Édouard Jean Charles van Marcke de Lummen, dit Édouard van Marcke, né le à Liège, où il meurt le , est un dessinateur, artiste peintre, décorateur, aquarelliste, illustrateur et peintre sur porcelaine belge.
Né au sein d'une famille d'artistes, le jeune Édouard se forme dans l'atelier de décoration sur porcelaine fondé par son père puis, dès 1827, à Paris où vit son frère Jules Van Marcke et où il est l'élève de Paul Delaroche et Léon Cogniet. De retour à Liège vers 1837, il s'y perfectionne à l'Académie royale des beaux-arts, où il suit les cours de Gilles-François Closson, et il y est surtout actif en tant que peintre décorateur, travaillant habituellement avec son frère Joseph van Marcke et Jules Helbig. De 1856 à 1859, van Marcke effectue son dont il rapporte où il dépeint des . À partir de 1859, il commence une longue carrière dans l'enseignement, à l'Académie des beaux-arts et dans d'autres établissements scolaires à Liège, qui va durer jusqu'à son décès en 1884.
Artiste polyvalent, Édouard van Marcke se distingue dans l'utilisation de nombreuses techniques artistiques et exécute principalement des paysages et des portraits d'inspiration romantique. Les critiques d'art du conviennent que l'artiste est un , mais si certains estiment qu'il a excellé dans le paysage romantique, d'autres considèrent qu'il a eu ce qui .
Biographie
Entourage familial et jeunesse à Liège (1815-1827) Édouard Jean Charles van Marcke naît le à Liège., fils de Charles van Marcke (1773-1830)., artiste peintre et fondateur d'un atelier de décoration sur porcelaine., et d'Anne Catherine Vandenplas (1775-1849).. Édouard est le benjamin des sept enfants survivants du couple, deux étant morts en bas âge :
Jules van Marcke (1797-1849) : peintre paysagiste, dessinateur et lithographe.. Élisabeth van Marcke (1798-1880) : peintre sur porcelaine.. Marie van Marcke (1800-1882) : peintre, dessinatrice et aquarelliste.. Joseph van Marcke (1806-1885) : dessinateur, artiste peintre, peintre décorateur. puis photographe.. Xavier van Marcke (1808-1879) : éditeur et lithographe., peintre sur porcelaine et décorateur. et photographe.. Charles Emmanuel Clément van Marcke (fils) (1811-1885) : peintre sur porcelaine.
Le jeune garçon vient donc d'une famille dans laquelle . Comme la majorité de ses frères et sœurs, il se forme dès son plus jeune âge dans l'atelier de décoration sur porcelaine de son père ; puis, il suit des cours de dessin à l'Athénée des Arts à Liège.
Séjour et formation à Paris (1827-1837)
Formation et influences En 1827, le jeune Édouard, qui est alors à peine âgé de douze ans, est envoyé par ses parents à Paris près de son frère Jules van Marcke. Depuis 1824, celui-ci est le gendre du directeur de la manufacture de porcelaines de Sèvres. Édouard y fait pendant une dizaine d'années, et il est aussi l'élève de Paul Delaroche et de Léon Cogniet à l'Académie des beaux-arts.
gauche|vignette|redresse|Scène historique, 1837 (dessin sépia sur papier ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Dessin sépia présentant une scène historique. Un gentilhomme pose le pied droit sur la première marche d'un escalier de pierre où se tient une dame et quatre personnages. Le fond architecturé ressemble à un parvis d'église.
L'artiste séjourne à Paris jusque vers 1837, moment où apparaissent ses premières œuvres datées et signées dans l'inventaire partiel que réalise l'artiste et docteur en histoire de l’art Guy Vandeloise en 1964.. Il s'agit de deux scènes historiques où l'influence de son maître Paul Delaroche est palpable et où . Selon Vandeloise, la majorité des dessins et croquis de personnages en habits historiques doivent dater de la même époque, et l'artiste semble rapidement abandonner ce genre .
