Framatome (pour Franco-américaine de constructions atomiques) est une multinationale française fondée en 1958 et œuvrant dans le secteur du nucléaire civil. L'entreprise est spécialisée dans la conception de réacteur nucléaire, la fourniture des équipements de la chaudière nucléaire, les services de maintenance des réacteurs, et la fabrication des assemblages de combustible. Elle est également présente dans le secteur de la santé (en imagerie nucléaire via sa filiale ), ainsi que dans des solutions de cybersécurité.

Depuis janvier 2024 Framatome est détenue à 80,5 % par Électricité de France et à 19,5 % par Mitsubishi Heavy Industries.

L'entreprise change plusieurs fois de nom à partir de la fin du siècle. Elle est renommée Framatome ANP (pour ) en 1999 après le rachat des activités nucléaires de Siemens KWU. De 2001 à 2018, elle est une filiale du groupe français Areva, dont elle est à l'origine en fusionnant avec la Cogema et CEA Industrie en 2001. La marque Framatome ANP disparaît totalement de 2006 à 2016 au profit d'Areva NP (pour ). En 2016 dans le cadre du plan de sauvetage d'Areva, Areva NP est temporairement renommée New NP, avant de redevenir Framatome en 2018 après sa prise de contrôle par EDF.

En 2025, Framatome est un des leaders de la conception et de la réalisation de réacteurs nucléaires avec :

l'achèvement de 72 réacteurs nucléaires (dont 59 en France), répartis sur 25 centrales nucléaires de production d'électricité (dont 19 en France) ; la construction en cours des deux EPR de la centrale nucléaire britannique d'Hinkley Point ; les projets de construction des deux EPR de la centrale nucléaire de Sizewell en Angleterre, ainsi que des six EPR2 en France.

Histoire De 1958 à 1999 : Framatome vignette|Calendrier de l'énergie nucléaire sur la . Le , Framatome (Franco-américaine de constructions atomiques) est créée par plusieurs sociétés des groupes Schneider, Merlin Gerin et Westinghouse Electric Company, avec pour principal objectif d'exploiter la licence Westinghouse dans le domaine des réacteurs à eau pressuriséePhysique, fonctionnement et sûreté des REP: Le réacteur en production Par Hubert Grard, EDP Sciences - 318 pages.

L'accord de licence et d'assistance technique est signé en . À cette époque, en France, EDF construit un premier réacteur nucléaire selon les plans de la filière dite uranium naturel graphite gaz (UNGG) dans la centrale nucléaire de Chinon.

De 1962 à 1967, Framatome travaille conjointement avec la Société d'énergie nucléaire franco-belge des Ardennes (SENA), la Société des ateliers de Charleroi et Westinghouse pour la fourniture du premier réacteur à eau pressurisée de la centrale nucléaire de Chooz.

En 1970, Framatome commence la construction d'un réacteur à la centrale nucléaire de Tihange en Belgique, il est mis en service en 1975.

Philippe Boulin, ancien président de Jeumont-Schneider est président de Framatome de 1975 à 1982......, suivi de Jean-Claude Leny (directeur général de Framatome depuis 1970) de 1982 à 1996.

Le , l'entreprise Framatome est choisie comme seul constructeur des centrales nucléaires en France. Pendant 25 ans, elle équipe ainsi les 58 réacteurs à eau pressurisée des 19 centrales nucléaires de Fessenheim, Bugey, Tricastin, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent, Blayais, Chinon-B, Paluel, Cruas, Flamanville, Saint-Alban, Belleville, Cattenom, Nogent, Penly, Golfech, Chooz-B et enfin Civaux.

De 1975 à 1982, Framatome participe à la construction des réacteurs belges Doel-3 et de Tihange-2 au sein de FRAMACECO, une association avec les Ateliers de constructions électriques de Charleroi (ACEC) et Cockerill.

