Faustino Pérez-Manglano Magro (né le à Valence, mort le dans la même ville), était un jeune espagnol, atteint de la maladie de Hodgkin. Élève du collège marianiste de Nuestra Señora del Pilar à ValenceSite du Collège : . Le cinquantième anniversaire de la mort de Faustino Pérez-Manglano y a donné lieu à une commémoration particulière en mars 2013 : (Espagne), et membre de la Famille marianiste, il a été déclaré vénérable par le pape Benoît XVI le .

Biographie Faustino est né à Valence (Espagne) le . Il est l'aîné de quatre enfants. Ses parents se sont mariés un an auparavant. Son père est médecin. Il reçoit de ses parents une éducation chrétienne. Sa vie se déroule de manière tout à fait ordinaire : il aime le sport — le football le passionne —, la natation, la montagne… Il aime le cinéma, la télévision, lire des romans, se faire des amis.

Sa première retraite spirituelle C'est à treize ans qu'il fait sa première retraite spirituelle, une expérience habituelle pour les élèves du collège del Pilar. Elle comporte des temps de silence, de prière, de détente et des conférences. Au cours de cette retraite, Faustino raconte à son aumônier sa promesse : « J'ai promis à la Vierge Marie de réciter le chapelet tous les jours. Je le récite par petits bouts, en particulier quand je vais seul au collège… » Sur cette retraite, il écrira plus tard : « Le plus grand effort de ma vie, je l’ai fait lors de la retraite, quand j’ai essayé de changer complètement ma vie ».

Son journal Le , il entame la première page de son journal. C'est une idée qui lui est venue à la suite de la lecture d'un roman. Il va désormais s'y consacrer régulièrement, y mentionnant les faits qui ont marqué sa journée. Ce journal est un témoin précieux de sa vie spirituelle et des événements de sa vie. Ce qui en fait la valeur est aussi sa spontanéité, il s'agit bien du journal d'un adolescent. Le , il écrit par exemple : « J'ai récité le chapelet. J'ai communié pendant la récréation. J'ai eu une interro en sciences naturelles, et j'ai bien répondu. J'ai parlé pendant 10 minutes avec le Christ, aussi bien du match nul Saragosse-Valence, que des missions ». C'est dans ce journal qu'apparaît aussi la première mention, le , d'une douleur qui annonce sa maladie.

Et si Dieu me parlait En , il intègre une fraternité de jeunes, à l'aumônerie de jeunes de son collègeCf. Salaverri, José-María, Les pains et les poissons de Faustino, p. 14.. Ce groupe se réunit une fois par semaine. Le se passe intérieurement un événement très important pour lui. Il est en train d'effectuer une retraite et après avoir rencontré son aumônier, il écrit ce jour-là : . C’est aussi durant cette retraite qu’il écrit comme résolution : . Plus tard, lorsqu’on lui demandera quand il a ressenti l’appel du Seigneur, il dira que c’est le soir même, pendant le repas en silence : . À partir de cette date, son amitié avec le Seigneur grandit de jour en jour. Cette relation si étroite et fréquente avec le Christ se transforme en amitié simple et profonde. Pour lui, Jésus est quelqu’un de proche, un ami avec lequel on peut parler de tout, même de foot !

Voici quelques extraits de son journal qui montrent bien que, pour Faustino, le Christ est quelqu’un de tout proche : Toutes ces citations sont tirées de . (21.10.60). (22.06.61). (28.01.61). (24.01.62). (25.01.62). (4.05.62). (20.1.63). (22.1.63). Et cette joie de vivre avec le Christ ne l’empêche pas, bien au contraire, d’aimer le foot, la montagne, la lecture et les amis.

La maladie Le , il tombe malade. Après des examens médicaux, les médecins finissent par diagnostiquer la maladie de Hodgkin, maladie incurable à l’époque. On lui applique un traitement énergique, mais épuisant. Pendant de longues périodes, il doit rester chez lui, mais il continue de travailler dur afin de ne pas perdre l’année. Il ne se plaint jamais, mais dans son journal on découvre qu’il a eu des moments très difficiles : (6.02.61). . Depuis le mois de février, il ne peut plus retourner en classe. Mais il consacre beaucoup de temps à son travail scolaire : il ne veut pas perdre son année. Il doit limiter toutes ses activités sportives mais il ne s’en plaint pas : il se contente de ce qu’il peut faire et écrit qu’il est heureux et que tout est « merveilleux » : c’est le mot préféré de Faustino. Il apprécie les séances de ciné-forum organisées dans son collège. Il visionne entre autres Les Quatre Cents Coups de François Truffaut. Bien qu’il ne puisse plus faire de sport, il tient à accompagner ses camarades lorsqu’ils ont des compétitions.

Le sens de l’autre En , Faustino écrit dans son Journal une anecdote qui montre le souci qu’il a de l’autreCf. Salaverri, José-María, Les pains et les poissons de Faustino, p. 18. : « Ce garçon a quatorze ans. Il vit dans une mansarde, il ne peut presque pas manger, il travaille huit heures par jour ». Avec un autre camarade, il prend rendez-vous avec lui, l’aide de son mieux, lui apporte ce dont il a besoin... Ce fait, comme beaucoup d'autres montre la grande attention à l'autre qui l'habite ; c'est un trait important de son caractère. Son cheminement spirituel ne le renferme pas sur lui-même, bien au contraire : (22.06.61). (25.01.62).

Mais il ne relâche pas ses efforts pour vivre à cent pour cent sa vie chrétienne : (26.01.62). Dans ce cheminement, Marie tient une très grande place : (16.05.62).

thumb|alt=La tombe du vénérable Faustino (Collège del Pilar à Valence)|La tombe du vénérable Faustino (Collège del Pilar à Valence) Sa dernière année À 15 ans, il écrit dans son Journal, à la date du : Cf. Salaverri, José-María, Les pains et les poissons de Faustino, p. 20.. Faustino a de la suite dans les idées : il n’oublie pas la décision prise vingt mois plus tôt. Le , il écrit : .

Aggravation de sa maladie Le , il doit s’aliter. Il ne se relèvera plus. Les traitements ne réagissent plus : les médecins sont désarmés et savent qu’il n’y a plus d’espoir de guérison.

Le , il écrit : .

Trois jours avant sa mort, son aumônier lui rend visite, alors qu'il semble beaucoup souffrir.

- .

Faustino faisait preuve d'une grande maîtrise de soi. On ne l'entendait jamais se plaindre.

Le 3 mars 1963 Dans l’après-midi, son aumônier, le père Salaverri, vient voir Faustino qui semble beaucoup souffrir. Mais au milieu de la conversation il lui demande tout de même : . Et sur sa table de nuit traîne un papier sur lequel on peut lire sa sélection nationale de football pour le match du soir !

Ce même soir, tard, il appelle sa maman. Au moment de redresser son corps endolori, il retombe tout à coup, et, sans cri, sans geste, tranquillement, doucement, il reste inanimé dans les bras de sa mère. Il était 23h20Cf. Salaverri, José-María, Les pains et les poissons de Faustino, p. 25..

Son héritage Sa cause de béatification a été introduite à Valence, sa ville natale. Depuis sa conclusion, elle est à l'étude à Rome. Le , le pape Benoît XVI a déclaré l'héroïcité de ses vertus. La vie de Faustino offre certainement un exemple très parlant aux jeunes. On peut en particulier le déduire du nombre de publications qui lui sont consacrées et dont quelques exemples sont cités ci-dessous. Sa biographie, écrite par son ancien aumônier, le père José María Salaverri, en était déjà, en 2009 à sa , pour ce qui concerne la version originale en espagnolCf. Salaverri, J.-M., Cinquenta veces te quiero ! El rosario con Faustino, Madrid, PPC, p. 4..

Mais on peut noter également que plusieurs mouvements s'inspirent de son exemple. On peut citer en particulier les "Jeunes de la famille marianiste" (en abrégé les JFM)., mais aussi le mouvement "Providence Faustino", devenu la "Colonie du Pré de l’Arc" Providence Faustino et Colonie du Pré de l’Arc, Bulletin Faustino n° 34, pp. 7 et 11, de marianistes.com. Son message d'espérance a également inspiré d'autres jeunes combattant courageusement contre la maladie, par exemple Héloïse Charruau, elle-aussi atteinte du lymphome de Hodgkin. Dans le monde, plusieurs mouvements de jeunes portent son nom, comme, par exemple au Chili, le Movimiento Faustino présent dans quatre écoles marianistes et rassemblant environ 750 jeunes au sein de 85 communautés, encadrés par 180 responsables (en 2010) Avec Faustino Pérez-Manglano, OC SM, Société de Marie, n° 3 (03/2010), p. 4.

Depuis 2013, vénérable Faustino est également le saint patron du groupe scout de Düsseldorf, rattaché aux Scouts unitaires de France.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Le Rosaire. Textes de Faustino Pérez-Manglano, Monastère de Chambarand, s.d.. Salaverri, José María, Les pains et les poissons de Faustino, Paris, Le Sarment, 2004.

Salaverri, José María, Héloïse (1985-2010) - Dans le sillage de Faustino, la joie et la croix, Paris, Le Sarment, 2011, . Pérez-Manglano, Faustino, Journal et autres écrits, Paris, Sarment - Editions du Jubilé, 2012, .

Liens externes

Site dédié à Faustino Pérez-Manglano (avec une page en français) Movimiento Faustino (Chile) Lettre d'information sur le processus de béatification et de canonisation du vénérable Faustino Pérez-Manglano n° 37 (03/2024), de marianistes.com

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