alt=Blason avec un damier jaune et bleu|vignette|upright|Armoiries du Vermandois, les plus anciennes connues

L'héraldique médiévale s'est développée comme son nom l'indique au Moyen Âge dans toute l'Europe comme un système cohérent d'identification non seulement des personnes, mais aussi en partie des lignées (le blason pouvant être transmis par héritage en traduisant le degré de parenté) et des collectivités humaines, ce qui en fait un système emblématique unique en un temps où la reconnaissance et l'identification passaient rarement par l'écrit.

Apparue au au sein de la chevalerie, elle s'est rapidement diffusée dans l'ensemble de la société occidentale : nobles, clercs, bourgeois, corporations de métiers et également paysans. L'héraldique médiévale se caractérise par des blasonnements simples et facilement visibles (). L'héraldique moderne se complexifie à partir de ().

Définitions L'héraldique médiévale est le domaine d'étude de la science du blason, c'est-à-dire l'étude des armoiries (ou « armes ») spécifique au Moyen Âge. C'est aussi un champ d'expression artistique et un élément du droit médiéval. Par rapport à l'héraldique moderne ou contemporaine, elle se distingue par des problématiques d'identification dans des armoriaux de langue vernaculaire régionale et de datation. Elle est considérée comme une des sciences auxiliaires de l'histoire médiévale au même titre que la vexillologie, la phaléristique, la patronymie, l'anthroponymie et surtout la diplomatique et la sigillographie qui lui donnent des certitudes de datation.

Armoiries

Les armoiries sont, pour reprendre la définition proposée par Rémi Mathieu, et reprise par Michel Pastoureau ainsi que sur le site internet Le Héraut d'armes,

.

Notons que peut également signifier « blason » et que la terminologie n'est pas plus claire de l'autre côté de la Manche. Voir supra.

Certains héraldistes modernes et contemporains réservent le terme « armoiries » à la figure armoriale complète, composées de l'écu, du heaume, du cimier, des supports et éventuellement d'autres ornements extérieurs (voir figure) et parlent simplement d'« armes » lorsqu'il s'agit de l'écu seul. .

Armoiries médiévales Pour la période médiévale, un moyen commode d'éviter les mots « armes » et « armoiries » qui présentent l'inconvénient de n'exister qu'au pluriel, est de le remplacer par le mot « écu » ().

C'est également le procédé utilisé en sigillographie médiévale. Douët d'Arcq décrit ainsi le second sceau de , duc de Bretagne : .

Également en numismatique médiévale, c'est bien l'« écu » armorié ou blasonné de France qui a donné son nom à la monnaie, et non l'inverse.

Par contre, pour les armoriaux du tel que L'armorial de Guillaume Revel qui reproduit « cimiers » et « cris », voici par exemple comment Emmanuel de Boos décrit les armoiries d'Eustache de Lévis, seigneur de Couzan du manuscrit reproduites ci-contre :

Origine et apparition des armoiries médiévales européennes Pré-héraldique . Certaines d'entre elles ont employé ou emploient encore des systèmes emblématiques et symboliques ayant suffisamment de ressemblances avec les premières armoiries européennes pour être abusivement qualifiés d'« héraldiques » par les archéologues. On parle ainsi d'héraldique sumérienne, hindoue, bouddhiste ou arabe. Par exemple, l'Escarboucle et même à un degré moindre le Gironné, en tant que meubles et traits héraldiques, présentent des caractères similaires à des symboles sumériens bouddhistes ou arabes, la persistance des symboles ne signifie pas un héritage asiatique dans l'Europe médiévale. Il s'agit d'idéogrammes ou de symboles universels. Cette influence reste difficilement appréciable par les historiens de la civilisation médiévale.( à 7).

.

