La wilaya de Tiaret ( ; en arabe: ; en berbère: ⴰⴳⴻⵣⴷⵓ ⵏ ⵜⵉⵀⴻⵔⵜ) est une wilaya algérienne située à l'ouest du pays dans la région des Hauts Plateaux. C'est une région à vocation agro-pastorale.

Géographie Localisation La wilaya de Tiaret est située à l'ouest de l'Algérie, elle est délimitée : au nord, par les wilayas de Tissemsilt et de Relizane ; au sud, par les wilayas de Laghouat et de El Bayadh ; à l'ouest, par les wilayas de Mascara et de Saïda ; à l'est, par la wilaya de Djelfa.

Relief La wilaya de Tiaret présente sur le plan physique trois grandes zones distinctesPrésentation de la wilaya de Tiaret sur le site de l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement : Au nord : une zone montagneuse de l'Atlas tellien; Au centre : les hauts plateaux ; Au sud : des espaces semi arides.

Climat La wilaya se caractérise par un climat continental dont l'hiver est rigoureux et l'été est chaud et sec, elle reçoit 300 à de pluies en moyenne par an.

Hydrographie La longueur du réseau hydrographique de la wilaya est de . Les principaux cours d'eau sont : Oued Touil, Oued Mina et Nahr Ouassel.

Histoire

Les gravures rupestres du Kef Boubeker, font de la région de Tiaret un des lieux importants de la Préhistoire nord-africaine. On atteste également de nombreux vestiges de la dynastie des Massyles dont les ruines de la Souamah près de Mechraa Safa.

Sous la domination romaine, Tiaret devient au , un poste militaire permanent. Une dynastie berbère, à l’influence grandissante, profite des troubles dans la région pour fortifier son indépendance et constituer un royaume. Les princes édifient sur la haute Mina les mausolées appelés « djeddar » (). Le royaume s'oppose au corps expéditionnaire de Sidi Okba.

Au , fuyant devant les orthodoxes musulmans, Ibn Rustom, se réfugie dans la région. Il est accueilli par les tribus locales, et il est nommé Imam et fonde Tahert la neuve. La nouvelle cité connaît une grande notoriété et une réelle prospérité. En 761, le royaume de Tihert s’étendait, jusqu’en Tripolitaine vers l’est et aux confins de Mascara vers l’ouest. On venait d'Égypte, d'Irak et de Perse pour étudier dans ses mosquées. De riches négociants d’Europe et d’Afrique noire venaient y commercer. Ce pouvoir théocratique, basé sur une stricte discipline morale, ne fonde pas sa force sur une quelconque puissance militaire. En 909, il n’oppose pas de résistance sérieuse aux armées fatimides. La région devient l’objet de convoitise entre souverains de l’est et de l’ouest.

Au , le pays abrite durant quelques années, Ibn Khaldoun. Il se recueillit à Taoughazout, pour y écrire les Prolégomènes.

Après la prise d'Alger par les troupes françaises en 1830, l’émir Abdelkader transforme Tagdempt en une place forte. Il édifie sur les ruines de l'ancienne capitale rostémide, diverses constructions où vivait une garnison. Il y frappe une monnaie. La colonne du général Bugeaud rase la citadelle en 1841 et sur les ruines sera reconstruite la nouvelle ville de Tiaret. Le pays entier passe sous la domination française. Durant six années, de 1864 à 1870 ; les tribus des Ouled Sidi Cheikh portent la guerre partout dans le pays. En 1881, Bouamama libère temporairement Frenda et sa région.

Le projet de création de la sous-préfecture de Tiaret est déposé au conseil général dès 1918 mais celle-ci n’est intervenue qu’en 1938 par décret du . Avant cette date, la situation de Tiaret illustre la complexité et l’originalité de l’organisation administrative de l’Algérie : occupée par un camp permanent de l’armée fondé par le général Lamoricière en 1843, Tiaret devient un centre de colonisation en 1856, puis le centre d’un commissariat civilInstitué en 1842, le commissariat civil est la transition entre le régime purement militaire et le régime communal. L’extension du régime municipal à partir de 1869 à l’intégralité du territoire civil annonce la fin des commissariats. par décret le dans le bulletin officiel du gouvernement général de l’Algérie. Elle est érigée en commune de plein exercice dépendant de l’arrondissement d’Oran par le décret du . Elle devient également le chef-lieu d’une commune mixte créée par un arrêté gubernatorial du dont l’administration relève de l’arrondissement de Mostaganem. Enfin, elle est aussi le chef-lieu d’une commune indigène. Créée par arrêté gubernatorial du , Tiaret-Aflou, qui dépend du territoire de commandement de la division Oran, subdivision de Mascara, cercle de Tiaret .

