Joseph Wenzel Radetzky von Radetz, couramment appelé comte Joseph Radetzky, né le au château de Trebnitz (aujourd'hui Třebnice) près de Sedlčany (actuelle République tchèque) et mort le à Milan, est un maréchal autrichien originaire de Bohême.

Commandant en chef de l'armée autrichienne en Lombardie-Vénétie, il est chargé du rétablissement de l'ordre à la suite des révolutions de 1848 qui ébranlent l'empire d'Autriche. Il mène plusieurs batailles en 1848 et 1849 (Santa Lucia, ; Vicence, ; Custozza, ; Mortara et Novare, ). L'émigré français Georges de Pimodan y est son aide de camp.

Il est, avec Edmond de Schwarzenberg et Alfred de Windisch-Graetz, l'un des principaux artisans de la répression des révolutions de 1848 dans l'empire d'Autriche.

Il inspire Johann Strauss Père pour sa Marche de Radetzky exprimant la jubilation de la noblesse autrichienne d'avoir sauvegardé ses privilèges, marche aujourd'hui encore interprétée chaque année en clôture du Concert du nouvel an à Vienne, ainsi que Joseph Roth pour son roman La Marche de Radetzky.

Biographie

Origines et formation Joseph Radetzky est né en Bohême du Sud, dans le château hérité du comte Pierre-Eusèbe Sedlčany, alors connu sous le nom allemand Trebnitz, dans le district de Tábor. En 1776, orphelin de mère, morte en couches, et de père, il est confié à son grand-père, Wenzel Léopold Johann Radetzky, premier comte depuis le . Son oncle dilapide une grande partie de sa fortune et avec ce qu'il reste, de 1781 à 1784, Joseph part faire ses études à Brno puis à Vienne, au Theresianum (académie pour les jeunes nobles créée par l'impératrice Marie-Thérèse). Étudiant peu brillant, il se passionne uniquement pour l'histoire, avec une particulière prédilection pour Justinien et Louis XIV.

À dix-huit ans"Revue Militaire Suisse", op. cit., le , il est admis comme cadet dans le régiment des cuirassiers Caramels (puis ) stationné à Gyöngyös. Il participe, de 1787 à 1791, à la guerre austro-turque en qualité d'officier.

Période napoléonienne Première coalition thumb|left|L'Europe centrale après le traité de Campo-Formio.

En 1793, dans la suite du feld-maréchal prince Josias de Saxe-Cobourg, il prend part à l'infructueuse campagne de Hollande qui conduit à la proclamation de la pro-française République batave. Il se distingue lors des batailles d'Arlon et de Charleroi où il mène une colonne de cavalerie à travers les lignes ennemies. En 1795, il combat sur le Rhin.

La vraie grande occasion a lieu en 1796, quand il entre au service de Beaulieu, comme aide de camp, pendant les campagnes d'Italie contre Napoléon Bonaparte. Il le rejoint, probablement, après que la ligne s'est retirée à Mantoue et le Mincio. Cette campagne dite de Mantoue, commencée par Beaulieu et poursuivie par Dagobert Sigmund von Wurmser, voit les Autrichiens connaître de nombreux échecs, ce qui ne permet pas le dégagement de la forteresse de Mantoue, assiégée par les Français. C'est cependant à Valeggio, que Radetzky se distingue quand, avec quelques hussards, il sauve Beaulieu.

En , Radetzky est récompensé par sa nomination au grade de major et son transfert dans le nouveau corps des pionniers, engagés dans les travaux de fortification à Gradisca et sur l'Isonzo. Les choses en Italie, en fait, se présentent mal, avec la perte de Mantoue et la percée des Français vers la Vénétie (Pâques véronaises).

Début avril 1797, l'armistice est signé à Judenburg, suivi le des préliminaires de paix de Campo-Formio et du congrès de Rastatt : l'Autriche obtient Venise mais renonce à l'Italie, ainsi que l'Istrie et la Dalmatie. Elle reconnaît la République cisalpine. La France annexe les provinces belges (Pays-Bas autrichiens) et repousse sa frontière sur le Rhin. Reviennent également à la France les Îles Ioniennes, Corfou, Zakynthos et Céphalonie.