Du milieu du jusqu'au début du , de nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l'origine et l'apparition des armoiries en Occident. Le père Claude-François Ménestrier en énumère plus d'une vingtaine dans la première édition de son ouvrage Le véritable art du blason et l'origine des armoiries publié en ibid. . Certaines, tout à fait fantaisistes, attribuaient l'invention du blason à des personnages de l'Antiquité, de la Bible ou de la légende arthurienne et furent très tôt rejetées. Ce point de vue est confirmé par Geneviève d'Haucourt et Georges Durivault dès . Il n'en reste pas moins vrai que comme ces blasons furent inventés par des hérauts du Moyen Âge, certains amateurs d'héraldique et de généalogie continuent à croire qu'ils sont de source sûre puisqu'ils proviennent d'armoriaux médiévaux.

. Cependant Geneviève d'Haucourt et Georges Durivault accordaient encore en une place importante à l'emprunt des figures para-héraldiques arabes et de ce qui deviendra l'écu « normand » (voir supra).

Proto-héraldique européenne : Vers les premiers blasonnements ()

Évolution de l'équipement militaire du

Durant le haut Moyen Âge, les Francs et les Vikings utilisèrent plutôt des boucliers ronds. Ils étaient souvent recouverts de cuir pour améliorer la rigidité ().

. De fait, le bouclier (latin : qui donnera écu de forme ronde () ou elliptique) est constitué de lattes de bois recouvertes de cuir (diamètre : 80 à ; épaisseur : de 0,8 à ). Au centre se trouve l'umbo (diamètre moyen de 15 à ; hauteur moyenne : de 6 à ). La forme de l'umbo a varié : concave vers , convexe plus tard, en pain de sucre vers .

Déjà au on parle de « connoissances » (signes de reconnaissances) sur les boucliers, comme l'indique ce vers de la Chanson de Roland (chant CCXXV, vers 3090): (Traduit par Joseph Bédier, : ().

.

Le bouclier du est alors connu sous le nom d'écu qui vient du romain et désignait un bouclier long. Cet écu en forme d'amande légèrement concave à l'intérieur, s'orne d'un umbo conique ou hémisphérique au centre, parfois aussi d'un motif de cloutage ; il est bordé d'une bande que l'on suppose métallique, l'orle. Suspendu au cou par une large courroie, la guige, on la manie en introduisant l'avant-bras gauche dans une énarme en forme d'anse, fixé au revers, et en agrippant de la main une seconde, disposée perpendiculairement à la première. Il arrive aussi que les énarmes soient parallèles. La taille de ce bouclier est relativement modeste : assez étroit, il ne dépasse guère ou de haut ().

Un témoignage protohéraldique visuel important : la broderie de Bayeux

La Broderie de la reine Mathide nous apprend beaucoup sur les signes de reconnaissances collectifs (les bannières) et individuels de la seconde moitié du :

La première croisade : une croisade sans armoiries

Malgré ce que laissent croire les salles des croisades du château de Versailles, initiées par Louis-Philippe sous la seconde restauration pour rassembler une aristocratie moderne en quête d'illustres ancêtres, Il faudrait plutôt lire « troisième » (-), en comparant l'inventaire de la collection de sceaux de Douët d'Arcq et le nombre d'armoiries anachroniques de la deuxième (-) peinte dans les salles des croisades du château de Versailles. Tout au plus les chevaliers croisés se serviront des armatures métalliques de leurs écus ( et 20). La tradition qui veut que Godefroy de Bouillon ait reçu comme avoué du Saint-Sépulcre un écu d'argent à la croix de Jérusalem d'or (), volontairement en désaccord avec la règle héraldique , est fausse : ces règles n'existaient pas en et ces couleurs sont toujours aujourd'hui celles de l'état pontifical. D'ailleurs a-t-il jamais porté cet écu ? Ce fut plus probablement une bannière. En revanche, la croix de l'ordre du Saint-Sépulcre semble bien la première figure héraldique communautaire de moines combattants ().

