Albert de Broglie (se prononce de Breuil) , duc de Broglie, né à Paris le et mort dans la même ville le , fils d'Achille Victor, duc de Broglie, est un historien, diplomate et homme d'État français, monarchiste, l'une des figures du royalisme orléaniste et du catholicisme libéral sous la Troisième République pendant laquelle il est deux fois chef du gouvernement (en 1873-1874 puis en 1877).

Biographie

Secrétaire d'ambassade à Madrid puis à Rome sous le règne de Louis-Philippe , il quitte son poste en 1848 et s'abstient de toute activité politique sous le Second Empire. Il publie alors plusieurs ouvrages d'histoire, tout en collaborant au Correspondant et à La Revue des Deux-Mondes.

Albert de Broglie entre au Conseil d’administration de la Compagnie de Saint-Gobain en 1852 et en est le président de 1866 à 1901. Le il assiste à la fondation de L'Œuvre des Écoles d'Orienthttps://www.oeuvre-orient.fr/wp-content/uploads/LE-CINQUANTENAIRE-DE-LŒUVRE-DES-ECOLES-DORIENT.04.07.2017.pdf plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient., il fut membre de son Conseil généralVoir le fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856 mentionnant la composition de son Conseil Général du jusqu’à sa mort.

Candidat orléaniste à la députation dans la deuxième circonscription de l'Eure le , il n'est pas élu. Sa seconde candidature, sur la liste conservatrice, le , est couronnée de succès, mais Thiers le nomme quelques jours plus tard, le , ambassadeur à Londres. Durant son ambassade, jusqu'au , il est amené à signer le traité du , révisant celui de Paris de 1856 sur la question d'Orient, et à négocier le traité de commerce de 1872.

De retour à la Chambre en , il prend la tête de l'opposition conservatrice et parvient à mettre Thiers en minorité sur son projet de République conservatrice, le poussant à démissionner le de sa double fonction de chef de l'Etat et de président du Conseil. Il incite alors le maréchal de Mac-Mahon à se faire élire président de la République, tandis qu'il occupe lui-même la fonction de président du conseil à la tête d'un cabinet d'Ordre moral dont il est le ministre des Affaires étrangères, puis le ministre de l'intérieur.

Monarchiste de tradition, il laisse s'organiser, pendant l'été 1873, la campagne fusionniste, suivant le projet de troisième restauration, destinée à porter sur le trône le comte de Chambord, Henri d'Artois. Devant l'échec de cette tentative, il fait voter le septennat en faveur du maréchal de Mac-Mahon, le .

thumb|left|redresse|Caricature par Georges Lafosse parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1873.

Son gouvernement observe une neutralité sur le projet de construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et, en même temps, s'oppose aux manifestations anti cléricales.

Il défend une conception aristocratique du bicaméralisme, proposant le un « Grand Conseil des Notables », qui « mêlait membres nommés à vie par le président de la République, membres de droit éminents et membres élus par les capacités »Djamel Souafa & Vincent Guillin, « La réception de Stuart Mill en France », La Vie des idées, 18 mai 2010. .. Repoussé par les républicains et les bonapartistes, ce projet est aussi contesté au sein de son courant, l'orléanisme et fait tomber son gouvernement le .

Le , il est élu sénateur de l'Eure et le restera jusqu'en 1885. De fait, il dirige alors la droite modérée.

À la suite de la crise du 16 mai 1877 et de la démission du ministère Simon, le maréchal de Mac-Mahon l'appelle, malgré le manifeste des 363, à former un cabinet de résistance, dont il prend le ministère de la Justice et la présidence du Conseil, le . Il s'efforce alors de réunir une majorité à la Chambre des députés, puis demande au président de la République de la dissoudre. Désavoué par le résultat des élections législatives des 14 et 28 octobre 1877, il démissionne le .

Il continue ensuite à siéger au Sénat dans les rangs conservateurs. Candidat au renouvellement de son mandat, il échoue le , par 523 voix contre 533 au républicain (le général) Alphonse Lecointe. Il se retire alors de la vie politique.

