Alfred, Angelo Tomatis, né le à Nice et mort le à Carcassonne, est un oto-rhino-laryngologiste, secondairement radié de l'Ordre, qui a donné le jour à une méthode scientifiquement controversée, la méthode Tomatis.

Biographie Alfred Tomatis grandit dans une famille de chanteurs lyriques, avec notamment un père, Humbert Tomatis, chanteur professionnel, basse noble à l'opéra de Paris. À 11 ans, il est envoyé à Paris par son père pour y effectuer ses études. Il devient interne des hôpitaux de Paris (Bichat et Bretonneau), faisant face à cette période aux horreurs de la guerre après les bombardements de Paris en 1943. Il devient en 1945 docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris, choisissant comme spécialité l'oto-rhino-laryngologie (ORL), se passionnant pour les relations existant entre l'oreille et la voix. Il se constitue alors une première patientèle de chanteurs lyriques, amis de son père et souffrant de problèmes vocaux ..

À partir de 1947, il entreprend des recherches dans les domaines de l’audiologie et de la phonologie aboutissant à la formulation d’un certain nombre de « lois » présentées à l’Académie des sciences de Paris, remettant en cause les théories de l'époque, mais dont aucune n'a fait l'objet de publication répondant aux critères scientifiques. Elles traitent des liens existant entre l’oreille, la voix et le système nerveux, en s'appuyant sur des notions d'anatomie très personnelles... 

Après avoir exercé des activités de médecin oto-rhino-laryngologiste pendant plus de 31 ans, Tomatis s’est consacré à la recherche et à l’application de sa méthode, avant de se voir radié de l'Ordre des médecins en 1977.

Alfred Tomatis repose au cimetière La Conte de Carcassonne.

Recherches scientifiques sur les effets de la méthode Tomatis Recherches scientifiques sur les effets de la méthode Tomatis

En Suisse :

En Suisse, une étude de Schiftan et al. (2012) cherche à évaluer si l’Audio-Psycho-Phonologie selon A. Tomatis remplit les critères d’efficacité, d’adéquation et d’économicité. Dans l’ensemble, sur la base des résultats statistiquement significatifs, les auteurs considèrent le traitement par la méthode de l’A.P.P. selon A. Tomatis comme étant efficace.

Méta-analyse :

Cherchant à évaluer la crédibilité scientifique de l'efficacité cliniquement déclarée de la technique de stimulation sonore de Tomatis, Gilmore (1999) a mené une méta-analyse portant sur cinq études des années 1980 au Canada et en Angleterre, dans lesquelles la méthode développée par Alfred Tomatis a été utilisée. La totalité des 231 participants dans les cinq études était des enfants présentant des difficultés dans l'apprentissage ou des troubles de la communication. Quatre des études ont suggéré que la méthode Tomatis avait des effets positifs sur le développement psychomoteur, cognitif et linguistique, sur l’ajustement personnel et social des enfants, ainsi que sur les capacités de traitement auditif. Une cinquième étude ne met pas en évidence ces résultats positifs.

Les résultats de cette méta-analyse montrent des améliorations dans l’apprentissage, la communication et l’ajustement général chez les enfants après une stimulation par les sons de la méthode Tomatis et ceci même 12 mois après le traitement (Gilmor, 1999).

Troubles du déficit d'attention :

Sacarin (2013)Sacarin, L. (2013). Early Effects of the Tomatis Listening Method in Children with Attention Deficit. a effectué une recherche sur 25 enfants âgés de 7 à 13 ans ayant un diagnostic de trouble du déficit d’attention. Son but était d’explorer les effets de la première phase du programme d’entraînement de l’écoute de la méthode Tomatis en comparaison avec un groupe contrôle d’enfants médiqués ne bénéficiant pas de l’entraînement. Les résultats de cette étude mettent en évidence des améliorations statistiquement significatives chez les enfants ayant bénéficié de la méthode Tomatis en comparaison avec le groupe contrôle n’ayant pas bénéficié de la stimulation par les sons. Le groupe expérimental présente une amélioration significative de la vitesse de traitement, de la conscience phonologique, de l’efficacité du décodage phonétique lors de la lecture, du comportement et de l'attention auditive. L’auteur conclut que les améliorations significatives notées dans la cognition, l'attention et le comportement, suggèrent fortement que la méthode Tomatis a des effets positifs chez les enfants souffrant de TDA (trouble du déficit d’attention).

