La Jagdgeschwader 26Pour une explication de la signification des désignations des unités de la Luftwaffe : voir Organisation de la Luftwaffe (1933-1945). (JG 26) ( de chasse) est une unité de chasseurs de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Active du début à la fin de la guerre, l'escadre réalisa l'essentiel de ses opérations sur le front européen occidental. Elle fut baptisée en l'honneur d'Albert Leo Schlageter, un combattant des Freikorps exécuté en 1923 et considéré comme martyr pendant la République de Weimar. Outre-manche, le seul II./JG 26 était surnommé les .

Opérations La JG 26 opéra sous cette appellation sur chasseurs Messerschmitt Bf 109 des versions E, F, G et K ; elle deviendra également la première unité à œuvrer sur Focke-Wulf Fw 190A, avant de passer entièrement sur la version D à la fin de la guerre. La 10.(N)/JG 26 de chasse de nuit utilisa également des Bf 109D et le Arado Ar 68.

Blitzkrieg (1939-1940) Avant-guerre La JG 26 tire ses origines du groupe (ou Gruppe en allemand) III./JG 134 commandé par le Hauptmann Oskar Dinort. Deux Staffeln (escadrilles) du groupe équipées de chasseurs Heinkel He 51 jouèrent les sur la ville de Köln lors de la remilitarisation de la Rhénanie en . L'année suivante est créée la JG 134, avec deux Gruppen dotés chacun de trois Staffeln : le I./JG 134 (ancien III./JG 134) et un nouveau II./JG 134 équipé lui de Arado Ar 68. La JG 134 reçut ses premiers Messerschmitt Bf 109B en . Un an plus tard, l'as de la Grande Guerre lOberst Eduard Ritter von Schleich prit les reines de l'escadre, renommée JG 132 le mois suivant. Albert Leo Schlageter, figure bien connue en Rhénanie, donna également à l'escadre son emblème, un gothique sur un écusson blanc.

La JG 132 dispose déjà en son sein de leaders remarquables comme les Hauptmann Gotthard Handrick, Hubertus von Bonin et Herwig Knüppel, les Oberleutnant Fritz Losigkeit et Eduard Neumann, tous vétérans de la guerre d'Espagne. Parmi la génération plus récente figurent les Leutnant Kurt Ebersberger, Klaus Mietusch, Johannes Seifert, Gerhard Schöpfel et lOberfähnrich Joachim Müncheberg, qui formeront le noyau des succès à venir. En attendant s'enchaînent les entraînements, prémices d'un conflit imminent. Pour raison de propagande, toute unité ayant un surnom se fit allouer le matériel le plus récent ; ainsi, le modern Bf 109E rééquipa progressivement la JG 132, qui le , changea une nouvelle fois de désignation - et cette fois définitivement - pour JG 26Les premières désignations à trois chiffres faisaient référence à trois critères (type d'avion, place hiérarchique…). Cette fois, les Jagdgeschwader étaient numérotées en fonction de leur appartenance à leur flotte aérienne : 1 à 25 pour la Luftflotte n°1, 26 à 50 pour la Luftflotte n°2… . . Fin août, l'escadre se rapprocha de la frontière franco-allemande.

