L'abbé Paul Louis, dit « Abbé Choc », né le à Guérande (Loire-Atlantique) et mort dans la nuit du 23 au à Clichy (Hauts-de-Seine), est un prêtre et résistant français.
Assurant la direction d'un patronage paroissial, il s'engage dans la Résistance à partir d'. Capturé et torturé en , il s'évade pour rejoindre à nouveau le maquis et participer à la Libération. Bien que diminué physiquement par ces épreuves, il assure ensuite l'aumônerie des gens du voyage.
Biographie Vicaire sportif Il découvre et pratique la gymnastique pendant sa jeunesse à Argenteuil dans le patronage paroissial de la Saint-Georges d'Argenteuil sous la bienveillante autorité de Joseph Batut qu'il seconde un temps comme trésorier. Il rejoint ensuite l'ordre des Fils de la chariténouvellement créé le par le père Jean-Émile Anizan où il est ordonné prêtre régulier le . Il est aussitôt nommé dans une paroisse « difficile » de cette ville de banlieue où l'un de ses ex-coéquipiers sportifs, Maurice Weber, dirige déjà depuis plusieurs années la section de gymnastique du patronage de l'Étoile sportive des Champioux. Ensemble, ils le transforment en un lieu d'action sociale, y développant particulièrement la gymnastique et le basket-ball.
Dès le début de l'Occupation, il se consacre à l'écoute de Radio Londres dont il diffuse les informations à ses paroissiens et son confrère le pasteur Neel. Sa hiérarchie, inquiète pour sa sécurité, le déplace en 1941 à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul de Clichy mais son successeur à Argenteuil, l'abbé Guillonnet est du même crû si l'on en croit le témoignage du futur général Jean Guerniou qui, encore enfant, lui servait de couverture pour ses nombreux déplacements rue des Saints-Pères à la librairie Bonaparte, lieu de ralliement du réseau Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy.
Religieux résistant Comme en témoignent les archives de son ordreFiche abbé Louis, Paul, Marie, Julien, du 27 juin 1962, référence AMB, archives des fils de la Charité (Issy-les-Moulineaux), consultée le 7 décembre 2010., l'abbé Louis s'engage dans la Résistance dès son arrivée à Clichy. Membre du réseau Turma-Vengeance, il fonde le groupe Corrèze (devenu groupe Landy en 1942). Sa tête est mise à prix par la Gestapo à laquelle il échappe de justesse le . Le commandant Ginas organisait son transfert pour l'Angleterre lorsqu'il est lui-même arrêté et interné à CompiègneOrdre de la Libération. Il faut cinq mois pour réorganiser son évasion par l’Espagne.
L'abbé Louis embarque le en gare de Toulouse avec sept pilotes américains pour Saint-Laurent/Saint-Paulgare rattachée à la commune de Saint-Laurent-de-Neste. Pendant la Seconde Guerre mondiale cette gare se trouve à la limite de la zone libre et de la zone occupée. Le lendemain, 35 fugitifs s'engagent avec trois passeurs dans la montagne où ils errent deux jours dans la tempête. Abandonnés par leurs guides, ils sont arrêtés par les Allemands dans un refuge près de la frontière le à . L'abbé Louis est incarcéré et torturé à la prison Saint-Michel de Toulouse, en même temps qu'André Malraux, jusqu'au où il monte dans un convoi ferroviaire pour Compiègne.
Le , apprenant que sa propre destination est Fresnes, il saute du train à hauteur de La Ferté-Bernard pour rejoindre à nouveau le maquis. Recueilli par le curé de Saint-Antoine puis hébergé par le clergé du Mans, il participe, à peine rétabli, aux combats de libération de cette ville sous le pseudonyme d'Abbé Choc sous les ordres du colonel Raspail puis assure la liaison avec la résistance parisienne. Son passage dans la division blindée ( DB), évoqué lors d'interviews n'est pas avéré.
Aumônier des gens du voyage En dépit de graves handicaps consécutifs aux tortures subies qui lui laissent des troubles de l'équilibre et nécessitent des soins constants, il assure à partir d' l'aumônerie des gens du voyage et c'est à l'un d'entre eux que l'orateur emprunte cette formule de son oraison funèbre prononcée le à Clichy : .
Distinctions Le capitaine Paul Louis est officier de la Légion d'honneurAttestation du colonel André Dulac, chef de réseau du Bureau de contre-espionnage, renseignements et action (BCRA), du 17 octobre 1945 ( 203/9519/I-H.L), archives des fils de la Charité (Issy-les-Moulineaux), consultée le 7 décembre 2010.. La croix d'honneur de commandeur de l'ordre du Mérite civil lui est attribuée le . Il est aussi titulaire de la croix de guerre 1939-1945, de la médaille de la Résistance française avec rosette, de la médaille des évadés, de la médaille de la France Libre, de la médaille de la déportation et de l'internement et de la médaille de la Liberté.
(décret du 12 mai 1958) ; chevalier du 30 mai 1946 50px Commandeur de l'ordre du Mérite civil ()
(Etats-Unis)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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