L’arrondissement de Tiaret, aux confins du sud oranais, se situe dans la région des Hauts Plateaux. Il est limité au nord par le massif de l’Ouarsenis et au sud par le massif saharien du Djebel Amour. La ville de Tiaret, qui culmine à 1180m, est à la croisée des chemins de Relizane, de Mascara, de Saïda, de Teniet el Haad et d’Aflou. Elle est un lieu privilégié d’échanges entre les populations du Tell et les nomades du Sud. Comprise dans une des riches régions céréalières de l’Algérie, on y cultive le blé dur, le blé tendre, l’orge et l’avoine. Quelques cultures complémentaires comme les légumes secs (lentilles) et la vigne sont aussi pratiquées. Il se tient chaque semaine, à Tiaret, un des plus importants marché agricole de l’Algérie où se vendent denrées, bestiaux et produits artisanaux. Tiaret est aussi le pays des chevaux par excellence et depuis 1877, une jumenterie, où l’on pratique l’élevage de pur-sang arabe et arabe barbe destinés à l’armée coloniale, a été établie. A l’extrême sud de l’arrondissement, dans la région d’Aflou, les cultures ne constituent qu’un appoint. L’élément dominant de l’économie est l’élevage nomade des ovins, bovins, caprins et camelins. Les chevaux du Djebel Amour sont recherchés pour « leur résistance et la sûreté de leur pied montagnard ». L’autre ressource est l’alfa qui pousse librement sur de grandes superficies et dont les nappes sont exploitées annuellement. L’arrondissement s’étend donc sur de vastes espaces aux aspects variés et abrite des populations peu nombreuses. En 1940, il compte une superficie totale d’environ pour 177 528 habitants, 19 029 Européens et 158 499 Indigènes, soit 7 habitants au km2. Il comprend des communes de plein exercice et des communes mixtes, composées de centres de colonisation et de sections indigènes, celles-ci étant formées de tribus ou de douars. Les communes de plein exercice sont placées sous l’autorité d’un maire tandis que les centres de colonisation des communes mixtes sont gérés par un adjoint spécial européen et les sections indigènes par un caïd. L’unité administrative des communes mixtes est réalisée par l’administrateur. Les communes de plein exercice de l’arrondissement sont Tiaret érigée en 1869, Palat en 1912, Montgolfier en 1914, Trumelet en 1921, Frenda en 1923, Prévost-Paradol en 1928, Trézel en 1946 et Martimprey. Les communes mixtes sont Tiaret (1880), Frenda (1885), Djebel Nador (1905), et Aflou (1923).

La province a subi de nombreux massacres (le plus important étant le[massacre de Sid El-Antri en 1997), tueries et des attentats à la bombe durant la guerre civile algérienne, mais moins que dans les zones plus proches d'Alger. L'Institut de l'Afrique a rapporté dans une monographie de que le paysage plus de Tiaret a facilité les activités terroristes. La base de connaissance sur le terrorisme du MIPT rapporte que Tiaret Agence de presse AFX Paris, 13 juillet 2005.

Tiaret étant une wilaya à vocation agro-pastorale depuis de nombreuses décennies, un recensement a permis en 2023 de connaître les différents cheptels de la région. On compte 1 548 566 ovins bien loin des 2,5 millions évoqués, mais aussi 136 415 caprins et 32 643 bovins dont 16 416 vaches laitières, bien loin aussi de ce qu’on peut qualifier de bassin laitier. Enfin 4 261 équins et même 64 camélidés ..

Organisation de la wilaya

Walis

Le poste de wali de la wilaya de Tiaret a été occupé par plusieurs personnalités politiques nationales depuis sa création le par le décret qui organise le territoire algérien en un nombre de quinze wilayas.