L'apparition des armoiries (vers - vers )

L'adoption des armoiries par l'ensemble de la société médiévale (vers - vers )

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Partie à mettre dans les sources et à supprimer en fin de conception d'article

Rémi Mathieu, Le système héraldique français, Paris, J.-B. Janin, 1946. (La roue de fortune.) Michel Pastoureau, Traité d'héraldique, Paris, grands manuels Picard, 2008, , 407 p. ( 1979) Michel Pastoureau, Figures de l'héraldique, Paris, Gallimard, 1996, in-12°, 144 p., ill. en noir et en coul. (coll. « Découvertes » 284)

Geneviève d'Haucourt et Georges Durivault, Le Blason, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 336. Louis Douët d'Arcq, Inventaire de la collection de sceaux, Paris, 1863-1868 Emmanuel de Boos, L'armorial d'Auvergne, Bourbonois et Forestz de Guillaume Revel', Créer, Nonette, 1998 Claire Constans & Philippe Lamarque, Les salles des croisades Château de Versailles, Versailles, éditions du Guy, 2002, 500 p. Germain Demay, Le Blason d’après les sceaux du Moyen Âge, Paris, Société nationale des Antiquaires de France, 1877 Théodore Veyrin-Forrer, Précis d'héraldique, Paris, Larousse, 1951 (réédition en 2000, revue et mise à jour par Michel Popoff, collection « Comprendre et reconnaître », 198 p.) Philippe Dayre de Mayol, Dictionnaire historique et héraldique de la noblesse française rédigé dans l'ordre patronymique, d'après les archives des anciens parlements, les manuscrits de d'Hozier et les travaux des auteurs. contenant un vocabulaire du blason, la notice des familles nobles existant actuellement en France, avec la description et le dessin de leurs armes. (1895), 2001, Jean-Baptiste Rietstap, [Références:Armorial général précédé d'un dictionnaire des termes du blason]. Ottfried Neubecker, Le grand livre de l'héraldique, adaptation française de Roger Harmignies, Bruxelles, Elsevier Séquoia, 1977 (réédité par Bordas, env. 300 p., A4) D.L. Galbreath et Léon Jéquier, Manuel du blason, Lausanne, Éditions Spes, 1977, 344 p. Pierre Joubert, Les armes : initiation à l'héraldique, Rennes, Ouest-France, 1977, 92 p. (nouvelle édition sous un autre titre de Les lys et les lions, Paris, Presses d'Île-de-France, 1947, 36 p., l'édition de 1977 est réimprimée en 1984 sous le titre Nouveau guide de l'héraldique, et en 1992 sous le titre L'héraldique). Une cinquième édition dans un format plus grand () reprend le titre initial : Les lys et les lions, La Ciotat, Éditions Alain Gout, 2005, 44 p. Hiérosme de Bara, Le Blason des armoiries, Lyon, Barthelemy Vincent, 1581 Jean-Marie Thiébaud, Dictionnaire des termes du blason, Besançon, Cêtre, 1994. Jean-Marie Thiébaud, Bibliographie héraldique française : armoriaux, répertoires héraldiques et dictionnaires de devises, Paris, 2002. Claude Wenzler, Le Guide de l’héraldique, Rennes, Éditions Ouest France, 2002 Joannis Guigard, Armorial du Bibliophile, Paris, 1870-73 (reprint).

Sources bibliographiques directes

Sources Internet Le Héraut d'Armes : tout savoir sur l'art héraldique. Origines et histoire du blason. Les règles du blason. Composition des armoiries. Choix des figures héraldiques. Droit et usage des armoiries. Législation héraldique.

Sources bibliographiques secondaires

Liens externes

earlyblazon.com : Le plus documenté sur l'héraldique médiévale. : Évolution de l'équipement militaire du au Au Blason des Armoiries : glossaire héraldique euraldic.com : blasons (textes et dessins) Héraldique européenne (armoriaux, textes et dessins ; site très complet)

Articles connexes Les drapeaux et autres emblèmes héraldiques Les sashimono et les mon japonais Le totem'' héraldique des Indiens d’Amérique Lord Lyon, roi d'armes écossais Autorité héraldique du Canada Les armoriaux Le blasonnement Illustrated atlas of French and English heraldic terms Les armoiries imaginaires Un exemple de transmission et de brisures d’un blason dans une famille : héraldique de la maison d'Anjou-Sicile Un exemple d’évolution du blason d'une personne au cours de sa vie : René d'Anjou Un illustrateur en héraldique célèbre : Otto Hupp (1859-1949)

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