Préliminaires Durant toute la campagne de Pologne, la JG 26 se retrouva responsable de la protection du pôle industriel allemand le long de la frontière ouest. Afin d'amorcer une chasse de nuit encore à ses balbutiements, on mit sur pied la Staffel 10.(Nacht)/JG 26 équipée de Bf 109D et de vieux Arado Ar 68, commandée par lOberleutnant Johannes Steinhoff. Enfin, un troisième Gruppe (III./JG 26) compléta l'unité le à partir des 2. et 4. Staffel ainsi que du II./ZG 26. Cinq jours plus tard lors d'une escorte de Hs 126, le Leutnant Josef Bürschgens de la 2./JG 26 remporta semble-t-il, le premier succès de la sur un Hawk 75 français du GC II/5, avant d'être lui-même touché et forcé à atterrirIl semble que Berlin ne confirma jamais cette victoire, tandis que les Français revendiquèrent un Bf 109 sans dommage .. Le , le Leutnant Joachim Müncheberg du Stab III./JG 26 réalisa la seconde victoire en abattant un Blenheim, cette fois sans contestation possible. Moins d'une semaine plus tard, la 10.(N)/JG 26 fit mouvement à Jever afin de renforceer les défenses de la base navale de Wilhelmshaven. Un déplacement payant puisque le , l'unité participa à l'interception de 24 bombardiers bimoteurs Wellington et en revendiqua 6, dont seul la moitié sera confirméeCe jour-là intervinrent également le JGr 101, le II./JG 77 et le I./ZG 76 de chasse lourd, qui revendiquèrent un total de 28 victoires. En réalité, les Britanniques perdirent 12 avions au combat et 6 autres contraints à l'atterrissage forcé .. Avant la fin de l'année, la 10.(N)/JG 26 quitta l'escadre pour le IV./(N)JG 2.

L'année 1940 débuta sans autre incident, la JG 26 ayant jusqu'ici déploré un blessé, trois pertes accidentelles et une quatrième lors de la mission du .

En route pour la France L'imminence de l'offensive à l'ouest impliqua une répartition des différents Gruppen au besoin : le III./JG 26 opéra ainsi conjointement avec III./JG 3, tandis que le I./JG 26 se retrouvait attaché à la JG 51. Au matin du , la JG 26 escorta des Ju 52 de transport de parachutistes au-dessus des Pays-Bas, et descendit 7 chasseurs néerlandais, ainsi qu'une dizaine de chasseurs français du GC I/4 le lendemain après-midi. Si les pilotes préféraient la chasse libre, l'escorte en revanche n'était pas leur tasse de thé, un problème pour l'instant insignifiant en ce début de campagne. Le , la JG 26 remporta 12 victoires mais déplora deux morts et deux blessés. II. et III. Gruppe ajoutèrent une quinzaine de succès les quatre jours suivants, avant un premier transfert de ce dernier en Belgique. Douze de plus allèrent au seul II./JG 26 le , malgré les difficultés pour identifier les types d'avions abattus, fatigue oblige. Le même groupe subit le lendemain sa première grande perte quand son Kommandeur Herwig Knüppel périt en missionAncien as de la guerre d'Espagne avec 8 victoires, Knüppel réalisa 3 succès de plus avec la JG 26 avant de tomber au combat http://www.aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=Kn%C3%BCppel&qand=Herwig&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.. Passé le , toute la JG 26 basculait en Belgique, le I. Gruppe demeurant toujours subordonné à la JG 51.

Le corps expéditionnaire britannique amorça un repli sur Dunkerque le . Après plusieurs escarmouches victorieuses, la JG 26 intervint le 28 de façon plus conséquente à l'est de la ville face aux Squadrons anglais, bien que toutes les victoires ne furent pas confirmées. Le 29 et malgré un temps nuageux, la réalisa une douzaine de succès en fin d'après-midi sans égratignure, laissant le champ libre aux Stuka d'attaquer les navires d'évacuation. À cette occasion, le Leutnant Müncheberg officialisa sa victoire (premier as de l'unité), score qu'il doubla presque le surlendemain en réalisant un quadruplé sur les 14 descendus par son groupe. Depuis le , l'escadre a perdu 19 pilotes tués, prisonniers ou blessés. Le , la JG 26 perdit cinq pilotes supplémentaires (deux tués) malgré quasiment deux fois plus de victoires. Les Bf 109 se joignent aux Bf 110 pour escorter au mieux les bombardiers, mais buttent sur une RAF tenace qui couvre les plages. Le , la JG 26 escorta un raid sur des aérodromes autour de Paris, avant de poser ses valises dans le Pas-de-Calais. Le 6, le Leutnant Gustav Sprick de la 8./JG 26 se distingua par un triplé solitaire sur des Bloch 152, une journée surtout marquée par l'arrivée du Hauptmann Adolf Galland qui prit en charge le III. Gruppe ; Galland, figure à venir de la LuftwaffeL'as comptait quelque 300 missions d'attaques au sol en Espagne ., compte déjà 12 victoires avec la JG 27.