+Walis dans la wilaya de Tiaret.N°WaliDébutFin1Mohamed El Kébirhttp://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1962/F1962906.pdf2Kada Boutarène34Abdelkader Niarhttp://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1964/F1964070.pdf5Mohamed Sadek Benyahia6Dahou Ould Kablia7Abdelaziz Ouhibihttp://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1970/F1970088.pdf8El Houari Attar9Dehimi Belhadj10Baghdadi Laâlaouna11Ahmed Chami12Rachid Aktouf131415Mohamed Seghir HamrouchiJournal officiel du 19 juin 1984, site joradp.dz, consulté le 16 octobre 2022.16Abdelmadjid Tebboune17Rabah Boubertakh18Lahcène Seriak19Mustapha MekkiDécret présidentiel du 21 août 1991 portant nomination de walis (journal officiel du 4 septembre 1991), site joradp.dz, consulté le 16 février 2023.20Ahmed Zoulim21Salah AnçarDécret présidentiel du 30 juin 1994, site joradp.dz, 30 juin 1994.22Ahcène Ezziat23Brahim Merad24Mohamed Bousmahadécrets présidentiels du 7 mai 2008 (journal officiel du 22 mai 2008), site portail.mta.gov.dz, consulté le 16 février 2023.25Abdeslam Bentouati"Le nouveau wali de Tiaret prend ses fonctions", site Djarairess, 4 août 2015.26Mohamed Amine DeramchiLe président Tebboune procède un remaniement partiel dans le corps des walis et des walis délégués, Agence APS, 26 janvier 2020.27Ali BouguerraLe Président Tebboune opère un vaste mouvement dans le corps des walis et walis délégués, site aps.dz, 14 septembre 2022.28Saïd KhalilLe président de la République opère un mouvement partiel dans le corps des walis et walis délégués, site aps.dz, 5 novembre 2024.Le président de la République met fin aux fonctions du wali de Tiaret, site aps.dz, 12 février 2026.29Abdelwahab BertimaLe président de la République opère un mouvement partiel dans le corps des walis, des walis délégués et des secrétaires généraux des wilayas, site aps.dz, 23 septembre 2026. en cours

Daïras La wilaya de Tiaret compte 14 daïras:

Communes La wilaya de Tiaret compte 42 communes:

Ressources hydriques

Barrages Cette wilaya comprend les barrages suivants: Barrage de Benkhedda.. Barrage de Dahmouni.. Barrage de Bougara..

Ces barrages font partie des 65 barrages opérationnels en Algérie. alors que 30 autres sont en cours de réalisation en 2015..

Santé Hôpital de Tiaret. Hôpital de Sougueur. Hôpital de Mahdia. Hôpital de Frenda. Hôpital de Ksar Chellala.

Patrimoine

La région de Tiaret recèle un très vaste champ archéologique illustré par la présence de vestiges berbères et romains se confondant à Aïn Sbiba (Frenda), Columnata (Sidi Hosni), Kherbet Ouled Bouziane (Dahmouni), Souamah (Mechraa Es Safâ), Tihert l'ancienne et Tingartia.

Mosquée El Attik à Tiaret Les sites religieux sont des potentialités touristiques, on y trouve des vieilles mosquées et des zawiyas à travers le territoire de la wilaya, parmi eux, la mosquée El Attik. C'est l'une des plus vieilles mosquées à Tiaret Ville.

Sa construction remonterait à 1470 et la ville doit cet édifice religieux à un groupe de citoyens qui ont tenu à édifier une mosquée selon un modèle typiquement maghrébin. Elle est implantée sur les hauteurs de la ville de Tiaret .

Art rupestre de Tiaret Les premiers hommes ou les premières civilisations qui ont peuplé la région de Tiaret ont laissé leurs empreintes sur la pierre en gravant des scènes de la vie quotidienne, de la faune et de la flore qui les entouraient.

Le royaume des Djeddars de Frenda thumb|DJEDDAR à Frenda wilaya de Tiaret thumb|left|Djeddar Monuments funéraires à Frenda wilaya de Tiaret 12 C’est l’un des plus importants sites archéologiques de la wilaya de Tiaret.. Les Djeddars ou Djeddars de Frenda tout comme le Medracen ou le mausolée royal de Maurétanie, situés sur des hauteurs à l'ouest de Medroussa, dans la commune de Tousnina (wilaya de Tiaret), sont des monuments funéraires berbères.