Seconde coalition En 1799, profitant de l'absence de Napoléon, engagé dans la campagne d'Égypte et de la destruction de la flotte française à Aboukir, l'Autriche, la Russie et le Royaume-Uni attaquent les Français en Allemagne, Suisse et Italie. Radetzky conduit le corps des pionniers de l'Armée d'Italie. Ses services sont appréciés par le commandant feld-maréchal Melas qui, en avril, en fait son assistant. Le de la même année, il est promu lieutenant-colonel et aide général de feld-maréchal.

Les 17 et , il montre ses capacités et son courage à la Trebbia, puis à Novi et enfin près de Genola. Le , il est promu au grade de colonel. Pour sa conduite au cours de la décisive bataille de Novi, qui oblige les Français de Joubert à abandonner les républiques jacobines italiennes, Radetzky reçoit le titre de chevalier de l'ordre militaire de Marie-Thérèse.

L'année suivante, en 1800, il conduit les troupes d'assaut (Sturmtruppen) à Viareggio. Le , il participe à la bataille de Marengo au cours de laquelle les Autrichiens subissent une défaite cuisante des Français. C'est cependant l'occasion pour le lieutenant-colonel Radetzky de se mettre en valeur. Il donne une nouvelle démonstration de son courage, il reçoit cinq balles et perd son cheval. Plus important encore, on remarque sa tentative, la veille, d'obtenir des modifications au plan de bataille suggéré par le « scientifique » von Zach. Ainsi, à la suite de la catastrophe, Melas est remplacé par Bellegarde et Radetzky reçoit un ordre de transfert : assistant à l'état-major et commandant du régiment de cuirassiers Prince Albert von Sachsen-Teschen.

En septembre, il rejoint l'armée en Allemagne, juste à temps pour une autre grande défaite autrichienne infligée, cette fois, par Moreau, lors de la bataille de Hohenlinden. Encore une fois, Radetzky est blessé, cette fois au pied gauche, et perd son nouveau cheval.

La défaite autrichienne se conclut en février 1801 par le traité de Lunéville, confirmant les conditions de Campo-Formio.

Il y a peu d'informations sur la carrière de Radetzky au cours des quatre années de paix suivantes, et les registres militaires n'indiquent aucune promotion ou avancement.

Troisième coalition

En 1805, en marche vers Ulm, à l'Ödenburg, il reçoit la nouvelle de sa promotion au grade de major général et l'affectation à un commandement en Italie, sous les ordres de l'archiduc Charles. Il est présent lors de la sanglante défaite autrichienne à Caldiero.

Radetzky a la chance de ne pas être présent à Ulm lorsque l'armée autrichienne est encerclée et contrainte à la reddition. Cette situation oblige l'archiduc Charles à se retirer vers la Hongrie pour rejoindre les Russes. Mais Napoléon est plus rapide, le , il engage la bataille à Austerlitz. Les forces russes et autrichiennes sont anéanties. Pendant la campagne, cependant, Radetzky obtient le grade de brigadier général.

Avec la paix de Presbourg du , l'Autriche cède au royaume d'Italie la Vénétie tandis que le Tyrol et Vorarlberg passent à la Bavière. L'Autriche connait alors un nouveau gouvernement, où se trouve le ministre des Affaires étrangères von Stadion, qui doit créer les conditions pour la reprise de la guerre contre Napoléon. En parallèle, l'archiduc Charles et l'archiduc Jean-Baptiste réforment l'armée, notamment avec la mise en place, en 1808, du service militaire obligatoire.

Lors de cette nouvelle période de paix, les registres militaires ne mentionnent pour Radetzky ni promotion, ni avancement. D'autres sources signalent, plutôt, qu'il se consacre à l'étude et à l'enseignement des sciences de la guerre mais sans prendre de congé.

Cinquième coalition thumb|right|200px|L'archiduc Charles

En 1809, Napoléon est engagé pour la deuxième année consécutive à la répression du soulèvement espagnol. Von Stadion pense que le temps est venu pour la reprise des hostilités et convainc l'empereur de la reprise des combats. Cependant, l'Autriche est seule car la Prusse est sous occupation française, la Russie est alors un allié de la France et le Royaume-Uni est engagé en Espagne.

