditerranée.
Chaîne côtière thumb|alt=Paysage littoral rocheux|Le site préservé des Aiguades, dans le parc national de Gouraya. La zone côtière longue de plus de , alternant criques rocheuses et plages de sable fin d’est vers l’ouest. La côte est s'étend de l'embouchure de la Soummam à celui d'Agrioun. Cette bande côtière, retardée au niveau des villages de Tichy et d'Aokas, étroite (200 à mètres) et principalement composée de terre sablonneuse du fait de la pression maritime proche. La côte ouest s'étend de Cap Carbon jusqu'à Cap Sigli, cette bande côtière est escarpée.
Massif central left|thumb|Montagnes à proximité de Béjaïa. thumb|alt=Lac bordé de forêts|Les rives boisées du Lac Noir, Adekar La wilaya de Béjaïa est située entre les grands massifs du Djurdjura, des Bibans et des Babors, les de la région sont répartis avec une grande diversité en ce qui concerne son relief et ses ressources, la verdure occupe environ hectares de la surface totale de la région, les forêts sont assez denses, elles occupent la majeure partie du territoire car elles ont à elles seules soit 38 % de la superficie totale de la wilaya. Le fait qu’il y ait une multitude de montagnes dans la région fait que les villages soient cachés dans les vallées et les plaines de la côte, en effet, elles occupent plus de la moitié du territoire, il y a par exemple au nord le grand massif du Bouhatem et le Massif du Djurdjura, le sud est surplombé par le Massif du Bousselam et les Babors et en plein milieu de la région se trouve la vallée de la Soummam, qui sépare les montagnes.
Hydrographie thumb|Cascades de Kefrida, dans la commune de Taskriout
Faisant partie d'une région côtière assez arrosée, la wilaya de Béjaïa est traversée par plusieurs fleuves drainant les eaux superficielles de ruissellement vers la mer, les fleuves les plus importants sont : La Soummam : L'Agrioun : Le Djemaa : Le Dass :
Climat Comme toutes les régions du littoral algérien, la wilaya de Béjaïa bénéficie d'un climat tempéré avec un hiver doux caractéristique des zones méditerranéennes avec une température de en moyenne. La période estivale, rafraîchie par les vents marins, présente une température moyenne de environ.
Sur les hauteurs, le climat est beaucoup plus rude, avec parfois des températures négatives et une neige abondante l'hiver et des étés chauds, dans la vallée de la Soummam, couloir de passage du sirocco, la pluviométrie est de l'ordre de . Elle est parmi les régions les plus arrosées d'Algérie.
Démographie
Histoire Période numido-romaine Comme toute l'Afrique du Nord, cette région possède une population autochtone, depuis l'antiquité ou des traces de la présence humains furent trouvées dans la région de Bejaia, cette population est berbère amazigh.
Elle fut pour longtemps une ville du royaume de la numidie Massyle, et ensuite de la numIdie Massaessyle, où elle était un des centre de la production de monnaie. (Boukhiar et al., 2024).
Rome se mêle en Afrique du nord los des guerres puniques entre les royaumes numides contre Carthage. Celle-ci vaincue, les royaumes de Numidie puis de Maurétanie sont progressivement assujettis et finalement annexés en tant que provinces. À l'ouest, sur les pourtours du (la « montagne de fer », généralement identifiée au Djurdjura), pays des , sont établies d'autres colonies : sur la côte, à (Béjaïa) et Rusuccuru ; vers l'intérieur, entre ces deux derniers ports, le long de la voie qui sur l'itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger passe par la vallée de la Sava (Soummam), à Thubusuptu (Tiklat). Elles relèvent de la Maurétanie « césaréenne », administrée depuis Caesarea.
thumb|left|Mausolée d'Akbou (dessin de Stéphane Gsell). Dans l'ensemble, les villes, qu'elles soient colonies ou simples municipes, restent dans la région relativement peu nombreuses et les montagnards berbères relativement peu perméables à la romanité dont elles sont les foyers. Il y existe pourtant un christianisme actif, de l'expansion duquel témoignent ce qui subsiste la présence à la même époque d'évêchés à Saldae. La Kabylie paraît même avoir été un des hauts-lieux du donatisme, mouvement religieux sur lequel le général rebelle Firmus tenta de s'appuyer lors de la révolte qu'il conduisit au contre les légions.
Les moyennes montagnes de Kabylie, atteste, au travers de ses ruines et de ses mosaïques remarquablement préservées, de la vie florissante d'une colonie animée par une oligarchie locale prospère.. À Akbou, subsiste un mausolée haut de , probablement construit au milieu de ses terres pour un grand notable. Les récits des auteurs latins relatent l'alternance de replis défensifs et d'expansions sur les plaines des guerriers montagnards, qui forcent régulièrement les colons à se réfugier derrière les fortifications des cités. Le pouvoir de Rome se heurte à plusieurs reprises à de vives résistances, de Tacfarinas, tué en l'an 24 sous les murs d'Auzia, jusqu'à Firmus et Gildon, tous deux fils d'un grand chef tribal des Bibans. L'invasion des Vandales, qui atteignent la Kabylie en 429-430, ne rencontre guère d'opposition dans une population où beaucoup l'accueillent sans doute comme la fin de l'oppression romaine. Sur les débris de l'ordre impérial, leur royaume (439–534), qui inclut Saldae et ses environs, Saldae est la capitale du puissant royaume germanique, qui laisse se constituer dans son arrière-pays, parmi les Berbères alors appelés « Maures », des principautés pratiquement indépendantes. Les Byzantins, sous Justinien, parviennent à reprendre le contrôle d'une partie de l'Afrique du Nord. Cependant, ils suscitent l'hostilité des Maures et leur pouvoir reste d'une grande fragilité.