Durant son séjour en France, le jeune apprenti ne tarde pas à démontrer qui lui permettent de s'initier à différentes techniques picturales et presque tous les genres : . Il y est également disciple et ami des frères Johannot ; Alfred et Tony (leur frère aîné Charles, est décédé en 1824), et des frères Devéria ; Achille et Eugène. Au travers des frères Johannot et Devéria, il subit l'influence du romantisme, dont il devient un .
Copies d'œuvres du musée du Louvre gauche|vignette|redresse|Miniature de l'Autoportrait d'Antoine van Dijck, vers 1837 (peinture à l'huile et gouache sur papier bristol ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Un homme aux cheveux clairs, qui porte une moustache et un bouc, est dépeint de profil et tourne sa tête vers la gauche, portant son regard directement vers le spectateur.
Toujours durant son , il réalise plusieurs copies d'œuvres exposées au musée du Louvre. Parmi celles-ci, sont spécialement dignes de mention la miniature sur ivoire faite d'après un autoportrait d'Antoine van Dyck. et la peinture sur porcelaine réalisée d'après Jeune fille à la fenêtre (aussi connue comme La Frisonne) de Jan Victors, élève de Rembrandt..
vignette|redresse|La Frisonne (d'après Jan Victors), vers 1837 (peinture à l'huile sur porcelaine ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Une jeune fille élégamment vêtue et qui porte des bijoux est représentée de face tournant sa tête et portant son regard vers la gauche.
Florent Pholien, spécialiste de l'étude de la verrerie et de la céramique liégeoise., estime que cette dernière copie est . Pour sa part, Guy Vandeloise considère qu'il s'agit d'une tout en pointant que la peinture est aussi à la source d'une information erronée habituellement mentionnée au sujet de l'artiste.
En effet, les notes de famille de Léonie Mottart-van Marcke, fille de l'artiste, indiquent qu'Édouard van Marcke a obtenu la bourse de la fondation Darchis grâce à cette copie. Or, non seulement il n'a pas bénéficié de cette bourse et ne s'est pas rendu à Rome, mais l'erreur a fait croire que l'artiste, . En réalité ses paysages d'Allemagne, car on ne lui en connaît pas d'Italie ou de Suisse, sont réalisés vers 1856-1859 et non aux alentours de 1840, comme les notes de sa fille peuvent le laisser penser.
Le paysagiste, décorateur et illustrateur à Liège (1837-1856)
Formation à l'Académie et les paysages de la région liégeoise vignette|Remouchamps, 1849 (dessin à la mine de plomb rehaussé de gouache ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|gauche|alt=Dessin présentant quelques maisons, au bord d'une rivière, dans une vallée champêtre.
Il rentre à Liège vers 1837, bien que son retour puisse être un peu plus tardif selon Guy Vandeloise, pour se perfectionner à l'Académie royale des beaux-arts, nouvellement fondée. Il y est l'élève de Gilles-François Closson, établissant ainsi selon Vandeloise . L'historien de l'art André Marchal considère quant à lui que . De fait, là où Closson dépasse une par , van Marcke illustre grâce à son .
L'artiste va puiser son inspiration dans la banlieue liégeoise mais aussi dans les régions de Visé, Stavelot, Malmedy, Huy ou Remouchamps. Il exécute principalement des dessins . De cette production, Guy Vandeloise loue tout spécialement et .
Vie familiale vignette|redresse|Portrait d'Henri van Marcke, 1848 (peinture à l'huile sur toile marouflée ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Portrait de trois quarts d'un jeune garçon, portant un chapeau à plume et un costume sombre. Le portrait s'inscrit dans un ovale. Les coins inférieurs ne sont pas achevés.
En , Édouard van Marcke épouse à Bruxelles Virginie Susanne Caroline Meskens., née en 1818. Leur fils Henri Bernard Charles naît en . En quelques années, l'artiste perd son épouse, qui meurt en ., puis son fils, qui meurt en . De ce fils mort prématurément, il réalise vers 1847 et une peinture à l'huile de forme ovale, vers 1848, qui reprend la composition de la miniature et est restée inachevée en certains endroits...