Radetzky est affecté au corps d'armée, avec qui il reste pendant toute la campagne. C'est une longue retraite face aux troupes françaises, qui entrent par la Bavière et se dirigent vers Vienne. Radetzky combat encore une fois avec distinction, près de Braunau, en tant que commandant de l'avant-garde, puis à Seligenstadt. Le , il est signalé pour avoir sauvé, par une manœuvre habile, une entière division, au cours de la retraite vers Kleinmünchen.

En , l'archiduc Charles porte toute l'armée sur la rive gauche du Danube. Impuissant, il laisse Napoléon occuper Vienne. Après quoi, près de là, les forces françaises passent la rivière, mais sont repoussées au cours de la bataille d'Aspern-Essling. Radetzky n'y participe pas mais obtient, le , ou quelques jours après, la promotion au grade de lieutenant feld-maréchal et le commandement du corps d'armée.

Les 5 et , Napoléon remporte un succès et les Autrichiens subissent une terrible défaite à Wagram. Dans sa nouvelle fonction, Radetzky prend part aux faits d'armes de Hohenruppersdorf et Markgrafneusiedl.

La défaite contraint l'empereur à révoquer l'archiduc Charles et Von Stadion et à les remplacer par Klemens Wenzel von Metternich. Il conclut, en , la paix de Schönbrunn, l'Autriche cède le Tyrol du Sud, Salzbourg et les provinces illyriennes, ainsi que Tarnopol et la Galicie occidentale (avec Cracovie) cédées à la Russie. Mais, plus important, elle doit réduire son armée à et devient, essentiellement, un vassal de la France.

Peu avant Wagram, Radetzky s'illustre à la cour impériale, comme en témoigne l'honneur qui lui est réservé. Selon la coutume de l'époque qui prévoit que la grande noblesse possède ou arme des régiments, Radetzky devient le second propriétaire du de cuirassiers, et , il prend le titre de colonel du de hussards, renommé Régiment Hussards de Radetzky. Il s'agit d'un titre honorifique, Charles-Albert de Savoie, son futur ennemi va devenir aussi colonel du même . Radetzky devient le seul propriétaire du régiment en 1848. En 1810, il reçoit le titre de commandeur de l'ordre militaire de Marie-Thérèse.

Le , il est promu chef d'état-major général. Il tente de réorganiser et de moderniser l'armée et son système tactique, mais il démissionne en 1812, affirmant qu'il ne peut poursuivre la réforme en raison de l'opposition du Trésor. Tout au long de sa vie, Radetzky va être un partisan obstiné d'un programme de formation continue qu'il envisage par de grandes manœuvres estivales.

Défaite de Napoléon Sixième coalition Le , Napoléon entre en Russie traversant la Njemen avec . Il se retire le avec un peu plus de . Tous ne sont pas morts : par exemple, en , la Prusse déclare la neutralité de son contingent, avant de passer, le , une alliance ouverte avec la Russie et la Grande-Bretagne. L'Autriche rejoint l'alliance seulement le .

En 1813, Radetzky est nommé chef de bureau de l'état-major après avoir donné un nouvel élan à la reconstruction de l'armée impériale. À la fin avril, il rallie et ( fin août). Avec la déclaration de guerre, Radetzky devient chef d'état-major de Schwarzenberg, le prince autrichien à la tête de l'armée d'Allemagne.

Campagne de Saxe jusqu'à la bataille de Leipzig

thumb|Bataille de Kulm par Alexandre von Kotzebue. La première action commune est l'échec de la bataille de Dresde, en août. L'initiative est du tsar Alexandre, alors que Schwarzenberg et Radetzky ont à l'esprit d'affronter séparément les différentes armées de Napoléon, comme cela se produit le 29 au suivant, avec la victoire alliée de Kulm dans le nord de la Bohême.

Le , Radetzky présente un document intitulé Projet pour les opérations futures, qui contient une critique des opérations alliées au cours des batailles de Dresde, de Chlumec et de Katzbach. Il participe aux batailles de Kulm et Höchst.