Troubles de l’apprentissage :

Rourke et Russell (1982)Rourke, B., & Russell, D. (1982). The Tomatis method applied to older learning disabled

children: An evaluation. Proceedings from Opening Communication Conference.

Toronto, ON. ont fait une étude à l’Université de Windsor en Ontario sur 25 enfants âgés de 9 à 16 ans et présentant des difficultés d’apprentissage. Après avoir effectué un programme de stimulation de l’écoute par la méthode Tomatis, ceux-ci ont montré de meilleurs résultats que les enfants n’ayant pas bénéficié de la méthode dans les domaines suivants : capacités d’ajustement général, de résolution de problème et de coordination visuo-motrice.

Troubles du langage :

Une étude appuyant l'efficacité de la méthode Tomatis a été menée en 1982 par Wilson, Iacoviello, Metlay, Risucci, Rosati et PalmaccioWilson, B., Iacoviello, J., Metlay, W., Risucci, D., Rosati, R., & Palmaccio, T., « Tomatis project final report. Proceedings from Opening », Communication Conference. Toronto, ON., 1982 (tel que cité dans Gilmor, 1999) à la North Shore University Hospital au Canada. Cette étude était composée de 26 enfants d'âge préscolaire entre 42 à 69 mois présentant des troubles du langage ainsi qu’un groupe contrôle. Les auteurs ont rapporté des améliorations significatives de la performance du groupe expérimental dans les tests de traitement auditif.

Dyslexie :

Mould (1985)Mould, P. (1985). An evaluation of dyslexic boys’ response to the Tomatis Listening Training Programme: Interim report. Brickwall House, Northiam, East Sussex, England. a mené une étude sur 92 garçons d'une résidence d'une école publique en Angleterre, âgés de 10 à 15 ans, diagnostiqués comme étant sévèrement dyslexiques et qui présentaient des déficits importants en lecture. Les résultats des tests standardisés montrent une amélioration dans les domaines de l'aptitude, la réalisation et l'ajustement dans le groupe expérimental par rapport au groupe contrôle sur une période de deux ans (Gilmore, 1999).

Autisme :

Joan Naysmith-Roy (2001) a mené une étude avec six garçons, âgés de 4 à 11 ans, diagnostiqués comme autistes sévères. L'auteur rapporte des effets positifs sur le comportement à la suite du programme d’entraînement à l’écoute de Tomatis chez cinq des six enfants présentant un trouble autistique. Les résultats positifs ont été signalés dans les domaines suivants : l'adaptation au changement, la communication non verbale, la réponse émotionnelle, et le niveau d'activité (Neysmith-Roy, 2001).

Trouble du traitement auditif :

Ross-Swain (2007) a étudié les effets de la méthode Tomatis sur les enfants et les jeunes adultes ayant des déficits dans la parole et le langage que l’auteur diagnostique comme ayant un trouble de traitement auditif (APD). Des changements significatifs ont été signalés dans les domaines suivants : le séquençage auditif, l'interprétation des directions du son, la discrimination auditive et la cohésion auditive y compris la mémoire auditive à court terme.