Travaux de décoration À Liège, Édouard van Marcke est surtout actif en tant que peintre décorateur, de nombreux hôtels, églises et édifices publics. Il travaille la plupart du temps avec son frère Joseph van Marcke, qui est aussi peintre décorateur. Dans les projets de décoration qu'ils réalisent ensemble, le travail de chaque frère est souvent difficile à distinguer . Selon Guy Vandeloise, la valeur artistique de ces projets est certaine car, .vignette|Esquisse de motifs décoratifs, avant 1850 (dessin à la mine de plomb rehaussé d'aquarelle ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|gauche|alt=Dessin d'une esquisse aux motifs décoratifs : corne d'abondance, lyre, feuille de laurier, vasque antique, fruits...Dixit Auguste Chauvin dans son étude de 1881 Les peintres liégeois depuis 1830, c'est à Édouard van Marcke que l'on doit la réintroduction de la peinture décorative à Liège, . En 1930, le critique d'art et conservateur de musée Jules Bosmant abonde dans le même sens : il souligne que l'artiste, en tant que peintre décorateur, .
Il décore les locaux de la Société littéraire. ainsi qu'un plafond de l'hôtel Goethals. Avec le peintre Jules Helbig, il réalise en 1852 les peintures murales du chœur de la collégiale Saint-Denis de Liège. En 1856, un groupe d'artistes liégeois qui comprend Édouard van Marcke, Jules Helbig, Lambert Herman, Jules Halkin et Joseph Detombay (sculpteur, père d'Alphonse) conçoit et construit le char envoyé par la ville de Liège au cortège historique de Bruxelles... Leur création y est fort admirée pour son mais aussi, de façon plus prosaïque, pour ses . L'artiste réalise également des projets pour le monument funéraire de sa mère (morte en 1849) et pour la tombe de la famille Bronckart.
Travaux d'illustration Dans le domaine de l'illustration, il effectue des dessins, lithographiés par Gustave Jacqmain à Gand, afin d'orner divers affichettes ou diplômes, dont l'affichette qui annonce le bal offert en par la ville de Liège au roi Léopold Ier, à son épouse Louise d'Orléans et à la famille royale., ainsi que plusieurs cartes porcelainesLes cartes porcelaines sont ainsi nommées à cause de la car . Cette technique peut servir à créer des cartes de visite, des diplômes ou des menus mais n'est plus utilisée à partir de 1860-1865 à la suite de l'interdiction de l'usage de la céruse., dont celle réalisée pour la manufacture de papiers peints de L. Lhoest vers 1845..Enfin, il collabore en tant qu'illustrateur de plusieurs ouvrages d'art publiés à Bruxelles, et il dessine des projets pour d'autres produits qui , comme par exemple le modèle de l'épée offerte par les gardes civiques de Liège à leur colonel, .
Le (1856-1859) vignette|Prague : der Hradschin, 1858 (dessin à la mine de plomb rehaussé de gouache sur papier chamois ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Dessin dépeignant un paysage où de nombreuses maisons et une forteresse se dressent au loin sur un promontoire rocheux ainsi qu'au pied de celui-ci. À l'avant-plan, sur le fleuve et les quais, apparaissent plusieurs personnages et une petite embarcation. Entre 1856 et 1859, il effectue son , typique des artistes romantiques. Bien que Guy Vandeloise ne puisse établir avec certitude si son voyage est accompli en plusieurs fois ou une seule, il parvient à en retracer l'itinéraire approximatif, confirmant tout d'abord que van Marcke se rend à Mayence en passant par Bad Neuenahr-Ahrweiler, Altenahr, Coblence, Limbourg-sur-la-Lahn, Boppard, Oberwesel, Bacharach et Bingen am Rhein. De Mayence, il se dirige vers Francfort-sur-le-Main, Nuremberg et Prague. De Coblence, il remonte aussi la Moselle en passant notamment par Cochem, Bernkastel-Kues, Trèves et Echternach. Enfin, il visite quelques villes de Saxe, dont Meissen.vignette|redresse|Vue de Limbourg-sur-la-Lahn, 1856-1859 (peinture à l'huile sur toile ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|gauche|alt=Tableau figurant un paysage animé avec une ville et une cathédrale haut perchées surplombant une rivière où circule une barque avec trois personnages.