est une des chambres de rhétorique de la ville de Bergues (Sint-Winoksbergen en néerlandais).
Historique
vignette|droite|Le blason de la chambre de rhétorique , lors des jeux de Gand en 1539.
Le , des sociétés appelées « les compagnons de la rhétorique » provenant de dix villes. venaient jouer à Oudenburg ; parmi eux, ceux de Bergues..
(« Monsieur le Rouge [?] et sa compagnie ») jouait également lors des festivités à l'occasion de la naissance de Charles Quint, en 1500, et (« le titre des rouges [?] et des hors de soi ») le fit aussi à l’occasion de la joyeuse entrée de Philippe le Beau, la même année. ont joué une pièce sur sainte Anne le jour de saint Jacques. La même année, la compagnie (« Monsieur le Rouge [?] ») participa avec deux autres sociétés de rhétoriciens de Bergues au concours organisé dans le cadre de la procession du Saint-Sang de Bruges en 1517. La (la « rhétorique des Rougeâtres [?] de Bergues ») ont participé, en 1519, à un concours à Nieuport dans le cadre de la procession du sacrement. Une chambre de Bergues participa également au concours du de Gand en 1539, sous la dénomination (« Les Rougeâtres [?] ou les Baptistes »), où le rhétoricien de Bergues, Pierre Huys, remporta le second prixAnne-Laure van Bruaene, Het Repertorium van rederijkerskamers in de Zuidelijke Nederlanden en Luik 1400-1650 (Le Répertoire des chambres de rhétorique des Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège 1400-1650), [En ligne], [s. d.], réf. du . [www.dbnl.org].Benjamin Hendrik Erné et Leendert Meeuwis van Dis, De Gentse Spelen van 1539, 2 vol., La Haye, Martinus Nijhoff, 1982, ., consistant en trois cannes ou hanaps en argent du poids de six marcs de Troyes. Lorsque, quelques mois plus tard, un recueil des moralités jouées au fut imprimée et répandue dans tous les anciens Pays-Bas, les inquisiteurs de la foi s'aperçurent avec effroi que ces moralités fourmillaient de principes hérétiques et dénoncèrent le livre à l'empereur Charles Quint, qui en défendit la vente et la lecture par un édit du mois de septembre 1540Isidore Lucien Antoine Diegerick, « Notes sur les chambres de rhétorique de la Flandre maritime (1517-1551) », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, ..
De toute évidence, il y avait une collaboration intense entre les chambres De Royaerts et Wild van Zinnen.
Bien que les comptes de la ville de Bergues du début du mentionnent de nombreux « seigneurs », « évêques », « papes », « cardinaux » et « titres », seulement trois compagnies ont évolué vers de vraies chambres de rhétorique.
– vignette|droite|Les blasons des chambres de rhétorique de Loo et de Bergues, la chambre de Bergues ayant entretemps adopté la devise (« L'unité fait la force »).
Après un siècle d'interruption depuis les défenses émanées du duc de Parme, en 1584, le , un règlement fut approuvé par la municipalité de Bergues rédigé à l'effet de la reconstitution de l'ancienne rhétoriqueDésiré Carnel, « Les sociétés de rhétorique et leurs représentations dramatiques chez les Flamands de France », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, ..
La chambre de rhétorique d'Ypres, , confirma le les modifications apportées au règlement et fit allusion, dans l'octroi, à la constitution des Baptistes le (nouveau style), dont la présente chambre fut apparemment considéré comme étant la successeurPhilip Blommaert, « », Belgisch museum voor de Nederduitsche tael- en letterkunde en de geschiedenis des vaderlands (réd. Jan Frans Willems), , Gand, Maatschappij tot Bevordering der Nederduitsche Taal- en Letterkunde, 1838, .. La même année, elle sera qualifiée de , leur devise étant (« Agitation en plaisir, mise sous la protection de Marie de l'Assomption à Bergues-Saint-Winoc »)Jean Joseph Carlier, « Les armoiries des anciennes institutions religieuse, féodales et civiles des Flamands de France », Annales du Comité flamand de France, , Dunkerque, Comité flamand de France, 1850, .. La chambre, ayant pris le nom de Royaerts, apporta une modification à son blason : devant saint Jean Baptiste agenouillé, on plaça une croix rouge avec l'inscription « Royaerts » et on entoura le saint et la croix d’une espèce de palissade en or. Le , le blason de la chambre de rhétorique de Bergues fut enregistré par d'Hozier de cette manière : d'argent, à une large croix couchée de gueules et entortillée au pied d'un écriteau d'argent, le tout sur une terrasse de sinople polissée en rond d'orIsidore Lucien Antoine Diegerick, « Notes sur les chambres de rhétorique de la Flandre maritime (1517-1551) », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, ..
Quelques événements particuliers de l'histoire de cette chambre, survenus au , méritent d'être mentionnés. C'est une époque à laquelle les chambres de rhétorique s'occupent beaucoup du théâtre français, porté à la scène en traduction néerlandaise.
Dans le répertoire de cette chambre apparut le drame de la Passion, , du rhétoricien bruxellois, Jan Jacob de Condé, dont le texte avait paru à Anvers en 1651 et à Bruxelles en 1683. Antoon Frans Cuvelier le refondit, l'appropriant au théâtre des en 1742 ; la pièce fut approuvée par le doyen de l'église cathédrale de Saint-Martin d'Ypres le La pièce est publiée en 1651 à Anvers, et non en 1615, comme le prétend Carlier dans la Bibliographie des Flamands de France, Annales, vol. 1, Dunkerque, Comité flamand de France, 1854, ..
Deux dignitaires des Royaerts, Servois et De Breyne, se sont particulièrement distingués. L'avocat Servois traduisit en vers néerlandais la tragédie de Tancrède par Voltaire, imprimée à Gand en 1785Désiré Carnel, « Les Sociétés de rhétorique et leurs représentations dramatiques chez les Flamands de France », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, ., pour le grand concours de tragédie que la guilde de Bergues offrit en 1786 à ses sœurs des villes voisines et de l'étrangerIsidore Lucien Antoine Diegerick, « Notes sur les chambres de rhétorique de la Flandre maritime (1517-1551) », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, .Louis de Baecker, Les Flamands de France : études sur leur langue, leur littérature et leurs monuments, Gand, L. Hebbelynck, 1850, .. L'autre traduisit Hamlet et Romeo et Juliette de Ducis.
À ce combat théâtral se rendirent les sociétés de Roesbrugge, les et les de Bailleul, les de Gand, les de Courtrai, les de Hondschoote, les de Steenvoorde, la chambre de Menin, les de Houtkerque, la chambre de Furnes, les de Poperinge et la chambre d'Izenberge. C'est la société de Courtrai qui remporta le premier prix. Celui-ci consistait en un étendard aux armes de la ville et de la châtellenie de Bergues et était de la valeur de trois cents livres, le deuxième fut remporté par la société de Furnes, le troisième, par celle de Steenvoorde, le quatrième par celle de Hondschoote et le cinquième par celle de Bailleul, à qui fut encore décerné le premier prix de comédieLouis de Baecker, Les Flamands de France : études sur leur langue, leur littérature et leurs monuments, Gand, L. Hebbelynck, 1850, ..
La même année, les se rendirent au concours de Menin, représentant Pyrrhus. Ses acteurs furent si habilles, qu'ils disputèrent à ceux de Courtrai le premier prix de tragédie ; mais ils succombèrent et durent se contenter de la seconde palme.
L'année suivante fut pour eux l'occasion d'une victoire égale à celle de Gand en 1539. À Audenarde, après avoir entendu la messe, le matin, à l'église des Capucins, le soir, ils remportèrent un triomphe qui, dans la Mort de César et le Barbier de Séville, fut tel, que le magistrat leur décerna une médaille d'honneur, en outre des deux prix de tragédie et de comédie qu'ils avaient remportés. Ils avaient eu dix-sept concurrents, dont deux de Gand et un de Menin, de Grammont et de RoulersJean Joseph Carlier, « Les armoiries des anciennes institutions religieuse, féodales et civiles des Flamands de France », Annales du Comité flamand de France, , Dunkerque, Comité flamand de France, 1850, ..
Lorsque les rhétoriciens firent leur entrée dans Bergues, leurs confrères avec les sociétés de Saint-Georges, de Saint-Sébastien et de Sainte-Barbe, précédés de la musique du régiment de Brie, allèrent à leur rencontre et, tous ensemble, s'acheminèrent, aux sons du carillon et des cloches du beffroi, vers le , où le magistrat complimenta les vainqueurs et leur offrit le vin de l'amitié.
Encore en 1804, les de Bergues accueillirent dix guildes rhétoriciennes pour un concours théâtralDésiré Carnel, « Les sociétés de rhétorique et leurs représentations dramatiques chez les Flamands de France », Annales du Comité flamand de France, , tome 5, Lille, Comité flamand de France, 1860, ..
Quelques œuvres des rhétoriciens de Bergues sont recueillies dans un volume in-8° de 252 pages, imprimé chez Barbez à Bergues en 1810, et tiré seulement à seize exemplaires, sous le titre (Recueil des réponses aux concours).
La société littéraire, que représentait cette chambre, fut dissoute en 1830 pour des causes dont l'origine réside dans le coup d'état qui mit fin au royaume uni des Pays-Bas, engendrant la discorde parmi les membres. Sa bibliothèque fut dispersée, mais le juge de paix Wyts et l'imprimeur Barbez en seraient les principaux héritiersPhilip Blommaert, « », Belgisch museum voor de Nederduitsche tael- en letterkunde en de geschiedenis des vaderlands (réd. Jan Frans Willems), , Gand, , 1838, ..
Ressources Notes et références
Articles connexes Chambre de rhétorique ; Landjuweel ; La chambre de rhétorique De Avonturiers (Warneton) ; La chambre de rhétorique De Baptisten (Bergues) ; La chambre de rhétorique Het Bloemken Jesse (Middelbourg) ; La chambre de rhétorique Den Boeck (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Corenbloem (Bruxelles) ; Eerste Nederduytsche Academie (Amsterdam) ; La chambre de rhétorique De Egelantier (Amsterdam) ; La chambre de rhétorique De Fonteine (Gand) ; La chambre de rhétorique De Gheltshende (Bailleul) ; La chambre de rhétorique De Lelie (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique 't Mariacransken (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Olijftak (Anvers) ; La chambre de rhétorique De Ontsluiters van Vreugde (Steenvoorde) ; La chambre de rhétorique De Persetreders (Hondschoote) ; La chambre de rhétorique Sainte-Anne (Enghien) ; La chambre de rhétorique Saint-Michel (Dunkerque) ; La chambre de rhétorique De Violette (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Violieren (Anvers) ; La chambre de rhétorique De Witte Angieren (Haarlem).
Catégorie:Littérature médiévale Catégorie:Littérature néerlandaise Catégorie:Littérature dans les Hauts-de-France