En 1976 est créée la Société française d'ingénierie électronucléaire et d'assistance à l'exportation (SOFINEL), une filiale d'EDF et de Framatome fondée pour développer la centrale nucléaire de Koeberg (Afrique du Sud), puis dans les années 1980 la Centrale nucléaire de Uljin (Corée du Sud), ainsi que celles de Daya Bay et de Ling-Ao (Chine).

En 1980, Framatome co-fonde l'AFCEN, association chargée de définir les codes de calculs pour le parc nucléaire Français.

En 1992, Framatome est détenue à 42 % par Alcatel-Alsthom, à 36 % par le CEA, les deux autres actionnaires étant EDF et le Crédit Lyonnais..

En 1993, le groupe Schneider cède Jeumont-Schneider Industrie à Framatome..

En 1996, alors que la construction des derniers réacteurs nucléaires français s'achève (dans les centrales nucléaires de Chooz et de Civaux), Alcatel-Alsthom possède encore 44 % de Framatome, mais l'État français contrôle le groupe via le CEA (36 %), EDF (11 %), et le consortium de réalisation (CDR, chargé de vendre des actifs du Crédit lyonnais) qui détient 4 %. Dominique Vignon est nommé président de Framatome de 1996 jusqu'à la naissance d'Areva fin 2001.

De 1999 à 2006 : Framatome ANP En 1999, les activités nucléaires de Framatome et de Siemens fusionnent dans une nouvelle société appelée Framatome ANP (ANP pour Advanced Nuclear Power), étant détenu à 66 % par Framatome et à 34 % par Siemens.

En , l'État français augmente sa participation à Framatome, via différents « acteurs publics », dont EDF, de 51 % à près de 80 % du capital. La Cogema (Compagnie générale des matières atomiques) devient alors l'actionnaire industriel principal de Framatome.

En 2001, Framatome et SEEB fondent l'UIGM qui regroupe ses activités d'usinage de pièces destinées au nucléaire.

La même année, la filiale du Commissariat à l'énergie atomique CEA Industrie fusionne avec Framatome et la Cogema pour former un nouveau groupe dénommé Topco, puis renommé Areva.

En , le producteur finlandais d'électricité Teollisuuden Voima Oyj (TVO) signe un accord avec Areva NP et Siemens pour la construction du réacteur de la centrale nucléaire d'Olkiluoto en Finlande.

De 2006 à 2015 : Areva NP vignette|Logo d'Areva|gauche À la fin du premier semestre de l'année 2006, Framatome est rebaptisée Areva NP, pour Nuclear Power. La société est alors spécialisée dans les chaudières nucléaires et les services aux réacteurs.

En , Areva fait l'acquisition de Sfarsteel pour un montant de plus 170 millions d'euros, et acquiert à cette occasion les forges du Creusot et récupère les activités précédemment cédées dans l'UIGM.

En , Areva NP signe le contrat du réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville 3. Quelques jours plus tard, le chantier est bloqué par Greenpeace.

Au début de l'année 2009, Siemens annonce son retrait du capital d'AREVA NP en raison du mouvement pour la sortie du nucléaire en Allemagne.

À la mi-mars de l'année 2011, Siemens rétrocède les 34 % du capital d'Areva NP pour la somme de 1,62 milliard. Areva NP est alors détenue à 100 % par Areva.

En 2013, la SGN (ancienne filiale de Saint-Gobain puis de la COGEMA) est fusionnée dans Areva NP. Cette fusion s'inscrit dans le cadre de la simplification de la structure administrative du groupe Areva. La SGN est radiée le . En 2016, ses anciennes activités sont intégrées à New AREVA (qui reprend les activités du cycle du combustible nucléaire) sous le nom d'Areva Projets, devenu Orano Projets en 2018.