Musiciens :

Burger, du Plessis, Munro, Wissing, et Nel (2001) ont étudié les effets du programme d’entraînement de l’écoute de Tomatis sur 28 jeunes musiciens dans un projet pilote de deux universités d’Afrique du Sud. Les auteurs ont conclu que la stimulation sonore de Tomatis entraîne des résultats significativement favorables dans tous les paramètres ci-dessous lorsque l'on compare un groupe expérimental à un groupe contrôle n’ayant pas reçu la stimulation. Les paramètres suivants ont été mesurés : les capacités d’écoute mesurées par le « test d’écoute à effet Tomatis », le bien-être psychologique, les améliorations sur la voix observées par les enseignants et les autres participants, ainsi que la maîtrise musicale, qui comprend la maîtrise instrumentale.

Troubles psychomoteurs et troubles neurologiques :

Vervoort, De et Van (2007) ont fait une recherche portant sur l’efficacité du programme d’entraînement de l’écoute par la méthode Tomatis à l'aide de mesures neurophysiologiques chez 4 enfants de 2 à 7 ans atteints de graves troubles du développement et de retards globaux dans le langage, la communication, et le fonctionnement psychomoteur. Ces auteurs ont relevé chez ces enfants des progrès dans le langage et la communication, le contact visuel et l’attention. Cette étude a permis de mettre en évidence des changements électrophysiologiques, suggérant ainsi que la stimulation par le son de la méthode Tomatis avait des effets sur le fonctionnement du cerveau. Les auteurs ont pu montrer des parallèles entre le test d’écoute (à effet Tomatis), la physiologie du cerveau, les descriptions de comportement observé et le développement de la parole.

Développement des enfants prématurés :

Une étude de Picciollini et al. (2014) a investigué l’effet de l’exposition à la voix maternelle par conduction osseuse par la méthode Tomatis sur le développement autonome et neurocomportemental de 71 enfants prématurés à l’âge de 3 et 6 mois. Les auteurs concluent que l’exposition précoce à la voix maternelle exerce un effet bénéfique sur le développement autonome et neurocomportemental des prématurés.

Tinnitus :

Une étude de Stillitano, C. et al. (2014)Stillitano, C., Fioretti, A., Cantagallo, M., Eibenstein, A. (2014). The Effect of The Tomatis Method on Tinnitus. International Journal of Research In Medical and Health Sciences , no 4 (2), p. 24-29. a eu pour but de déterminer l’efficacité de la méthode Tomatis chez les patients souffrant d’acouphènes. Les résultats indiquent une diminution des scores obtenus à l’Inventaire du Handicap Acouphènique (THI) ainsi qu’une diminution de l’intensité des acouphènes après 70 heures de traitement avec la méthode Tomatis.

Controverses Tomatis est radié de l'Ordre des médecins en 1977. En 1988, une de ses patientes, Judith Many, le poursuit en justice après 170 séances, infructueuses, entre 1987 et 1988. En 1993, il est condamné pour exercice illégal de la médecine après avoir effectué et interprété un audiogramme auprès d'une patiente, alors que cet acte est réservé aux médecins ORL en activité.

Aux Etats-Unis, l'« Oreille électronique » et autres dispositifs analogues ont été interdits à l'importation en 1996 par la . Ultérieurement, la FDA a autorisé des dispositifs de ce type, à des fins de formation, considérant qu'ils relevaient du domaine de l'éducation et non du domaine médical. En France, la méthode n'est pas reconnue et n'a aucune efficacité démontrée selon l'Académie de médecine et la Haute Autorité de Santé., d'autant plus que « les surdités des patients pris en charge par M. Tomatis n'en sont pas » selon l'Académie..

Le document officiel de la FDA concernant la décision sur le dossier « Tomatis Electronic Ear » est archivé dans les registres du gouvernement fédéral des États-Unis (dossier n° FDA-2008-P-0197) fourni contredit totalement les affirmations précédentes : en novembre 2008, la FDA a établi que l'Oreille Électronique Tomatis est, à tous égards, un dispositif médical. L'agence gouvernementale a rejeté la demande (« Citizen Petition ») déposée par l'avocat William J. Kennick, qui sollicitait l'exclusion de l'appareil du champ de la réglementation médicale. Voici une synthèse détaillée du contenu exact de ce document. Décision de la FDA : Classification médicale