Aux escortes succédèrent les patrouilles en soutien à l'armée allemande qui finit par percer la ligne de défense française entre la Somme et l'Aisne. La JG 26 s'avança dans la région parisienne à la mi-juin, et domine désormais un ciel quasi vide d'appareils alliés. L'unité se rabattit sur des mitraillages au sol contre des colonnes d'infanterie ou des batteries de DCA. L'armistice signé, la retourna en Allemagne avant la fin du mois. Elle perdit en juin 23 pilotes : 4 capturés, 7 blessés et 12 morts. L'un des derniers à tomber () sera le Leutnant Otto-Heinrich Hilleke, 6 victoires en 59 sorties avec le Stab II./JG 26, devenu as moins d'une heure après Müncheberg. Gustav Sprick égalisa ce dernier avec 9 succès, lUnteroffizier Hugo Dahmer de la 4./JG 26, son Staffelkapitän le Hauptmann Karl Ebbighausen ainsi que le Leutnant Heinz Ebeling (8./JG 26) obtiendront chacun 5 victoires. Soit environ 160 victoires pour l'entièreté de l'escadre depuis le , maintenant aux ordres du Major Gotthard Handrick.

Sus aux îles britanniques Stab et I./JG 26 rejoignirent le Pas-de-Calais le après rééquipement, suivis des deux autres Gruppen six jours plus tard, où réside déjà la JG 51. Le but est de maintenir la supériorité aérienne au-dessus du Chanel, chaque groupe intervenant pour le moment indépendamment pour une plus grande flexibilité au combat. Les premières confrontations se déroulèrent le au-dessus de l'estuaire de la Tamise, pour se prolonger jusqu'à la fin du mois au large de Douvres. L'objectif premier consista à protéger les Do 17 et Ju 87 attaquant les convois maritimes. En quatre jours de combat, le seul III./JG 26 revendiqua 10 victoires (3 pour Adolf Galland, une pour Joachim Müncheberg) pour deux morts et un prisonnier, alors que le II Gruppe perdait déjà son Kommandeur (Erich Noack). Le ton est donné.

La pluie occupa la première semaine d'août, l'occasion pour le Major Galland de recevoir la Croix de Chevalier après 17 victoires. Les frappes sur les convois laissèrent progressivement place aux attaques sur les terrains anglais et les radars côtiers associés. Le beau temps du permit une triple mission : bilan deux officiers perdus, mais une douzaine de succès, dont 3 pour le Leutnant Ebeling, et la de son nouveau leader à la 8. Staffel Gustav Sprick. À ce stade, pénétrer en territoire britannique impliquait de batailler avec les nuages pour garder le visuel sur les bombardiers, puis regagner les côtes françaises sans tomber en panne sèche. La bataille d'Angleterre atteint son paroxysme du 14 au , la Luftwaffe s'acharnant sur les aérodromes du No. 11 Group RAF autour de Londres. La JG 26 établit une cinquantaine de victoires, dont 5 pour lOberleutnant Gerhard Schöpfel chef de la 9./JG 26 et 5 autres pour le Leutnant Josef Bürschgens de la 7./JG 26. Cependant, les pilotes anglais abattus pouvaient revenir rapidement au combat, faussant grandement les statistiques allemandes quant aux pertes infligées à l'ennemi. La JG 26 elle-même perdit trois pilotes capturés et deux autres tués, dont plusieurs asLa seule 7./JG 26 perdit ainsi le les Leutnant Gerhard Müller-Dühe (5 victoires, mort au combat) et Walter Blume (6 victoires, capturé et grièvement blessé). Blume sera rapatrié en et combattra encore avec la JG 27 pour atteindre 14 victoires avant la fin du conflit auquel il survivra. Le II. Gruppe perdit quant à lui son Kommandeur, le Hauptmann Karl Ebbighausen titulaire de 7 victoires , ..