En , l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) révèle que la cuve de l’EPR de Flamanville, forgée par Areva NP, présente des caractéristiques mécaniques non conformes à la valeur réglementaireCommunication de l'ASN, le 7 avril 2015. En effet, des analyses, réalisées dans le cadre de l’évaluation de la conformité à l’arrêté ESPN, mettent en évidence une teneur en carbone de l’acier plus importante que prévu dans certaines zones des calottes de cuveConnaissance des énergies, connaissancedesenergies.org, le 23 avril 2015. En cause, des dysfonctionnements dans les essais réalisés sur une machine du laboratoire d’essais mécaniques du Creusot : la machine utilisée pour ces essais présente une anomalie entre 2009 et 2014. Areva NP lance alors des audits qualité, qui mettent en évidence des irrégularités dans des dossiers de fabrication de l’usine du CreusotNon trouvé le 11 novembre 2021, sfen.org.Areva décide une expertise indépendante des processus de fabrication au Creusot, 21 avril 2015, lexpress.frCuve de l'EPR: Des «anomalies» détectées dans l'usine Areva du Creusot, 20 Minutes, 29 avril 2016 .

L’anomalie détectée sur la cuve, par l'ASN, est susceptible d’entraîner l'interdiction de son utilisation, ce qui serait catastrophique sur le plan industriel et financier. En effet, la cuve est déjà installée dans le réacteur de Flamanville en construction et son retrait exigerait de déconstruire en partie la structure édifiée autour de la cuve. De nouvelles études sont lancées afin de déterminer la gravité exacte des malfaçons et de pouvoir trancher sur l'utilisation ou non de la cuve.

L’ASN a présenté le sa position sur l’anomalie de la cuve du réacteur EPR de Flamanville-3. L’ASN s’est appuyée sur l’analyse des dossiers transmis par Areva NP et EDF, menée par sa direction des équipements sous pression nucléaires et son appui technique l’IRSN, et sur l’avis de son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires.

Sur la base des analyses techniques réalisées, l’ASN considère que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accidentL’ASN a présenté le 28 juin 2017 sa position sur l’anomalie de la cuve du réacteur EPR de Flamanville.

Depuis 2015 : rachat par EDF et renaissance de Framatome En , EDF fait une proposition pour racheter Areva NP de , alors qu'Areva demande un milliard. Le , EDF répond à une sollicitation de l'État et annonce une offre supérieure à sur les réacteurs d’Areva.

Le , l’État annonce sa décision de refonder la filière nucléaire française en rapprochant les activités de conception, gestion de projets et commercialisation des réacteurs neufs au sein d’un partenariat stratégique entre EDF et Areva NP. Cet accord doit aboutir à une prise de participation majoritaire d’EDF au capital d’Areva NPArticle l'Usine Nouvelle, 3 juin 2015. Le , Areva et EDF annonce être parvenus à un pré-accord (offre non-engageante) pour une prise de participation d'EDF dans Areva NP valorisée à (valorisation qui pourra encore faire l'objet d'un ajustement) entre 51 et 75 % pour un montant de . L'accord définitif, finalisé au cours de l'année 2016, prévoit qu'Areva conservera une participation minoritaire comprise entre 15 et 25 %. L'entrée d'autres actionnaires minoritaires, notamment chinois, est également évoquée. Bernard Fontana, ancien dirigeant du cimentier suisse Holcim, est nommé, conjointement par EDF, Areva et l’État, pour devenir le président d’Areva NPEDF va prendre le contrôle des réacteurs nucléaires d’Areva, Le Monde, le 30 juillet 2015, consulté le 31 juillet 2015Areva et EDF mettent un terme à 9 mois de galères, L'OBS, le 30 juillet 2015, consulté le 31 juillet 2015.

Le , Shunichi Miyanaga, PDG de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), déclare vouloir acquérir une très large part du capital d'Areva NP, afin de soutenir le développement du réacteur Atmea1 au sein de la coentreprise Atmea ; plusieurs projets de vente de ce réacteur sont en cours : en Turquie, études de faisabilité pour une centrale de quatre réacteurs, et projets moins avancés au Vietnam et en JordanieNucléaire : Mitsubishi « prêt à acquérir une large part d’Areva NP », Les Échos, 24 novembre 2015..