Période de l'islamisation de l'Afrique du Nord En 647, les cavaliers arabes et musulmans mènent leurs premières razzias en Ifriqiya.. À l'ouest, dans les montagnes qui entourent Saldae (Béjaïa), l'opposition à laquelle ils se heurtent est telle qu'ils baptisent la région , « l’ennemie ». Ici, comme ailleurs sous l'impulsion de chefs tels que Koceila ou la Kahena, les tribus berbères, résistent pendant plusieurs décennies avant que le califat omeyyade, en 710, puisse faire du Maghreb entier une de ses provinces. Comme ses prédécesseurs, le nouveau pouvoir pèse d'abord sur les populations citadines. Cependant, la religion des conquérants musulmans progresse rapidement.. Le souci d'échapper à l'inégalité juridique et fiscale qui frappe les non-musulmans (dhimmis) joue sans doute un rôle important dans les conversions à l'islam ; il peut aussi y entrer, comme auparavant dans l'adhésion au donatisme, une composante de protestation sociale..
En 740, des tribus autochtones se révoltent contre la politique fiscale et la traite des esclaves conduites par les représentants de Damas. ; de l'Atlas marocain jusqu'à la Libye, les armées berbères rassemblées au nom de l'égalitarisme kharidjite reconquièrent sur les troupes du calife sunnite la plus grande partie de l'Afrique du Nord, d'où la présence arabe disparaît pour un temps.. vignette|220x220px|Ruines d'aqueduc romain à Toudja. En Kabylie, la période du voit se côtoyer, sur un territoire qui s'étend alors de Cherchell à Annaba et de la Méditerranée aux premières montagnes sahariennes, trois groupes de tribus berbères aux dialectes proches et généralement alliés : à l'est de la Soummam, les Ketamas ; à l'ouest de Dellys, les Sanhadjas ; entre eux, les Zouaouas. Les Ketamas, après avoir fait bon accueil aux prêches millénaristes du dai ismaélien Abu Abd Allah, soutiennent la constitution, au début du , du califat chiite des Fatimides. Au service de cette cause, ils font la conquête de l'Ifriqiya, puis de l'Égypte.. En 969, ils y fondent (Le Caire) et la mosquée Al-Azhar.. Une fois établis en Égypte, les Fatimides laissent aux Zirides, famille alors à la tête de la confédération sanhadja, la charge de défendre le Maghreb contre les tribus zénètes, alliées du califat de Cordoue. La nouvelle dynastie s'installe en Ifriqiya. Par la suite, sa branche hammadide s'en détache et prend le contrôle du Maghreb central, qu'elle place en 1015 sous l'obédience abbasside. En 1048, à leur tour, les Zirides d'Ifriqiya reconnaissent la légitimité du califat de Bagdad et rompent avec le chiisme.. En représailles, les Fatimides envoient les Arabes Beni Hilal au Maghreb, qu'ils leur donnent en fief..
En 1067, pour mieux se protéger des attaques hilaliennes, mais aussi mieux tirer parti d'une évolution des échanges favorable au commerce méditerranéen, les Hammadides construisent sur le site de Saldae la ville de Béjaïa. Ils y déplacent leur capitale, précédemment établie à la Kalâa des Béni Hammad, fondée soixante ans plus tôt dans le Hodna. Pour relier les deux cités est construite une route encore appelée de nos jours , « l'itinéraire du roi ».. Entretenant avec l'Europe des relations commerciales soutenues., centre politique du « royaume de Bougie », Béjaïa, qui acquiert le surnom de « perle de l'Afrique », est aussi un foyer de savoir et de culture dont le rayonnement s'étend à l'échelle de la Méditerranée, rivalisant avec Cordoue. C'est à travers elle, par l'intermédiaire du mathématicien italien Fibonacci, venu y étudier, que les chiffres arabes et la notation algébrique sont diffusés en Europe.. C'est aussi un centre religieux de premier plan, « la petite Mecque de l'Afrique du Nord », lieu de résidence de nombreux savants et mystiques. Certains deviennent des saints vénérés par la population locale, comme Sidi Boumédiène, dont le nom est encore honoré dans le Maghreb contemporain. Cependant, la tolérance envers les non-musulmans est réelle, comme en témoigne la correspondance du sultan hammadide. C'est à proximité de Béjaïa que se rencontrent vers 1120 Abdelmoumen, alors jeune étudiant dans la cité, et Ibn Toumert, réformateur religieux qui en a été expulsé, dont il devient le disciple avant de prendre à sa suite la tête du mouvement almohade.. Parti de « l'extrême Maghreb » (l'actuel Maroc), il s'empare de Béjaïa en 1151 et défait les Arabes hilaliens l'année suivante près de Sétif.. Renversant les royaumes en place, la dynastie qu'il fonde rassemble sous une autorité unique le Maghreb et une partie de la péninsule Ibérique..
Dans la seconde moitié du , l'empire almohade s'effondre à son tour et laisse la place à une tripartition du Maghreb entre Mérinides (Maroc actuel), Zianides (Maghreb central) et Hafsides (Ifriqiya). L'espace compris entre Béjaïa, dans l'orbite du pouvoir hafside de Tunis, et Dellys, jusqu'où s'étendent depuis Tlemcen les possessions zianides, devient enjeu de rivalités entre les deux royaumes. Au cours des deux siècles suivants, les États maghrébins, en conflit permanent, font venir en renfort tantôt des mercenaires européens, tantôt les tribus arabes, jusque-là cantonnées plus au sud. De plus en plus affaiblis par leurs rivalités et les batailles de succession internes, ils finissent par laisser se constituer dans les villes principales des centres de pouvoir pratiquement autonomes, tandis que les campagnes sortent de tout contrôle..