Fonctions ministérielles Gouvernements de Broglie I, de Broglie II : vice-président du Conseil des ministres et ministre des Affaires étrangères (jusqu’au ), puis ministre de l’Intérieur Gouvernement de Broglie III : président du Conseil des ministres et ministre de la Justice

Membre de l'Académie française Il est élu en 1862 au fauteuil de l'Académie française, comme son père l'avait été en son temps. Il y succède au Père Lacordaire par 26 voix sur 29 votants.

Il est reçu à l'Académie le par Saint Marc Girardin.

Il est élu en 1895 à l'Académie des Sciences morales et politiques (Section d'histoire générale et de Philosophie), où il succède à Victor Duruy.

Il laisse des Mémoires et d'importantes études historiques.

Mariage et descendance Il épouse à Paris le Pauline de Galard de Brassac de Béarn (1825-1860), fille de Louis-Hector de Galard de Brassac de Béarn et de Coralie Le Marois, petite-fille du général d'Empire Jean Le Marois.

Le portrait de son épouse, peint en 1851-1853 par Ingres (anc. coll. Robert Lehman) est aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art, à New-York.

Dont cinq fils : Louis Alphonse Victor de Broglie (1846-1906), de Broglie, marié en 1871 avec Pauline de La Forest d'Armaillé (1851-1928). Tous deux sont les parents des physiciens Maurice et Louis de Broglie et de la comtesse de Pange, Pauline de Broglie) ; Maurice de Broglie (1848-1862) ; Henri Amédée de Broglie (1849-1917), marié en 1875 avec Marie Say (1857-1943), dont postérité ; François-Marie-Albert de Broglie (1851-1939), marié en 1884 avec Jeanne Cabot de Dampmartin (1864-1901). Tous deux sont les arrière-grands-parents du duc Victor-François de Broglie (1949-2012), duc de Broglie ; César-Paul-Emmanuel de Broglie, écrivain, célibataire (1854-1926).

Résidences Le duc de Broglie résidait ordinairement au château de Broglie (Eure) et à Paris, dans l'hôtel situé au 10 rue de Solférino, resté dans sa descendance jusqu'en 1934 et qui sera, de 1981 à 2018, le siège du Parti socialiste.

Décorations () sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre de Charles III d'Espagne

Principaux ouvrages Système religieux de Leibnitz (1846), traduction en français du Systema theologicum de Leibniz (sur Gallica) Études morales et littéraires (1853) L'Église et l'Empire romain au (1856-69) Questions de religion et d'histoire (2 volumes, 1860) Nouvelles études de littérature et de morale (1868) Frédéric II et Louis XV (1742-1744) (1885) Le Secret du Roi, correspondance secrète de Louis XV avec ses agents diplomatiques (1752-1774) (1883) Marie-Thérèse Impératrice (1744-1746) (1888) Le Père Lacordaire (1889) Maurice de Saxe et le marquis d'Argenson ; la Paix d'Aix-la-Chapelle (1891) La Paix d'Aix-la-Chapelle (1892) L'Alliance autrichienne (1895) La Mission de M. de Gontaut-Biron à Berlin (1896) Les grands écrivains français : Malherbe (1897) Voltaire avant et pendant la guerre de Sept Ans (1898) Saint Ambroise (1899)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Gustave Fagniez, Le Duc de Broglie 1821-1901, 1902, Paris, Perrin, 169 pages, lire en ligne ; Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.

Articles connexes Maison de Broglie La Princesse de Broglie (portrait de son épouse) Liste des Ambassadeurs de France en Grande-Bretagne Gouvernement de Broglie I Gouvernement de Broglie II Gouvernement de Broglie III Projet de Troisième Restauration Crise du 16 mai 1877

Liens externes

Article de Ch. Maurras après la mort d'Albert de Broglie dans la Revue hebdomadaire du .

* Catégorie:Président du Conseil de la Troisième République Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Ministre français des Affaires étrangères Catégorie:Député de l'Eure (Troisième République) Catégorie:Député à l'Assemblée nationale (1871) Catégorie:Sénateur de l'Eure Catégorie:Diplomate français du XIXe siècle Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques Catégorie:Membre de la Société de l'histoire de France Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1845 Catégorie:Membre de la Ligue de la patrie française Catégorie:Historien français du XIXe siècle Catégorie:Duc français du XXe siècle Catégorie:Duc français du XIXe siècle Albert Catégorie:Naissance en juin 1821 Catégorie:Naissance dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en janvier 1901 Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris