Willem van Haecht, né à Anvers vers 1530 et mort après 1585Mak et Coigneau, . et avant 1612 aux Pays-Bas septentrionauxBibliothèque numérique., est un poète et dramaturge d'expression néerlandaise et l'un des poètes en titre de la chambre de rhétorique anversoise De Violieren.

Biographie Avant l'arrivée du duc d'Albe Issu d'une famille de peintres et de graveursVan Bruaene, ., il était dessinateur et, vraisemblablement, aussi libraire de profession. Du peintre Willem van Haecht (1593-1637), il était le grand-oncleVan Montfrans, ..

Sa devise était (à traduire comme « conformez-vous à la volonté de Dieu »).

Dès 1552, Van Haecht était affilié à une chambre de rhétorique, , qui comptait parmi ses membres Cornelis et Floris de Vriendt ainsi que Maarten de VosVan Even, .. Il devint facteur (poète en titre) de cette société en 1558, succédant probablement à Jan van den Berghe, sympathisant du luthéranisme, lorsque celui-ci rencontrait des problèmes de santéVan Bruaene, ..

En , Van Haecht écrivit une moralité, (Le Jeu de Scipion), représentée par ses compagnons devant le magistrat et les autres chambres de rhétoriqueFrederiks et Van den Branden, .. Cette pièce n'a pas été conservée.

Cheville ouvrière du grand concours de littérature néerlandaise de 1561Ter Laan, ., pour lequel rhétoriciens se rendirent à Anvers à chevalGrijp, ., Van Haecht avait écrit les pièces introductives, comme le jeu d'Apollon et de Pan, par lequel la compétition du fut ouverte. C'était une pièce appropriée, rappelant aux arbitres le personnage mythologique de Midas, qui avait à choisir entre le chant d'Apollon et celui de Pan. Les moralités de ce concours, ainsi que d'autres œuvres poétiques, furent publiées en 1562 avec une préface de sa mainTer Laan, .. Apparemment, l'auteur voulait produire une œuvre de style Renaissance, tout en puisant sa matière dans la mythologie classique. Toutefois, dans la deuxième partie de la pièce, celle-ci se tourne en médiévale. Van Haecht écrivit également la pièce d'adieu, , et la pièce de clôture du jeu des haies (), qui suivait le . Dans la pièce d'adieu, il soutient la thèse que la décadence de Rome et celle d'autres anciens empires ne doit pas être attribuée à l'incrédulité ou au rejet de Dieu, mais au déclin des artsKnuvelder, ..

D'une chanson polyphonique à cinq voix, , de la chambre , vraisemblablement composée par Hubert Waelrant à l'occasion de l'ouverture de la compétition, les paroles néerlandaises seraient du facteur Van Haecht. Ce poème, sous forme de chanson, est repris dans la moralité , publiée en 1562, ainsi qu'imprimé sur une feuille volante avec la notation musicaleBonda, ..

En sa qualité de facteur, poète en titre et principal dramaturge des , il produisit trois moralités sur les œuvres des Apôtres, et en particulier celles de Paul, selon le goût du temps. Une quatrième, conservée dans le même manuscrit, ne serait pas de sa main. Ayant reçu, au préalable, l'approbation de Jan Huysmans, vicaire et paroissien de l'église Saint-Georges, elles pouvaient être jouées dans l'enceinte de la ville d'AnversLe prologue de la deuxième pièce dans le manuscrit a cette suscription : ; Van Voorst, .. Ses pièces rendent témoignage de la foi modérément luthérienne de Van Haecht et de l'intérêt que celui-ci portait à l'Antiquité. Dans le manuscrit, conservé à la Bibliothèque royale de Belgique, elles sont intitulées (Moralité sur les actes des Apôtres)Witsen Geysbeek, .. Elles furent jouées le Witsen Geysbeek, ., et la deuxième et la troisième d'entre elles, le même jour l'année suivante. Ces pièces, respirant l'esprit d'Érasme, furent interdites en 1564. Leur représentation, le , qui plut au public, aurait fait grincer les dents du clergé selon Godevaert van Haecht, un proche parent de l'artisteMarnef, .Godevaert van Haecht écrit dans sa chronique : (« Le jour de juin [ 1565 ] , les peintres d'Anvers, qui sont les Violiers [ NDLR : c'est-à-dire, la chambre de rhétorique de ce nom] jouèrent une belle moralité, sur les actes des apôtres […], qui plut à tout le monde, mais le clergé grinça des dents ») ; Van Haecht vol. 1, .. Aujourd'hui, on considère ses moralités comme des porte-paroles de la doctrine par laquelle le luthéranisme essayait de se justifier.

En 1564, Van Haecht remporta le troisième prix au concours d'une autre chambre de rhétorique, la (Le Souci).

Van Haecht empruntait les sujets de ses pièces en partie à la mythologie classique. Cependant, il diffère des auteurs néerlandophones d'une génération précédente, tels que Colijn van Rijssele, dont l'élément classique des œuvres ne correspond qu'à une parure empruntée aux anciens, une apparence bien superficielle. Ainsi, son (Arbitrage de Tmolos entre Apollon et Pan) témoigne d'une meilleure compréhension de l'esprit de l'Antiquité et du désir de représenter la réalité historique.

En outre, il prit connaissance de la poésie italienne et française de la RenaissanceKnuvelder, ..

Depuis l'arrivée du duc d'Albe

Forcé de prendre la fuite en 1567, à l'arrivée du duc d'Albe, Van Haecht trouva refuge à Aix-la-Chapelle et, de là, aux Pays-Bas septentrionaux

Pour la période qui suit, on connaît de lui (Trois lamentations), imprimées en 1567Witsen Geysbeek, ..

Van Haecht revint à Anvers dès que la capitale économique et culturelle des Pays-Bas eut été libérée par les gueux et qu'elle eut obtenu un gouvernement calviniste. Quand, en 1578, la congrégation luthérienne put se reconstituer à Anvers, plus rien ne l'empêchait de pratiquer ouvertement sa foi luthérienne. La même année, il publia des gravures qui représentent la doctrine luthérienne de la grâce. En outre, il produisit sa propre version rimée des Psaumes au profit des congrégations luthériennes anversoise et bruxelloiseMeppen, .. Ses éditions portent le privilège de deux princes catholiques : la première, de 1579, celui de l'archiduc Mathias, et celle de 1583, étrangement, celui du duc de ParmeWitsen Geysbeek, .Knuvelder, .. Cela indique qu'à l'époque, les adeptes de la Confession d'Augsbourg en Brabant n'étaient guère opprimés par les réformés. La deuxième édition contient également une annexe comprenant une traduction néerlandaise du , traduit de sept façons.

Van Haecht entretenait des liens d'amitié avec l'humaniste et auteur bruxellois Iehan Baptista HouwaertKalff, .Te Winkel, ., qu'il compare à Marcus Tullius dans l'éloge liminaire du de Houwaert, publié en 1582 ou en 1583. Dans son éloge, Van Haecht précise encore que tout homme sensé devrait reconnaître que Houwaert écrit de façon éloquente et excellenteKalff, ..

Lorsqu'en 1585, Anvers, ville gouvernée par les calvinistes, eut tombé sous le joug du duc de Parme, il dut fuir sa ville natale une fois de plus, persécuté pour sa foi, et trouver refuge aux Pays-Bas septentrionaux.

Plusieurs chansons du chansonnier des gueux lui sont attribuées ; deux d'entre elles, difficilement datables, signées de Per Haecht, sur la base de cette signature. Dans ces chansons, Van Haecht se montre modéré par rapport aux autres poètes ayant collaboré à ce recueil. Ses chansons contiennent des exhortations à croire en Dieu et à invoquer son Nom, à écouter et à lire sa Parole, et parfois - selon Kalff - un soupir silencieux joint au modeste appel à l'adresse des souverains pour ne pas recourir à la force, ainsi qu'aux sujets pour obéir à ceux qui les gouvernentKalff, ..

Il écrivit également quelques poèmes plus modestes, entre autres des chansons religieuses et des refrains (un genre qui s'apparente à la ballade), quelques dialogues, trois lamentations, une traduction des cinq Lamentations de Jérémie et des adaptations des Psaumes, partiellement incorporées dans le livre de chants de l'Église luthérienne néerlandaiseMak et Coigneau, ..

Il mourut à la fin du ou au début du siècle suivant.

Œuvre

Psaumes

Les Psaumes de Van Haecht ne sont pas les premiers d'observance luthérienne en langue néerlandaise. À Francfort-sur-le-Main, ville gouvernée par les luthériens et d'où les calvinistes venaient de se faire chasser, l'imprimeur Hans de Braeker publia, en 1565, un qui comprend, à part de nombreux hymnes et chansons spirituelles, le psautier complet. Peu après, en 1567, suivent deux recueils semblables, sans mention de lieu ou d'imprimeur, mais le sous-titre indique qu'ils proviennent d'AnversOverdiep, ..

Des traductions de psaumes de Van Haecht, la première à être conservée date de 1567, mais c'est en 1579 et en 1583 que fut publiée une nouvelle version, de sa main, du psautier complet. Celle-ci sera encore maintes fois réimprimée : à Amsterdam, entre autres, en 1605Scholtz, . et en 1634Witsen Geysbeek, .. Elle était encore usitée par les luthériens jusqu'au , l'année où la congrégation amstellodamoise adopta un nouveau psautier de leur confession, versifié par Jan van Duisbergh, que celui-ci avait publié l'année précédente.

Curieusement, plusieurs versions des psaumes, notamment celle de Van Haecht et des plus anciennes datant d'avant 1579, ont été imprimées l'un en regard de l'autre, initialement dans la deuxième partie comprenant les hymnes, mais dans les éditions ultérieures, immédiatement après la version rimée de Van Haecht.

Apparemment, la congrégation pouvait non seulement choisir quelle traduction elle voulait chanter, mais également sur quelles mélodies. Il y a des concordances entre mélodie et structure des strophes des Psaumes de Van Haecht et de ceux de Jan Utenhove, qui ne seraient que partiellement basés sur des airs français et pour une plus grande partie sur des mélodies d'origine allemande. Aussi, les airs, empruntés à des chansons spirituelles et, sans doute, aussi profanes, ont été réduits à des mélodies construites uniquement sur des rondes et des carréesGrijp, .. Consciemment, Van Haecht cherche une concordance entre le nombre des syllabes et celui des notes, comme en témoigne sa critique des collections précédentes.

Autres œuvres Autres œuvresFrederiks et Van den Branden, . : ; pièce écrite pour le à Anvers en 1561 ; ; pièce écrite pour le de 1561 à Anvers ; ; pièce imprimée et publiée par Willem Silvius à Anvers en 1562 ; ; moralités représentées le , le et le ; ; 1567 ; ; [ 1574 ] ; 1578 ; cette moralité lui fut attribuée, mais serait d'un autre auteur, peut-être d'un membre d'une chambre de rhétorique de VilvordeSteenbergen, . ; ; Anvers, 1578 ; De CL Psalmen Davids in nederduytsch gedicht gestelt door Willem van Haecht, mitsgaders de Lofsangen, Hymnen ende geestelycke Liedekens, zo die in de christelycke gemeente binnen Antwerpen (de confessie van Augsburg toegedaen zynde) zyn gebruyckende ; Anvers, 1579 ; le premier psautier luthérien de la congrégation luthérienne d’Anvers, imprimé dans cette ville et y réimprimé en 1583 ; O opperste waerheyt, diet al regeeren // moet ; refrain ; Hoe salich sijn die landen ; paroles de chanson imprimées (première source connue) en 1573 (?) dans le recueil de chansons de gueux ; Aenhoort ghy Heydensche nacie ; paroles de chanson imprimées (première source connue) en 1573 (?) dans le recueil de chansons de gueux.

Ressources Références

Sources Bibliothèque numérique des lettres néerlandaises Bonda, Jan Willem. De meerstemmige Nederlandse liederen van de vijftiende en zestiende eeuw, Hilversum, Verloren, 1996, . Frederiks, Johannes Godefridus, et Frans Jozef van den Branden. Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde, Amsterdam, L.J. Veen, 1888-1891, . Grijp, Louis Peter. Conformisten en rebellen: rederijkerscultuur in de Nederlanden (1400-1650) (réd. Bart A. M. Ramakers), Amsterdam University Press, 2003, . Grijp, Louis Peter. « De honger naar psalmen en schriftuurlijke liederen tijdens de Reformatie », Een muziekgeschiedenis der Nederlanden, vol. 1, éd. Louis Peter Grijp, Amsterdam University Press, 2001, . Kalff, Gerrit. Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde, vol. 3, Groningue, J.B. Wolters, 1907, .